‹ Cours elementaire de botanique et flore du Canada a l'usage des maisons d'educationChapitre 9 sur 21 · C0UH3 ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE · texte numérisé non relu

C0UH3 ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE

sur la corolle. On les dira épigynes, périgynes ou hypogynes, suivant qeu la corolle naîtra elle-même du pistil, du calice ou du réceptacle.

Le calice monosépale et l'ovaire se soudent fréquemment ensemble. Le premier est alors censé naître du second, qui occupe, en conséquence, une position inférieure. De là les noms d'ovawe supère et d'ovaire infère : l'ovaire est supère quand il est libre d'adhérence avec le calice-, il est infère dans le cas contraire (fig. 73, 111).

Assez souvent l'adhérence entre deux verticilles s'opère par l'intermédiaire d'un tissu glanduleux; ce tissu prend le nom de disque lorsqu'il fait saillie entre les verticilles qu'il unit, comme dans la Spirée corymbifère et dans le Narcisse (fig. 113, 112).

58. Préfloraison. — La préfloraison est l'état de la fleur avant son épanouissement. La disposition que présentent à ce moment les folioles du calice et celles de la corolle est caractéristique pour les espèces végétales.

La préfloraison est dite imbriquée (fig. 115) lorsque chaque foliole a l'un de ses bords couverts par la foliole précédente et qu'elle couvre elle-même, par son bord libre, la foliole suivante; volvaire (fig. 116), lorsque les folioles voisines sont juxta-posées sans se couvrir; tordue (fig. 117), lorsque les folioles sont contournées sur leur axe.

Le Géranium a un calice imbriqué et une corolle tordue. Dans le Tilleul, le calice est valvaire.

59. Fleurs incomplètes. — La fleur n'est complète qu'autant qu'elle pos sède un calice, une corolle, des étamines et un pistil. L'absence de l'une quelconque de ces parties la rend incomplète. On nomme

apérianikée ou achlamydée, la fleur qui n'a aucune des deux enveloppes florales ;

monopérianthée, celle qui n'a que le calice ou la corolle ; apétale, celle qui manque de corolle.

Comme il serait parfois difficile de décider si c'est le calice ou la corolle qui fait défaut dans les fleurs à une seule enveloppe florale, on est convenu, en pratique, d'appeler toutes ces fleurs apétales.

Sous le rapport des organes de la fécondation, une fleur est dite

hermaphrodite ou parfaite, quand elle possède des étamines et un pistil ;

unisexuée, quand elle n'a que des étamines ou un pistil ; neutre, quand elle est privée de ces deux organes à la fois. Les fleurs de la Queue de lézard sont apérianthées ; celles de l'Anémone et de la Caltha des marais sont monopérianthées ou apétales ; celles du Pommier sont parfaites ; celles du Coudrier, du Chanvre sont unisexuées ; celles des Boules-de-neige sont neutres.

La fleur unisexuée est encore appelée fleur mâle ou staminée ou stérile ; fleur J émette ou pisiillée on fertile, suivant quelle renferme des étamines ou un pistil.

On ne trouve pas toujours les mêmes fleurs sur toutes les plantes de la même espèce, et il a fallu créer des termes pour indiquer cette particularité. On dit d'une plante qu'elle est polygame quand elle porte des fleurs parfaites et des fleurs unisexuées : monoïque, lorsqu'elle n'a que des fleurs unisexuées dont les unes sont staminées et les autres pistillées ;

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dioïque, lorsqu'elle n'a que des fleurs unisexuées, toutes staminées ou toutes pistillées.

Le Chanvre, le Saule, le Peuplier, etc., ont leurs fleurs pistillées sur un pied et leurs rieurs staminées sur un pied différent : ce sont donc des plantes dioïques. Le Bouleau porte sur le même pied, mais sur des points différents, des fleurs staminées et des fleurs pistillées : il est doncmonoïque. L'Erable à sucre est un exemple de plante polygame.

INFLORESCENCE

60. Définition. — Dans son acception la plus générale, le mot inflorescence désigne l'arrangement des rieurs sur leur axe qu'on appelle axe floral et pédoncule, ou bien encore hampe, s'il s'élève directement de terre comme dans la Tulipe et la Primevère.

Dans un sens plus restreint, on donne le nom à? inflorescence à l'ensemble des rieurs qui ne sont séparées que par des bractées (No. 39) ; les fleurs entre lesquelles se voient des feuilles ordinaires devront être considérées comme appartenant à des inflorescences différentes, quand bien même elles seraient portées sur le même rameau de la plante.

61. Inflorescences indéfinies et définies. — L'inflorescence est dite indéfinie, quand l'axe floral produit latéralement des fleurs, à mesure qu'il croît. Comme cette croissance de l'axe varie avec les conditions climatériques. le nombre des fleurs qu'il doit porter est nécessairement indéterminé : de là le nom d'inflorescence indéfinie.

Dans l'inflorescence indéfinie, les fleurs les plus éloignées de l'extrémité de l'axe étant les plus anciennes, sont aussi les plus développées (fig. 125). Cette circonstance leur a valu le nom de centrifuges.

L'inflorescence est, au contraire, définie quand l'axe, après avoir pris son entier accroissement, se termine par une fleur. Cette fleur terminale reste quelquefois solitaire, comme dans la Sanguinaire, mais plus ordinairement il se montre au-dessous d'elle un ou plusieurs axes secondaires qui continuent l'inflorescence jusqu'à épuisement de la force vitale.

Ce qui caractérise essentiellement l'inflorescence définie (fig. 130), c'est que les fleurs y sont d'autant plus développées qu'elles naissent plus près de l'extrémité de l'axe floral principal. Aussi les nomme- t-on centripètes.

Dans quelques plantes l'inflorescence est indéfinie sur l'axe primaire et définie sur les axes secondaires : il en résulte une inflorescence mixte.

62. forme des inflorescences indéfinies. — Les inflorescences indéfinies se présentent sous un grand nombre de formes, parmi lesquelles nous mentionnerons l'épi, le chaton, le cône ou strobile, le spadice, la grappe, la panicule, le thyrse, le corymbe, l'ombelle et le capitule.

Vépi (fig. 118) se compose de fleurs sessiles ou presque sessiles ordinairement très-rapprochées. Ex. : le Blé, le Plantain.

I^e chaton (fig. 119) se compose de fleurs unisexuées, naissant à l'aisselle de bractées plus ou moins écailleuses. Ex. : le Saule, le Bouleau, le Noyer.

Le cône ou strobile (fig. 123) ne diffère du chaton que par ses bractées qui sont plus épaisses et plus dures. Ex. : le Pin, le Merisier.

Le spadice (fig. 124) est formé par un axe charnu portant des fleurs staminées à sa partie supérieure et des fleurs pistillées à sa partie inférieure.

Dans les premiers temps, il est enveloppé dans une spathe (no. 39). et c'est à cette circonstance qu'il doit son nom. Ex. : le Pied-de-veau, l'Oignon sauvage.

La grappe (fig. 125) est une inflorescence dans laquelle le pédoncule porte des axes secondaires, appelés pédicelles, terminés par une fleur et tous à peu près de même longueur. Quand les axes secondaires se ramifient en axes tertiaires, la grappe est dite composée. Ex. : le Gadelier.

La particule (fig. 126) est une grappe composée dont la largeur diminue de la base au sommet. Ex. : l'Avoine.

Le thyrse est une grappe composée dont la largeur diminue du milieu aux extrémités. Ex. : le Lilas.

Le corymbe (fig. 127) est une grappe simple ou composée dans laquelle les axes inférieurs atteignent le niveau des axes supérieurs et dont toutes les fleurs se trouvent en conséquence portées à la même hauteur. Ex. : le Millefeuille ou Herbe à dinde, la Tanaisie, le Cornouillier.

Jj ombelle (fig. 128) ne diffère du corymbe que par la position de ses axes secondaires qui, au lieu de naître à différentes hauteurs, forment un verticille. Ces axes secondaires, appelés rayons de l'ombelle, portent quelquefois une ombelle plus petite ou ombellule à leur extrémité, et l'ombelle devient alors composée. Ex. : la Carotte, le Panais.

Le capitule est une inflorescence dont les fleurs sont réunies en tête : c'est un épi raccourci. Ex. : le Trèfle, la Eeine Marguerite, le Soleil, le Pissenlit (fig. 129).

On voit par les définitions précédentes que toutes les inflorescences indéfinies ne sont en réalité que des modifications de l'épi et de la grappe.

63. Forme des inflorescences définies. — Les inflorescences définies portent le nom général de cymes. La cyme peut affecter la plupart des formes que nous venons d'étudier. On aura donc des cymes en grappe (Vigne), des cymes en panicule (Sureau), etc. Elle possède aussi des formes qui lui sont propres. Elle se nomme :

âicothome (fig. 130) lorsque l'axe primaire se termine par une fleur placée entre deux feuilles ou deux bractées opposées, à l'aisselle desquelles s'élèvent deux axes secondaires qui se comportent comme l'axe primaire, et donnent naissance à des axes tertiaires etc., comme dans le Millepertuis ;

scorpioïde (fig. 131) lorsqu'elle forme une grappe roulée en crosse, rappelant la queue du scorpion ; elle se compose alors d'une suite d'axes d'ordre différent qui naissent les uns des autres toujours du même côté (fig. 132) donnant ainsi naissance à une ligne brisée qui tend à revenir sur elle-même, comme dans la Cynoglosse et l'Héliotrope ;

contractée (fig. 133) lorsque ses axes sont inégalement raccourcis, se rapprochent et deviennent quelquefois nuls. On donne aussi à cette forme7 dont la Menthe nous offre un exemple, le nom de glomérule.

CHAPITKE VII.

LE FKUIT..

64. — Le fruit est un ovaire fécondé et parvenu à son entier développement. Les parois de l'ovaire prennent, dans le fruit, le nom de péricarpe et les ovules fécondés celui de graines.

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65. Nature et forme du péricarpe. — Les feuilles carpellaires, qui constituent les parois de l'ovaire dans la Heur, sont formées, comme les feuille» ordinaires, d'un tissu parenchymateux (no. 30), recouvert sur les deux faces par une membrane épidermique ; nous devons donc nous attendre à trouver dans le péricarpe trois parties distinctes : on appelle épicarpe celle qui correspond à l'épiderme extérieur des carpelles ; mésocarpe, celle qui correspond au parenchyme ; et endocarpe, celle que forme l'épiderme intérieur. La couleur, l'épaisseur et la consistance de ces trois* parties sont extrêmement variables, comme on pourra s'en convaincre par les exemples suivants.

Dans la Cerise, la Prune et la Pêche, la peau qu'on enlève avec plus ou. moins de facilité est l'épicarpe ; la pulpe qu'on mange est le mésocarpe, et le noyau l'endocarpe.

Dans la Pomme, l'endocarpe est ce tissu écailleux qui entoure les graines.

Dans la Noix, l'épicarpe uni au mésocarpe forme cette enveloppe coriace qu'on nomme le brou, et l'endocarpe est le noyau qui renferme l'amande. Dans l'Orange, l'épicarpe et le mésocarpe constituent la peau épaisse qu'on rejette, et l'endocarpe est une membrane délicate qui entoure la partie comestible. Dans le Melon, l'épicarpe est à peine distinct ; le mésocarpe est cette couche charnue dont on^mange la partie intérieure, et l'endocarpe est réduit, comme dans l'orange, en une peau mince qui entoure les graines. Enfin, dans certains fruits le péricarpe tout entier est si mince et tellement adhérent à la graine, qu'il faut une observation attentive pour découvrir sa présence ; c'est ce qu'on observe dans le Blé.

66. Induvies du fruit. — Nous avons supposé que le péricarpe est formé uniquement par les carpelles du pistil ; c'est là, en effet, le cas le plus ordinaire : la fécondation des ovules opérée, les étamines se flétrissent et tombent, la corolle ne tarde pas à subir le même sort, et si le calice persiste plus longtemps, généralement il se dessèche et ne devient point partie intégrante du fruit.

Il y a, cependant, des exceptions à cette loi générale. Un ou même plusieurs verticilles floraux peuvent se souder à l'ovaire fécondé, s'ils ne l'étaient déjà, et prendre avec lui de l'accroissement : ce sont ces parties accessoires du fruit auxquelles on a donné le nom dHnduvies. La Pomme est un fruit induvié : le tube du calice est ici confondu avec l'épicarpe, et son limbe desséché forme au sommet du fruit ce que l'on nomme vulgairement la mouche de la pomme.

Ce que nous mangeons dans la Fraise n'est autre chose que le réceptacle de la fleur devenu succulent. A la surface de ce réceptacle se montrent des petits grains arrondis et secs : ces grains sont autant de fruits complets ; il y en a un nombre égal à celui des carpelles que renfermait la fleur du Fraisier.

67. Modifications dans l'intérieur du péricarpe.— Les ovaires composés ne conservent pas toujours en mûrissant le nombre de loges qu'ils renfermaient d'abord. Quelquefois des ovules, n'ayant pas été fécondés, se dessèchent, et la loge qui les contenait s'affaisse et disparaît. D'autres fois des cloisons se détruisent, diminuant par là même le nombre des loges. Mais dans quelques cas, c'est l'inverse qui a lieu : de fausses cloisons

ge forment par des replis du péricarpe, et l'ovaire se trouve divisé en cavités plus nombreuses qu'auparavant. Il résulte de ces faits qu'on ne peut pas juger par l'inspection du fruit du nombre d'ovules et de loges que possédait l'ovaire avant la fécondation.

Dans quelques fruits on aperçoit entre le péricarpe et la graine une matière pulpeuse provenant tantôt des placentas, tantôt de l'endocarpe, tantôt de la graine elle-même. C'est l'endocarpe qui donne naissance dans l'Orange aux cellules allongées et succulentes qui constituent la partie comestible de ce fruit.

* 68. La graine. — Un fruit qui ne contient qu'une seule graine est appel»' monosperme ; celui qui en contient un petit nombre est appelé oliyosperme ; enfin, on donne le nom de polysperme à celui qui en referme plusieurs.

La graine est généralement formée de trois parties : l'épisperme ou l'en veloppe, l'endosperme, plus connu sous le nom d'albumen, et l'embryon (fig. 134).

L'albumen et l'embryon réunis constituent 1 amande, qui est la partie comestible du Blé, du Haricot, de la Noix et d'un grand nombre d'autres fruits.

L'épisperme est généralement formé de deux membranes dont l'extérieure, qui est épaisse et colorée, porte le nom de testa. Ces membranes sont les mêmes qui couvraient le nucelle des ovules, mais elles se sont modifiées durant la maturation.

L' albumen est une matière amylacée, destinée à nourrir la jeune plante jusqu'à ce qu'elle soit en état de puiser dans la terre les sucs nourriciers qui lui sont nécessaires. .Sa consistance varie suivant les opèees végétale^ : tantôt il est farineux et tantôt dur comme de la corne.

L'albumen est très-dé veloppé dans le Blé ; c'est lui qui, sous l'action de la meule, donne la farine ; l'épisperme, confondu ici avec le péricarpe, forme le son, et l'embryon n'occupe qu'un espace restreint vers la base de la graine (fig. 143).

L'embryon se nomme extraire ou intraire, selon qu'il entoure l'albumen (fig. 136), ou qu'il en est entouré (fig. 134). Dans plusieurs espèces de graines, dans celles du Pommier, par exemple, l'albumen fait défaut et il est alors remplacé dans ses fonctions par les cotylédons dont nous parlerons un peu plus loin.

JJ embryon est une plante en miniature dans laquelle on distingue une radicule ou petite racine, une tiyelle ou petite tige, et une yemmule ou bourgeon terminal d'où s'échapperont les premières feuilles.

La plupart du temps, il est difficile de reconnaître ces diverses parties avant qu'elles ne se soient un peu allongées par la germination.

Entre la radicule et la tigelle (fig. 17), on aperçoit une ou plusieurs feuilles modifiées, souvent épaisses, charnues, bombées à l'extérieur et légèrement creuses à l'intérieur: ce sont les cotylédons. C'est surtout dans les graines où l'albumen fait défaut que les cotylédons prennent un large accroissement, car alors ce sont eux qui doivent nourrir la jeune plante. L'orsqu'ils n'ont pas cette fonction à remplir, ils sont simplement membraneux. Leur position dans la graine, la manière dont ils sont plies, etc., fornissent d'excellents caractères pour la détermination des espèces; mais ces caractères, pour être bien saisis, exigent un œil sûr et bien exercé.

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69. Déhiscence du fruit. — Lorsque la graine est devenue apte à produire une nouvelle plante, elle doit trouver issue à travers le péricarpe qui l'avait protégée jusqu'à ce moment.

C'est la décomposition du péricarpe qui met les graines en liberté dans les fruits à noyau et dans la plupart des fruits charnus : ces fruits, après maturation, se détachent de la plante, tombent sur le sol et ne tardent pas à se décomposer sous l'influence des agents chimiques.

Les fruits secs, au contraire, s'ouvrent presque tous spontanément, et c'est à ce phénomène que s'applique le nom de déhiscence.

La déhiscence s'opère par des moyens variés qu'il serait trop long de décrire en détail. Nous ne pouvons donner ici que quelques indications générales.

Dans les fruits simples ou formés d'un seul carpelle, la déhiscence a lieu tantôt par la suture ventrale seule (fig. 105); tantôt par la suture ventrale et la suture dorsale à la fois (fig. 138): dans le premier cas, le péricarjDe ne forme qu'une seule valve, et dans le second il devient bi-valve.

Ce que nous appelons ici suture ventrale est la ligne suivant laquelle sont soudés les bords du carpelle ; la suture dorsale longe le dos du carpelle et correspond à sa nervure médiane ; elle est généralement indiquée par une strie ou par une ligne saillante.

Dans les fruits multiloculaires ou à plusieurs loges/provenant d'un ovaire composé, la déhiscence se fait selon trois modes principaux : on la nomme septifrage, lorsque les cloisons des loges se détachent du milieu des valves pour rester fixées au placenta (fig. 141) ; septicide, lorsque les cloisons se décollent en deux lames de manière à mettre en liberté les carpelles qui étaient soudés (fig. 140) ; loculicide, lorsque la rupture a lieu suivant la suture dorsale des carpelles (fig. 139).

Très-souvent la déhiscence est à la fois septicide et loculicide ; le fruit ouvert présente alors un nombre de valves double de celui des carpelles (fig. 138).

Enfin, la déhiscence est dite transversale ou horizontale, lorsque le péricarpe s'ouvre transversalement en deux moitiés comme une boîte à savonnette (fig. 142).

La déhiscence de quelques fruits présente un curieux phénomène : les valves, au lieu de s'écarter lentement, se séparent par un mouvement brusque, comme si elles étaient mues par un ressort, et projettent les graines à une distance considérable. Le moindre frottement suffit pour déterminer une rupture de ce genre dans le fruit des plantes appartenant à la famille de« Balsaminées, et c'est ce qui a valu à l'une d'elle le nom d' impatiente ou de noli me tavgere.

CLASSIFICATION DES FEUITS.

70. Les fruits offrent des différences si variées qu'il est très-difficile d'en donner une classification méthodique.

Nous empruntons le tableau suivant à la botanique de Kichard, et plusieurs des définitions qui le suivent à celle de M. Ed. Lambert.

( 1 Cariopse.

2 Akène.

Fruits secs et indéhiscents < \ gamare"6'

5 Gland.

Vrniffl 5AM / >. 6 Carcérale.

fruits secs ^ ^ ? Pollicule#

8 Silique.

, 9 Silicule.

Fruits secs et déhiscents \ 10 Gousse.

\ i'iuhî oeuo et u'.'inayciuB \ iu vjtuusbo.

Fruit, simple, / S Sffîk

Elathéne.

13 Capsule.

14 Drupe.

15 Noix.

16 Nuculaine.

\Fruits charnus < 17 Mélonide.

Lts< * 18 Péponide.

19 Hespéridie.

20 Baie.

Fruits multiples 21 Ssrncarpe.

22 Cône ou strobile.

VFruits composés } ?3 Sorose.

C 2-4 Sycone.

71. Fruits simples. — Les fruits simples sont ceux qui proviennent d'un seul ovaire. Ces fruits peuvent être secs ou charnus.

A. Fruits secs. — Parmi les fruits indéhiscents on distingue : lo le Cariopse (fig. 143), fruit monosperme dont le péricarpe mince adhère dans toute son étendue aux téguments de la graine (Blé) ; 2o Y Akène (fig. 144), fruit monosperme dont le péricarpe mince n'adhère que par un point aux téguments de la graine (Sarrasin) ; le Polakène (fig. 145), fruit à plusieurs loges monospermes, séparables les unes des autres et offrant chacune les caractères de l'akène (Capucine); la Samare (fig. 146), fruit uniloculaire muni d'une membrane en forme d'aile (Erable, Orme); le Gland (fig. 141 \ fruit uniloculaire monosperme, entouré en tout ou en partie par une cupule (Chêne) ; la Carcérule, fruit pluriloculaire, polysperme (Tilleul).

Les fruits secs déhiscents sont : lo la Follicule (fig. 137), fruit uniloculaire univalve et polysperme (Ancolie) ; la 2o Silique (fig. 14^), fruit biloculaire, bivalve, allongé (Chou) ; 3o la Silicule (fig. 149), fruit semblable à la silique, mais beaucoup plus court (Thlaspi) ; 4o la Gousse ou Légume (fig. 138), fruit uniloculaire, bivalve, allongé (Haricot). Parfois le légume est divisé transversalement en plusieurs articles, et prend alors le nom de Lomentum (fig. 150). 5oLa Pixyde(jig. 142), fruitàdéhiscence transversale (Pourpier); 6o MElathérie (fig. 151), fruit pluriloculaire, à plusieurs côtes, se séparant à la maturité en autant de corps qui s'ouvrent longitudinalement et avec élasticité (Euphorbe réveille -mat in) ; 7o la Capsule (fig. 140), fruit sec déhiscent ne se rapportant à aucune des espèces précédentes (Molène).

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B. Fruits charnus. — 1° la Drupe, fruit à mésocarpe succulent et dont l'endocarpe forme un noyau (Cerisier) ; 2o la Noix, fruit à mésocarpe coriace et dont l'endocarpe forme un noyau (Noyer) ; 3o la Nuculaine, fruit à mésocarpe charnu, renfermant plusieurs noyaux (Cornouiller); 4o la Mélonide, fruit provenant de plusieurs ovaires simples réunis et soudés dans l'intérieur du tube calicinal qui devient charnu (Pommier) ; 5o la Péponide, fruit charnu à plusieurs loges monospermes, éparses au milieu de la pulpe (Melon) j 60 V Hespéridie, fruit charnu dont l'enveloppe est très-épaisse, divisé intérieurement en plusieurs loges par des cloisons membraneuses et dont les loges sont remplies par une matière pulpeuse (Oranger) ; 7o la Baie, fruit charnu sans noyau, renfermant une ou plusieurs graines dans la pulpe (Vigne, Groseillier).

72. Fruits multiples. — Les fruits multiples sont ceux qui résultent de la soudure de plusieurs ovaires appartenant à une même fleur. Ces fruits, que l'on nomme aussi syncarpés, peuvent être secs ou charnus : c'est à cette dernière catégorie que se rapporte la Framboise (fig. T54).

73. Fruits composés OU agrégés. — Les fruits composés ou fruits agrégés sont ceux qui proviennent de la soudure de plusieurs ovaires appartenant à des fleurs différentes mais très-rapprochées. Ils sont de trois sortes : lo le Cône ou strobïle (fig. 152), fruit composé d'akènes ou de samares cachés dans l'aisselle de bractées très-développées et dont l'ensemble a la forme d'un cône (Pin); 2o le Sorose (fig. 153), fruit composé de plusieurs fleurs soudées par l'intermédiaire de leurs enveloppes florales devenues charnues (Mûrier, Ananas) ; 3o le Sycone (fig. 155), fruit à enveloppes charnues, portant à l'intérieur un grand nombre d'akènes ou de drupes provenant de fleurs pistillées (Figuier).

PHYSIOLOGIE VEGETALE.

74. Après avoir décrit les organes nourriciers et reproducteurs de3 plantes, nous devons faire connaître les fonctions propres à chacun d'eux, et montrer comment ils agissent pour produire les phénomènes vitaux dont ils sont le siège. Cette partie de la Botanique est appelée physiologie végétale ou étude de la vie dans les plantes.

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