‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 83 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE. IJ J · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. IJ J

pal phénomène de la vie, et sans doute sa condition indispensable; c’est elle qui enchaîne toutes les autres. D’après les expériences de tous les genres, il résulte, en dernière analyse, que c’est du cerveau , ou de ses annexes que dépendent toutes les actions organiques.

La mort naturelle serait celle où tous les organes se détériorant simultanément, parviendraient, d’une manière lente et graduée, au point de ne pouvoir agir. La vie cesserait rigoureusement alors par les progrès de l’âge. Mais les organes ne vieillissent pas, ne s'usent pas tous également. Chez les uns, l’appareil circulatoire s’altère le premier, et nous avons exposé comment la mort arrivait dans ce cas; chez quelques autres c’est l’appareil de la respiration, et chez un grand nombre c’est l’appareil de l’innervation. Dans ce dernier cas, les impressions et les actes de l’intelligence s’affaiblissent, s’éteignent, et l’idiotisme sénile précède la cessation complète de l’action encéphalique, et conséquemment la mort.

Bichat disaiCque le poumon était presque toujours la cause de la mort, qu’il fût primitivement ou secondairement affecté, et cela en envoyant au cœur, au cerveau, à tous les organes, un sang impropre à les exciter. Je ne sais pas s’il n’est pas plus naturel de placer cette cause dans le cerveau , dont l’action nous paraît être la source delà vie. Quoi qu’il en soit, la respiration, la circulation et l’innervation, sont dans un rapport tellement intime , elles exercent l’une sur l’autre une telle influence, que l’une d’elles ne saurait être complètement interrompue sans entraîner la mort desau-

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très, la mort générale. La rupture du cœur et des gros vaisseaux est sur-le-champ mortelle. La cessation de la respiration est presque aussi promptement suivie de la mort; le sang n’étant plus vivifié par le contact de l’air arrive au cœur et au cerveau privé des qualités nécessaires à l’entretien de leur action. La cessation primitive de l’innervation arrête aussi , quoique plus lentement ( à moins quelle ne soit complète ), l’action des poumons et celle du cœur ; soit qu’il agisse directement sur eux, comme le veulent quelques physiologistes , soit qu’il n’agisse que par l’intermédiaire des mouvemens mécaniques de la respiration. Les autres fonctions , qu’on peut nommer secondaires , parce qu’elles n’existent que pour cellesci ou par elles; telles que la digestion, l’absorption, l’exhalation, les sécrétions, les excrétions, n’occasionnent pas , par leur suspension , la mort d’une manière aussi prompte , aussi inévitable ; ce n’est que lorsque cette suspension a duré pendant quelque temps , qu’elle influe sur l’une des trois fonctions principales dont nous venons de parler, ou sur toutes les trois, que la mort survient. Cela posé , il sera facile de se rendre compte du passage de la vie à la mort, dans la plupart des circonstances. La cessation de la vie sera instantanée dans les ruptures du cœur, dans la solution complète de la moelle épinière, etc. Dans le cas où la maladie d’un autre viscère amènerait la mort, on peut encore se rendre compte de ce qui se passe alors. Si, par sa nature, cette maladie transmet vers le cerveau quelque principe délétère qui en

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