‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 31 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

parfums clés fleurs, ne réveillent-ils pas les plus douces impressions? C’est aussi par l’appât du plus vif plaisir qu’elle nous convie au rapprochement des sexes : trop heureux les mortels , si elle punissait avec moins de sévérité les excès auxquels ce plaisir les entraîne trop souvent !

Le plaisir étant donc l’attrait qui nous porte à nous reproduire , on serait peut-être tenté de croire que les individus doués d’une grande sensibilité sont plus portés à cet acte que les autres ; cependant si leur désirs sont plus vifs , leurs moyens de les satisfaires sont plus bornés. D’ailleurs les pertes de l’agent nerveux qu’occasionnent ces jouissances les jettent dans une débilité dont ils ont de la peine à se rétablir. Nul doute qu’ils ne fussent doués du tempérament érotique par excellence , si leurs forces répondaient h leurs désirs. Les femmes, qui dans cet acte perdent beaucoup moins que les hommes , et qui sont douées d’une exquise sensibilité, éprouvent et peuvent satisfaire avec moins de danger des désirs sans cesse renaissans. Ce n’est donc pas dans la constitution caractérisée par la prédominance encéphalique, qu’il faut chercher le prototype de l’érotisme, quoique cette constitution soit d’ailleurs une condition favorable. L’organisation la moins propre à l’amour est, sans contredit, celle qui est caractérisée par la faiblesse des divers appareils. Mais celui que caractérise le développement de l’appareil circulatoire , ou celui chez lequel prédomine le système hépatique, sont très-aptes à remplir cette fonction ; et surtout si ces individus sont en même temps assez sensibles.

L’homme que distingue l’exaltation des facultés génératrices est, en général, d’une maigreur remarquable; ses membres sont peu volumineux et couverts d’une peau velue ; sa barbe est noire et serrée ; son regard lascif se fixe avec opiniâtreté et avec une espèce d’effronterie sur les personnes de l’autre sexe; son cœur bat avec véhémence à leur1 approche , à la vue de leur image ou à leur, seule pensée; une espèce de vapeur voluptueuse part du centre épigastrique pour se répandre dans tous ses membres , jusqu’à l’extrémité de ses doigts; un resserrement de la poitrine , qui n’est pas sans charme, suspend la respiration, qui éclate bientôt par un soupir. Chez ces individus , les organes génitaux sont fortement prononcés, les testicules sont volumineux, la sécrétion spermatique est active; quelquefois néanmoins le pénis est médiocrement développé, mais les érections sont fréquentes; des, idées voluptueuses obsèdent leur imagination, dans le sommeil comme dans la veille; pour eux toutes les femmes sont séduisantes; leur voix est ordinairement grave et sonore. Cette disposition est souvent portée jusqu’à un état morbide : les besoins impérieux qu’elle fait naître sont insatiables; mais elle dure peu, ou ces hommes succombent prématurément épuisés, ou cette singulière faculté s’éteint graduellement1, et ne survit guère au delà du huitième lustre.

Bien qu’on puisse dire avec vérité que c’est dans le cerveau ou ses dépendances que siègent nos passions , on ne peut nier cependant qu’ici l’appareil gé-

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