PREMIÈRE PARTIE
« maintenir ni faire des progrès en bien, elles doi- « vent empirer. » Je ne sais si l’explication d’Hippocrate est juste, mais elle est au moins très-subtile.. Les préceptes qu’il donne pour éviter les dangers dont sont menacés les athlètes nous paraissent bien dignes de réflexions : « Il convient, dit-il, de dimi- « nuer cet état, afin que le corps recommence à se « nourrir, en se gardant de produire la chute totale « des forces (ce qui est dangereux), mais en s’ar- « rêtant au point que la nature indique. » La conséquence qu’il tire me paraît aussi fort lumineuse : « Ainsi, ajoute-t-il, un affaiblissement extrême et « une pléthore excessive sont également à redou- « ter. » Ces préceptes trouvent rarement chez nous leur application, les constitutions athlétiques étant un phénomène très -rare, mais on ne saurait s’empêcher d’en reconnaître la sagesse. Les individus pourvus de cette organisation sont sujets à tous les accidens de la pléthore. Ils sont exposés à de fréquentes congestions cérébrales pulmonaires ou abdominales, aux phlegmasies, aux hémorrhagies de tous genres. La résolution de leurs maladies est en général difficile. Ils se laissent promptement abattre; ils résistent souvent beaucoup moins que d’autres hommes en apparence beaucoup plus faibles. Tous les médecins observateurs ont pu remarquer que les forts de la halle, dont l’organisation ise rapproche le plus de celle des athlètes, tombaient par le traitement débilitant dans la prostration la plus rapide et la plus profonde. C’est que, comme nous le verrons plus tard , une grande force
musculaire n’est pas l’indice le plus sûr d’une grande vitalité , elle ne prouve que la prédominance d’un système. Nous reviendrons sur cette importante question de médecine pratique dans le paragraphe où nous traiterons de la force de la constitution.
TROISIÈME SECTION
De la constitution ou domine l’appareil de la génération.
L’acte par lequel l’homme se reproduit dépend r comme l’on sait, d’une fonction totalement distincte des fondons nutritives et des fonctions de relation.. Celles-ci sont uniquement destinées à sa conservation individuelle, et celle-là à la conservation de l’espèce. L’appareil reproducteur, constituant les sexes par ses différences , imprime dans chaque sexe , une modification importante à l’organisation, lorsqu’il vient à prédominer. La nature, aussi attentive à conserver qu’ingénieuse et habile à produire, a eu soin d’attacher un plaisir à l’exercice de chaque organe, à l’accomplissement de chaque fonction. Chaque besoin entraîne avec lui un sentiment de bien-être lorsqu’il est satisfait. La faim, la soif, plus impérieuse encore , sont les causes de jouissances journalières. L’exercice des sens n’est pas une source moins inépuisable de satisfaction. La vue d’un beau jour, d’un site enchanteur ou terrible, d’un tableau de Raphaël ou de David, les accords délicieux d’une musique ravissante , et les sons encore plus touchans d’une voix qu’on aime; les suaves