ÉQUIVALENTS DES ACIDES
Acide sulfurique 40 Acide perchlorique 95,6
— azotique 54 — bromique 120
— chlorique 15,5
Ces deux séries de nombres nous donnent immédiatement la composition de tous les sels neutres, du chlorate d’argent, par exemple ; en effet, 75,5 d’acide chlorique neutralisent 47 de potasse ; ils doivent donc former un sel neutre avec 116 d’oxyde d’argent.
602. des proportions multiples. — Ce ne sont pas d ailleurs les seules proportions dans lesquelles les acides et les bases puissent se combiner. Wollaston a étendu aux sels la loi des proportions multiples de Dalton, en montrant que l’acide oxalique s’unit en trois- proportions à la potasse, pour former l’oxalate neutre, K0,C20^; le bioxalate KO,2C2Q3, et le quadroxalate K0,4C203. Or, les proportions d’acide unies à une môme quantité de base sont entre elles comme les nombres 1 , 2, 4. Ce ne sont pas les seuls rapports simples qui régissent la composition des sels, on trouve fréquemment le rapport 3/2.
603. Composition des bases. Équivalents des métaux. — Analysons
maintenant les bases inscrites dans le tableau ci-dessus; nous trouverons les résultats suivants :
parties de potasse contiennent
39 part, de potassium.
et 8 part, d’oxyg.
— de soude —
23 — de sodium
et 8 —
— de chaux —
20 — de calcium
et 8 —
— de strontiane —
44 — de strontium
et 8 —
— de baryte —
.68,5 — de barium
et 8 —
— de magnésie —
12 — de magnésium et 8 —
— d’oxyde de plomb—
103,5 — de plomb
et 8 —
— d’oxyde d’argent —
108 — d’argent
et 8 —
On arrive donc à ce résultat remarquable : les poids exprimés par les
équivalents des bases contiennent un môme poids d’oxygène, représenté par 8, dans la supposition que 47 est pris pour équivalent de la potasse. La capacité de saturation d’une base dépend donc seulement du poids d’oxygène qui y est contenu ; la nature du métal n’influe pas ; mais il faut des poids différents de ces divers métaux pour former, avec cette quantité invariable d’oxygène, 8, la quantité des diverses bases capables de saturer un môme poids d’acide. Ces divers poids, 39 de potassium, 23 de sodium, etc., sontappelés équivalents des métaux. Pratiquement, ce sont les
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poids des divers métaux qui s’unissent à 8 d’oxygène pour former des bases.
604. Expériences «le itichter. — Les expériences suivantes, dues à
Richter, donnent une démonstration expérimentale de la conclusion que nous venons de tirer de l’analyse des bases, relativement aux équivalents des métaux. On plonge dans une dissolution d’azotate d’argent une lame de cuivre ou une lame de plomb; l’argent est précipité, le cuivre ou le plomb prend sa place, et l’on remarque qu’il ne s’est dégagé ni absorbé aucun gaz; la liqueur, neutre avant la précipitation, est encore neutre après. La capacité de saturation de la base est donc restée la môme. Si l’on détermine expérimentalement les poids des divers métaux qui précipitent 108 grammes d’argent, on retrouvera nécessairement les nombres représentant les équivalents des métaux dans le tableau de la composition des bases. '
Richter a tiré de ses expériences une autre conséquence importante : '
Puisque, dans la précipitation de l’azotate d’argent par le plomb, le cui- i vre, etc., la quantité d’oxygène combiné au métal et la quantité d’acide azotique restent les mômes, il faut qu’il y ait dans les azotates neutres un rapport constant entre le poids de l’oxygène de la base et le poids de l’acide, et, en généralisant, on doit dire que, dans tout sel neutre de genre déterminé^ le rapport du poids de V acide à celui de V oxygène contenu dans la base est constant.
605. Eoi de Bcrzelius. — Berzelius a attaché son nom à une loi trèssimple qui comprend la loi de Richter, mais que l’analyse minutieuse des acides pouvait seule faire découvrir. On trouve, en effet, que les quantités d’acides représentées par les équivalents de ces corps ont la composition suivante :
40 parties d’acide
sulfurique contiennent
IG part.
de soufre
et 24 part, d’oxyg.
azotique —
d’azote
et 40 —
cldorique —
de chlore
et 40 —
perchlorique —
de chlore
et 56 —
luomique —
de brome
et 40 —
Or, 40 grammes d’acide sulfurique contenant 24 grammes d’oxygène s’unissent a des poids de bases renfermant 8 d’oxygène ; par conséquent, dans les sulfates neutres, il y a trois fois plus d’oxygène dans l’acide que dans la base. On voit facilement que le rapport de l’oxygène de l’acide h celui de la base est de 5 à 1 dans les azotates, de 7 à 1 dans les percblorates, etc. De là cette loi générale : Dans tous les sels neutres^ il y a un rapport constant et simple entre le poids de l'oxygène de V acide et celui de la base.
L’expression de cette loi se retrouve dans l’écriture symbolique ima-