PREMIÈRE PARTIE. l
Tellement la plupart des affections dont Ils sont accablés, et les diverses formes que revêtent leurs maladies. C’est ici surtout que la connaissance parfaite de l’organisation déroule à nos yeux de la manière la plus satisfaisante l’enchaînement des phénomènes morbides. L’encéphale est la source de la vie. Lorsqu’il est convenablement disposé, il envoie directement ou indirectement un agent inconnu, mais dont l’existence est incontestable, dans toutes les parties du corps; il les anime, il les met en action, c’est le principe de toute sensibilité, de toute contractilité, enfin de toutes propriétés soi-disant vitales. Lorsque, par les progrès de l’âge, cette organisation s’altère , toutes les parties qui sont sous son empire se ressentent de cette altération. Or, nous avons vu que le cerveau se durcissait par l’âge, et que les organes qui transmettaient l’agent nerveux aux extrémités sentantes ou aux viscères, étaient plus petits, plus denses, et comme retirés sur eux-mêmes. Ces altérations sont faciles à juger, en comparant l’appareil de l’innervation du vieillard et celui de l’enfant. Si donc l’œil ne peut méconnaître ces altérations, il ne sera pas difficile d’admettre que la transmission de l’agent nerveux, quel qu’il soit, doit être imparfaite; et c’est en effet ce qu’on reconnaît par le défaut d’énergie dans la sensibilité et la contractilité des parties. L’agent nerveux doit être usé par la marche des années ; ceci n’est point une supposition gratuite, car rien n'est plus vrai que cet adage vulgaire que tout s’use dans la nature. On peut attribuer à cette altération
ï4o cours d’hygiène.
de l’appareil de l’innervation , la diminution de l’action des sens , et surtout de la vue et de l’ouïe; l’amaurose sénile et la surdité; la perte de la mémoire, le radotage, l’idiotie sénile; le tremblement des membres et de la tête; peut-être quelques danses de saint Witt; quelques paralysies incomplètes, la paresse du rectum, et la paralysie de la vessie. On concevra même que cette altération pourra être portée jusqu’au point de causer la mort. C’est là l’opinion du grand Boërhaave sur la mort sénile. Je pense qu’elle peut arriver ainsi quelquefois; mais, d’après mes nombreuses ouvertures de corps de vieillards, je me crois autorisé à penser que ce cas doit être extrêmement rare, puisque j’ai constamment trouvé une lésion locale dans les cas de mort sénile. L’opinion de Boërhaave serait parfaitement juste, ou plutôt ce qu’il suppose arriverait bien plus fréquemment et même toujours, s’il ne survenait concurremment avec les altérations du système nerveux, d’autres modifications dans différens appareils. 11 faut mettre au premier rang l’accumulation du phosphate calcaire dans une foule d’organes, mais surtout dans les gros vaisseaux. Ce phénomène, résultat inévitable des progrès de l’âge , est la cause de presque toutes les maladies qu'ils éprouvent. Il faut ajoutera cela que l’innervation étant ralentie, l’hématose, l’une des principales causes de l’existence, se fait aussi très-imparfaitement. Maintenant l’on concevra comment, la force de la constitution étant presque nulle chez les personnes avancées en âge , leur maladies présenteront