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INFLORESCENCE

On donne le nom &' inflorescence au mode de disposition des fleurs sur la plante.

Quelquefois, mais assez rarement, les fleurs sont immédiatement appliquées et comme collées sur un axe; on les dit alors sessiles.

BAILLON. — Bot., cl. de 4». 8

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Plus souvent elles sont supportées par une queue plus ou moins longue ou pédoncule; elles sont alors pédonculées.

Le pédoncule, au lieu de demeurer simple, peut se diviser en axes secondaires, tertiaires, etc., et ce sont ces petits axes ou pédicelleSy qui portent les fleurs, dites en pareil cas pédicellées.

Il y a des inflorescences uniflores, c'est-à-dire que les fleurs qui les constituent sont solitaires; d'autres sont biflores, triflores,... pluriflores, multiflores.

Il y a des fleurs solitaires qui terminent la tige ou les branches d'une plante, et qui sont dites terminales.

Il y a d'autres plantes où les fleurs solitaires occupent l'aisselle d'une feuille ou d'une bractée ; elles sont alors axillaires, comme dans la Pervenche.

Les inflorescences pluriflores sont divisées en trois catégories :

1° Indéfinies ;

^'^ Définies;

3° Mixtes.

Inflorescences indéfinies, — La plus simple de toutes est Vépi, Il présente un axe commun unique sur lequel sont comme collées les fleurs, nées de haut en bas sur ses côtés et insérées là chacune dans l'aisselle d'une bractée. C'est ce qui arrive, par exemple, dans le Plantain commun, la Verveine officinale {ii\%, 134). Le nombre des fleurs que comprend un semblable épi est impossible à prévoir. Il y a de ces épis qui sont courts et ne portent que peu de fleurs; d'autres qui s'allongent beaucoup plus et en portent un nombre plus considérable; cela dépend de la durée et de la vigueur de l'axe de l'inflorescence. Il y a des plantes de pays uniformément chauds, comme certaines Orchidées, par exemple, dont les épis s'accroissant pendant plusieurs mois de suite, produisent ainsi sur les côtés un nombre indéfini de fleurs.

On observe exceptionnellement des épis dont Taxe se tenuine par une fleur; mais cela n'empêche point les

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ORGANOGRAPHIË DES PHANÉROGAMES. ilS

fleurs latérales d*ètre en nombre indéfini dans cet épi terminé.

L'épi est simple, quand il ne possède,, comme dans les

FiG. 434. — Ver." FiG. 135. — Coudrier. Fig. 136. — Bouleau, veine officinale. Chaton de fleurs le- Chatons de fleurs ma- Êpi. melles. les et femelles.

cas précédents, qu'un seul axe. Mais si, comme il arrive dans beaucoup de Graminées, les fleurs d'un épi sont remplacées, soit partout, soit dans une portion de Tinflorescence, par des axes secondaires qui se comportent

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eux-mêmes comme des épis simples, Tépi est dit composé; il peut l'être ainsi à trois, quatre, cinq degrés, etc., et devient alors décomposé.

L'épi des Aroïdées, qui renferme le plus souvent des fleurs unisexuées et aussi des fleurs stériles, se nomme un spadice; il est accompagné à sa 'base d'une grande

FiG. 137. — Colla. FiG. 138. — Charme, Chatons

Spadice. de fleurs femelles.

bractée, souvent colorée, dite spathe (fîg. 137). L'épi des Amentacées , unisexué et se désarticulant souvent de bonne heure, est un chaton (fig. 138, 139). Celui que dans les Graminées on nomme épillet (fig. 141), se compose d'un nombre variable de fleurs, entourées de deux bractées vertes dites glumes. Ce sont autant de variétés de l'épi.

Une grappe est un épi dont les fleurs, au lieu d'être sessiles, sont supportées chacune par un axe secondaire.

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ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 117

qui est un.pédicelie. Il y a des grappes simples et des grappes composées ou même décomposées; on peut aussi rencontrer des grappes terminées par une fleur.

FiG. 139. —Aune.

Chaton mâle.

Fifr. 141. — Épillet de Graminée.

FiG. HO. — Réséda. Grappe.

Certaines inflorescences tiennent en partie de la grappe et de l'épi, une portion de leurs fleurs, les inférieures, par

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exemple, étant seules pédicellées, tandis que "les autres^ sont sessiles. Ou bien un épi dont toutes les fleurs sont d'abord sessiles, deviendra plus tard une grappe, les pédicelles s'étant plus ou moins tardivement montrés.

Les grappes de la plupart des Crucifères sont anormales en ce qu'elles sont dépourvues de bractées.

Les pédicelles d'une grappe peuvent être fort inégaux.

FiG. 142. —Putiet Corymbe; Fie. i A3. —Schef fiera, OmheWe pédiceUes inégaux. composée.

S'ils sont d'autant plus longs qu'ils sont portés plus bas sur l'axe principal, ils peuvent, quoique insérés à des niveaux très différents, porter toutes les fleurs à peu près à un même niveau horizontal. L'inflorescence est alors un corymbe (fig. 142), et souvent les corymbes des Crucifères ou d'autres plantes passent avec l'âge à l'état de grappes, parce que l'axe principal s'allonge beaucoup tardivement et dérange ce niveau horizontal auquel arrivaient d'abord toutes les fleurs.

Comme il y a des épis simples et des épis composés, de

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ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 119

FiG. U5.

FiG. 146.

FiG. U7.

FiG 444. - Aroine. Grappe terminale, FiG. 145-147. "- ^cfl- '";oo.posée d'épiUets pédicellés, dite ^^;^Z:^

à tort panicule.

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même il y a des grappes simples et des grappes composées, des corymbes simples et des corymbes composés.

Si Taxe principal d'un corymbe demeurait, au contraire, à tout âge très court, surbaissé, de façon que les fleurs, occupant toutes le même niveau, partissent à peu près toutes de la même hauteur, l'inflorescence serait une ombelle; ses pédicelles portent souvent alors le nom de rayons. Ils peuvent être placés dans l'aisselle d'une brac-

FiG. U8. - Xan- Fie. 14-9. — Muttsta. Capitule

thium. Capitule à fleurs de deux sortes, à

b'flore. involucre imbriqué.

tée; ou souvent aussi celle-ci fait défaut. Quand elles existent, les bractées rapprochées les unes^des autres, et surtout les plus extérieures d'entre elles, plus développées, forment autour de l'origine des pédicelles une collerette qu'on nomme involucre.

Dans les Ombellifères, qui tirent leur nom de ce que leur inflorescence est une ombelle, celle-ci est beaucoup plus souvent composée que simple, c'est-à-dire que ses pédicelles se terminent, non par une fleur, mais par une

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autre ombelle plus petite, ou ombellule (fig. 152, 153). Quand la base de celte dernière est entourée d'une collerette de bractéoles, on nomme celle-ci involucelle.

Le capitule {^%. 148-151) peut être considéré comme une ombelle dont les fleurs seraient sessiles. Son axe peut souvent se renfler davantage que dans la plupart des ombelles et en même temps varier beaucoup de forme, tantôt conique-surbaissé, tantôt en forme de cône plus ou

Fig. 150. — AWic/iau/. • Fie. 151.— Femowia.

Capitule. Capitule.

moins élevé on étiré, ici ovoïde, et là hémisphérique ou clisciforme, à surface supérieure à peine bombée, ou tout à fait plane, ou même plus ou moins déprimée au centre et en forme de cupule ou même de sac Les bractées axillantes des fleurs peuvent y prendre un grand développement, surtout les inférieures. Elles constituent en ce cas un involucre, plus développé d'ordinaire que celui des Ombellifères ; c'est ce qui arrive surtout dans les plantes du groupe des Composées, dont l'inflorescence est souvent

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appelée une Fleur composée. Quant aux bractées des fleurs les plus intérieures, elles font souvent défaut, ou bien elles

' FiG. 152, 153. — Chcerophyllum et Coriandre. OmbeUes composée».

sont remplacées par des écailles, des paillettes. On nomme ordinairement fleurs du rayon celles de la périphérie du

FiG. 154. — Panicaut. Capitule. FiG. 155. — IHpsacus, Capitule.

capitule, et fleurs du disque celles du centre. Or, assez souvent dans les Composées, les fleurs du rayon et celles du disque ne sont pas semblables, comme nous le verrons à propos de l'étude des corolles.

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Il y a des intermédiaires entre le capitule et Tombelle : ainsi, les Panicauts (fig. 154) sont des Ombellifères dont rinflorescence rappelle beaucoup celle des Composées ; mais en écartant les bractées de leur involucre, on voit leurs fleurs supportées par de courts pédicelles que cachaient extérieurement ces bractées.

Inflorescences définies. — Ces inflorescences portent en général le nom de cymes. Il y a des cymes très peu compliquées et qui ne sont formées que de deux fleurs ; elles sont biflores ; disposition qui se rencontre souvent dans des plantes vulgaires dont ailleurs les fleurs sont solitaires et terminales, comme certaines Pivoines, Tulipes, Hellébores, Populages (fig. 162), etc. Si dans ces plantes, une branche terminée par une, fleur porte un peu plus bas une bractée et que de Faisselle de celle-ci parte un rameau secondaire, également terminé par une fleur, on a sous les yeux une petite cyme biflore, qui est dite unipare, parce que Taxe qu'on considère comme le principal, l'axe de première génération, n'est accompagné que d'un axe secondaire ou de deuxième générationy unilatéral, d'après ce que nous venons de voir.

Dans l'inflorescence de certains Cistes, du Genipa (fig. 159), on trouverait au-dessous de la fleur la première épanouie et qui termine l'axe principal, deux feuilles ou deux bractées situées en face Tune de l'autre ou un peu plus haut l'une que l'autre, et dans l'aisselle desquelles naît un axe de deuxième génération, terminé par un bouton, c'est-à-dire par une fleur qui ne s'ouvrira qu'après celle qui termine l'axe principal. Cette cyme sera triflore, et on la nomme bipare, parce qu'à un axe d'une génération donnée succèdent deux axes de la génération suivante. La fleur de première génération est dite en pareil cas, située dans la dichotomie, et il est facile de voir d'après ce qui a été dit page 49, qu'il s'agit ici d'une dichotomie vraie.

D'après ce qui précède, une cyme est tripare quand la fleur qui termine l'axe principal est accompagnée de trois bractées sous-jacentes et fertiles, c'est-à-dire

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FiG. 156. — Pavol. Ii.nirs buiitaires terminant des axes de générations successives.

ORGANOGRAPfllË DES PHANjuROGAMES. '25

pourvues dans leur aisselle d'une fleur de deuxième génération ; une cyme est quadripare, quand elle a sous sa fleur première, quatre fleurs de la deuxième génération, et ainsi de suite ; de sorte que lorsqu'il s'agit de cymes simples, les seules qui nous occupent actuellement, une

FiG. 157. — Petiie-Centaurée.

Cymes composées bipares.

FiG. 158. — Niveole.

Cyme unipare.

cyme unipare est biflore ; une cyme bipare, triflore ; une cyme quadripare, quinquéflore, etc.

Quand les fleurs d'une cyme sont sessiles, au lieu d'être pédicellées, l'inflorescence contractée se nomme un glomérule ; ce dernier est donc à la cyme ce que l'épi est à la grappe, le capitule à l'ombelle. Il y a de même des glomérules unipares, bipares, tripares, etc.

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Ji6 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE.

Ce qui caractérise les inflorescences dont nous venons de parler et qui les distingue des inflorescences indéfinies, c'est, comme on le voit, que tout axe y est terminé par une fleur ; qu'après la production et l'épanouissement de cette fleur, son rôle est terminé, défini; et cela est aussi vrai pour l'axe principal que pour les axes secondaires, quel que soit d'ailleurs leur nombre.

Cependant, la ramification de l'inflorescence peut ici, comme dans les épis, les grappes, les corymbes, etc., aller plus loin que le deuxième degré et même se propager jusqu'à un degré très élevé, comme il arrive dans certaines Caryophyllées, notamment dans les Gypsophiles. Certaines cymes ainsi composées peuvent être formées de plusieurs milliers de fleurs, et cependant n'être que des cymes bipares; et cela parce qu'un axe, de quelque degré qu'il soit, n'aura jamais sur ses côtés plus de deux axes de la génération suivante. De même une cyme tripare, quadripare, unipare, peut être extrêmement composée et compter un nombre absolu de fleurs tout à fait considérable, sans que ce caractère soit modifié, qu'à un axe de génération quelconque, succèdent dans la cyme, trois, quatre, ou un seul axe du degré suivant.

Il est même possible que dans une cyme composée, les axes des premières générations étant tels qu'il appartient à une cyme bipare ou tripare, les axes des générations ultimes ne supportent plus que des cymes unipares. C'est la conséquence d'une sorte d'appauvrissement qui tient à la disparition d'une ou deux (sur deux ou trois) des bractées situées au même niveau ou à peu près, ainsi que de leurs fleurs axillaires; ou c'est dû à ce que, ces bractées persistant, elles n'ont plus de fleur dans leur aisselle.

Les cymes unipares sont de deux sortes : les unes dites héliçoïdes; les autres, scorpioïdes.

La cyme unipare héliçoîde se produit de la façon suivante (fig. 160) : Un axe primaire (1) est terminé par une fleur; et sous elle, du côté gauche, par exemple, il y aune bractée fertile, dans l'aisselle de laquelle se développe un axe de deuxième génération (2), également terminé par une

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ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 127

fleur. L'axe 2 porte à gauche un axe 3, terminé par une fleur, et ainsi de suite. De la direction de tous les axes successifs résulte un ensemble qui prend la forme spirale, et toutes les fleurs des générations* successives se trouvent placées d'un même côté qui est celui de la convexité du système d'axes placés bout à bout. Celte cyme se comporte en somme absolument comme un sympode (p. 49).

Avec la même courbure générale, la cyme unipare scorpioîde présente sur sa convexité deux séries parallèles

FiG. 159. — Genipa, Cyme Fig. 160. — Cyme unipare

bipare et triflore. héliçoïde (figure schématique).

de fleurs et non une seule. Cette disposition sur deux séries tient à ce que dans les plantes à cyme scorpioîde, il y a hétérodromie{^, 103) pour les feuilles, les bractées et les fleurs. S'il s'agit, par exemple, d'une plante à fraction phyllolaxique 2/5, l'axe primaire de l'inflorescence se terminant par la fleur 1 (fig. 161), l'axe qui se termine parla fleur 2 va se porter à droite, par exemple jusqu'à 2/5 de la circonférence à partir du point de départ. Puis l'axe 3 se porte vers la gauche, avec la fleur terminale, jusqu'à 2/5 de circonférence ; ce qui superpose la fleur 3 à la fleur 1. La fleur 4 va, pour la même raison, se porter à droite

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et se superposer à la fleur 2 ; la fleur 5, à gauche, se superpose à la fleur 3 ; la fleur 6, à droite, se superpose à la fleur 4, et ainsi de suite. De sorte que dans une cyme scorpioïde, toutes les fleurs sont sur deux rangées courbes dont Tune est formée des fleurs qui terminent les axes impairs, et l'autre, de celles qui terminent les axes pairs.

De même qu'une grappe peut se transformer supérieurement en épi, de m<^rae une cyme peut se terminer

FiG. 161. — Cyme unipare scorpioïde (figure schématique). Les numéros indiquent l'âge des axes successifs ; et les flèches, leur direction hétérodrome.

FiG. 162. — Populage. Petite cyme unipare et biflore. La fleur épanouie est de première génération, et le bouton, de deuxième.

en glomérule, par la suppression, complète ou non, des pédicelles dans la portion extrême de l'inflorescence.

Les cymes simulent souvent des inflorescences définies. Ainsi, le glomérule peut ressembler de loin à un capitule ; mais ce dernier a les fleurs les plus âgées à sa périphérie et les plus jeunes à son centre ; leur évolution est centripète, tandis que dans un glomérule, dont l'évolution est centrifuge, les fleurs les plus âgées sont intérieures, les plus jeunes se trouvant rejetées vers la circonférence. Dans beaucoup de Labiées, de Rubiacées exotiques, etc., les glomérules simulent des verticilles de fleurs axillaires.

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ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 129

Une cyrae unipare est souvent prise pour une grappe, les portions inférieures de tous les axes de générations successives se plaçant sympodiquement bout à bout et simulant par leur union un axe principal. Mais dans la cyme unipare, ou bien il y a en face l'une de Tautre deux

FiG. 163. — - Lin. Fleurs termi- FiG. 164. — Hélianthème. Cyme nales, rapprochées en cyme, unipare, par avortement de la

simulant une grappe lâche. fleur axillaire d'une des bractées.

feuilles ou deux bractées dont une seule porte une fleur dans son aisselle ; ou bien, si les bractées ou les feuilles sont alternes, la fleur est oppositifoliée, avec un autre axe interposé à son pédonculle propre et à la bractée, tandis que dans la grappe vraie, le pédicelle floral, placé dans l'aisselle de sa bractée, est interposé à celle-ci et à l'axe ' principal de la grappe.

BAILLON. —Bot., cl. de 4*. 9

Inflorescences mixtes. — Un épi formé de petits épis secondaires ou épiliets, en nombre variable, est, nous le savons, une inflorescence composée, c'est-à-dire un épi d'épis, ou une inflorescence indéfinie, non de fleurs, mais d'inflorescences indéfinies.

Si cependant nous supposons que les épiliets soient remplacés dans cette inflorescence par des glomérules, nous aurons sous les yeux un épi de glomérules, c'est-à-

FiG. 165. — Alouchier. Inflorescence mixte : corymbe de cymes.

dire uiie inflorescence indéfinie de petites inflorescences définies. C'est là le caractère d'une inflorescence mixte.

L'inverse peut se produire également : l'inflorescence totale d'une Composée àff'ecle très souvent les caractères d'une cyme. Seulement, les axes successifs de cette cyme portent chacun, non pas une fleur, mais un capitule qui est une inflorescence indéfinie ; donc l'ensemble constitue une inflorescence définie de petites inflorescences indéfinées (fig. 167). C'est encore là une inflorescence mixte.

Sont de même des inflorescences mixtes : les grappes,

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ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 131

corymbes, épis, chatons, spadicës, ombelles et capitules de cymes ou de glomérules.

FiG. 166. — Iris. Inflorescence mixte : fleurs en grappe de cymes unipares pauciflores.

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Et de même, lesglomérules ou cymes d'épis, dé grappes, de chatons, de corymbes, d'ombelles, de capitules. Dans une inflorescence mixte, Taxe principal, au lieu

FiG. 167. — CamomiUe. Inflorescence générale mixte : capitules terminaux et disposés en cymes.

de demeurer étroit et cylindro-conique, peut affecter les formes si variées de cupule ou de sac qu'offre le réceptacle

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ORGA?ïOGRAPHlE DES PHANÉROGAMES. 133

floral des capitules dans les Composées. C'est cette forme qu'il présente dans certaines Ulmacées des genres Dorstenia (fig. 172-174), Lanessania (fig. 170) et Figuier (fig. 171). Dans ce dernier même, le sac réceptaculaire

Fjg. 168. — Sparmanma. Inflorescence mixte : ombelle de cymes.

est souvent complètement clos, sauf au niveau de Vœil qu occupe le sommet de figure de l'inflorescence et qui répond réellement à la base organique du réceptacle. Sur un axe principal ainsi déformé, les fleurs sont disposées en

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autant de glomérules qu'il y a primitivement de centres disséminés de floraison, constitués par les fleurs de première génération. Autour de celles-ci s'en produisent de deuxième, de troisième, etc., générations; et souvent, finalement, la surface concave du réceptacle est totalement ou à peu près recouverte de fleurs qui arrivent à se toucher. Il y a des Dorstenia dont le réceptacle prend des formes étranges, ou quadrangulaire, avec quatre angles ou quatre lobes presque également saillants (fig. 174), ou

FiG. 169. — Vanillosmopsis. C;i pilule du glomérules.

avec deux lobes très étirés, plus développés que les deux autres qui peuvent même disparaître, si bien que l'ensemble a la ligure d'une fourche (fig. 173). Les Mûriers ont, au contraire, un axe principal allongé et aplati en battoir (fig. 175). Le Mûrier à papier (fig. 177) et bien des Jacquiers (fig. 117, 176) ont un axe principal sphérique ou ovoïde. Mais tous ces axes, si variables de forme, ont ce caractère commun, qu'ils supportent, non des fleurs à évolution centripète, comme dans les capitules, mais de nombreux glomérules ou groupes floraux à évolution centrifuge.

Il ne faut pas, comme on l'a fait si souvent, confondre des inflorescences mixtes avec des inflorescences simples ou composées.

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ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES.

Ainsi, ce qu'on a nommé l'ombelle ou le corymbe d'un grand nombre de nos arbres fruitiers n'est souvent qu'une

FiG. 170. — Lanessania. Inflorescence mixte : réceptacle obconique

►portant une fleur femelle centrale au fond de sa cavité ; et en haut

(plus près de sa base organique), des glomérules de fleurs mâles.

grappe de cymes (fig. 165). Ce qu'on appelle la grappe du Marronnier d'Inde (fig. 179) est une grappe de cymes unipares. La plupart des prétendues grappes simples ou

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composées des Monocotylédones, sont des grappes ou des

FiG. 171. — Figue. Glomérules tapissant la concavité d'un axe pyriforme et sacciforme.

épis de cymes ou de glomérules unipares. L'ombelle du Butomus umbellatuSy celle du Tacca pinnatifida, des

FiG. 172. — Dorstenia brasiliensis. Glomérules rassemblés sur un réceptacle circulaire et à peu près plan.

Allium, etc., sont des ombelles de cymes unipares, c'est-à-dire des inflorescences mixtes.

Les phénomènes d'entraînement, plus fréquents dans

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ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES.

FiG. 173 — Dorstenia multiformis. Fie. 174. — Dorstenia cuspidata. Inflorescence mixte à récep- Inflorescence mixte; ré-

tacle bifurqué. ceptacle quadrifurqué.

les axes florifères que dans les branches à feuilles,

FiG. 175. — ^urifir. Grappe FiG 176. — Jacquier, Glomérules de glomérules unilatéraux. réunis sur un axe ovoïde.

altèrent souvent les caractères des inflorescences et la

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position définitive des fleurs, de façon à constituer ce qu'on a nommé des inflorescences anormales.

FiG. 177. — Mûrier a papier. Glomérules réunis sur un réceptacle commun globuleux.

Une fleur ou une inflorescence née dans Taisseile d'une

FiG. 178. — Guettarda, Cyme unipare simulant un épi bifurqué, feuille, peut ne pas se dégager du fond même de cette

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ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 13

aisselle, peut être, dès son jeune âge, entraînée plus pu moins loin avec la feuille axillante, et ne se séparer d'elle qu'en un point variable de son pétiole, comme dans la plupart des Dichapetalum (Chailletia), ou vers le milieu

Fir,. 17J. — Marronnier dinde. Fig. 180. — Can^phora, Glo- Inflorescence mixte : grappe de mérules réunis au sommet

eymes unipares. d'un axe commun ailé.

de la face supérieure de sa nervure principale, comme dans VHelwingia {f\g, 184), certains Polycardia, ou vers les bords du limbe, comme dans le P. Hildebrandtii, ou vers le sommet de la côte, comme dans le Phyllonoma

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(fig. 185). C'est à tort qu'en pareil cas on admet qu'il y a soudure tardive de l'inflorescence avec la feuille dont elle était primitivement indépendante.

Ou bien, c'est sur l'autre bord de l'angle axillaire, c'està-dire du côté de la tige ou de la branche, que se porte l'entraînement de la fleur ou de l'inflorescence. Alors

Fig. 181. — Artahothrys. Grappe de cymes à axe comprimé sur lequel les pédicelles sont entraînés à des hauteurs diverses.

cette dernière se dégage de la tige ou un peu au-dessus de l'aisselle (est supraaxillaire)^ ou bien vers le milieu de Tentre-nœud, ou bien tout en haut de celui-ci, soit en dessous d'une feuille, soit latéralement, soit même de l'autre côté exactement de l'axe, auquel cas l'inflorescence est oppositi foliée. VErythrochiton hypophyllanthus doit même son nom à ce que son inflorescence, qui répond

ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. U\

Fie, 192. — IpécacuatUui. Glo- Fig. 183. — Morinda. Inflo-

mérules composés simulant un rescence mixte : capitule

capitule. de glomérules.

à l'aisselle d'une feuille placée plus bas, remonte jusque

Fie. 184. — Helmngia InHo- « Fie. 185. — Phyllonoma. Inflorescence axillaire entraînée rescences axillaires entraînées sur la surface supérieure de sur les feuilles jusque près de la feuille. leur sommet.

vers le milieu de la face inférieure de la côte d'une feuille

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superposée. Les inlïoresceaces réellement épiphylles ne

doivent leur origine qu'à un phénomène d'entraînement.

Il y a même des ovaires, comme celui du Petagnia

FiG. 186. • Petagma. Axes floraux latéraux entraînés sur le réceptacle de la fleur, qui est Taxe central de Finflorescence.

(fig. 186), qui supportent des fleurs ou des inflorescences. Celles-ci sont en réalité entraînées sur la surface d'un réceptacle ou rameau creusé en forme de sac et dans lequel est enchâssé l'ovaire infère.

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