LIV. I. Cil AP. XIII. CAUHONE
linira par enflammer, do proche en proche, tous les points du charbon.
Il faut remarquer que l’état physique du charbon n’est pas sans influence sur le phénomène. Un charbon Irès-poreux ne peut jamais conduire parfaitement la chaleur, môme lorsqu il a été lorlcment calciné ; il brûlera donc toujours plus facilement qu’un charbon compacte, préparé à la même température. Ajoutons encore que le charbon de bois contient toujours une assez forte proportion d’hydrogène qui le rend plus combustible, et qui disparaît si on lui fait subir une forte calcination ; sa combustibilité moindre ne tient donc pas seulement à l’augmentation de sa conductibilité pour la chaleur, mais aussi à l’absence des principes hydrogénés qu’il contenait avant sa calcination.
Si donc on veut obtenir un charbon très-combustible, il faudra le préparer à la plus basse température possible, et avec du bois très-léger. On réalise ces conditions dans la fabrication du charbon qui doit entrer dans la poudre, et que l’on prépare en distillant en vase clos vers 400" des bois de bourdaine onde peuplier. Le charbon, préparé en brûlant lentement et incom.plétement du linge est si inflammable, qu’il suffit de l’étincelle échappée d’un briquet pour l’enflammer.
395. Propriétés chimiques. — Action des métalloïdes. — Le carboiie n’agit directement que sur deux métalloïdes, l’oxygène et le soufre. Avec le premier, il donne de l’acide carbonique ou de l’oxyde de carbone; avec le second, il ne forme qu’un composé bien connu, le sulfure de carbone, CS^, correspondant h l’acide carbonique. Le charbon, chauffé dans l’air ou dans l’oxygène, tend toujours à produire de l’acide carbonique, seulement ce corps est ramené à l’état d’oxyde de carbone, si le charbon est en excès et la température suffisamment élevée.
Si l’on produit, comme l’a fait M. Berlhelot, l’arc voltaïque entre deux pointes de charbon pur, dans une atmosphère d’hydrogène, on détermine la combinaison du carbone et de l’hydrogène; il se produit alors un carbure gazeux, l’acétylène, dont la composition est représentée par la formule G^H^.
Enfin le carbone, comme le bore, a une certaine tendance k se combiner à l’azote ; il suffit, eu effet, de le mettre au contact d’un métal alcalin ou d’un alcali, pour qu’il absorbe facilement ce métalloïde, en produisant du cyanogène, G’^Az, qui reste uni au métal. Nous en verrons tout k l’heure une nouvelle preuve (399).
396. Action «les principaux composés oxygénés. — Lc carbonc agit sur tous les composés oxygénés des métalloïdes, l’acide borique et 1 acide silicique exceptés ; il réduit complètement tous les autres à une température élevée, partiellement, si la réduction s’effectue k basse température ou si le carbone n’est pas en excès. Ainsi, l’acide phosphorique, l’acide arsénieux sont décomposés totalement par le chai bon
2(j2 chimie INOHGANIUL’E.
et donnent du phosphore (151) et de l’arsenic (183); l’acide sulfurique hydraté, chauffé avec du charbon, donne de l’acide sulfurique et de l’acide carbonique (21 0) ; il en serait de même, si l’opération s’effectuait audessous du rouge, mais à une température élevée; l’acide sulfurique est décomposé en soufre et en oxyde de carbone, parce que l’acide sulfureux lui-même est réduit, dans ces circonstances, par le charbon. Le soufre mis en liberté peut se combiner au carbone et former du sulfure de carbone qu’on trouve dans les produits de cette réaction. Nous avons négligé à dessein de parler de l’eau de l’acide sulfurique ; ce corps donne des produits, indiqués un peu plus loin, qui se joignent à ceux que nous venons d’énumérer.
L’acide azotique concentré attaque vivement le charbon très-divisé ; si on le verse sur du noir de fumée contenu dans un matras en verre, il y a une véritable déflagration, et le charbon prend souvent feu. Il se dégage d’ordinaire du bioxyde d’azote.
On sait que le carbone incandescent décompose facilement les oxydes d’azote et y brûle avec vivacité, en donnant naissance à de l’acide carbonique et à de l’azote. La même décomposition aurait lieu, si l’on faisait passer un quelconque des composés oxygénés de l’azote sur du carbone chauffé au rouge dans un tube; seulement, le carbone étant en excès, on n’obtiendrait que de l’oxyde de carbone et de l’azote, si la température était suffisamment élevée pour que l’acide carbonique fût décomposé.
397. Action des composés hydrogénés. — Le carboiie n agit pas , même aux plus hautes températures, sur l’acide chlorhydrique ni sur la plupart des composés hydrogénés des métalloïdes, l’eau et l’ammoniaque exceptées.
398. Action de la vapeur «l’eau. — La vapeur d’eau est décomposée
Fi(j. 10 t.
par le charbon au rouge. On fait passer de la vapeur d’eau dans un tube de porcelaine rempli de liraiseet chauffé dans un fourneau long (/?>/. KM);
MV. 1. CHAI*. XIV. ACIDC CA lUU) M 1 Ql) C.
si la température est peu élevée (rouge sombre), il se dégage un mélange d’acide carbonique et d’hydrogène:
C + 2H0 = CQ2 + 2H
dans la proportion de 1 volume d’acide carbonique et de 2 volumes d hydrogène. Mais si l’on porte le charbon au rouge vif, il ne se produira plus d’acide carbonique, mais de l’oxyde de carbone, et l’on obtiendra un mélange gazeux formé de 1 volume d’hydrogène et 1 volume d’oxyde
de carbone : „ ,