Moutarde, Embrvon
Fig. 572.— CoIm, Embryon.
rique ou ellipsoïde, et l'on doit nommer tigelle la masse qui supporte ce bourgeon. Dans le Caryocar (ï\^, 563),
ORCANOGRAPHIK DES PHANÉROGAMES.
cette tigelle s'allonge en une sorte de col recourbé audessous du bourgeon qui la termine, tandis qu'à l'autre extrémité elle se renfle beaucoup en massue; ce qui lui a valu le nom de macropode. Dans nos Cuscutes, l'embryon
FiG. 573. — Crambe. Fig. 574. — Iberis. FiG. 575. — Câprier. Embryon. Embryon. Embryon.
est aussi plus épais à la base qu'au sommet, mais il est beaucoup plus grêle, plus allongé que dans tous les cas précédents; aussi s'enroule-til plusieurs fois sur luimême afin de demeurer contenu dans la semence.
Fig. 576. — Nelumbo.
Embryon.
Fig. 577, 578. — Cornlfle.
Embryon feuille.
Quand la tigelle de l'embryon est cylindrique et relativement peu épaisse, comme c'est le cas dans la plupart des plantes de notre pays, sa portion inférieure se continue en une extrémité conique ou cylindro-conique qu'on
vGooQle
nomme la radicule et qui, lors de la germination de l'embryon, se prolongera en une racine principale dont la durée sera, comme nous l'avons vu (p. 16), variable', tantôt de quelques jours seulement, et tantôt égale à celle même de Tindividu, avec tous les intermédiaires possibles suivant l'espèce à laquelle la plante appartient.
FiG. 580. — Noyer.
Cotylédons corrugués.
Fie. 579. — Phytocrene. Embryon Fie. 581. — Delle-de-nuiL à cotylédons repliés sur cux-mômcs. Embryon replié.
En même temps, la gemmule étant, comme nous le savons aussi (p. 4), extérieurement formée de plusieurs petites feuilles, ces feuilles présentent ordinairement pendant la maturation de la graine un inégal accroissement. Ordinairement l'inférieure ou les deux inférieures prennent un beaucoup plus grand développement que les autres, soit en longueur et en largeur, soit en mèmetemp^ en épaisseur. Ce sont là les feuilles cotylédonaires ou
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 277
cotylédons. Les Mbnocotylédones sont les plantes où une seule de ces feuilles présente ces particularités. Très ordi-
FiG. 582. — Pangium. Graine à grand hile allongé.
nairement elle est assez développée en largeur pour pouvoir se replier ou s'enrouler sur elle-même, entourer de
Fi6. 583. — Ketmie, Fig. 584. — Dictyoloma.
Graine poilue. Graine ailée.
la sorte les autres feuilles de la gemmule et mênle rapprocher l'un de l'autre ses bords à ce point qu'il n'y a plus entre eux qu'une fente plus ou moins longue, verticale ou
vGooqIc
plus OU moins oblique (ûg, 566, 594). Les Dicotylédones sont les plantes où les deux premières feuilW, le plus sou-
FiG. 585.— Marronnier d'Inde. Fig. 586.— Poi- Fig. 587. — Nigelle. Graine lisse, à large cicatrice rier. Graine Graine à tégument du hile. lisse. rugueux.
vent égales et opposées, prennent ainsi un grand dévelop-
' Fig. 588. — Pavot. Fig. 589. —Tabac. Fig. 590. — A/ouron.
Graine à tégument Graine à tégument Graine à tégu-
extérieur réticulé. réticulé. ment rugueux.
pement. Alors elles s'appliquent Tune contre l'aptre par
Fig. 591-593. — Oranger. Graine à plusieurs embryons.
leurs faces supérieures pour enfermer la gemmule; ou bien elles se replient Tune sur l'autre, s'enveloppent l'une
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 279
Tautre (fig. 570, 574) ou s'enroulent Tune sur Tautre en spirale (fig. 567, 569, 575) pour atteindre le même but. Un embryon, quel qu'il soit, est entoure d'une ou plu-
FiG. 594. — Scille FiG. 595, 596. — Moringa. Graine ailée, penchée. Embryon- entière et coupée en long.
sieurs enveloppes, nommées téguments séminaux. l\y en a le plus souvent trois, plus rarement deux et très rarement une seule. Leur consistance et leur épaisseur varient
Fig 597.— Cedrela. Fig. 598. — Grenadier. Ttc. 599. — Groseillier. Graine ailée aux Graine à tégument Graine à tégument deux extrémités. extérieur pulpeux. extérieur pulpeux.
beaucoup; mais sauf la plus intérieure (quand il y en a deux ou trois) qui est presque toujours membraneuse et translucide, il n'y a point de règle à cet égard. Ainsi, la
vGooqIc
plus extérieure des trois est mince, translucide; ou dure,
FiG. 600.— Quinquina, Graine ailée.
FiG. 601.— Magonia, Graine à bords ailés.
ligneuse, osseuse même ; ou épaisse et charnue, pulpeuse;
FiG.602.— Desvflttapta.Embryon occupant l'extrémité de la graine.
FiG. 603. — Anœlie.
Graine anatrope, coupe longitudinale. A droite le raphé.
FiG. 604. —Blé. Embryon occupant obliquement rextrémité delà graine.
ce qui la rend même comestible dans certaines graines.
vGooqIc
aRGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES.
comme celle du Mangostan, du Grenadier (fig. 598), du Groseillier (fig. 599), etc. ; et l'enveloppe moyenne peut aussi présenter loules ces variations, tantôt ténue et
Fifw. 605-608. — Phytolacctty Limeum, Agrostemmay Adenogramma. Embryons courbes et extérieurs à Talbumen.
sans solidité, tantôt épaisse ou crustacée et incrustée de matières colorantes, quelquefois très abondantes. Quand Tembryon a, comme il arrive très souvent, ses
Fig. 609, 610. — Oa;^/mt^^a. Graine à albumen ruminé.
Fig. 611. — Unona. Graines à albumen rumine.
parties plus ou moins régulièrement repliées les unes sur les aatres, elles peuvent laisser entre elles des interstices
vGooqIc
qui assez souvent, dans ce cas, sont remplis par une petite quantité de matière mucilagineuse, alimentaire, premier indice de ce qu'on appelle Valbume7i, Ce réservoir d'aliments devient bien plus abohdant quand Tembryon est
FiG. 612. ~ Richella. FiG. 613. — Pagamea. Aloumca
Albumen ruminé. ruminé.
trop petit pour remplir la cavité que forment les téguments séminaux, et quand en même temps les cotylédons de Tembryon sont minces et ne peuvent contenir la nourriture dont il aura besoin pour germer. Alors Talbumen peut
FiG. 614, 615. — Lierre. Graitie entière et coupée en long. Albumen ruminé.
même occuper presque toute cette cavité, comme il arrive dans nos Graminées (flg. 604), nos Cypéracées ; et Tembryon, relativement peu volumineux, est relégué vers une de ses extrémités (fig 602). Plus souvent Talbumen enveloppe totalement Tembryon qui est central ou excentrique (flg. 619). Ailleurs, quoique plus rarement, c'est Tembryon
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 283
recourbé sur lui-même qui enveloppe en totalité ou en partie Talbumen qui est central (fig. 605-608).
Il y a mêiçe des embryons qu'entoure un double albu-
FiG. 616. — iVénu/ar. Fig.617. — Ca/eier. Fig. 618. — Poivre. Double albumen. Albumen corné. Double albumen.
men, soit au début, soit jusqu'à Télat de développement définitif de la semence. Les Poivres (fig. 618), les Nénu-
FiG. 619. — Dattier. Fig. 620. — Pensée. Fig. 621.— Tricholobus. Albumen corné. Arille du micropyle. Arille du bile.
fars {(ig, 616) sont dans ce cas à l'état de maturité de la graine. L'albumen intérieur est en pareil cas placé avec l'embryon dans le sac embryonnaire ou plutôt dans sa por-
vGoosIe
tion supérieure, tandis que sa portion inférieure est souvent réduite à un mince boyau; et l'albumen extérieur est développé dans le nucelle.
La substance de l'albumen et sa consistance sont varia-
FiG. 622. — Rocou. FiG.623.— Copaifera. Fig.624.— Comiaru*. Arille du hile. Arille. Arille.
bles. Il est parfois formé de poils agglutinés, ou souvent charnu, gorgé d'huile ou de fécule, plus rarement dur et même corné ou pierreux, comme celui du Caféier (fig. 6 17), du Muguet, etc. L'albumen peut être homogène et continu.
Fig. 625. —Xylopie. Fig. 626, 627. ^Chélidoine. ArUlc
Arille. du raphé.
OU plus rarement partagé en un grand nombre de lobes et cérébriforme ; on le dit alors ruminé (fig. 609, 615).
Arille. — On désigne sous ce nom des productions surajoutées à la graine et qui dépendent de l'hypertrophie tardive et plus ou moins considérable de son enveloppe superficielle. Cette hypertrophie peut être généralisée ;
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 285
de sorle qu'il y a des arilles de la surface entière dp la graine. Les cellules qui les ont formées peuvent être demeurées adhérentes les unes aux autres, de façon à constituer
FiG. 628, 629. — Trigonia. Graine FiG. 630, 631. — Populage. à arille pileux. AriUe de la chalaze.
une enveloppe continue; ou bien elles ont grandi toutes séparément les unes des autres^et alors elles représentent des poils, dont Tensemble est un arille pileux. C'est ce
FiG. 632, 633. — Muscadier. Arille du hile et du micropyle.
qui arrive notamment dans le Cotonnier (fig. 634, 635) dont l'arille pileux, détaché de la surface de la semence, constitue la substance dont on fait les tissus de coton. Pins ordinairement la formation arillaire est limitée à
vGooqIc
une portion de la graine: àlachalaze (fig. 630, 631),au raphé (fig. 626, 627), au hile (fig. 644) ou au micropyle (fig. 645,
Fig. 634, 635. — Cotonnier, Arille pileux.
646). L'arille est alors ou charnu, ou plus rarement pileux, comme il arrive dans le Laurier-Rose, où Tarilleest
Fig. 636. — Epilobe. Graine à Fig. 637. — Cephalanthiu, arille Chalazique pileux. Arille du hile.
ombilical, tandis que dans TÉpilobe (fi^. 636), le bouquet arillaire de poils naît de la région de la chalaze.
vGooqIc
ORGANOCRAPHIE DES PHANÉROGAMES 287
Les arilles charnus peuvent aussi naître simultanément de deux régions de la graine : ainsi, du raphé et du hile à la fois, comme dans certaines Violettes ; du hile et du
FiG. 638.— />i- FiG. 639. — Tur^ FiG. 610. — Can-
dymotheca. nera, Ariile du dollea. AriUe
AriUe. hile. cliarnu lacinié.
micropyle à la fois, comme dans VEcballium, où l'arille est court et forme une sorte de huit déchiffre; ou dans le Muscadier ( fig. 632, 633) où il est bien plus développé et où
FiG. 641. — Litchi, Graine FiG. 642,643. — Muràltia.
arillée. Graine ariUée.
il forme autour de la graine une sorte de cage à jour, connue sous le nom de Macis. Si cet organe est dans le Muscadier, découpé en lanières inégales, c'est que les poils dont il est formé sont restés unis les uns aux autres en faisceaux dans certains points, et se sont, au contraire,
vGoosIe
dans d'autres, isolés les uns des autres pendant leur évolution. Le funicule qui supporte les graines peut lui-même
FiG. 644. —Pivoine. FiG. 645, 646. — Ricin, Fig. 647.- Pitcro- Arille du hile et du Graine entière et coupée xtjlon. Aile remsommet du funicule. enlong.Arilledimicropyle. plaçant TanUe.
dans quelques cas se développer en arille, soit charnu,
Fie. 618. — Diploglotlis. Fruit déhiscent. AriUe à double feuillet, enveloppant toute la graine.
soit pileux (Saule). Le rôle dés arilles est d*aifier, soit à la déhiscence des fruits, soit à la dissémination des graines.
vGoosIe
ORGANOGRAPHIE DES CRYPTOGAMES
D'après ce que nous avons vu dans les pages précédentes, les plantes phanérogames ont en général des organes de végétation bien distincts, c'est-à-dire des tiges, des racines, des feuilles, etc., différenciées les unes des autres. Quelques-unes font exception, comme le Wolfia arhiza, par exemple, qui est une plante phanérogame, représentée en dehors du temps de la floraison par une masse verte où Ton ne distingue ni tige, ni feuilles, ni racine. Les Lemna (fig. 37) ont des racines distinctes de leur masse verte et charnue; mais celle-ci ne se décompose pas en feuilles et en tige. Dans les plantes cryptogames, ce défaut de différenciation est bien plus ordinaire. Sans doute il y a des Cryptogames, comme les Fougères, les Lycopodes, les Prêles, les Mousses, qui ont des tiges et des feuilles ou frondes distinctes; mais d'autres bien plus nombreuses, comme les Algues, les Champignons, les Lichens, ne se présentent que sous forme de filaments, de lames ou de thalles, dans lesquels on ne distingue point de tige et de feuilles, et qui portent en des points très variables les organes de reproduction. Ceux-ci ne consistent pas en fleurs semblables à celles des Phanérogames.
Certaines Cryptogames ne sont représentées que par un seul phytocyste-cellule (fig. 656). D'autres sont formées d'un certain nombre de ces cellules placées bout à bout comme les grains d'un chapelet (fig. 657). D'autres ont ce
BAILLON. — Bot., cl. de 4«. 19
chapelet plus ou moins ramifié ; et ses éléments constituants pouvant prendre chacun la forme cylindrique, l'ensemble de la plante représente des tubes plus ou moins divisés. Les thalles sont souvent aplatis (fig. 650, 651), comme sont d'ordinaire ceux des Lichens (fig. 652), appliqués par une de leurs faces sur la roche ou sur l'écorce d'un arbre. D'autres sont enroulés en spirale ou plus ou moins découpés de façon à simuler des branches et des expansions foliacées. Dans les Fougères, les Prêles, les Lycopodes, les Rhizocarpées, aux éléments dont nous avons parlé se joignent des vaisseaux; ce qui les a fait nommer Cryptogames vasculaires (p. 294) . En même temps, les fibres peuvent abonder dans les tiges, comme on l'ob-
FiG. 649. — Nostoc.
serve dans celles des Fougères arborescentes dont le bois est parfois très dur.
Les Cryptogames les plus simples en organisation peuvent se reproduire par simple segmentation, comme il arrive, par exemple, aux Oscillaires, aux Bactéries, formées de filaments qui se divisent chacun en plusieurs autres alors qu'ils ont acquis une certaine longueur. D'autres, comme les Levures (fig. 684), bourgeonnent à leur surface et produisent ainsi de nouvelles masses qui peuvent aussi se séparer de celle qui les a produites. Mais beaucoup de Cryptogames, peu compliquées d'ailleurs, produisent aussi dans l'intérieur des cellules ou des filaments creux qui les constituent, des petits corps reproducteurs qu'on nomme des spores et qui, en se développant après être
ORGANOGRÂPHIE DES CRYPTOGAMES. 291
devenus libres, peuvent reproduire chacun une nouvelle plante (fig. 654, 655).
Ces spores peuvent aussi se former à la surface de cellules qui leur servent de support et qui en portent ainsi une ou plusieurs. Ces organes de support s'appellent généralement des basides (fig. 685). D'autres organes de reproduction des Cryptogames, qu'on a nommés oospores.
Fig. 650. — Ulve. ThaUe Fig. 651. — Hépatique.
membraneux. Fronde verte.
doivent leur origine au mélange de deux masses primitivement contenues dans des cavités différentes. Celle qui finalement renferme le corps résultant du mélange, prend souvent le nom de cellule femelle.
Mais très souvent aussi, les spores, au lieu d'être nues, sont renfermées dans des sacs qui ont reçu les noms de sporanges, thèques, asques; et ces sacs peuvent être libres; mais bien plus ordinairement ils sont logés ou renfermés, quelquefois en grand nombre, dans des cavités dites conceptaclesy urnes, archégones, suivant les plantes dans lesquelles on les considèrCi Les sacs tels
vGooqIc
que les sporanges, peuvent être accompagnés de filaments stériles qu'on nomme paraphyses {Cv^, 697, 698, 700).
Les cavités qui , dans les Cryptogames, renferment les agents fécondateurs et comparables par leur mode d'action aii pollen, ont reçu pour cette raison le nom A'anthéridies. A l'époque où celles-ci sont suffisamment développées, elles donnent issue à leur contenu, c'est-à-dire à des anthérozoïdes y organes fécondateurs mobiles et dont
FiG. 652. — Lic/iew. Thalle.
les mouvements sont souvent dus à des cils vibratiles à l'aide desquels ils nagent et se portent vers l'organe femelle à féconder (fig. 653).
Les spores des Cryptogames peuvent aussi être mobiles et nager dans un liquide jusqu'à ce qu'elles rencontrent un lieu favorable pour germer; elles sont aussi en pareil cas déplacées à l'aide de cils vibratiles et ont reçu le nom de zoospores (fig. 655, 677).
On distingue d'ailleurs dans un grand nombre deCryp-
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES CRYPTOGAMES.
togames deux sortes de générations : l'une dite sexuée, et l'autre asexuée, et que nous caractériserons dans les groupes où s'observent l'un et l'autre mode. Là où les anthérozoïdes existent, ils appartiennent comme agents mâles à la génération sexuée, et ils se montrent parfois, de même que les archégones dont ils doivent féconder le contenu, sur des plantes jeunes et qui n'ont pas du tout
Fie. 653. — Anthérozoïdes de Cryptogames diverses.
les caractères extérieurs qu'elles présenteront quand elles seront devenues adultes; c'est ce que l'on nomme l'étal de prothalky de protoiiema, de proembryon.
Séparées de la plante mère, les spores, une fois fixées en un point convenable à leur développement, grandissent et se cloisonnent de façon à former les filaments, les tubes simples ou ramifiés, partagés en compartiments, ou les lames continues, qu'on nomme thalles, frondes, etc.
On s'est surtout servi pour classer les Cryptogames de la structure de leur tissu qui sera étudié dans le cours de Botanique pour la classe de Philosophie, et l'on a re-
vGooqIc
marqué ([ue les unes sont uniquement formées de phytocystes-cellules; d'où leur nom de Cryptogames cellwlaires. Les principales familles de ce groupe sont les
FiG. 654. — Fucus. Spores en germination.
Algues, les Champignons, les Lichens et les Mousses, que nous allons passer successivement en revue.
Les autres possèdent, au contraire, outre les cellules, des
FiG. 655. -^ Peronospora. Spores mobiles et leur germination.
fibres et des vaisseaux; on les a nommées Cryptogames vasculaires. Les familles les plus importantes de cette division sont les Fougères, les Lycopodiacées etlesÉquisétacées, dont nous tracerons ensuite les principaux caractères.
vGooqIc
A. - GAYPTOGAMES CELLULAIRES I. — ALGUES
Les Algues sont ordinairement aquatiques, quoiqu'elles habitent parfois aussi d'autres milieux humides. Il y a beaucoup d'Algues marines ou ThalassiophyteSy souvent nommées Varecs ou Goémons ; un grand nombre d'autres habitent les eaux douces et y forment des masses filamenteuses, comparées parfois à des mousses aquatiques; la plupart d'entre elles sont des Conferves.
Il y a des Algues microscopiques et très simples, formées de simples cellules, comme les Protococcus{ûg. 656), ou d'un petit nombre de ces éléments, réunis deux par deux, quatre par quatre, etc., ou placés bout à bout en chapelet. Les Conferves sont souvent des filaments ramifiés ou non, de couleur verte (fig. 667, 668).
Les Ulves représentent une lame mince et très délicate (flg. 650). Les grandes Algues marines sont plus ou moins ramifiées; leurs divisions plates ou arrondies simulent des tiges, des branches, des feuilles (fig. 658-661). Il y en a de vertes comme les Conferves ; d'autres sont roses ou rougeâtres, d'autres encore brunes ou noirâtres. Beaucoup d'entre elles s'attachent aux roches sous-marines par un pied épaissi qui n'est pas une véritable racine.
1" Parmi les Algues les moins compliquées comme
vGooqIc
296 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BpTANIQUE.
organisation, on cite lesNostocs, masses gélatineuses qui deviennent bien visibles sur le sol ou le gazon à la suite
FiG. 656. — Protococcus, Fig. 657. — No$toc,
des pluies (fig. 649) ; ils renferment des chapelets de cellules (fig. 657). Les Oscillaires, formées de filaments
Fig. 658. — Hormosira, Fig. 659. — Myriodesma,
souvent bleuâtres, sont mobiles dans Teau des mares; elles sont formées de filaments cloisonnés. Ce groupe a reçu le nom de Protophycées.
2o II y a des Algues qui se reproduisent par conjugal-
son ; d'où le nom de Zygophycées. Leurs tubes cloisonnés s'unissent deux à deux ; une communication s'cîablit
FiG. 660. — Himantalia. Fig. 661. — Capeaj
entre eux au point deon^a'*! (fig. 667, 668), et le contenu
Fig. 662. — Datrachospermum, Fig. 663. — Laminaire.
d'un des segments de tube passe dans l'autre, se fond avec son contenu ; de la fusion résulte une spore. Celle-
vGooqIc
ci s'entoure d'une paroi de cellulose, devient libre, germe et forme une nouvelle Algue filamenteuse.
Les Diatomées (fig. 665) peuvent ainsi 5^ conjuguer ; elles sont remarquables par leur forme de tablettes plus
Fig. 664-666. — Navicules, Surirelle et Bacillaires.
OU moins striées, forme qui se conserve dans leur carapace souvent siliceuse et dont on trouve des milliers dans un petit grain de tripoli. On prépare souvent ces cara-
FiG. 667, 668. — Zygnema et Spirogyra. Algues conjuguées.
paces pour l'observation microscopique, et l'on peut juger de la bonté des instruments grossissants par le nombre et la finesse de certains détails qu'ils" nous permettent d'apercevoir sur ces carapaces.
3® Les Algues dites CarposporéeSy sont en grande partie marines et se font remarquer par leur couleur d'un rose plus ou moins vif et réléganc3 de leur ramification.
vGooqIc
C'est là le propre des Floridées qui se reproduisent par des spores réunies quatre par quatre. Elles ont des organes fécondateurs que Ton considère comme les analogues de ceux que nous indiquerons dans le groupe
FiG. 669. — Chara. Plante adulU.
suivant sous le nom d'anthérozoïdes, mais qui sont immobiles.
Les Chara.çnes (Chara) ont été rapprochés de ce groupe (fig. 669-673). Ce sont des plantes d*eau douce, à tiges articulées, pourvues de rayons verticillés qui ressemblent à des feuilles linéaires. Elles ont des anthérozoïdes mobiles et des oogemmes composés de cellules
aOO COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE.
axiles entourées de cinq tubes enroulés en spirale. Les anthérozoïdes pénètrent jusqu'à l'oosphère intérieure qui devient alors oospore, et il en sort un proembryon dont un article donne ensuite naissance h la plante articulée telle que nous la voyons, formant d'épais gazons dans les eaux douces (ùg. 669).
4*' On nomme Oophycées d'autres Algues à reproduç-
FiG. 670-673. — Chàra. Organes reproducteurs des deux sexes.
tion sexuée, d'eau douce ou salée, et dont les plus connues sont nos grands Fucus (fig. 674), de couleur bronzée, si communs sur les bords de la mer et qui servent souvent à emballer le poisson que l'on envoie à Paris. Outre les vésicules qui leur servent à flotter, ils renferment des cavités ou conceptacles qui s'ouvrent à l'extérieur par un pore garni de poils. Ces conceptacles renferment ou des
Ôigitized by
GooqIc
organes femelles (fig. 676), ou des organes mâles (fig. 675), ou les uns et les autres. Les premiers sont des oogones qui renferment des oosphères. Les seconds sont des anthéridies, c'est-à-dire des sacs portés sur des poils rameux.
Fig. 674. — Fuctis. Fronde ramifiée.
Ces sacs renferment des anthérozoïdes qui nagent à l'aide de cils vibratiles (fig. 653) et vont féconder les oosphères issues des oogones.
Les corps reproducteurs femelles d'un grand nombre d'Algues rapprochées des précédentes, sont des spores.
vGooqIc
FiG. 675. — Fucus. Conceptacle mâle.
mobiles aussi à Taîde de cils vibratiles, ou zoospores
FiG. 676. — Fucus. Conceptacle femelle.
(fig. 677). Devenues libres^ elles nagent à l'aide de leurs
cils, se fixent en un point solide, perdent leurs cils et germent pour devenir une nouvelle Algue (fig. 680, 681). Il y a beaucoup d'Algues marines utiles. Riches en matières gélatineuses, elles sont parfois alimentaires. Le Carragahen sert à faire une gelée. Certaines Laminaires
Fig. 677-681. — Vaucheria. Spore et sa germination.
(fig. 663) peuvent donner du sucre. Beaucoup d'Algues renferment des sels de soude et de l'iode, extrait, comme Ton sait, pour la première fois des eaux-mères des soudes de Varecs. La Mousse de Corse est un mélange d'Algues vermifuges. Les Fttcus servent parfois d'engrais.