PREMIÈRE PARTIE. iZ
médecins les plus expérimentés ont pris des phlegmasies chroniques du poumon pour de prétendues coqueluches, combien ne doit-on pas être en défiance contre le diagnostic porté par des praticiens vulgaires ? et combien l’existence même de cette maladie ne devient-elle pas douteuse ? Je livre ces doutes aux médecins observateurs , non pas à ceux qui font des systèmes, mais à ceux qui ne dédaignent pas les ouvertures de corps.
En faisant disparaître souvent les maladies chroniques et constitutionnellesde l’enfance, la puberté, avec une nouvelle organisation , amène des dispositions à des maladies nouvelles. Le développement du poumon , la rapidité de l’accroissement et l’apparition de la faculté génératrice, qui signalent cette époque, expliquent la fréquence des péripneumonies , des pleurésies et des hémoptysies, qui remplacent alors l’épistaxis; desphthysies pulmonaires; les tumeurs, les déviations, le ramolissement, les caries des os, les dépérissemens qui suivent l’usage immodéré des premières jouissances. La pléthore sanguine, qui se manifeste chez la femme à cette époque, par l’éruption des menstrues , occasionne une foule d’accidens, lorsque cette évacuation sanguine s’établit avec peine. Les congestions vers la tête , vers la poitrine ; les vertiges, les éblouissemens, les tintemens d’oreilles, les maux de tête , les bouffées de chaleur au visage , les suffocations, les coliques, la leucorrhée, la chlorose, le pica, toutes les phlegmasies des viscères intérieurs et surtout la plupart des hémorrhagies, sont le ré-
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sultat de l’aménorrhée ou de la dysménorrhée. Les maladies de l’adolescence , moins fréquentes que celles de l’enfance, marchent ordinairement avec rapidité, se terminent par une résolution heureuse, et réclament le traitement antiphlogistique que nécessite la prédominance de l’appareil circulatoire et respiratoire qui caractérise ordinairement cette époque de la vie.
Les maladies qui ne sont ordinairement que le cortège de l’organisation imparfaite, soit qu’elle commence, soit qu’elle se détériore, se montrent plus rarement lorsque l’organisme a atteint toute sa perfection. Néanmoins, en conservant quelques dispositions aux affections thoraciques, l’adulte est plus fréquemment exposé aux maladies abdominales. C’est l’âge des inflammations gastro-intestinales et des divers viscères contenus dans l’abdomen; les femmes sont de plus exposées à toutes les maladies de la gestation et de la parturition, aux péritonites, aux mennorhagies, etc., et lorsque les menstrues viennent à cesser, une foule de maladies les assiègent , elles sont exposées aux mêmes accidens auxquels elles avaient échappé à la puberté : la cessation du flux menstruel expose à autant de dangers que leur apparition, et ces dangers oecasionés par la pléthore sont de la même espèce; seulement la nature n’a pas les mêmes ressources que dans l’adolescence. Aussi voit-on beaucoup de femmes succomber à cette époque.
Qu’on se rappelle ce que nous avons dit sur l’organisation des vieillards, on en verra découler natu-