INDIGO
ou eu gouttelettes huileuses , qui se solidifient par le refroidissement.
La picroérythrine qui reste dans les eaux mères qui ont déposé l'acide érythrique, et que l'on forme directement en faisant bouillir longtemps l'acide érythrique avec l'eau, ne diffère, dans sa composition, de ce dernier acide, qu'en ce qu'elle renferme 5 éq. deau de plus; sa formule est, en effet. G**H'*0*°. La picroérythrine reste, après évaporation, sous forme d'une masse blanche, cristalline. Elle se convertit en orcine et acide carbonique, soit par la chaleur seule, soit lorsqu'on la fait bouillir avec les alcalis.
Lorsqu'on abandonne, pendant plusieurs jours, à l'air, de Tacide érythrique dissous dans de l'eau chaude, la liqueur se colore en brun, et renferme alors deux nouvelles substances cristallisables, qu'on a appelées amarythrine et télérythrine. La première est trèssoluble dans l'eau et dans l'alcool; la seconde est insoluble dans l'alcool froid, ce qui permet de la séparer facilement de la première. On ne connaît pas la composition de ces substances.
Indigo et ses dérlTés.
§ 1698. L'indigo se trouve dans un grand nombre de végétaux, et particulièrement dans les plantes du genre indigo fera, dans le polygonum tinctorium et dans le pastel. C'est principalement avec les indigofera qu'on le prépare. Après la floraison de la plante, on en détache les feuilles qui renferment la plus grande proportion d'indigo; on les sèche au soleil, et» après les avoir concassées, on les fait infuser, deux ou trois heures, dans trois fois son volume d'eau froide. La dissolution, filtrée à travers un linge, est agitée vivement à l'air pendant quelque temps ; puis on y ajoute 5 litres d'eau de chaux pour 10 kil. de feuilles sèches. La liqueur bleuit promptement et laisse déposer de l'indigo. On sépare le dépôt, on le lave avec un peu d'eau bouillante, et, après l'avoir laissé égoutter sur un linge, on le soumet à une forte pression. La matière, coupée en morceaux, et séchée à l'air, donne l'indigo du commerce. Mais cette matière est très-impure, elle ne contient que 45 pour 100, environ, d'indigo réel ou indigotine; le reste se compose de substances résinoïdes, de fécule, de carbonate de chaux et d'un grand nombre d'autres substances salines. Pour enlever la plus grande partie de ces matières étrangères, on lave l'indigo pulvérisé, successivement avec de l'eau bouillante, de l'alcool et des dissolutions faibles d'acide chlorhydrique.
On obtient l'indigotine pure en chaufl'ant dans un tube de verre,
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au milieu d'un courant d'hydrogène, de l'indigo, jusqu'à ce qu'il commence à se sublimer des cristaux dans la partie antérieure du tube. 11 est important que la température soit aussi basse queiK)sbible; l'indigotine se volatilise en produisant une vapeur violette, aussi intense que celle de l'iode, et se dépose sous fonne de belles aiguilles cristallines, d'un violet pourpré. Ces mêmes vapeurs se dégagent quand on projette de l'indigo sur un corps chaud, mais alors la plus grande partie de l'indigotine se décompose.
L'indigotine est complètement insoluble dans Teau, et presque insoluble dans Talcool et dans Tcther. Sa composition correspond à la formule C*«H"*AzO\
§ 4699. Les acides, étendus d'eau, sont sans action sur l'indigotine; mais l'acide sulfurique concentréet surtout l'acide sulfurique de Nord bail sen , la dissolvent facilement, et foi ment une liqueur d'un beau bleu. Mais ce n'est pas là une simple dissolution, car il s'Cft formé une véritable combinaison de l'indigotine avec l'acide sulfurique.
Lorsqu'on fait digérer l'indigo avec 5 parties d'acide sulfurique monohydraté, eu élevant la temj)érature jusqu'à 50® environ, l'indigo so dissout et forme une liqueur d'un pourpre très-intense, qui abandonne un précipité bleu lorsqu'on félend d'tau ; on recueille ce précipité sur un filtre, on le lave avec de l'eau acidulée par de l'acide chlorhydrique, juscju'à ce que les eaux de lavage ne renferment plus (l'acide sulfuritiue. puis on le dessèche en le chauffant à 120" dans le vide. On a donné à ce composé le nom de pourpre d'indi(/o ou iVacide sulfopurpurique : sa formule est C'*H"AzO*.SO*; il se dissout dans l'eau pure, mais il est insoluble dans l'eau acidulée; il forme avec les alcalis des combinaisons pourpres qui se |)récipilent on ilocons.
Si l'on traite, au contraire, 1 partie d'indigo par 15 ou 20 parties d'acide sulfurique monohydraté, ou par 8 ou 10 parties d'acide de Nordbausen , et (ju'on maintienne le mélange, pendant quelque temps à une température de 50 à 60°, on obtient une liqueur d'un beau bleu , qui renferme une autre combinaison de l'acide sulfuriiiue avec rindii^oline, Vacide sulfindigotique. On ajoute à cette Hipieur iO à oO fois son volume d'eau , et il s'en sépare, quelquefois, une potiie (juantilé de poudre d'indigo que l'on recueille sur un lillre. On sature la liqueur avec du carbonate de potasse, il se forme un précipité de sultindigotate de |)0tasse, soluble dans l'eau pure, mais insoluble dans une eau fortement chaînée de sulfate de potasse. Ce sel est lavé avec une di? solution d'acétate de potasse, qui ne dissout pas non plus le sulOndigotate, mais qui en-