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LIV. II. CIIAP. V. LOIS DK BERTHOLLLT

pilé de carbonalc de chaux, et les alcalis resteront en dissolution.

2° On peut également obtenir la dissolution de potasse en ajoutant goutte à goutte de l’eau de baryte dans une dissolution de sulfale de potasse; le sulfate de baryte étant insoluble, tout l’acide sulfurique sera précipité.

ACTION ni:s SELS SUR LES SELS.

Nous n’avons que deux lois à énoncer :

595. LOI. — Lorsqu'on chauffe un mélange de sels qui ^ par l'échange mutuel de leurs acides et de leurs bases, peuvent former un sel plus volatil que ceux du mélange, il y a double décomposition.

Exemples : carbonate de chaux et sulfate d’ammoniaque; ils donnent, par leur réaction mutuelle, du carbonate d’ammoniaque très-volatil et du sulfate de chaux fixe.

On prépare également le chlorhydrate d’ammoniaque en chauffant du sel marin et du sulfate d’ammoniaque, les chlorures de mercure en chaulfant des sulfates de mercure et du sel marin.

596. 2® LOI. — Deux dissolutions salines mélangées se décomposent si l'un des sels qui peuvent se former est insoluble dans les circonstances de l'expérience.

Cette loi régit la préparation de la plupart des sels insolubles, carbo- I nates, phosphates, chromâtes, etc. Il suffit de verser dans un sel soluble de l’oxyde dont on veut obtenir le carbonate, par exemple, une solution de I carbonate de soude, la précipitation a lieu ; de même pour les autres sels.

‘ Remarque. — Une solution de sulfate de chaux mélangée avec du carbonate d’ammoniaque donne un précipité insoluble de carbonate de chaux et du sulfate d’ammoniaque. C’’est, comme on le voit, la réaction inverse de celle que nous avons produite tout à l’heure, en chauffant le mélange de sulfate d’ammoniaque et de carbonate de chaux. La volatilité détermine le sens des phénomènes, quand on opère par voie sèche; l’iusolubilité cause la précipitation, quand on opère par voie humide.

En évaporant un mélange de deux dissolutions d’azotate de soude et de chlorure de potassium, on voit qu’5 l’ébullition il se précipite une quantité considérable de sel marin et que la majeure partie de l’acide azotique reste à l’état d’azotate de potasse fort soluble dans l’eau chaude. Il y a double décomposition, d’après la formule

NaO,AzQ5 + KCl = KO,AzQ5 + NaCl,

parce que le sel marin, ayant une solubilité à peu près constante à toutes les températures, devient bientôt le moins soluble des quatre sels qui peuvent résulter de l’échange des éléments des deux sels en présence, et comme la quantité d’eau, par suite de l’évaporation, devient nécessaiieinent insuffisante pour le dissoudre, il finit par se déposer.

CHIMIE INORGAiNIQUE.

Si, au coniraire, on refroidissait une dissolution concentrée contenant du sel marin et de l’azotate de potasse, on obtiendrait des cristaux de chlorure de potassium, parce que ce sel est de tous les produits qui peuvent se former, par l’échangé mutuel des éléments, le moins soluble aux basses températures. Si donc la quantité de ce sel qui peut résulter de l’union du chlore et du potassium contenu dans la liqueur est plus considérable que celle qui peut y être dissoute, à la température de l’opération, du chlorure de potassium doit se déposer.

On voit donc qu’il est possible, en s’appuyant sur la loi de Berthollet et sur la connaissance des solubilités des divers sels, aux divers points de l’échelle thermométrique, d’arriver à transformer des sels notablement solubles dans l’eau en d’autres plus utiles. C’est là l’usage principal des courbes de solubilité ; nous verrons par la suite d’autres applications importantes de ces mêmes principes dans le traitement des eaux mères des marais salants (745).

597. Du méiang’e fies tiissoiiitioiis. — Lcs lois de Bcrthollct iious permettent de prévoir l’action mutuelle des dissolutions, dans le cas où l’insolubilité ou la volatilité détermine le sens des phénomènes; mais que se passe-t-il quand on mélange deux dissolutions ne donnant par l’échange mutuel de leurs éléments aucun produit insoluble dans les circonstances de l’expérience?

On admet, dans ce cas, qu’il y a encore double échange, sans toutefois que ce double échange soit complet, de sorte que, si l’on met deux sels en présence, de l’acétate de soude et du sulfate de fer, par exemple, on aura dans la liqueur quatre sels :

Acétate de soude, Sulfate de fer,

Acétate de fer. Sulfate de soude.

La production de l’acétate de fer est incontestable, car les liqueurs primitives étaient incolores ; leur mélange a la couleur rouille foncée de l’acétate de fer; l’hydrogène sulfuré ne précipitait pas le sulfate de fer, il donne maintenant dans le mélange le précipité noir de sulfure de fer qu’il produit quand on le verse dans une dissolution d’acétate de fer.

M. Malaguti a démontré la réalité de ce partage des éléments dans un grand nombre de cas, et il a même pu déterminer expérimentalement la proportion suivant laquelle cet échange avait lieu. On mélange deux dissolutions contenant l’une un équivalent d'azotate de plomb, l’autre un équivalent d’acétate de potasse, et assez étendues pour que dans leur mélange il n’y ait pas de précipité. On verse ensuite la liqueur dans de l’alcool mélangé d’éther, dans lequel les deux azotates existants dans le mélange, sont insolubles, on les sépare ainsi des acétates qui s’y dissolvent, et il devient possible alors de déterminer la proportion respective

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