‹ Cours elementaire de botanique et flore du Canada a l'usage des maisons d'educationChapitre 18 sur 21 · MÉTHODE NATURELLE · texte numérisé non relu

MÉTHODE NATURELLE

Bernard de Jussieu a jeté les premiers fondements de la méthode naturelle, mais c'est à son neveu, Antoine-Laurent de Jussieu, qu'appartient la gloire d'en avoir développé les principes et d'en avoir fait l'application à

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l'ensemble du règne végétal. Le livre intitulé Gênera plantarum, qu'il publia vers 1789 et dans lequel il expose le résultat de ses recherches, peut être considéré comme le plus beau monument que l'esprit humain ait élevé à la science des végétaux.

C'est par l'étude d'un petit nombre de groupes considérés par tous les botanistes comme formant de véritables familles naturelles, que de Jussieu découvrit les principes qui devaient le guider dans le classement des genres auxquels la nature n'a pas nettement imprimé ce cachet de famille. Il choisit, nous dit son fils, Adrien de Jussieu, sept familles universellement admises : celles qu'on connaît sous les noms de Graminées, Liliacées, Labiées, Composées, Ombellifëres, Crucifères et Légumineuses. Il reconnut que l'embryon est identique dans toutes les plantes d'une de ces familles ; qu'il est monocotylédoné dans les Graminées et les Liliacées, dicotylédoné dans les cinq autres ; que la structure de la graine est identique aussi : l'embryon monocotylédoné placé au centre d'un albumen charnu chez les Liliacées, sur le côté d'un albumen farineux chez les Graminées ; l'embryon dicotylédoné au sommet d'un albumen dur et corné chez les Ombellifères, dépourvu d'albumen chez les trois autres ; que les étamines qui peuvent varier parleur nombre dans une même famille, les Graminées par exemple, ne varient pas en général par leur mode d'insertion, hypogyne dans les Graminées, dans les Crucifères ; sur la corolle dans les Labiées et les Composées 5 sur un disque épigyne dans les Ombellifères. Il obtenait ainsi la valeur de certains caractères qui ne devaient pas varier dans une même famille naturelle. Mais au-dessous de ceux-là s'en trouvaient d'autres plus variables qu'il chercha à apprécier de même, soit par l'étude d'autres familles indiquées par la nature même, soit dans celles qu'il formait en appliquant ces premières règles et plusieurs autres fondées sur l'observation. Nous ne pourrions le suivre ici dans les détails de ce long travail duquel résulte l'établissement de cent familles comprenant tous les végétaux alors connus; mais on voit partout l'application d'un même principe : la subordination des caractères, qui dans la méthode de de Jussieu sont pesés et non comptés, suivant l'expression de l'auteur lui-même.

Lorsque les familles furent constituées, de Jussieu les groupa en quinze classes qu'il réunit, à leur tour, dans trois grands embranchements : les acotylédones, les monocotylédones et les dicotylédones.

Les acotylédones (fig. 160-170) ne forment qu'une seule classe.

Les monocotylédones (fig. 171-175) renferment trois classes différenciées par le mode d'insertion des étamines qui est hypogyne dans la première, pêrigyne dans la seconde et épigyne dans la troisième.

Les dicotylédones (fig. 176-178) sont divisées en monoclines, comprenant les plantes à fleurs parfaites et à fleurs monoïques, et en dichnes ou à fleurs dioïques. Les monoclines sont polypétales, monopétales ou apétales, et chacun de ces groupes comprend différentes classes qui se distinguent par le mode d'insertion des étamines, comme chez les monocotylédones, ou par le rapport des étamines entre elles.

Le tableau suivant résume la distribution des végétaux en quinze classes.

On trouvera la description des familles dans la flore du Canada qui fait suite à ce traité élémentaire.

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