DISPOSITION DES FEUILLES SUR LA TIGE OU PHYLLOTAXIE
Les feuilles opposées sont celles qui occupent sur la tige les deux extrémités d'un même diamètre transversal. Elles
FiG. 108. — Comifle, Feuilles verticillées.
sont donc écartées l'une de l'autre d'une demi-circonférence; ex.: Houblon (fig. 43), Petite-Centaurée (fig. 54), etc.
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Si au lieu de deux feuilles au même niveau, il y en a trois ouplus, éqmdisiaLnies,el\essontverticillées(fi§. 108);et suivant que le verticille en comprend trois, quatre, cinq, etc., V angle de divergence qui les sépare les unes des autres est égal à 1/3, 1/4, 1/5, etc. de circonférence. On dit aussi alors que les verticilles sont ternes, quaternés, quinés, etc.
FiG. 109. — Cunonia. Feuilles opposées, composées-pennées, à stipules interfoliaires larges et caduques.
Les feuilles alternes sont placées seules à leur niveau sur la tige ou les branches. Leur disposition présente d'assez nombreuses variations, suivant le degré d'ouverture de leur angle de divergence. /
Ainsi, dans les Ormes, les Tilleuls, un grand jiombre de Phyllanthus, etc., les feuilles alternes sont séparées
BAILLON. — Bot., cU de 4*. 7
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par une demi-circonférence de la tige; il en résulte qu'elles sont disposées sur deux séries verticales, l'une à droite et l'autre à gauche de la tige (fig. 110).
Par conséquent, si l'on numérote de bas en haut les feuilles que porte une tige ou une branche, on voit que
Fig. 110. — Orme. Feuilles distiques.
sur une de ces séries verticales se trouvent superposées les feuilles 1, 3, 5, 7, etc., tandis que toutes les feuilles qui porteraient des numéros pairs seraient disposées les unes au-dessus des autres sur l'autre série verticale.
Si donc l'on fait passer un fil par les points d'insertion de toutes les feuilles, ce fil décrit une spirale continue ; et cette spirale, partant de la feuille 1, vient passer par l'insertion de la feuille superpose 3, après avoir fait une
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fois le tour de la tige, en formant une fraction dont le numérateur représente le nombre de tours ainsi parcouru, et dont le dénominateur indique le nombre de feuilles par lesquelles on passe avant d'arriver à la troisième ; dans le cas particulier qui nous occupe, la fraction dite phyllotaxique sera 1/2.
FfG. 111. — Aune, FeuiUes disposées suivant la fraction 1/ .
Avec une lige d'Aune glauque (fig. 111, 112), on verrait que le fil spiral, après avoir fait une fois le tour de la tige, passe par la quatrième des feuilles que celle-ci porte à partir de la base. Dans la fraction qui représente la disposition des feuilles, le numérateur étant toujours 1, le dénominateur devient 3, c'est-à-dire que la fraction est 1/3. Il va sans dire que l'angle de divergence est égal à 1/3 de circon-
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féreitce et que les feuilles 7, 10, 13 sont aussi superposées à la feuille 1 .
Dans la plupart des Pruniers (fig. 113, 414), il n'est pas possible, après qu'on a fait une fois le tour de la tige, de trouver une feuille superposée à la feuille 1 ; il faut, pour arrivera ce résultat, faire deux fois le tour; et, dans ce cas, c'est seulement la sixième feuille qui est exactement audessus de la première. La fraction qui indique cette dispo-
FiG. 112. —Aune. Tracé FiG. 113. — Pécher. Tracé
de la spire 1/3 sur ls( branche. de la spire 2/5 sur la branche.
sition doit donc être 2/5, et l'angle de divergence est égal à 2/5 de circonférence, c'est-à-dire de quatre angles droits. En écrivant, à la suite les unes des autres, les trois fractions précédentes :
on remarque, dans. ces fractions phyllotaxiques^ qui sont de beaucoup les plus communes parmi les plantes à feuilles alternes, que le numérateur de la troisième est égal à la somme des numérateurs des deux premières.
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et que le dénominateur de la troisième est égal à la somme des dénominateurs des deux premières.
Il en est toujours ainsi ; de sorte que les nombres les
FiG, 114. — Pécher. Feuilles disposées suivant la fraction 2/5.
plus ordinaires après ceux qui précèdent, et qui sont 3 5^ ^ 13 8' 13' 21' 34'
sont connus a priori quand on connaît les précédents. On appelle spire génératrice^ celle qui passe ainsi par
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102 COURS ÉLÉMENrAIRE DE BOTANIQUE.
toutes les insertions successives des feuilles ou des appendices qui tiennenl leur place.
Mais quand ces appendices sont très rapprochés les ^ uns des autres, comnie
il arrive dans certains bourgeons et rameaux, dans les rosettes de feuilles des Joubarbes ' et autres plantes analo-
gues , dans certaines fleurs et fruits composés ou multiples, comme dans les pommes de Pins et d'autres arbres verts, il est difficile ou F.G. 115. - Figure schématique impossible de faire pas- (diagramme) d'un rameau sur ser un III par toules les lequel les feuilles sont disposées insertions de ces appensuivant la fraction 2/5. djces. La pratique ap-
prend en pareil cas, qu'on dislingue sur ces bourgeons, ces fruits, etc., un certain nombre de lignes spirales tournant autour du centre, soit de droite à gauche, soit de gauche à droite; on les nomme spires secondaires.
On peut, à Taide de ces dernières, déterminer la spire génératrice. Il suffit pour cela de compter toutes les spirales secondaires qui tournent à droite et toutes celles qui tournent à gauche. Leur somme représente le dénominateur de la fraction phyllotaxique qui appartient à la plante observée ; on en connaît par là le numérateur.
Il y a des plantes qui présentent des variations, suivant les régions qu'on considère, dans le mode de disposition des feuilles. Le fait est constant pour les Dicotylédones à feuilles alternes, dont les cotylédons ou feuilles colylédonaires sont cependant opposés. Les plantes à feuilles verticiilées ont souvent des branches chargées de feuilles opposées,;et réciproquement. Les feuilles florales sont fréquemment verticiilées dans une espèce dont les feuilles ordinaires sont opposées ou alternes. D'autre part, les
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feuilles ne cessant pas d'être alternes, la fraction phyllotaxique qui, chez une plante, était inférieurement 1/3 ou 2/5 par exemple, devient, sur les branches supérieures, 3/8 ou une fraction plus élevée.
Sans même que la fraction phyllotaxique d'une plante se modifie, le sens dans lequel se dirige la spirale génératrice peut changer d'une branche à une autre.
Dans une plante donnée, les spires peuvent être, sur la tige, les branches et les rameaux quels qu'ils soient, ou toutes dextrorsuniy ou toutes sinistrorsum. On dit alors qu'il y a homodromie.
Ou bien la spire de la tige étant, par exemple, dextrorsum, celle des branches qu'elle porte est sinistrorsum, et sur les rameaux que portent ces branches, elle redevient dextrorsum, et ainsi de suite. On dit en pareil cas qu'il y a hétérodromie ou antidroipie.