‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 240 sur 537 · LIV. lll. CHAP. l. POUDRE · texte numérisé non relu

LIV. lll. CHAP. l. POUDRE

Les noudres élransères s’éloignent peu, par leur composition, des poud' es de guerre el de cliassc françaises. Il n’y a donc que la poudre de mine dont la eomposilion ne puisse Cire représentée par la formule théorique précédente. Cela tient à ce que le gouvernement, prélevant un impôt considérable sur la poudre de chasse, a intérêt à ce que la poudre de mine ne puisse la remplacer. La poudre de mine brûle moins vite; il en résulte que sa force d’expansion sur la halle est moindre; en outre, elle encrasse singulièrement les armes. Mais ces défauts ont peu d importance pour l’usage spécial qu on en fait.

Les réactions qui se produisent lors de l’inflammation de la poudre sont moins simples que nous-ne l’avons supposé dans notre formule théorique- il se forme, indépendamment des trois corps dont nous avons admis l’existence, de l’oxyde de carbone, de l’acide sulfhydrique, des hydrogènes carbonés, du sulfure de carbone, du sulfate et du carbonate de potasse, du sulfocyanure de potassium et de la vapeur d’eau. C’est le charbon employé dans la fabrication de la poudre qui fournit l’bydrogene nécessaire à la production des produits hydrogénés que nous venons d’énumérer. Voici en effet la composition d’un charbon roux, très-combustible, employé pour la fabrication de la poudre de chasse.

Carbone 71,42

Hydrogène 4,85

Oxygène et azote 22,91

Cendres

On comprend alors que le dosage de la poudre varie dans certaines li miles, puisqu’il doit nécessairement dépendre de la décomposition du

charbon introduit dans le mélange.

7-24. Conditions que doit remplir la poudre. — La pOudre doit faire explosion dans un temps très-court, afin que les gaz développés puissent agir avec force sur le projectile qu’ils doivent lancer; si une poition de la poudre brûlait après la sortie du projectile, les gaz qu’elle dégage seraient naturellement produits en pure perte. D’un autre côté, si a poudre faisait instantanément explosion, la pression brusque et violente produite contre les parois déterminerait l’explosion de l’arme ; la poudre serait brisante. Les fulminates, la poudre au chlorate produisent toujours cet effet. D’après M. Piobert, la meilleure poudre pour une arme donnée est celle qui brûle d’une manière complète dans le temps que le projecti.e me à parcourir l'âme de la pièce., de manière à lui impi imei , non nément , mais successivement., toute la force de piojection

susceptible. , . • i.,

On voit, d’après cela, que le dosage doit être différent, sui\.

CHIMIE INORGANIQUE

ture de l’arme, mais il est facile de montrer que l’état de la poudre a aussi une influence considérable sur les elfels qu’elle peut produire.

725. Influence de l’état de la poudre. — Dans l’origine, la poudre était employée en poussière; à cet état, elle encrassait tellement l’arme, qu’il était difficile de faire tomber la poudre au fond du canon quand on avait tiré quelques coups. On eut alors l’idée de grainer la poudre, et on remarqua que 2 parties de cette nouvelle poudre produisaient autant d’effet que 3 de l’ancienne. Cela tient à ce que la flamme qui résulte de la combustion d’une partie de la poudre pénètre facilement dans les intervalles que laissent entre eux les grains et met presque instantanément le feu à toute la masse, tandis que la poussière, en se tassant, livre à la flamme un passage plus difficile ; l’inflammation de la poussière était donc trop lente. Mais il faut que les grains aient aussi des dimensions convenables, afin que leur combustion, qui se propage de la circonférence au centre avec une rapidité qui dépend surtout de la nature du mélange, soit complète dans le temps que le projectile met à sortir de l’arme. Des grains trop gros seraient incomplètement brûlés et seraient lancés au dehors de l’arme en même temps que le projectile, et même, si leurs dimensions étaient par trop considérables, la poudre n’aurait plus qu’une force d’explosion insignifiante. C’est ce qui ressort des expériences suivantes.

726. Essai de la force €le projection de la poudre. — Pour essayer

une poudre, on introduit dans un mortier en fonte (mortier-éprouvette), dont l’axe est incliné de 45° à l’horizon {fig. 139), la poudre que l’on veut essayer; on la recouvre d’un projectile en bronze du poids de 29'^,5 environ, et on met le feu à la poudre, qui lance plus ou moins loin le globe.

Si l’on charge le mortier avec 30 grammes de poudre plus ou moins divisée, on constate que la poudre étant :

En I seul morceau le globe ne sort pas deTàme,

En 7 ou 8 morceaux — est à peine projeté,

En 12 ou i5 morceaux — est lancé à 3 mètres,

En 50 morceaux — est lancé à 9 mètres,

En petits grains (poudre de guerre Q — est lancé à 52 mètres.

La grosseur que l’on donne actuellement aux grains de poudre est indiquée par le tableau suivant :

' On opère d’ordinaire l’essai de la poudre de guerre avec 92 grammes de poudre ; le globe doit é(re projeté à 220 mètres au moins.

Fig. 139.

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