‹ Cours elementaire de botanique et flore du Canada a l'usage des maisons d'educationChapitre 13 sur 21 · REPRODUCTION PAR BOURGEONS · texte numérisé non relu

REPRODUCTION PAR BOURGEONS

86. Nous savons que des bourgeons naissent régulièrement à l'extrémité des rameaux et à l'aisselle des feuilles. Tout point de la surface végétale a aussi le pouvoir latent d'en produire, lorsqu'il se trouve placé dans des conditions favorables.

Que sont ces bourgeons, ou les rameaux qui en proviennent, sinon des végétaux qui croissent sur la mère-plante et en tirent leur nourriture ? Il suffirait donc, pour en faire autant d'êtres distincts, vivant d'une vie propre, de les détacher et de leur fournir une autre source d'alimentation. Cette opération s'accomplit naturellement dans un grand nombre de circonstances et par des voies différentes dont le Fraisier, le Lis bulbifère, la Pomme-de-terre et la Cuscute nous offrent des exemples familiers.

Le Fraisier (fig. 21) émet latéralement des jets ou coulants qui tombent sur la terre par leur propre poids et y prennent racine, pendant qu'une rosette de feuilles se produit au-dessus du point où les racines ont poussé. Plus tard, les coulants se flétrissent, se désarticulent, et les touffes enracinées deviennent autant de pieds distincts.

Les bulbiles que le Lis bulbifère porte sur ses rameaux sont, comme nous l'avons vu à l'article des bourgeons, de petites masses charnues formant une sorte de transition entre le bourgeon ordinaire et la graine. Il suffit que ces bulbiles tombent dans une terre fertile pour qu'ils produisent une plante semblable à celle qui leur a donné naissance. Les caïeux des rhizomes bulbeux jouissent de la même propriété.

La Pomme-de-terre est ainsi appelée à cause des tubercules, plus ou moins semblables à une pomme, qui naissent sur divers points de son rhizome. Ces tubercules se détachent de la mère-plante à la maturité, et lorsque le printemps vient ranimer la végétation, on voit leurs yeux, véritables bourgeons, s'allonger en une tige qui vit d'abord aux dépens de la fécule mise en réserve dans les cellules, puis émettre des racines qui s'enfoncent dans le sol. Chaque tubercule donne ainsi naissance à une ou plusieurs plantes nouvelles.

La Cuscute est un végétal parasite, c'est-à-dire qui puise sa nourriture sur d'autres végétaux. 8a tige est filiforme et entièrement dépourvue de feuilles. On voit cette tige, après qu'elle s'est élevée à une certaine hauteur au-dessus de terre, enrouler ses rameaux, armés de nombreux suçoirs, autour des plantes voisines dont elle s'approprie les sucs. Chaque rameau ainsi enroulé peut être détaché de la mère-plante ou s'en détache même seul, sans qu'il ait à en souffrir. C'est désormais une plante complète, pouvant se suffire à elle-même, fleurir, fructifier et se reproduire.

87. Les modes de reproduction artificielle connus sous les noms de marcottage, de bouturage et de greffe, ne sont qu'une imitation des procédés employés par la nature dans les exemples que nous venons de citer.

Pour faire une marcotte, on plie une branche, tenant à la mère-plante, de manière que son extrémité plonge dans la terre ou dans un vase rempli de terre. La partie enterrée pousse bientôt des racines qui suffisent pour la

Page 1