‹ Cours elementaire de botanique et flore du Canada a l'usage des maisons d'educationChapitre 1 sur 21 · A MES ÉLÈVES · texte numérisé non relu

A MES ÉLÈVES

Vous trouverez, en substance, dans ces éléments de Botanique, les leçons qui sont enseignées au Collège de Montréal depuis un grand nombre d'années.

C'est pour vous qu'ils ont été composés, c'est à vous que je les dédie.

J'ai utilisé, pour leur rédaction, les livres que j'avais entre les mains avec d'autant plus de liberté qu'il n'entrait nullement dans mes intentions de les publier. C'est sur la demande de plusieurs d'entre vous que je me suis décidé à les livrer à l'impression. Les passages empruntés ne forment toutefois qu'une fraction très-peu importante du traité ; j'ai eu soin d'indiquer les principaux, en référant aux auteurs qui me les ont fournis.

Mon but constant, en poursuivant ce travail, a été de vous offrir un cours de Botanique qui renfermât tous les éléments d'une instruction solide, sous une forme claire, précise et méthodique. L'ardeur avec laquelle ce cours a été suivi, les succès obtenus, ont été un ample dédommagement pour les fatigues que j'ai dû m'imposer.

Les figures qui accompagnent le texte, au nombre de 178, ont été choisies dans les ouvrages les plus estimés, et reproduites au moyen de procédés particuliers, en usage dans les ateliers de M. G-. E. Desbarats; ces figures, et la légende qui en donne l'explication, forment à elles seules comme un traité dont pourraient se contenter les personnes qui ne veulent pas faire une étude approfondie de la Botanique; elles seront aussi d'un grand secours pour aider à repasser les matières à l'approche d'un examen.

La Flore du Canada, qui fait suite aux éléments de Botanique, est la partie la plus importante de cette publication. Pour peu qu'on ait d'expérience dans l'enseignement, on ne saurait douter qu'il ne soit nécessaire d'exercer l'élève à décrire les végétaux, à chercher, par voie d'analyse, le nom de ceux qu'il ne connaît point: c'est le seul moyen de bien lui faire comprendre les principes de la science, de graver dans son esprit la terminologie botanique, de le familiariser avec les formes si variées que revêtent les plantes, enfin, de lui donner une connaissance pratique du règne végétal.

Mais pour analyser les végétaux une Flore est indispensable. J'ai regretté bien des fois que celles qui ont été publiées jusqu'à ce jour soient, les unes

insuffisantes, les autres d'un prix trop élevé pour le plus grand nombre

b A MES ELEVES.

des étudiants. Celle que je vous mets entre les mains est une Flore complète quant à rénumération des plantes, mais abrégée dans certaines descriptions. Vous y trouverez les caractères des familles et de la plupart des genres. Quant aux espèces, je n'ai fait que signaler quelques uns de leurs caractères les plus saillants.

Les clefs analytiques ont été l'objet d'une attention toute spéciale ; je me suis efforcé de les simplifier autant que possible, pour les rendre d"un usage facile aux commençants.

Les Flores de Le Maout et Decaisne. d'Asa Gray, de Torrey et Gray sont les modèles que j'ai suivis de préférence, en les abrégeant, dans la description des familles et des genres ; pour les détails particuliers aux espèces qui croissent en Canada, j'ai tâché de mettre à profit les connaissances qu'ont pu me donner de nombreuses herborisations faites dans l'île de Montréal, dans les Cantons de l'Est, dans le nord des Laurentides, dans les environs du lac Simcoe, sur les rives du St. Laurent depuis Niagara jusqu'au fond du Saguenay (1), sur les rives de 1* Ottawa depuis le lac des Deux-Montagnes jusqu'à Fort- Williams, sur celles de la rivière St. François dans la Beauce, etc., etc. Pour les plantes que je n'ai point trouvées moimême, je m'en suis rapporté aux renseignements donnés dans divers ouvrages qui ont été publiés en Canada durant les dix dernières années.

(1) J'ai reçu aussi de nombreux échantillons des côtes du Labrador que M. Lèche vallier, naturaliste, a eu l'obligeance de récolter pour moi. Parmi ces plantes je mentionnerai le LiguHtlcum actsdfolium que quelques auteurs pensaient étranger au Canada, contrairement à l'assertion de Michaux.

NOTIONS PKÉLIMINAIRES.

1. Définition de la Botanique, son utilité. — La Botanique est la partie

de l'histoire naturelle qui traite des plantes ou végétaux.

Les plantes sont trop connues pour qu'il soit nécessaire d'insister longuement sur leur définition. Linné a tracé avec clarté et précision, dans sa Philosophie botanique, la différence qui les sépare du règne minéral et du règne animal : " Les pierres, dit-il? croissent ; les végétaux croissent et vivent; les animaux croissent, vivent et sentent." Les plantes sont donc dépourvues de la faculté de sentir qui caractérise les animaux ; mais, comme ces derniers, elles se nourrissent, elles se reproduisent : ce sont, en un mot, des êtres vivants.

Tout le monde aime les plantes : l'élégance de leurs formes, la variété et l'éclat de leurs couleurs, la suavité de leurs parfums parlent aux cœurs les plus froids comme aux esprits les moins cultivés. Ce n'est toutefois qu'après une observation attentive des organes qui les composent, après une étude approfondie de leurs fonctions vitales, après avoir comparé leurs nombreuses espèces, que l'on commence à comprendre les merveilles de la végétation. L'âme se sent alors en face d'harmonies sublimes qui la jettent dans le ravissement et la forcent à s'incliner devant la puissance, la sagesse et la bonté du Dieu créateur. "J'ai aperçu le Tout-Puissant, s'écriait l'immortel Linné après une vie consacrée toute entière à l'étude des plantes, je n'ai fait que l'entrevoir et je me suis incliné sur son passage pour l'adorer."

La Botanique possède, au point de vue des intérêts matériels, une incontestable utilité, car c'est elle qui nous apprend à connaître les plantes et nous en découvre les propriétés.

A toutes les époques on a su faire servir les végétaux à des usages variés : on leur a demandé des aliments, des habits, des meubles, des remèdes contre la maladie ; mais il était réservé aux savants modernes d'élargir le cercle de ces applications. Le nombre des espèces connues, qui était à peine de 20,000, au commencement de ce siècle, a été porté depuis au-delà de 120,000 et celui des substances utiles s'est accru en proportion.

2. Division. — Ce traité élémentaire est divisé en trois parties: lo Vorganographie ou description des parties constituantes de la plante ; 2o la physiologie ou étude de la vie dans les plantes ; 3o la taxonomie ou classification méthodique des plantes.

ORGANOGRAPHIE.

Page 1