LIV. I. GHAP. IL AlU
La ligure 1, planche 1, représente l’appareil employé par ces éminents chimistes. Le tuhe de Liebig et les tubes p contiennent : le premier une dissolution concentrée de potasse, les autres de la ponce imbibée de potasse concentrée. Le second tube de Liebig s contient de l’acide sulfurique concentré, un autre tube s est rempli de ponce sulfurique, enfin le tube t contient également de la ponce sulfurique; l’acide carbonique est absorbé dans les tubes à potasse, l’eau dans les tubes à acide sulfurique. Le tube /, par l’invariabilité de son poids pendant toute l’expérience, montre que la dessiccation du gaz a été complète.
Le tube T est un tube en verre dur, muni de deux robinets r, qui permettent d’y faire le vide ; il contient de la tournure de cuivre, que l’on a d’abord oxydée, puis réduite par l’hydrogène. On donne ainsi au métal une porosité qui lui permet d’absorber plus facilement l’oxygène de l’air, en même temps qu’on a détruit par l’oxydation toutes les matières organiques qui pouvaient se trouver à sa surface.
Enfin B est le ballon ; il porte un robinet à cadran qui permet de régler à volonté l’arrivée de l’air dans son intérieur.
On fait d’abord le vide dans le ballon et dans le tube à cuivre, et on les pèse ; puis, l’appareil étant ajusté, on chauffe le cuivre, et on ouvre légèrement le robinet à cadran du ballon en môme temps que les robinets r. L’air extérieur, amené au tube de Liebig, par un long tube de verre qui sort du laboratoire, le traverse ainsi que les tubes qui suivent, et arrive au contact du cuivre, où il se dépouille totalement de son oxygène. Les deux tubes de Liebig, dans lesquels l’air déplace constamment le liquide, contrôlent l’indication du robinet à cadran, en montrant si la rentrée de ce fluide se fait plus ou moins vite.
Quand le ballon est rempli d’azote, l’air ne traverse plus les tubes de Liebig; on sait alors que l’expérience est terminée. On ferme les robinets, et l’on pèse le ballon et le tube à cuivre. Soient P et/) leur augmentation de poids ; le tube à cuivre étant rempli d’azote, on y fera de nouveau le vide; soit tt sa diminution de poids, le poids total de l’azote sera alors P -|- t:, et le poids de l’oxygène absorbé par le cuivre sera p — tt.
La moyenne de sept expériences très-concordantes a conduit au ré-
sultat suivant :
Oxygène 23
Azote 77
b'I . Composition en volumes. — MM. Dumas et Boussingault ayant déterminé les densités exactes de l’azote et de l’oxygène (densités vériliées depuis par les expériences de M. Begnault), il est possible de déduire des nombres précédents la composition de Pair en volumes.
54 CHIMIE INOHGANIQUE.
Soit en effets le poids d’un litre d’air dans des circonstances données de température et de pression, 100 litres, dans ces circonstances, pèseront lOOûf, l’oxygène qui y est contenu, De môme, 4 litre d’oxygène pèse 1,1056 ; si donc x représente le volume d’oxygène contenu dans 100 litres d’air, on aura :
Æ X c? X doù Æ = = 20,81.
Si l’on désigne par y le volume d’azote contenu dans 100 volumes d’air, on aura par un raisonnement analogue :
VXc^XO, 9714 = 77^, d’où y— =79,19.
Là somme x-j-y étant égale à 100, on obtient ainsi une vérification remarquable des résultats en poids donnés par la méthode de MM. Dumas et Boussingault.
L’air, privé de son acide carbonique et de sa vapeur d’eau, contient donc en volumes :
Oxygène 20,8
Azote . . . 79,^
62. Bj’aîr a une composition constante en tous les points du g^lobe et à toutes les hauteurs. — Les analyses de MM. Dumas et. Boussingault sur l’air provenant de diverses localités, celles de M. Brunner sur l’air de Berne, d’autres analyses effectuées à Groningue, à Bruxelles, etc., ne laissent aucun doute sur la constance de composition de l’air recueilli à la surface de la terre. Toutefois, B. Lewy a démontré que l’air pris à la surface delà mer du Nord contenait seulement 22,6 pour 100 d’oxygène. D’après ce chimiste, cette petite différence serait due à ce que la mer contenant une multitude d’animaux qui absorbent constammenl l’oxygène dissous, doit ainsi puiser constamment de l’oxygène dans l’atmosphère par sa surface, sans que cet effet soit produit pour l’azote.
Gay-Lussac a trouvé que l’air recueilli dans son ascension aérostatique, à une hauteur de 7 000 mètres, avait la composition de l’air ordinaire. Cette conclusion a été vérifiée par M. Brunner, sur l’air recueilli sur le sommet du Faulhorn, et par toutes les expériences récentes.
On peut également admettre que l’air n’a pas varié de composition depuis le commencement de ce siècle, les expériences de Gay-Liissay et deHumboldt conduisant au môme résultat que les expériences actuelles.
63. détermination de la quantité d’eau et d’acide carbonique contenus dans l’air. — Thénard a'donné, le premier, un moyen assez exaet de doser la qiiantité d’acide carbonique eoutenue dans l’air. Ou traus-