PISTIL
52. £e pistil est le verticille qui occupe le centre de la fleur. Chacune des feuilles qui le composent porte le nom de carpelle. Dans ces feuilles, qui sont généralement sessiles (fig. 102), le limbe s'est contourné sur lui-même de manière à clore une cavité arrondie, Y ovaire ; en même temps, les bords repliés vers l'intérieur de la cavité se sont soudés ensemble, présentant par là une disposition analogue à celle des coutures dans nos vêtements. Audessus de l'ovaire, le limbe carpellaire, devenu très-étroit, se prolonge en un tube effilé terminé lui-même par un épanouissement arrondi ou de forme allongée. Ce tube a reçu le nom de style et l'épanouissement qui le surmonte, celui de stigmate (fig. 103).
Ce n'est que dans le Cerisier sauvage et un petit nombre d'autres végétaux que l'on voit nettement dessinées les dispositions décrites ci-dessus. En général, les feuilles carpellaires sont tellement modifiées que la seule vue est insuffisante pour nous renseigner sur leur véritable nature. Mais la facilité avec laquelle elles se transforment en pétales par la culture, leur structure intérieure, leur retour, après maturation des graines, à la forme d'une petite feuille, ne laissent aucun doute sur leur origine.
Le style, avons-nous dit, surmonte l'ovaire : dans certain cas, cependant,
il semble naître sur les côtés ou même à la base de ce dernier (fig. 104) : cette disposition est due à une déviation de l'ovaire, dont le sommet s'est infléchi vers la partie inférieure de la fleur.
Assez souvent le style fait défaut, et le stigmate, devenu sessile, repose immédiatement sur l'ovaire (iig. 112, 113).
53. Ovaire simole et ovaire comoosé. — Dans quelques familles végétales, les Kenonculacées, par exemple, les carpelles du pistil restent isolés ; le plus souvent ils se soudent les uns aux autres soit par les ovaires seulement, soit par les ovaires et les styles à la fois, ou même par les stigmates.
On appelle simple l'ovaire du carpelle libre (fig. 105), et composé celui qui résulte de plusieurs carpelles unis ensemble (fig. 109).
Dans l'ovaire composé, les deux bords de chaque carpelle se soudent à ceux des carpeiles voisins: il en résulte des cloisons doubles qui s'aplatissent par l'effet de la compression et s'avancent ordinairement jusqu'au centre de la cavité ovarienne, quelles partagent en compartiments: l'ovaire devient ainsi multiloculaire ou à plusieurs loges (fig. 108).
Quelquefois les cloisons, au lieu de s'avancer jusqu'au centre de l'ovaire, s'arrêtent en-deçà, se dédoublent en partie et donnent naissance à deux petites lames qui s'infléchissent, en sens contraire, vers la circonférence (fig. 107) ; dans ce cas, il ne se forme que des loges incomplètes.
54. Ovules. — L'ovaire tire son nom de petits corps arrondis que renferme sa cavité (fig. 106 >, et que l'on nomme des ovules.
Les ovules sont formés d'un mamelon central, le nucelle, qui est généralement recouvert de deux membranes. A la partie supérieure, ces membranes laissent une ouverture, nommée micropyle, par laquelle pénètre la fovilla au moment de la fécondation. Un autre point remarquable dans l'ovule est V ombilic, plus communément appelé le hile. C'est parla qu'il communique avec l'ovaire et en tire sa nourriture. Très-souvent la communication a lieu au moyen d'un petit cordon qu'on nomme funicule (fig. 106,(3)).
Les ovules présentent trois formes principales : on les nomme orthotropes (fig. 106, (1) ) lorsqu'ils sont droits comme un œuf: anatropes (fig. 106, (2)) quand leur pointe est inclinée de côté ; campylotropes (fig. 106, (3)) lorsqu'ils sont courbés à la manière d'un rein. Cette dernière forme, qui est la plus commune, se voit dans le Haricot.
55. Placenta*}' Oll. — Lorsqu'on fend longitudinalement une gousse de Haricot, on aperçoit sur les bords soudés du carpelle une ligne saillante à laquelle sont attachés les ovules et qui a reçu le nom de placenta.
Tous les ovaires simples ont leurs placentas situés contre la paroi, et leur placentation est dite pariétale (fig. 102).
Dans l'ovaire composé à loges complètes, les bords des carpelles se trouvent portés au centre, et les ovules naissent de l'aisselle des loges : cet ovaire est dit à placentation axile (fig. 108).
Il peut arriver que les cloisons disparaissent et que tous les placentas restent isolés au centre sous forme d'une colonne à laquelle sont suspendus les ovules : on a alors une placentation centrale (fig. 109).
Dans tous les autres cas où l'ovaire composé devient uni-loculaire, c'està-dire à une seule loge, par la destruction des cloisons, ou bien ne présente que des loges incomplètes, les placentas se trouvent éloignés du centre et
ORGANOGRAPHIE. Zl
la placenta tion est dite pariétale comme dans le cas de l'ovaire simple (fig. 107).
VERTICILLES FLORAOX CONSIDÉRÉS DANS LEURS RAPPORTS.
56. Types floraux. — Le mot type, quand on l'applique aux fleurs, sert à indiquer l'état plus ou moins complexe de leurs verticilles. Lorsque ceux-ci comprennent chacun deux parties, la fleur est à type binaire; elle serait à type ternaire, quaternaire ou quinaire si les verticilles renfermaient trois; quatre ou cinq parties.
Le type ternaire est le seul qu'on remarque chez les monocotylédones ; les dicotylédones, au contraire, n'offrent presque jamais le type ternaire et sont le plus souvent à type quinaire.
Ce qui précède supposerait que tous les verticilles d'une fleur sont composés d'un même nombre de folioles; il n'en est cependant pas toujours ainsi. Quelquefois des avortements partiels ont lieu ; d'autres fois, et ce cas est assez fréquent, un verticille devient double on multiple des autres. Ainsi, le Lis avec un ovaire à trois loges, formé par conséquent de trois carpelles, possède six étamines et un périanthe de six folioles. Lorsqu'il y a multiplication d'un ou de plusieurs organes floraux, le type emprunte son nom au verticille le plus simple. D'après cette règle, on dira que le Lis est à type ternaire.
57. Insertion des verticilles floraux. — L'axe floral porte à son extrémité (fig. 103) une surface élargie connue sous le nom de réceptacle ou de torus : c'est là que prennent naissance les divers organes de la fleur, dans l'ordre indiqué précédemment.
Lorsque le réceptacle s'allonge notablement, les verticilles se trouvent portés à des hauteurs différentes, et les folioles dont ils se composent, devenant sensiblement alternes, décrivent une spirale régulière comme les feuilles ordinaires. La spire se continue d'un verticille à l'autre ; c'est ainsi qu'on voit les sépales alterner avec les pétales, ceux-ci avec les étamines, etc.
Lorsque le réceptacle est plan ou peu convexe, la disposition en spirale disparaît ou du moins est beaucoup plus difficile à saisir ; même dans ce cas, les folioles d'un verticille alternent avec celles du verticille voisin, à moins que des avortements ou le dédoublement de certaines parties ne viennent masquer cet ordre.
La proximité qui existe entre les verticilles floraux occasionne assez fréquemment des soudures. On considère comme origine d'un verticille le point où il devient libre de toute adhérence avec les autres verticilles. D'après cette convention, les étamines seront censées naître du pistil, de la corolle ou du calice, suivant qu'elles seront soudées avec l'un ou l'autre de ces organes. On les nomme
Êpigynes (fig. 110) lorsqu'elles naissent du pistil, comme dans Y Aralia nudicaulis, vulg. Salsepareille.
Périgynes (fig. 111) lorsqu'elles naissent du calice, comme dans le Cerisier.
Hypogynes (fig. 112) lorsqu'elles naissent du réceptacle, comme dans la Renoncule et le Pavot.
Il n'existe aucun terme spécial pour indiquer l'insertion des étamines