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UV. 1. CH AP. 111. K AU

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cproiiveüe placée sur une cuve à mercure, et l’on chaufle le ballon jusqu’à l’ébullilion ; on voit, à mesure que la température s’élève, du gaz se dégager de l’eau et se réunir dans l’éprouvelle. On absorbe l’acide carbonique par la potasse; le résidu est analysé par l’eudiomètre.

Si l’on fait l’expérience sur de l’eau de pluie qui a séjourné à l’air, on trouve que l’air extrait de cette eau contient de l’acide carbonique, de l’oxygène et de l’azote dans la proportion que l’on peut calculer d’après les lois de Dalton et de Henry (78 et 70). Un litre d’eau laisse dégager 24 centimètres cubes de gaz environ, contenant 2,4 pour 100 d’acide carbonique. L’eau ordinaire* donne un volume de gaz plus considérable ; il est, en moyenne, pour les eaux potables, de 50 centimètres cubes par litre d’eau ; le mélange gazeux contient environ la moitié de son volume d’acide carbonique; le reste est de l’air plus riche en oxygène que l’air ordinaire, et contenant en moyenne 32 pour J 00 d’oxygène pour 68 d’azote. Mais cette proportion d’oxygène peut diminuer dans les eaux souterraines qui ont traversé des terrains contenant des matières oxydables (sulfures de fer, etc.). M. Péligot en a fait connaître un exemple frappant : l’eau du puits de Grenelle, à sa sortie du tuyau d’arrivage, ne contient pas d’oxygène ; le gaz qu’on en dégage par l’ébullition est formé exclusivement d’acide carbonique et d’azote.

11 existe donc, sous le rapport de la quantité d’acide carbonique, une différence profonde entre l’eau de pluie et l’eau ordinaire ; c’est que l’acide carbonique existe à deux titres différents dans l’eau ordinaire : une portion y est seulement dissoute, d’après les lois ordinaires ; l’autre, et c’est de beaucoup la plus considérable, y est à l’état de combinaison ; elle forme des bicarbonates, et notamment du bicarbonate de chaux soluble. Aussi, toutes les fois qu’on fait bouillir de l’eau, le bicarbonate de chaux se décomposant en acide carbonique qui se dégage et en carbonate de chaux, on voit celui-ci se précipiter, à raison de son insolubilité dans l’eau dépouillée d’acide carbonique.

9b. Matières solides dissoutes dans l’eau. — Un litre d’cau de rivière OU de source donne, quand on l’évapore à siccité, un résidu solide dont le poids varie de O^^IO à 0®L30. Ce résidu est composé ordinairement de carbonate de chaux et de magnésie, de sulfate de chaux et de magnésie, de chlorures de potassium et de sodium, de silice. On y trouve aussi des traces d’azotates et des matières organiques.

On reconnaît la présence des plus importantes de ces matières auxcaraclères suivants :

L eau qui contient du carbonate de chaux et de magnésie se trouble et laisse déposer ces matières sous forme de précipité blanc, quand on la porte à l’ébullilion. L’azotate de baryte en dissolution, versé dans une eau qui contient des sulfates, donne un précipité de sulfate de baryte in-

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soluble dans tous les réactifs. L’azolalc d’argent donne, avec les chlorures, un précipité blanc caillebotté, noircissant à la lumière et soluble dans l’ammoniaque. La chaux est précipitée à l’état d’oxalate de chaux quand on verse dans l’eau qui en contient une dissolution d’oxalate d’am--

moniaque.

L’eau distillée ne doit donc se troubler par aucun de ces réactifs.

97. Eaux potables. — Les eaux qui ne contieiment pas un poids de matières solides supérieur à celui que nous venons d’indiquer peuvent servir comme boisson, quand elles ont été suffisamment aérées, et,, dans tous les cas, pour les usages domestiques. Telle est l’eau dut puits de Grenelle; son résidu solide ne dépasse pas 0^",130 par litre;, mais elle ne contient pas d’oxygène à sa sortie du puits ; il faut donc* l’exposer à l’air pour qu’elle puisse prendre en dissolution la proportion» de gaz que l’on trouve dans les eaux courantes; car une eau peu aérée* est d’un goût fade et d’une digestion diflicile. Mais si la proportion» de matières solides dépasse notablement 0s^30 par litre, l’eau doit, en général, être rejetée comme boisson; elle est lourde, c est-à-dire d une* digestion difficile. Quand on trouve dans ces eaux une notable proportion de sulfate de chaux et de carbonate de chaux, il devient même impossible de les employer au savonnage et à la cuisson des lépmes.

Les eaux qui contiennent du sulfate de chaux (eaux des puits de Pans),, sont dites séléniteuses. En présence de l’eau de savon, leur chaux se combine aux acides gras du savon et forme des grumeaux qui s’attachent aui linge, après avoir entraîné toutes les impuretés tenues en siispendom dans l’eau. Quand on veut y faire cuire des légumes, le principe azoté de? ces substances se combine au sulfate de chaux et produit une matièra* dure, insoluble, qui rend ces aliments coriaces et peu digestibles. Onpeutl cependant corriger ces défauts en ajoutant à une eau sélénitense un peui de carbonate de soude pour en précipiter la chaux à l’état de carbonateo de chaux. Cette matière déposée, on peut employer 1 eau au savonnage,, à la cuisson des aliments, mais il est nécessaire de rechercher une autre* eau pour boisson habituelle.

Les eaux trop chargées de carbonate de chaux sont également impropres au savonnage, toutefois il est facile de les dépouiller de cette sub-*slance en les faisant bouillir, ou en y ajoutant un peu d eau de chaux, dte manière nculraliser l’excès d’acide carbonique.

Mais on devi*a rejeter toutes les eaux contenant des matières organi-ques en quantité un peu notable, quelle que soit d’ailleurs la proporlior de matières solides y cxislant, parce que ces eaux se cori*ompenl facile ment, pi'cnnentune odeur désagréable et peuvent provoquer des malai

qies très-graves. , . . .

En résumé, il faut rechercher comme boisson une eau bien aeree

UV. I. Cl! A P. lll. CîVU.

conlenaiU assez d’acide carbonique (lU à 15 centimètres cubes par litre au moins), pour tenir en dissolution une petite quantité de carbonate de chaux, et, en outre, la plus petite quantité de matières solides possible, et surtout de sulfate de chaux. Il est important de la maintenir aussi fraîche que possible pendant l’été, afin d’éviter qu’elle ne se corrompe, si elle contient quelques matières organiques, comme cela arrive nécessairement pour toutes les eaux des villes, qui sont rassemblées dans de vastes réservoirs d’où elles se distribuent dans les habitations.

98. Essai pratique des eaux potables. — Les deux réactifs suivants permettront d’ailleurs déjuger d’une manière approximative de la potabilifé d’une eau.

Quand on verse dans une eau potable quelques gouttes de teinture alcoolique de bois de campôche, elle se colore légèrement en bleu améthyste; mais si la proportion de carbonate de chaux est considérable, l’ean prend une couleur violette intense.

Quelques gouttes d’une teinture alcoolique de savon ^ déterminent dans une eau potable un léger trouble, sans production de grumeaux; ceuxci, au contraire, se produisent dès que la chaux est en quantité un peu plus considérable qu’il ne convient.

99. Analyse d’une eau potable. — Afin de donner une idée exacte de la composition complète d’une eau ordinaire, nous transcrivons ci-dessous le résultat d’une analyse de MM. Boutronet Henry faite sur l’eau de Seine prise au pont d’Ivrv.

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