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AV. III. CHAP. X. PLOMB

pellicule irisée qui se transforme peu à peu en une poudre jaunâtre de protoxyde de plomb (massicot).

Le plomb s’altère rapidement au contact de l’eau aérée. Dans les eaux pluviales ou dans l’eau distillée qui a eu le contact de l’air, ce métal se recouvre d’une couche blanchâtre d’hydrate et de carbonate de plomb ; l’eau dissout alors des quantités appréciables d’oxyde de plomb et acquiert des propriétés toxiques quien rendent l’usage dangereux. Dans les eaux potables, au contraire, l’ojiydation n’est que superficielle, et on ne trouve aucune trace de plomb en dissolution. C’est là un fait très-important ; il explique pourquoi l’on peut se servir de tuyaux de plomb pour la conduite des eaux de source ou de rivière, tandis qu’il y a danger à le faire pour l’eau pluviale. A plus forte raison ne doit-on pas conserver celle-ci dans des réservoirs en plomb. L’une des causes d’altération les plus actives des toitures en plomb réside dans cette propriété de l’eau de j pluie.

! Presque tous les métalloïdes se combinent directement avec le plomb.

‘ 943. Action fies acides. — L’eau n’est décomposée par le plomb dans

aucune circonstance, aussi les acides faibles ne l’attaquent pas, s’ils n’ont point le contact de l’air. On sait que l’on peut concentrer l’acide sulfurique dans des bassins en plomb ; mais, au contact de l’air, l’oxydation du métal est très-rapide, parce que l’oxyde de plomb qui tend à se former est une base puissante qui se combine avec tous les acides. Comme tous les sels de plomb sont vénéneux, on devra proscrire l’emploi du I plomb dans la confection des vases employés aux usages culinaires.

L’acide sulfurique concentré et bouillant attaque le plomb, et produit du sulfate de plomb insoluble et de l’acide sulfureux; l’acide chlorhydrique n’a pas d’action sensible à l’abri du contact de l’air, mais l’acide I azotique le dissout facilement à chaud, en donnant de l’azotate de ploinh

I et du bioxyde d’azote qui se dégage.

944. Usag-es. — Le plomb est employé à la confection de feuilles servant à recouvrir les toits ou l’intérieur des réservoirs, à cause de la faci-

* lité avec laquelle il se plie, même à angle vif, sans se rompre ; ce qui ' permet de l’appliquer commodément sur toutes les surfaces de forme

quelconque. On en fait également des tuyaux de conduite pour l’eau et le

• gaz. Ces tuyaux présentent l’avantage de pouvoir être pliés à la main sans effort ; on peut donc leur faire suivre, comme aux lames, tous les contours possibles. On emploie des fils de plomb dans les travaux du jardinage ; ils sont, en effet, bien moins altérables à l’air que les fils de fer ; leur résistance est suffisante pour les faibles efforts qu’ils ont ordinairement à vaincre; on peut néanmoins les rompre facilement avec les doigts, ce qui dispense d’employer un outil tranchant pour les couper. et abrège singulièrement le travail.

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Les tuyaux continus en plomb s’obtiennent par compression, en utilisant la mollesse de ce métal. Une presse hydraulique puissante peut

faire mouvoir un piston P muni d’une lige verticale suivant son axe, dans l’intérieur d’un réservoir B , où l’on peut introduire du plomb fondu au moyen d’un entonnoir latéral E {fîg. 4 50). On l’y maintient à l’état de fusion, en chauffant extérieurement le contour du réservoir. A sa partie supérieure, ce réservoir porte un trou circulaire de filière en acier, dans lequel s’engage l’extrémité de la tige du piston P. Si l’on fait mouvoir la presse hydraulique, le trou de l’entonnoir étant fermé par une tige de fer, le piston P chassera le métal entre les parois de la filière et de la tige qui en occupe le centre, où il se solidifiera en produisant un tube creux que l’on fait enrouler sur un tambour T. En répétant cette opération un nombre convenable de fois, on obtient un tube de longueur quelconque.

Nous rappellerons encore l’usage que l’on fait du plomb dans la fabrication de l’acide sulfurique (225) ou pour conserver l’acide fluorhydrique.

Fig. 150.

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