‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 336 sur 537 · ALLIAGES DE CUIVRE · texte numérisé non relu

ALLIAGES DE CUIVRE

Le cuivre s’emploie principalement à l’état d’alliage; nous avons indiqué (510) la composition de quelques-uns de ces corps, nous ajouterons quelques détails sur leurs principales propriétés.

Lailon ou cuivre jaune.

978. C’est un alliage de cuivre et de zinc, contenant presque toujours une petite quantité de plomb, de fer et d’étain, qui lui communiquent des propriétés particulières. Le laiton est d’un jaune d’or plus ou moins vif, ductile et malléable à froid, cassant à chaud, facilement fusible et très -propre au moulage. Sa densité est variable avec sa composition (8,2 à 8,9). 11 est moins altérable à l’air que le cuivre rouge.

Le laiton destiné au tour ne doit pas graisser l’outil, on lui donne de la sécheresse m lui ajoutant un peu de plomb et d’étain. Voici sa composition :

Cu = Gl à G5, Zii = 36 à 38, Pb = 2 à 2,5, Sn = 0,20.

Le laiton des tréfileries doit surtout être très-tenace: on lui ajoute un peu plus d’étain et beaucoup moins de plomb. lia la composition suivante :

Cu = 64,2 Zn = 35,0, Pb = 0,40, Sn=0,40.

Le laiton pour le travail du marteau contient :

Cu = 70, Sn = 30.

Les alliage dits stmilor, métal du prince Robert^ etc., employés dans la labrication des faux bijoux, varient beaucoup de composition, mais les principaux contiennent : 1° Gu = 80, Zn=20, composé tendre à cassure luisante et d’un beau jaune; 2“ Gu = 84-, Zn = 16, alliage d’un jaune plus beau que le précédent; 3° Gu = 86, Zn = 14, alliage d’un jaune brillant; 4“ Gu= 88, Zn =12. ce dernier alliage a un grain plus fin que les précédents et la couleur de l’or. En introduisant un peu de plomb dans ces alliages, on peut donner le reflet de l’or vert.

Le chrysocale contient Gu =92, Zn =6, Sn=6; on peut le laminer en feuilles minces, et il prend Iros-bien la dorure; on l’emploie également dans la fabrication des bijoux faux.

UV. III. CHAP. X. ALL1AGü:S DG CUIVRE. 5GÜ

Le tombac ou cuiltc blanc (Gu = 97, Zn = 2, As = 1) est d’autant plus cassant qu’il contient plus d’arsenic; il se lime et se polit très-bien; on remploie dans la fabrication des petites pièces des instruments de physique L

Enfin le bronze des frères Relier, avec lequel on a fondu les statues de Versailles, n’est, à proprement parler, qu’un laiton contenant une certaine proportion de plomb et d’étain :

Cu = 9I,4 Zii=5,53, Pb=l,37, Su =1,70.

Il résiste parfaitement aux influences atmosphériques.

Le laiton se fabrique ordinairement en fondant les métaux dans des creusets en terre ou dans un four à réverbère, et en coulant l’alliage entre des tables de granit.

979. Fabricafion des épiiigpies. — La moitié du laiton fabriqué en Europe est employé à la confection des épingles Ces épingles sont ordinairement étamées, afin de préserver le laiton de l’oxydation et pour éviter l’odeur désagréable que l’alliage communique aux mains. A cet effet, on les fait bouillir dans une dissolution de crème de tartre (bitartrate de polasse). On met ensuite dans une bassine à fond plat une couche d’épingles, au-dessus une couche de grenaille d’étain et une couche de

[ crème de tartre ; on remplit la bassine en continuant cette superposition. On verse ensuite de l’eau et l’on fait bouillir pendant une heure.

La crème de tartre agit par son exeès d’acide et dissout l’étain, qui : décompose l’eau sous son influence; il se forme un tartrate de potasse et de protoxyde d’étain, le zinc contenu dans le laiton précipite l’étain du sel d’élain formé ; ce métal se dépose en couche adhérente à la surface du laiton.

Maillechort.

980. Le maillechort ou argentan est un alliage de enivre, de zinc et de nickel (oIO), possédant la couleur et la sonorité de l’argent, et qui est peu altérable à l’air; on l’emploie à la fabrication des couverts argentés par voie galvanique, dans la confection d’une multitude de petits objets, de garnitures de couteaux, de porte-plumes, boîtes de montres communes, objets de sellerie, etc.

‘ Le laiton contient souvent des traces d’arsenic, parce qu’on le fabrique parfois avec

es déchets de laiton de toute provenance, dans lesquels se trouve un peu de tombac (Loir).

^ La fabrication des épingles représente en Europe une somme d’environ 75 millions de Irancs, qui correspond à plus de 225 milliards d’épingles, puisque le prix du travail de 3,000 épingles est à peu près de l franc. On n’est arrivé à ce résultat qu’en divisant à 1 extréine la fabrication; une épingle subit environ quatorze préparations avant d’être terminée, et passe ainsi dans quatorzemiains.

CHIMIE INORCANIQUE.

Bronzes.

981. Ce sont des alliages de cuivre et d’étain ; plus fusibles et bien pins durs que le cuivre, ils sont ordinairement sonores. Nous avons dit; qu’ils possèdent la singulière propriété de devenir malléables par un refroidissement brusque (50(1). Le bronze fondu se sépare, en se refroidissant, en plusieurs alliages de compositions différentes; de plus, comme l’étain s’oxyde alors de préférence au cuivre, on comprend la difficulté: que l’on éprouve à obtenir un alliage de composition bien définie, quand! il s’agit de pièces d’un volume considérable (canons et cfoches). On est! obligé, lorsqu’on coule les canons, de laisser au-dessus de la bouche uni prolongement très-considérable (masselotte), qui fournit au retrait que produit le métal en se solidifiant, et qui rend plus régulier le refroidis-sementdes parties inférieures comprenant tout le canon. La composition de cette partie devient alors plus homogène. Nous avons indiqué la com-position de ces divers alliages (510). On fond Palliage des cloches et descanons dans des fours à réverbère.

982. sSronze d’aiumiiiium. — L’aluminium forme avec le cuivre desalliages remarquables, qui peuvent prendre la dureté du bronze. De lài leur nom. Ils contiennent pour 100 de 5 à 10 d’aluminium et de 95 à 90 de ■ cuivre. Ces alliages ont une belle couleur jaune et sont susceptibles d’un beau poli ; leur ténacité est exceptionnelle et supérieure à celle du fer; on i peut les forger à chaud comme le fer doux; ce sont les seuls alliages que l’on puisse aussi facilement marteler à chaud. Tous les autres se liquatent et deviennent cassants dans ces circonstances. Ils sont peu altérables àt l’air et se dorent d’ailleurs avec facilité. On en fait aujourd’hui des couverts, des bougeoirs, etc., et des objets d’art très-estimés.

Page 1