‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 84 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE. iyg · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. iyg

suspende l’action, comme dans les cas d’empoisonnement par les narcotiques, la mort se concevra tout aussi facilement que si le cerveau était primitivement affecté. Les divers cas d’asphyxies seront encore plus faciles à saisir. L’individu asphyxié par un gaz délétère reçoit dans le cerveau, par la voie de la respiration et de la circulation, l’influence pernicieuse de ce gaz ; celui qui le sera par la privation d’air ne recevra dans le cerveau qu’un sang privé de qualités vivifiantes, incapable de stimuler convenablement cet organe, qui tombera dès lors dans le collapsus, et ne réagira plus sur les autres parties; de là l’agonie, la mort. Il en sera de même de toute maladie qui empêchera la respiration; une péripneumonie , une pleurésie, etc. Les maladies des organes digestifs agiront à peu près comme dans le cas d’empoisonnemens. L’alimentation est la source principale de la réparation; celle-ci n’ayant plus lieu, un sang pauvre ne pourra plus porter vers le cerveau des matériaux réparateurs; alors celui-ci languit, ainsi que les autres fonctions qui lui sont subordonnées; la mort en est le résultat, et d’autant plus facilement que la douleur aura déjà altéré le principal organe de la vie. Les maladies des membres occasionneront ces phénomènes avec beaucoup plus de lenteur; il sera même nécessaire qu’elles soient considérables. La circulation me paraît encore dans ce dernier cas la cause de tous les accidens; elle puise dans l’endroit malade des principes funestes, qui, dirigés vers le cerveau, font naître l’agonie; ou bien encore cet or-

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gane s’épuise par la douleur; ou bien l’épuisement survient par les pertes que le malade éprouve. Enfin , pour les maladies sans siège reconnu, il est vraisemblable qu’elles agissent directement sur l’encéphale : telles sont l’épilepsie , la manie, l’hystérie, etc. En nous résumant , nous pensons que le cerveau est le siège de l’agonie , de la mort, qu’il soit primitivement ou secondairement affecté.

D’après cet exposé, il sera facile de concevoir comment l’organisation se détériore, et comment il peut arriver que cette détérioration ne soit pas manifeste pour nos sens , non-seulement dans quelque organe, mais encore dans toute l’économie animale.

La mort n’arrive pas toujours par les progrès de l’âge; dans l’état social, elle est bien plus fréquemment le résultat de quelque accident fortuit. Ces accidens paraissent être tout aussi bien dans le but de la nature que la mort sénile. Elle arrive aussi plus tôt ou plus tard, selon une foule de circonstances auxquelles nous sommes exposés. Une application bien entendue des lois hygiéniques, en faisant éviter soigneusement les causes de destruction, et rechercher les moyens de conservation, peut singulièrement retarder le terme fatal de notre existence. Mais la plus heureuse des conditions pour vivre long - temps , c’est, sans contredit , une constitution saine et robuste.

L'espace de temps qui s’écoule depuis le moment de la naissance jusqu a la mort n’est pas le même pour tous les individus. Buffon, M. de Laplace etplusieurs autres savans ont publié des tables des probabilités de la vie

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