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Causes qui produisent Pinflainmation de la i>oudre. Une

température d’environ 300*’ suffit pour 1 inflammation de la poudre , une

étincelle électrique produit le même effet.

La compression de l’air dans le briquet pneumatique dégagé assez de chaleur pour qu’on puisse y faire détoner de la poudre. Il en est de même des chocs; pendant longtemps on avait cru que le choc du fei contre le fer pouvait seul déterminer l’explosion de la poudre; mais il est bien évident que tout choc violent, étant une source de chaleur, peut produire

cet effet.

On peut, en chauffant lentement la poudre dans le vide, arriver a distiller le soufre sans déterminer l’explosion du mélange.

728. Bu Tolume des gaz dégagés et de leur température. — Si l’on calcule le volume de gaz que dégageraient en brûlant 100 grammes de poudre on trouve environ 32'‘\8 d’acide carbonique et d azote, mesuiés à 0° et sous la pression de 0“,760 Mais, dans la pratique, le volume est bien différent et paraît varier avec les circonstances de l’inflammalion. Ainsi, Gay-Lussac, en faisant tomber de la poudre, grain à grain, dans un tube incandescent, a obtenu 50 litres de gaz, tandis que MM. Bunsen et Schischkoff n’en ont obtenu que 19,3. On comprend que ces différences ne peuvent tenir à la composition peu variable de la poudre, mais plutôt à la nature des produits de la combustion, qui peuvent changer avec la manière dont cette combustion s’effectue. Quoi qu’il en soit, on voit que le gaz dégagé par la poudre (qui pèse environ 900 grammes par litie) est au moins 200 fois le volume de la poudre elle-même, à la températuie ordinaire. La dilalation que le gaz tend à éprouver, par suite de la chaleur dégagée pendant la combustion, augmente encore singulièrement sa force élastique. On peut évaluer la température de celle combustion à plus de 1200% car elle est capable de déterminer la fusion de l’or, e gaz, dilaté par cette élévation de température, occupei<iit un 4 fois plus considérable au moins que celui qu il a à la tempera

1 Pour éviter les longueurs, on a rejeté î4 la fin de 1 ouvrage tous les Us sont exposés avec détails dans un chapitre sur la résolution des pr

442 CHIMIE INORGANIQUE

zéro. Ces considérations rendent suffisamment compte de la puissance explosive de la poudre.

Ajoutons que les résidus solides de la combustion sont fondus à cette haute température et qu’ils sont, en majeure partie, expulsés de l’arme en même temps que les gaz; aussi peut-on reconnaître une bonne poudre en la brûlant sur une feuille de papier; elle ne doit y laisser qu’un résidu inappréciable ; la rapidité de sa combustion ne lui permet pas d’ailleurs d’enflammer le papier.

729. Fabrication «le la pouiire. — On emploie pour cette fabrication le salpêtre raffiné ne contenant pas plus de trois millièmes de chlorures, du soufre en canon pidvérisé, parce que le soufre en fleur retient toujours un peu d’acide sulfureux ou d’acide sulfurique. Pour la poudre de guerre et de chasse, on emploie en France le charbon de bois de bourdaine. Pour la poudre de mine, on emploie les charbons de bois légers, de peuplier, d’aulne, de tremble, de tilleul et de saule. La calcination du charbon doit toujours être opérée de la même manière, si l’on veut obtenir un produit constant. Le charbon de bois de bourdaine employé dans la poudre de chasse est un charbon roux obtenu par distillation dans des vases en tôle que l’on chauffe au moyen de la vapeur d’eau surchauffée . à une température de 400° environ. Les autres eharbons sont préparés dans des fosses à la manière ordinaire.

On pulvérise d’abord le charbon, puis on y ajoute le salpêtre et le soufre; on mélange d’abord à la main, puis au pilon, et on ajoute successivement de petites quantités d’eau. La matière est ensuite pressée pour la réduire en galettes.

Ces galettes sont séchées de manière à pouvoir facilement se briser. On les met alors sur un crible appelé guillaume^ où un disque de bois, du poids de 2 à 5 kilogrammes, animé d’un mouvement convenable, les brise et force les fragments à passer par les trous. Pour produire cet effet, il suffit de communiquer au crible un mouvement de va-et-vient qui fera tourner constamment le disque en bois ou tourteau contre la circonférence du crible.

Les grains ainsi obtenus passent à travers deux cribles de dimensions déterminées; le premier retient les grains trop gros, l’autre laisse passer seulement les grains trop petits. Les grains trop gros sont brisés sur le guillaume, ceux qui sont trop fins sont introduits dans de nouveaux mélanges.

Les grains de poudre sont ensuite séchés au moyen d’un courant d’air chaud, ou, dans l’été, sous l’influence des rayons solaires.

La poudre de chasse subit une nouvelle opération appelée lissage, dont l’objet est de donner à la poudre une surface polie et brillante, afin que les grains n’aient plus de tendance à s’égrener davantage et h se mettre

1,1V. III. CH.U'. 1. Clll.OHATE D i; POïASSli.

en poudre par leur rroltement continuel ; ce qui arriverail, si les grains élaient irréo-uliers. On introduit la poudre avant le séchage dans un tonneau <^arni'’de quelques côles un peu saillantes, que l’on anime d’un môuvLent de rolalion. Oe mouvement continuel des grams de poudre humides use leurs aspérités et leur donne du poli, en même temps qu’d au-menle leur densité ; aussi convient-il de ne pas le prolonger trop Ion-temps afin de ne pas rendre la poudre beaucoup moins inllammable.

730. Co«,erv.tio.. .le lapou.ire. -Il faut conserverla poudrc dans des magasins bien secs, parce que le charbon divise a la propi lete d absorbei^’humidilé. L’eau, en pénétrant dans le grain de poudre, dissout le salpêtre qui vient s’effleurir à la surface ; elle détruit donc 1 intimité du ntélange et change par conséquent la puissance explosive de a noudre La poudre devra donc absorber d’autant plus d humidité qii elle contiendra plus de charbon, et celles qui contiennent du charbon roux sont tontes choses égales d’ailleurs, plus hygrométriques que celles qui contiennent du charbon noir. Mais on peut remédier, en partie, à ces inconvénients, en mettant en grains volumineux les poudres qui contiennentplus de charbon (poudre de mine), ou en lissant la surface de la poudre de chasse qui contient du charbon roux.

Chlorate de potasse, K0,C10^

Ce sel tire tous ses emplois de la facilité avec laquelle il cède l’oxygène qu’il conlient ; iKut découvert par Berthollet, qui lui donna le nom de vwnate suroxygénè de potasse, parce qii il se décomposait en chlo rure et oxygène par la chaleur. Gay-Lussac fitconnaître plus tard savéri-

table composition. ^ ,

731 . Propriétés. — Corps cristallisé en paillettes cristallines ou, s il s est

déposé lentement de ses liqueurs, en lames rhomhoïdales, qui atteignent parfois de 2 à 6 centimètres de largeur. Sa saveur est analogue à celle du salpêtre; il est peu soluble dans l’eau froide, mais beaucoup plus dans l’eau chaude, ainsi qu’il résulte du tableau suivcant :

Chlorate dissous

Températures.

dans lOô parties d’eau

iito'/, .. C,03

or,o’n . r2,Ub

lOl.’s

Ce sel est anhydre

il fond vers 100" el se décompose

d’abonl, comme

CHIMIE INOHGANIQUE.

nous 1 avons vu, en oxygène, chlorure de potassium et perchlorate de potasse; une température plus élevée décompose ce dernier sel en chlorure et oxygène (36).

Projeté sur des charbons ardents, il en active singulièrement la combustion; en d’autres termes, il fuse, mais sans décrépitation. Mêlé en poudre fine, à poids égal, avec un corps très-combustible, comme le benjoin, il donne un mélange que l’on peut enflammer en versant dessus une goutte d’acide sulfurique concentré, parce que l’acide cblorique mis en liberté se décompose et enflamme le benjoin. Un mélange à poids égal de soufre et de chlorate pulvérisés, enveloppé dans un morceau de papier, détone violemment quand on le frappe sur une enclume avec un marteau. On ne doit faire l’expérience que sur quelques décigrammes de naatière.

A l’époque de la Révolution, on essaya de substituer, dans la poudre, le chlorate de potasse à l’azotate de potasse devenu très-rare; il fallut y renoncer, parce que cette poudre était éminemment brisante. Les armes ne pouvaient y résister, et sa préparation et sa conservation présentaient des dangers qui ne furent pas toujours conjurés. On y renonça à la suite d’accidents terribles.

732. Préparation. — On le prépare, dans les laboratoires, en faisant passer du chlore dans une dissolution concentrée de potasse. On fait arriver le gaz dans la potasse par un tube très-large, afin d’éviter les obstructions par suite du dépôt de chlorure. Il se forme d’abord de l’bypocblorite de potasse et du chlorure de potassium, et la majeure partie de ce sel se dépose en cristaux. Il est bon d’interrômpre l’opération à ce moment et de décanter la liqueur après le dépôt des cristaux. On la soumet de nouveau à l’action du chlore jusqu’à refus, la liqueur s’échauffe, et 1 hypochlorite, qui n’est stable qu’en présence d’un excès d’alcali et à une basse température, se transforme peu à peu en chlorate, celui-ci se dépose en écailles cristallines, mélangées à un peu de chlorure ; on le purilie en lavant d’abord avec de l’eau froide pour dissoudre le chlorure de potassium; on dissout ensuite les cristaux dans l’eau bouillante; en se refroidissant, la liqueur laisse déposer du chlorate de potasse à peu près pur.

On remarque ordinairement que la dissolution de potasse prend d’abord une teinte rouge due à la présenee d’un peu d’bypermanganate de potasse, provenant du manganèse de la potasse ou de celui que le gaz peut entraîner; cette coloration disparaît à mesure que l’hypocblorite se détruit; elle peut donc servir à faire connaître quand l’opération est terminée.

On prépare industriellement le chlorate de potasse en saturant de chlore à chaud une bouillie d’hydrate de chaux contenant 300 parties de chaux pour 1 500 parties d’eau et 154 parties de chlorure de potassium. Il se

1,1V. ni. CHAP. I. BORATE DE SOUDE.

forme du chlorure de calcium et du chlorate de chaux Irès-solubles dans l’eau • en filtrant la liqueur, elle donne par refroidissemenl du chlorate de potasse parce qu’une double décomposition se produit entre le chlorate de chaux et le chlorure de potassium, par suite de l’insolubilité à froid du chlorate de potasse. On obtient environ 200 parties de cp sel nu’on purifie facilement. L’avantage de ce procédé est évident; 6 équivalents de potasse sont remplacés par 6 équivalents de chaux sans valeur vénale, et la potasse est introduite à l’état de chlorure (ou même de sulfate) dont le prix est peu élevé. J II I.

733 Application». — On l’emploie dans la fabrication des allumettes chimiques, dans la préparation des capsules fulminantes pour les canons en bronze, dans l’avivage des couleurs d’impression, et dans la préparation des autres chlorates (baryte, strontiane) qu’on emploie pour les feux d’artifices. On connaît ses usages dans les laboratoires.

Hypocbloritc de potasse ou eau de Javelle.

734. On obtient la dissolution d’hypochlorite en faisant passer un courant de chlore dans une dissolution étendue et froide de carbonate de

^ 2 (K0,C02) 4- 2C1 = 2CQ2 + KCl + KO,ClO.

‘L’acide carbonique se dégage, et il reste dans la liqueur un mélange de chlorure et d’hypochlorite. On l’emploie comme décolorant, mais ses usages sont plus limités que ceux du chlorure de chaux. La soude donne un produit correspondant employé au même usage.

Borate de soude.

735. Propriétés. — Ce sel est anciennement connu sous le nom de borax ; on le trouve dans le commerce à deux états d’hydratation différents le borax ordinaire, NaO, HO, 2BoO^-|-9HO, contient 47, 2 pour 100

d’eau,etleboraxoctaédriqueNaO,HO,2BoÛ3-l-4HOn’encontientque30,8.

Le premier est obtenu en faisant cristalliser le borax à la température ordinaire, le second à 60» ou au-dessus. Les deux sels fondent dans leur eau de cristallisation, puis se dessèchent en se boursouflant beauco^. Le borax octaédrique, qui se boursoufle moins, est par cette raison d un usage plus commode. Au rouge, le borax anhydre éprouve la fusion ignée et donne naissance à une masse transparente que l’on peut étirer en h s comme le verre. Le verre de borax dissout avec facilité les oxydes méta liques, prend des colorations variables avec chaque métal, qui pernieltent de les distinguer facilement entre eux. L’expérience est d ‘"'‘«“4 ‘ ' cile à faire; on fond un peu de borax desséché dans une petite ou

CHIMIE INURGANIOUE.

eu contournant l’extrémité d’un fil de platine. La flamme d’une chandelle alimentée par le chalumeau à air (440) suffit parfaitement ; on ajoute à la perle transparente et incolore ainsi obtenue une quantité très-petite d’un oxyde métallique, et on fond de nouveau dans unepartie convenable de la flamme. La coloration que prend la perle suffit, dans beaucoup de cas, pour indiquer la nature du métal.

Cette propriété du borax de dissoudre les oxydes nous explique son emploi ; il sert surtout dans les soudures métalliques. On met le borax en poudre sur les pièces à souder, et on porte le tout au rouge; le sel, en fondant, dissout l’oxyde formés et permet à la soudure, métal plus fusible que ceux qu’on veut réunir, de se combiner plus facilement avec eux. L’opération ne réussirait pas si la surface des métaux était oxydée; le borax fournit donc un moyen de décaper leur surface à une température élevée.

736. Préparation. — Le borax nous venait autrefois de l’Inde, de la Chine, de la Perse et du Pérou. C’est un des produits de l’évaporation de petits lacs salés ; aujourd’hui, on le prépare au moyen de l’acide borique naturel (351) et du carbonate de soude. Ordinairement on lui fait encore subir un raffinage avant de le livrer au commerce, non-seulement pour le purifier, mais pour lui donner un degré de consistance convenable par une cristallisation lente. On dissout le borax impur dans de l’eau chargée de carbonate de soude, et on introduit la dissolution dans de grands cristallisoirs entourés de paillassons ou de matières peu conductrices, afin de rendre leur refroidissement plus lent. La cristallisation peut alors durer vingt-cinq ou trente jours, au bout desquels l’eau du cristallisoir est encore à 30° environ. On peut fractionner l’opération en faisant .couler l’eau quand sa température s’abaisse vers 56° ; tout le sel déposé dans la liqueur chaude est du borax octaédrique, ce qui se déposera ensuite sera le borax ordinaire.

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