‹ Cours Élémentaire de BotaniqueChapitre 18 sur 71 · LA FLEUR EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LA FLEUR EN GÉNÉRAL

On appelle fleur la réunion des organes de la reproduction, qui en constituent la portion essentielle, et des en-veloppes qui peuvent les accompagner, mais représentent une portion accessoire et manquant même assez souvent ; on désigne ces dernières sous le nom de périanthe.

Il y a tous les degrés entre une fleur réduite à un seul organe de reproduction et des fleurs très compliquées, à organes reproducteurs nombreux et à enveloppes florales multiples.

Nous allons passer en revue ces divers états en allant du simple au composé. ;

a. — Certaines fleurs de l'If ne sont représentées que par un petit corps ovoïde qui doit en devenir le fruit (fig. 190-192). Certains botanistes l'ont comparé à l'œuf des animaux, c'est-à-dire au corps qui les reproduit et l'ont appelé ovule végétal. En l'examinant d'un peu près, on voit qu'il est formé d'une masse solide incluse et d'une sorte de sac enveloppant, à orifice supérieur. Si, abstraction faite de la forme, on projette sur un plan horizontal les deux parties constituantes de la fleur (fig. 191), la masse centrale qui pour nous est l'ovule, sera représentée par un cercle, et son enveloppe, que nous considérons comme un oraire renfermant l'ovule, sera représentée par

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une enceinte extérieure. Nous aurons ainsi tracé le diagramme (p. 155) de la fleur de l'If, c'est-à-dire son plan. b. — Dans celles des fleurs des Saules qui doivent donner des fruits (fig. 193-195), il y a de même un sac auquel

FiG. 190-192. — If. Fleur entière, coupe longitudinale et plan. Il n'y a qu'un ovule dans l'ovaire.

on a donné le nom d'ovaire et dont le rôle est de contenir et de protéger les ovules. Mais ceux-ci, au lieu d'être solitaires, sont, dans les Saules, au nombre de deux, quatre

Fig. 193-195. — Saule. Fleur entière, coupe longitudinale et plan. Il y a plusieurs ovules dans l'ovaire.

ou davantage. L'ovaire est donc pluriovulé ou mulîiovulé, au lieu d'être, comme celui de l'If, ùniovulé.

c. — Le Muscadier (fig. 196-198) a également, dans celles de ses fleurs qui produiront les fruits, un ovaire, et, dans riniérieur de celui-ci, un ovule; mais l'ovaire est'entouré et protégé lui-même par un sac membraneux, qu'on

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nomme le périanthe. Cette fleur a été appelée périan thée, par opposition aux précédentes qu'on dit nues.

FiG. 196-198. — Muscadier. Fleur femelle entière et coupée en long, et plan de la fleur. L'ovaire uniovulé est entouré d'un périanthe.

d. — llyei aussi dans les Peupliers (fig. 199, 200) un périanthe et, en dedans de lui, un ovaire. Mais, au lieu

Fig. 199, 200. — Peuplier, Fleur femelle, entière et coupée en long. Ovaire périanthe et pluriovulé.

d'être uniovulé, comme celui du Muscadier, cet ovaire périanthe est pluriovulé ou multiovulé.

e. — Le Compagnon-blanc (fig. 202-205), espèce de

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LychniSy très commune dans nos champs, a, dans celles de ses fleurs qui donnent des fruits, un ovaire muUiovulé; mais le périauthe qui les entoure est double, au lieu d'être simple ; de sorte qu'on les dit dipérianthées. Il y a de grandes dissemblances entre les deux périanthes. L'extérieur est vert, comme les feuilles, et de même consistance qu'elles; on lui a donné le nom de calice. L'intérieur est, au contraire, formé de folioles bien plus minces et délicates, de couleur blanche; on le nomme corolle. Et comme cette partie du périanthe est la plus visible, la plus développée,

FiG. m.—Dar- Fig. 202, 203. — Compagnon-blanc. Fleur femeUe

tvinia. Fleur di- (devant donner un fruit), coupe longitudinale et

périanthée.Ovai- plan. Ovaire pluriovulé et dipérianthé. A B, le

re uniovulé. plan antéro-postérieur de la fleur.

c'est elle dont la couleur attire ici l'attention ; de sorte que lorsqu'on dit que les fleurs de cette plante sont blanches, on sous-entend que cette couleur est celle de sa corolle, comme il arrive' d'ailleurs souvent, mais non constamment, ainsi que nous le verrons ultérieurement.

/. — Il y a des fleurs pourvues d'un double périanthe, calice et corolle, et dont l'ovaire, au lieu d'ovules nombreux, ne renferme qu'un seul ovule, ainsi que celui du Muscadier ou de l'If ; nous pouvons citer les Sumacs, la Chayotte, les Darwinia (Cig, 201), les Calophyllum:

g. . Il y a des pieds de Compagnon-blanc qui ne don-

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nent pas de fruits. La raison de ce fait est que leur ovaire n'existe pas, ou que, réduit à un rudiment, il ne devient jamais un fruit fertile. Mais, par contre, les fleurs où se produit cet avorteraent (fig. 204, 205), possèdent une dizaine d'organes particuliers, représentés par un nombre égal de baguettes au sommet desquelles sont supportés des sacs jaunes (fig. 204), remplis d'une poussière nommée pollen^ laquelle s'en échappe au moment de l'épanouissement des fleurs. Ce pollen a une grande importance dans les fleurs, en ce sens qu'il en est la poussière fécondante

Fig. 204, 205. — Compagnon-blane. Fleur à étamines (mâle), coupe longitudinale et plan.

et que son concours est nécessaire pour les rendre fécondes. Aussi les organes qui le renferment sont considérés comme les organes mâles des plantes et constituent ce qu'on appelle leur androcée. Chacune des parties de l'androcée est une étamine, et l'on appelle fleurs mâles celles qui possèdent ainsi des étamines, tandis qu'on réserve le nom de fleurs femelles pour celles qui possèdent des ovules et un ovaire, comme sont celles des Ifs, Saules, Muscadiers et Peupliers, que nous avons tout d'abord examinées.

A. — Les Œillels {Çi^, 233) appartiennent à un même groupé naturel que le Compagnon-blanc. Ils en ont la fleur à double périanthe, c'est-à-dire un calice en forme de

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tube denté à son orifice supérieur, et une corolle de couleur très variable ; mais la fleur possède à la fois des étaraines et un ovaire, c'est-à-dire des organes mâles et femelles; de sorte qu'elle est hermaphrodite.

i. — Dans les fleurs des Mauves, Guimauves, Ketmies (fig. 208), Cotonniers (fig. 206, 207), etc., il y a non seulement des organes mâles et femelles et, autour d'eux, un double périanthe, c'est-à-dire une corolle et un calice ;

Fig. 206, 207. — Cotonnier. Bouton et fleur pourvus de leur calicule (tripérianthés).

mais en dehors de ce dernier, il y a, en outre, une troisième enveloppe florale, formée de bractées et qu'on appelle calicule. Les fleurs hermaphrodites ainsi tripérian- Ihées, sont les plus complètes que Ton connaisse. Toutes les fois que les fleurs ne sont pas e^i même temps dipérianthées et hermaphrodites, il a fallu créer des noms pour indiquer en quoi elles sont incomplètes.

Les fleurs sans périanthe, ou apérianthées, sont, nous l'avons vu, encore dites nues.

Les fleurs qui n'ont qu'un calice ou une corolle, sont monopérianthées. Si c'est le calice qui manque, comme dans les Garances, les Santals, certaines Composées, on dit la fleur asépale. Si c'est la corolle, comme dans le Muscadier, le Peuplier, le Ricin, etc., on la dit apétale.

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Les fleurs qui sont réduites à un périanthe sans organes sexuels, comme il arrive souvent au pourtour du capitule des Composées, sont dites neutres.

Les fleurs qui ne sont pas hermaphrodites, sont uniseimées. Celles qui n'ont qu'un androcée, sont mdles (fig. 209) ; celles qui n'ont que le gynécée, sont femelles.

Lorsqu'une plante n'a pas que des fleurs hermaphrodites, elle peut avoir les mâles et les femelles réunies sur

Fig. WS. — Ketmie. Bou- Fig. 209. — Nerprun. Fleur mâle, ton avec calicule. à gynécée rudimentaire.

un même pied. On la dit alors monoïque^ et l'on appelle Monœcie le groupe dans lequel on la classe. Tels sont : le Ricin, le Potiron, le Coudrier, le Chêne, etc.

Ou bien elle peut, comme le Compagnon-blanc, ou comme le Chanvre, les Mercuriales, les Pistachiers, etc., avoir des pieds qui ne portent que des fleurs mâles et d'autres qui ne portent que des fleurs femelles ; auquel cas on 1b nomme dioïque, et on la range dans la Diœcie.

Ou encore elle possède sur un seul et même pied des fleurs unisexuées et des fleurs hermaphrodites; elle est alors polygame; elle appartient à' la Polygamie.

La Diclinie est la somme de la Monœcie, de la Diœcie

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et de la Polygamie. Une plante dicline est donc celle qui n'a pas toutes ses fleurs hermaphrodites.

L'étude de la fleur en général comporte en outre celle du réceptacle, qui nous occupera plus loin, les questions de symétrie florale *, et aussi l'examen de l'orientation de la fleur.

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