‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 277 sur 537 · K0,S03 + A1203,3S03 + 24HO · texte numérisé non relu

K0,S03 + A1203,3S03 + 24HO

AzH3,H0,S03 -h A12Q3,3S03 + 24HO.

Le premier, plus anciennement connu, est Valun de potasse, le second Valun ammoniacal. Mais les chimistes désignent sous ce nom d’alun des sels résultant de la combinaison de 1 équivalent de l’un des sulfates des protoxydes de potassium, de sodium, d’ammoniaque, de rubidium ou de cæsium; avec I équivalent de l’un des sulfates -de sesquioxyde d’aluminium, de chrome, de fer ou de manganèse, et 24 équivalents d’eau. Tous ces composés ont la forme de l’alun ordinaire; ils appartiennent au. système cubique, et peuvent cristalliser ensemble en toutes proportions, sans que la forme du composé en soit altérée. On peut même y remplacer l’acide sulfurique par les acides sélénique ou tellurique, qui sont isomorphes de l’acide sulfurique. La série de ces composés offre donc un exemple très-remarquable d’isomorphisme.

Nous n’étudierons ici que les produits du commerce.

Sulfate double d’alumine et de potasse.

828. Préparation. — On prépare industriellement ce produit par I un des trois procédés suivants :

1° On trouve dans la campagne de Rome, à la Tolfa et à Piombino, et

cmimiü: inorganique.

dans la Hongrie, un minéral connu sous le nom ^'alunite^ qui contient jusqu'à 57 pour 100 d’alun ordinaire, rendu insoluble par sa combinaison avec un excès d’alumine hydratée. 11 suffit de calciner modérément V alunite pour détruire cette combinaison; on n’a plus alors qu’à lessiver la matière après l’avoir maintenue humide pendant quelque temps, pour obtenir une dissolution d’alun pur qu’on fait cristalliser. C’est ainsi que l’on prépare Valun de Rome.

2“ On grille des schistes alumineux, toujours mélangés de sulfure de fer (pyrites); le soufre, en passant à l’état d’acide sulfurique, transforme, en partie du moins, l’argile contenue dans ces schistes en sulfate d’alumine ; on dissout ce sel, en même temps que le sulfate de fer produit par le grillage; on évapore, et par cristallisation on sépare la majeure partie du sulfate de fer, bien moins soluble que le sulfate d’alumine. On ajoute aux eaux mères du sulfate de potasse (ou d’ammoniaque); l’alun, peu soluble à froid, se dépose. On le purifie par une nouvelle cristallisation, mais il contient toujours un peu de fer (aluns de Picardie, de Liège).

En Suède, les schistes qu’on emploie pour cet usage renferment assez de feldspath pour que ce corps puisse fournir à l’acide sulfurique la potasse nécessaire à la production de l’alun.

3° L’alun se fabrique en France, sur une grande échelle, avec les argiles. On prend les argiles exemptes de fer et de carbonate de chaux, ordinairement du kaolin de Cornouailles, on les calcine légèrement dans des fours à réverbère, afin d’en chasser l’eau et de les rendre plus attaquables parles acides. On les mélange ensuite avec de l’acide sulfurique à 52” de Baumé (D=r|,45), et l’on maintient le mélange, contenu dans de grands bassins de pierre, à une température de 70” pendant quelques jours. On continue ensuite la réaction, en abandonnant le mélange dans un endroit chaud pendant plusieurs mois. Les liqueurs sont ensuite évaporées, si l’on veut avoir du sulfate d’alumine, ou bien on les traite par le sulfate de potasse ou d’ammoniaque pour avoir de l’alun.

829. Propriétés. — L’alun de potasse cristallise en octaèdres réguliers, qu’on peut obtenir très-volumineux. Ces cristaux s’effleurissent faiblement à l’air et seulement à la surface. Leur saveur est douceâtre et astringente. Ils sont notablement plus solubles à chaud qu’à froid. D’après M. Poggiale, à

100 parties d’eau dissolvent

3,29 parties d’alun

L’alun fond quand on le chauffe vers 92”, et perd successivement

l.IV. III. CH A P. IV. ALUNS.

Fig. H 7.

24 équivalents d’eau, ou 45,5 pour 100 de son poids, quand on le chauffe vers le rouge. Pendant sa dessiccation, l’alun se boursoufle et forme un champignon qui s’élève notablement au-dessus de l’ouverture du creuset {fig. 147). On obtient ainsi Valun calciné, employé comme caustique pour ronger les chairs. Cet alun se dissout complètement dans l’eau, mais avec une très-grande lenteur, comme beaucoup d’autres sels calcinés. Enfin il se décompose au rouge en acide sulfureux et oxygène qui se dégage; il reste dans le creuset un mélange d’alumine et de sulfate de potasse.

La dissolution d’alun rougit faiblement la teinture de tournesol.

On a pendant longtemps préféré Valun de Rome à tout autre, parce qu’il ne contient point d’oxyde de fer en combinaison. Les autres aluns contiennent de5 à7 millièmes de leur poids d’oxyde de fer combiné, qui exerce une influence fâcheuse dans beaucoup d’opérations de teinture. On reconnaissait l’alun de Rome à sa couleur de chair, due à une petite quantité de sesquioxyde de fer insoluble, interposé entre les lamelles qui constituent les cristaux; mais comme on communique cette couleur à l’alun ordinaire en roulant ses cristaux dans une poussière composée de brique pilée et d’alun pulvérisé, il faut nécessairement avoir recours à d’autres caractères. L’alun de Rome affecte la forme de cubooctaèdres ou même de cubes parfaits, l’alun ordinaire est toujours octaédrique; la dissolution d’alun cubique chauffée à 50° laisse déposer une faible quantité de sous-sulfate d’alumine. Si, après avoir séparé ce dépôt on fait cristalliser, on n’obtient plus que des cristaux octaédriques, tandis que si on laisse la dissolution au contact du dépôt, il se dissout en totalité, et les cristaux cubiques se reproduisent. Aussi peut-on transformer l’alun ordinaire en alun cubique, en ajoutant à une dissolution d’alun chauflée à 30° ou 40° deux à trois centièmes de carbonate de soude sec qui précipitent d’abord le fer, et un peu de sous-sulfate d’alumine. L’alun ainsi préparé est d’ailleurs exempt de fer, comme Valun de Rome ; on constate l’absence du fer au moyen du cyanure jaune, qui donne alors un précipité blanc, tandis qu’il produit un précipité bleu dans les dissolutions contenant une trace de fer. On voit que l’alun de Rome doit ses propriétés spéciales au petit excès d’alumine qu’il contient.

830. L'sag^es. — L’alun est surtout employé dans l’art de la teinture, dans la fabrication des cuirs, dans la médecine. On en tire aussi un parti avantageux pour clarifier les eaux bourbéuses. Ainsi, avec 2 décigrammes d’alun par litre, on pourrait précipiter rapidement toutes les matières terreuses en suspension dans l’eau de Seine la plus trouble. On ydmet

CHIMIE INORGANIQUE

que le bicarbonate de chaux contenu dans l’eau précipite une quantité correspondante de sous-sulfale d’alumine, qui entraîne avec lui, en se déposant, toutes les matières qui troublent l’eau.

Sulfate d’alumine.

831. On emploie maintenant dans le commerce le sulfate d’alumine, A1203,3S03 + I8H0, obtenu par l’action de l’acide sulfurique sur des argiles exemptes de fer. Gomme ce sel est extrêmement soluble dans l’eau, on se contente d’évaporer les liqueurs qui le contiennent, et l’on obtient une espèce de pâte plus ou moins solide, composée de petits cristaux d’un aspect nacré. 11 a la saveur de l’alun, une réaction fortement acide; il pourrait se substituer avantageusement à ce sel, s’il était plus pur; mais ordinairement il contient une proportion notable de fer et un grand excès d’acide sulfirrique, aussi ne l’emploie-t-on qu’à quelques usages particuliers, et notamment dans le collage de la pâte du papier.

COMPOSÉS BINAIRES DE L’aLUMINIUM.

Chlorure d’aluminium, AUCl^.

832. Préparation. -- On mélange intimement 100 parties d’alumine obtenue en calcinant l’alun ammoniacal et 40 parties de charbon, et l’on y ajoute assez d’huile pour en faire une pâte consistante. Cette pâte, calcinée au rouge vif dans un creuset fermé, pour décomposer l’huile, donne une masse cohérente que l’on brise en petits fragments. On les ; introduit par le col dans une cornue tubulée, munie d’un tube de porcelaine qui descend jusqu’au fond de la panse de la cornue. C’est par ce ■ tube que l’on fait arriver dans la cornue portée au rouge un courant de • chlore desséché; pour recueillir le chlorure d’aluminium, on adapte au i col de la cornue un entonnoir en porcelaine à l’ouverture duquel est lutée une cloche à douille. C’est dans cet entonnoir et dans la cloche que • se dépose le chlorure sous forme de croûtes cristallines, qu’on brise avec • facilité quand l’opération est terminée.

833. Propriétés. — On obtient ainsi une masse incolore et transpa-rente, formée de prismes hexagonaux qui paraissent réguliers; ce corps « est très-fusible et très-volatil, déliquescent; il dégage beaucoup de cha-leur en se dissolvant dans l’eau. On ne peut évaporer à siccité sa disso-* lution, il se décompose alors en acide chlorhydrique et alumine. Il perdu presque toute son importance depuis qu’on prépare l’aluminium . au moyen du chlorure double d’aluminium et de sodium.

Page 1