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LIV. II. CIIAP. IV. CHLORURES MÉTALUQUES

chlorures liquides à la température ordinaire, ce sont les chlorures d’étain(SnC12), le chlorure de titane (TiC12)et le chlorure d’antimoine(Sb2GP), correspondant, comme on le voit à l’inspection de leur formule, aux acides stannique, titanique et antimonique. Ces chlorures émettent des fumées abondantes à l’air et possèdent une odeur très-forle. Les aulres sont solides et dépourvus d’odeur. La couleur des chlorures est variable, mais beaucoup sont incolores ; elle varie d’ailleurs suivant que le chlorure est anhydre ou hydraté. Exemple : le chlorure de fer anhydre est blanc ; il est vert-émeraude quand il est hydraté.

559. Action de la chaleur. — La chaleur peut volatiliser presque tous les chlorures. Pour un même métal, le composé le plus chloruré est le plus volatil. Exemples : le sesquichlorure de fer et le bichlorure d’étain sont plus volatils que le protochlorure de fer et le protochlorure d’étain. Les chlorures des métaux alcalins et alcalino-terreux, les chlorure de magnésium, de manganèse, de plomb et d’argent, ne sont pas assez volatils pour être distillés, mais ils émettent néanmoins d’abondantes vapeurs dans un courant de gaz ou dans une flamme de température élevée.

Les chlorures d’or, de platine, de rhodium, d’iridium, de palladium et de ruthénium sont décomposés par la chaleur en chlore, qui se dégage, et en métal. Toutefois, une chaleur ménagée peut en amener quelquesuns à un degré de chloruration inférieur. C’est en chauffant modérément le chlorure de platine, PtCP, que l’on obtient le protochlorure, PtCl. Le même effet se produit avec le chlorure de cuivre CuCl, qui perd au rouge la moitié de son chlore et se transforme en sous-chlorure, Cu^Cl.

560. Actiou de la lumière. — Le chlorure d’argent, exposé aux rayons solaires, noircit avec rapidité ; d’après Gay-Lussac, il perd alors la moitié de son chlore (1007). Ainsi altéré, il est insoluble dans les dissolvants ordinaires du chlorure d’argent. On sait comment cette propriété a été utilisée dans l’art de la photographie. Le sous-chlorure de cuivre, tenu en suspension dans l’eau et renfermé dans un vase fermé, noircit également, mais avec moins de rapidité.

561. Actiou de Pélectricité. — On peut décomposer les chlorures en chlore et en métal au moyen du courant de la pile. M. Bunsen a

' obtenu le magnésium, puis, avec M. Malhiessen, le barium, le slrontium et le calcium, en faisant passer un courant d’intensité convenable dans les chlorures fondus. M. H. Sainte-Claire Deville a appliqué cette méthode à la préparation de l’aluminium ; seulement, comme le chlorure d’aluminium n’est pas fusible, on lui substitue le chlorure double d aluminium et de sodium.

562. Action de l’oxygène. — L’oxygenc est sans action bien sensi c sur les chlorures des métaux alcalins et alcalino-terreux, dans lesquels

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le chlore et l’oxygène sont réunis par une affinité puissante. Il en est de même sur les deux métaux des deux dernières sections (mercure, argent, or, etc.), pour lesquels ce gaz n’a qu’une affinité très-faible, mais il décompose la plupart des autres chlorures ; il donne un oxyde et met le chlore en liberté.

o63. Æ^ction fin soufre. Ue soufre est sans action sur les chlorures de la première section, sur ceux de magnésium et d’aluminium ; il agit, au contraire, sur la plupart des autres chlorures en produisant un sulfure métallique et du chlorure de soufre.

564. Aciîon de Phydrogène. — L’hydrogène réduit la plupart des chlorures, c’est-à-dire qu’il produit de l’acide chlorhydrique, et le métal est mis en liberté ; sont exceptés : les chlorures de la première section, le chlorure de magnésium, le chlorure d’aluminium et ses analogues. L’expérience se fait très-facilement sur le chlorure d’argent. On opère dans l’appareil qui sert à démontrer la réduction des oxydes par l’hydrogène {fîg. 125) ; le dégagement d’acide chlorhydrique est constaté soit au moyen d’un papier de tournesol qui rougit, soit par l’ammoniaque, qui donne avec ce gaz d’épaisses fumées blanches de chlorhydrate d’ammoniaque.

565. Action des autres métalloïdes. — Elle est en général peu connue ; toutefois, on peut affirmer que l’azote et le charbon sont sans action sur les chlorures ; le phosphore, le bore et le silicium peuvent, au contraire, agir sur plusieurs chlorures métalliques et donner des chlorures de phosphore, de bore ou de silicium, en même temps que des phosphures, borures ou siliciures métalliques.

566. ' Action des métaux. — En général, les métaux d’une section réduisent les chlorures des métaux suivants ; mais les chlorures d’aluminium et de glucinium ne sont réduits que par les métaux alcalins. On se sert depuis très-longtemps de ces réactions pour chlorurer des métaux, tels que l’antimoine et l’étain, au moyen du bichlorure de mercure. C’est même en chauffant les alliages d’étain et d’or avec le bichlorure de mercure que l’on sépare, encore aujourd’hui, ces deux métaux, souvent réunis dans les matières d’or qui proviennent des déchets de fabrication. L’étain passe à l’état de chlorure métallique, qui se volatilise avec le mercure ; l’or reste. Enfin, M. Wohler a isolé, pour la première fois, l’aluminium, le glucinium et le zirconium de leurs chlorures, en traitant ceux-ci par le potassium qui s’empare du chlore.

Le bichlorure de mercure cède la moitié de son chlore aux métaux voisins, tels que l’argent ; mais il est sans action sur l’or, le platine et ses congénères.

567. Action de Peau. — L’eau dissout presque tous les chlorures ; il n’y a d’exceptés que les chlorures d’argent et de sous-oxyde de mercure,

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le sesquichlorure de chrome et les sous-chlorures peu importants de platine et de rhodium. Le chlorure de plomb y est peu soluble ; enfin, elle en décompose quelques-uns à la température ordinaire; ce sont les chlorures d’antimoine, de titane, de bismuth, etc.

l» Avec le chlorure de titane, il se produit de Uacide chlorhydrique

et de l’acide titanique :

TiCl-2 -b 2HO = Ti02 + 2HC1.

9» l e chlorure d’antimoine Sb^CP donne, en présence de l’eau, un précipité blanc, connu des anciens chimistes sous le nom de poudre d'Algaroth formé par la combiijaison de l’oxyde d’antimoine, résultant de a décomposition d’une partie du chlorure par l’eau, avec une portion du chlorure non décomposé. Ce composé est désigné sous le nom d oxy chlorure d'antimoine :

SSb^CU -P 6HO = 2Sb-03,Sb2CU -f- 6HC1.

Le chlorure de bismuth Bi-Cl^ produit le même effet; on peut même obtenir l’oxychlorure de bismuth, 2BiW,Bi'^Cl^ sous forme de petites

paillettes cristallisées, d’aspect nacré. .

3" Les chlorures des métaux terreux, chlorures de magnésium, aluminium et les chlorures de fer se dissolvent dans l’eau à la teinperature

ordinaire, sans présenter de phénomènes particuliers ; mais, si on vient

à évaporer leurs dissolutions, il se dégage de l’acide chlorhydrique en

même temps qu’il se produit un oxyde métallique.

i" Tous les autres chlorures peuvent être évaporés de leur disso u ion sans aucune altération, mais presque tous sont décomposés par la vapeur d’eau à une température suffisamment élevée. Nous avons vu tou le parti que l’on a tiré de cette propriété pour la reproduction des oxydes

naturels (541). ^

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