‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 146 sur 537 · LIV. 1. CIIAP. XVill. CLASSIFICATION DES M ÊTA LI.OI DES. 3H · texte numérisé non relu

LIV. 1. CIIAP. XVill. CLASSIFICATION DES M ÊTA LI.OI DES. 3H

niolaux sont encore pins frappantes. On peut considérer l’eau comme une base, et les acides hydrates comme des sels dans lesquels l’hydrogène remplace immélal proprement dit. L’acide sulfurique, SO^HO, par exemple, ne différerait des sulfates de cuivre et de zinc que par le remplacement du cuivre ou du zinc par l’hydrogène. On comprend alors que le zinc, qui précipite le cuivre de la dissolution de suilate de cuivre, puisse également prendre la place de l’hydrogène dans le compose SO^,HO, en mettant ce métal gazeux en liberté. L’hydrogène, à son tour, peut déplacer d’autres métaux de leurs combinaisons; on peut en effet réduire le suilate d’argentà la températureordinaire, au moyen dugazhydrogène comprimé.

On peut dire, à la vérité, que Feau peut également être considérée comme un acide; mais nous verrons bientôt que beaucoup d oxydes métalliques partagent cette propriété avec l’eau; tels sont l’alumine, l’oxyde de zinc, qui sont des bases vis-à-vis des acides, et des acides vis-à-vis des bases puissantes. Les seules raisons qui sembleraient devoir empêcher l’assimilation de l’eau aux bases métalliques sont purement physiques, et il est facile de les réduire à leur juste valeur. La plus importante de toutes est tirée de la considération des chaleurs spécifiques. On sait, * d’après les expériences de M. Régnault, que dans tous les corps composés, de môme composition et de constitution chimique semblable, le produit de la chaleur spécifique par le poids équivalent est constant. L’eau possède une chaleur spécifique beaucoup trop forte pour qu’on puisse la rapprocher, à ce point de vue, des oxydes de la formule RO ou R-0, qui seules peuvent être adoptées par les chimistes pour représenter la composition de l’eau. Mais si l’on remarque la nécessité de cette propriété de l’eau, au point de vue des phénomènes naturels, on verra que cette différence, du même genre que celles qui existent entre l’eau à l’état de liquide ou de vapeur et les autres liquides ou vapeurs, tient au rôle spécial que l’eau joue dans la nature. Si l’eau possédait en effet une chaleur spécifique moins forte, les variations de température à la surface du j globe seraient bien plus plus brusques et plus marquées qu’elles ne le sont, et probablement incompatibles avec l’organisation des êtres vivants. Mais l’eau, au contraire, possède une chaleur latente de vaporisation et de fusion et une chaleur spécifique exceptionnellement fortes; ces propriétés, jointes à celle du maximum de densité, lui permettent de rester en grande masse à l’état liquide, sous l’inlluence de températiiies atmosphériques très-basses ou très-élevées.

FAMILLE. — Chlore^ hrome^ iode, fluor.

4G7. Les corps de celte famille forment avec l’hydrogène des des puissants, dont le type est l’acide chlorhydrique. 1 volume d ) lo

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CHIMIE INORGAiMOUE.

gène s’unit k 1 volume du métalloïde pour donner 2 volumes de gaz acide.

A ce caractère essentiel, on en peut joindre d’autres moins importants, il est vrai, mais qui montrent jusqu’où va la ressemblance des corps de cette famille.

Le chlore, le brome, l’iode, ont une odeur forte et caractéristique; ils exercent sur les organes de la respiration une action très-irritante ; ils ont une certaine tendance à se dissoudre dans l’eaû, et même à contracter des combinaisons avec elle : ainsi, nous connaissons un hydrate de chlore et un hydrate de brome; ce sont les seuls corps simples qui présentent ces propriétés.

Les acides chlorhydrique, hromhydrique et iodhydrique sont gazeux à la température ordinaire, fumants à l’air, extrêmement solubles dans l’eau, avec laquelle ils contractent des combinaisons définies. Leurs dissolutions constituent des acides énergiques, attaquant la plupart des métaux avec dégagement d’hydrogène.

Les composés qu’ils forment indirectement avec l’oxygène sont des , acides peu stables; ils cèdent assez facilement leur oxygène, pour que quelques-uns d’entre eux possèdent, à raison de cette propriété, un pquvoir décolorant considérable. La composition de ces acides est d’ailleurs la même.

Les chlorures, bromures et iodures métalliques sont généralement isomorphes : tels sont les iodure, bromure et chlorure de potassium, qui cristallisent ensemble, en toutes proportions, sous forme de cubes; leurs ressemblances se manifestent dans la plupart de leurs propriétés: ainsi le chlorure d’argent est insoluble; il en est de même du bromure et de l’iodure d’argent; la lumière altère également ces trois composés; aussi les emploie-t-on tous trois dans l’art de la photographie. On se sert, pour dissoudre la partie non altérée du même dissolvant, de l’hyposulfite de soude.

Nous avons dit qu’on avait joint à cette famille si naturelle le radical hypothétique des fluorures. L’acide finorhydrique est en effet un gaz fumant comme l’acide chlorhydrique, éminemment soluble dans l’eau, et sa dissolution est un acide énergique. Comme nous ne connaissons d’bydracides énergiques que ceux qui sont formés de 1 volume d’un radical et de 1 volume d’hydrogène, sans condensation, nous sommes naturellement conduit a attribuer à l’acide Iluorhydrique la composition de l’acide chlorhydrique, et à placer le fluor dans la famille du chlore.

Si l’on remarque que l’affinité de ces corps pour l’oxygène, et la sta-

bilité des composés qui en résultent, décroissent ù mesure que leur affinité pour l’hydrogène augmente, on en conclura que le fluor est, de tous les corps de cette famille, celui qui possède l’affinité la plus considérable

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