‹ Cours Élémentaire de BotaniqueChapitre 4 sur 71 · CRYPTOGAMES CELLULAIRES · texte numérisé non relu

CRYPTOGAMES CELLULAIRES

Mousses — Ordinairement nitrifères, engrais riche en azote.

Lichens. — Quelques espèces alimentaires ou tinctoriales.

Algues. — Beaucoup d'espèces marines sont gélatineuses et alimentaires.

Champignons. — Aliments (truffe, oronge vraie, cèpe, agaric de couche, etc.) ou poisons (beaucoup d'amanites, etc.)

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Parmi toutes les plantes connues, on dislingue facilement au premier abord celles qui ont des fleurs bien visibles, souvent colorées et auxquelles succède un fruit qui renferme une ou plusieurs graines. Ces semences sont aptes à reproduire le végétal. On appelle encore ces plantes à fleurs des Phanérogames.

D'autre part, les végétaux sans fleurs, qui ne se reproduisent pas par des graines et qui souvent sont peu apparentes ou de petites dimensions, car nos Fougères sont les plus grartdes de celles d'entre elles qui croissent sur terre, ont reçu le nom de Cryptogames ou Acotylédones *.

Nous conformant aux données du programme ci-dessus reproduit, mais en modifiant légèrement l'ordre des matières qu'il comprend, nous étudierons dans un premier chapitre les organes des plantes phanérogames ; puis, dans un deuxième chapitre, ceux des plantes cryptogames ; nous en ferons YOrganographie. Dans un troisième et un quatrième paragraphes, nous établirons sommairement les caractères des principaux groupes naturels de la Cryptogamie et*de la Phanérogamie.

1. Pour ces distinctions sommaires il conviendra de se reporter aux Notions élémentaires de Botanique y correspondant à l'enseignement de la classe de huitième, par H. Bâillon (p. 18, 33, ^^ à 286).

BAILLON. — Bot., cl. de 4\ 1

ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES

La graine d'un Amandier (fig. 1), mise enterre dans des conditions favorables, reproduit, comme l'on sait, en peu de temps un jeune Amandier.

Cette petite plante est toute formée dans la graine ;

Fig. 1. — Amandier. Graine. Fig. 2. — Amandier. Embryon.

c'est elle qu'on mange après avoir enlevé dans l'amande fraîche une pellicule, nommée le tégument de la graine.

Planté, avec ou sans tégument, ce jeune végétal grandit, et ses diverses parties s'accroissent ; mais nous venons de dire qu'elles existaient avant toute germination dans la petite plante, ouplantule, ou embryon (fig. 2).

Ces parties sont d'abord deux grosses lames égalesi

ORGANOGRÂPUIE DES PHANÉROGAMES. 3

épaisses, planes en dedans et convexes en dehors, blanches, charnnes, huileuses, qui constituent la majeure partie de l'embryon; on les nomme cotylédons^ et Ton dit que l'Amandier est une plante dicotylédonée.

En écartant ces deux masses (fig. 3), on voit qu'elles sont attachées par leur base, en face l'une de l'autre, l'une à droite et l'autre à gauche, sur un petit corps fusiforme, et que quand on les arrache, ce corps central conserve de chaque côté, vers le milieu de sa hauteur, une cicatrice qui indique le point où elles étaient insérées (lig. 4).

FiG. 3. — Amandier. — Embryon dont les cotylédons G sont écartés et laissent voir la tigelle T, la radicule R et la gemmule G.

Fie. 4. — Amandier, Embryon (grossi) dont les cotylédons ont été enlevés en G. R, radicule.

T, tigelle. G G, gemmule formée de plusieurs feuiUes.

Le corps central est assez compliqué comme structure. Là où s'attachent les cotylédons et au-dessus, il a la forme d'un cône qui deviendra le tronc de l'Amandier; on nomme cette portion supérieure la tigelle ou petite tige.

Au-dessous de cette lige, le corps central se continue en une autre portion conique à base supérieure. Ce cône renversé deviendra la râôme principale de l'arbre ; c'est la radicule ou jeune racine.

Supérieurement, le corps central se termine par un léger renflement que l'on ne voit pas distinctement si l'on n'emploie un verre grossissant, ou si l'on n'attend qu'il ait, pendant la germination, pris de plus grands

développements. Dans ce renflement nommé gemmule, c'est-à-dire petit bourgeon (de gemma , bourgeon), on aperçoit extérieurement quelques petites feuilles ou écailles inégales, qui se recouvrent les unes les autres. Mais en fendant la gemmule suivant la ligne verticale

FiG. 5. — Amandier, Portion inférieure (grossie) de Tembryon ; coupe longitudinale, montrant l'insertion des deux cotylédons et, audessus d'eux, les feuilles de la genAmule, insérées sur la tigelle.

médiane (fig. 5), on s'aperçoit que son centre est occupé par le sommet atténué de la tigelle et que c'est sur la surface de ce sommet que s'insèrent les petites feuilles qu*on voyait seules au dehors.

La gemmule est donc un organe complexe. Nous y distinguons déjà une portion centrale conique, qui porte les

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ORGANOGRAPHIE DES PHAN ROGAMES. 5

feuilles périphériques, plus ces mêmes feuilles qui soM portées par le cône central.

On s'accorde théoriquement à désigner sous le nom d'axe ou organe axile, tout organe qui en porte ainsi d'autres à sa surface, et sous le nom d'appendice ou organe appendiculaire, celui qui est ainsi porté par un axe.

D'où l'on voit que la radicule, la tigelle qui se continue avec elle, et son sommet qui occupe le centre de la gemmule, sont des axes, tandis que les écailles extérieures de cette dernière sont, au contraire, des appendices.

Mais en continuant d'appliquer les mêmes principes, on voit qu'il y a dans

l'embryon de l'Amandier *

d'autres appendices ; ce sont précisément les deux cotylédons, car eux aussi sont portés par la tigelle.

Tout appendice forme avec l'axe qui le porte deux angles adjacents : l'un supérieur et l'aulre inférieur à l'appendice ; angles

à peu près égaux ou plus or- pic. 6. - Amandier, Jeune pied dinairement inégaux, car le sorti de la graine germant, supérieur est généralement . -

t«èùr.^et espace angulaire est Vaisselle de l'appendice.

Dans les plantes pourvues de cotylédons, plantes qu'on nomme Cotylédonées ou Phanérogames, et qu'on considère depuis longtemps comme les plus élevées en organisation, tous les appendices sont des feuilles.

Mais ces feuilles ne sont pas toutes semblables aux organes que tout le monde désigne d'ordinaire sous ce nom et qui sont des lames membraneuses, étalées et vertes. Ces caractères de forme, de consistance, de coloration, etc., n*ont dans les végétaux qu'une valeur tout à fait secondaire et ils peuvent, dans une plante donnée, varier à l'infini d'un appendice à un autre.

Ainsi les cotylédons sont des feuilles cotylédonaires qui, d'abord appliquées l'une contre l'autre par leur surface plane, s'écartent l'une de l'autre pour laisser sortir la gemmule qui s'allonge; puis tout en restant plus ou moins étalés sous terre, ils se ramollissent, s'amincissent et se détruisent peu à peu, après que leurs matériaux nutritifs ont passé dans la portion centrale de la plante pour fournir à sa première évolution. Ils n'ont donc pas les mêmes caractères de forme, de consistance, de coloration aux diverses périodes de leur évolution. Mais il ya d'autres caractères qui ne varient pas en eux pendant ces phases successives : toujours ils sont portés par la tigelle et séparés d'elle en dessus par un angle axiilaire.

Les appendices de la gemmule sont soumis aux mêmes lois. Si l'on continue d'observer le jeune Amandier sorti de la graine (fig. 6), on verra que ses feuilles deviennent de plus en plus grandes, plus ou moins dentelées sur leurs bords, mais vertes pendant toute la belle saison, à peu près également espacées sur la tige. Ce sont là des feuilles caulinaires.

Quand après avoir porté un certain nombre de ces feuilles, une plante phanérogame telle qu'un Amandier, doit produire des fleurs, les appendices qui accompagnent celles-ci ou qui entrent dans leur composition) présentent, nous le verrons, des modifications graduelles et considérables de forme, de dimensions, de consistance, de couleur et de durée. Nous les verrons devenir peu à peu ces

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. V ORGANOGRAPHIK J)ES PHANÉROGAMES. 7

lames délicates et eim^merés qui donnent aux fleurs leur éclat ; nous les verrons aussi devenir des supports ou des organes de protection pour les corps qui doivent reproduire la plante ; se différencier, en un mot, de mille façons ; et cependant jamais ne disparaîtra en eux, alors qu'on les

ifiG. 7. — Haricot. Graine commençant à germer.

nommera des feuilles florales^ ce double caractère : qu'ils seront portés par un organe de nature axile avec lequel ils formeront un angle ou un espace axillaire^

Si, au lieu d'une graine d'Amandier, on fait germer celle d'un Haricot (fig. 7-10), on ne voit que peu de diffé-

FiG. 8. — - Haricot. Germination, deuxième état.

rences dans la jeune plante telle qu'elle se développe au sortir de la semence. L'enveloppadê-eelle^ étant rompi^e, il en sort d'abord une jeune ntefim IS^Jôée, dont le som-

1. Cette variabilité des feuilles en ce qui concerne les caractères secondaires de foripe, de couleur, de consistance, de durée, variables avec la distinction des parties, constitue la doctrine de la métamorphose, dont les programmes officiels renvoient l'exposé au Cours de philosophie.

met se dirige vers Tinlérieur du sol (fig. 7, 8). Puis les cotylédons se dégagent avec la tigelle et viennent s'étaler à la surface du sol. Ils ont chacun la forme d'un rein fendu ^suivant le milieu de sa longueur, et au lieu d'jêtrûexactement réguliers, ils sont étroits, insymétriques/^pa^Tplan-

FiG. 9. — Haricot. Germination, troisième état.

convexes, d'abord blancs et tout gorgés de matériaux qu'ils cèdent à la jeune plante à mesure qu'elle grandit, en ^mérae temps qu'ils verdissent et s'amincissent. De la ^ente qui les sépare l'un de l'autre se dégagent bientôt les deux premières feuilles caulinaires qui sont situées en face l'une de l'antre (flg. 9, 10), puis les suivantes qui sont solitaires à des nivèStuit différents et qui sont plus compliquées de forme que les précédentes.

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ORGANOGRAPHÏE DES PHANÉROGAMES. 9

On nomme épigés les cotylédons qui, dans la germination, s'étalent ainsi au-dessus du sol. En général ce sont

Fie. 10. — Haricot. Germination, quatrième état.

des cotylédons qui abandonnent de bonne heure la cavité de la graine, et cela souvent parce que, portant en eux

FiG. 11-16. — Balisier, Germination de Monocotylédone, à ses divers états successifs (indiqués par 1-6).

FiG. 17. — Dattier. Germination.

La base du cotylédon sortie de la graine et ayant permis à la gemmule de^8*élever en Tair.

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toute la lïourriture qu'ils peuvent donner à la jeune plante en germination, ils n*ont pas besoin de la puiser dans le réservoir alimentaire intra-séminal.

Mais il n'en est pas de même dans certains cas où l'embryon mince a des cotylédons membraneux qui ne renferment en eux-mêmes qu'une très faible quantité de

FiG. 18, i9,— Mais, Jeune plante en germination, entière et coupée en long ; le cotylédon demeurant engagé dans la graine.

substances alimentaires. En pareil cas, l'embryon est accompagné, dans la graine , d'une masse nourricière nommée albumen, à laquelle il emprunte toute la nourriture dont la jeune plante a besoin pour germer. Les cotylédons restent souvent alors renfermés dans cette masse,

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elle-mâmé placée sous terre, et -on les dit hypogés. Dans le cas de cotylédons hypogés, la radicule une fois sortie de la semence et enfoncée dans le sol, la gemmule ne peut se déjgager de l'intérieur de la graine que si la portion de la tigelle qui répond à sa base est portée au dehors de la graine. Dans les MonocotylédoneSy plantes dont Tembryon n'a qu'un cotylédon, ce résultat

FiG. 20. — Haricot s^ermant dans lequel les bourgeons axiliaires des cotylédons, ruditnentaîres à l'état normal, se développent en rameaux après la destruction du sommet de la tige.

est obtenu par l'élongalion de la base du cotylédon en une sorte de gaine dont les bords s'écartent en dessus pour laisser sortir la gemmule (fig. 11-16, 17, 18, 19). Celle-ci s'élève alors dans le sol et bientôt dans l'air avec la tigelle qui s'allonge dans la direction verticale. Dans les Dicotylédones f plantes dont l'embryon porte deux

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ORGANOGRAPBIE DES PHANÉROGAMES. 13

cotylédons placés en face l'un de l'autre sur les côtés de la tigelle, les queueSjplus ou moins longues qui supportent les cotylédons s^cttt^ Tune de l'autre et laissent passer de la même façon la tigelle et la gemmule dont les feuilles viennent s'épanouir dans Talmosphère (fig. 23)- Nous verrons bientôt que l'aisselle des feuilles caulinaires est occupée par un bourgeon au moins, lequel est conformé comme la gemmule et a reçu le nom de bourgeon axillaire. L'existence de ce bourgeon constitue un caractère d une grande importance. Or ce caractère ne fait pas défaut dans les feuilles cotylédonaires. Leur aisselle, dans le Haricot, par exemple, est occupée par un bourgeon. On ne l'aperçoit pas facilement dans cette plante, car il est très peu volumineux. Mais si l'on retranche le bourgeon terminal, on voit les bourgeons axillaires des cotylédons prendre rapidement des dimensions bien plus considérables (fig. 20). Il y a dans nos pays beaucoup de mauvaises herbes dans lesquelles ce bourgeon prend spontanément un accroissement tel qu'il constitue bientôt une branche latérale^ toute chargée de feuilles et de fleurs.

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