‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 99 sur 143 · MATIÈRES COLORANTES DE L'ORSEJLLE · texte numérisé non relu

MATIÈRES COLORANTES DE L'ORSEJLLE

lo variolaria dealbata, le roccella tinctoria^ etc. , etc. Pour obtenir ces orseilles on écrase les lichens, et on les fait macérer dans des auges en bois avec un mélange d'urine et d'ammoniaque, ou d'urine et de chaux; la matière entre en fermentation au bout de quelque temps ; on la brasse fréquemment en maintenant une température de 25 à 30®. Après plusieurs mois, l'orseille est préparée, et on la renferme dans des tonneaux.

Le tournesol en pain, dont on se sert dans les laboratoires, est préparé avec les mômes lichens, et par une fermentation analogue.

Jusqu'ici on n'a pas isolé, avec certitude, les principes colorants de Torseille et du tournesol; on en a séparé plusieurs substances rouges, non cristallines, auxquelles on a donné divers noms, mais qui ne présentent aucun des caractères d'après lesquels on pourrait les considérer comme des composés définis. Mais, en opérant directement sur les lichens, on en a retiré des substances cristallisables, parfaitement définies, et qui, très-probablement, donnent naissance aux matières colorantes des orseilles et du tournesol, pendant les fermentations qu'on fait subir à la plante.

En épuisant par l'éther le roccella tinctoria ou le lecanora parella, et concentrant par distillation la dissolution éthérée, il s'en dépose des cristaux verdâtres, trèi-abondants d'une substance acide, nommée acide lécanorique. On purifie ces cristaux en les lavant avec un peu d'éther, et les faisant cristalliser plusieurs fois dans l'alcool. L'acide lécanorique, pur, est incolore; il exige 250 parties d'eau bouillante pour se dissoudre, et il est encore moins soluble dans l'eau froide; il se dissout dans 15 parties d'alcool, et dans 80 parties d'éther; il rougit le tournesol, et décompose les carbonates. La formule générale de ses sels jpst RO.C'fl'O*. Si l'on fait b luillir, .pendant longtemps, l'acide lécanorique avec de l'alcool absolu, il se forme de Véther lécanorique C*H'O.C"H*0'. Pour le séparer, on évapore à siccité, et l'on reprend par Feau bouillante, qui abandonné, par le refroidissement, Téther lécanorique, sous forme de petits cristaux que l'on peut sublimer sans les altérer. On prépare, de la môme manière, un éther méthyllécanorique

§ 4696. L'acide lécanorique, soumis à l'action de la chaleur, se décompose en acide carbonique, et en une nouvelle substance, Vorcine, qui se volatilise. 11 subit la môme décomposition quand on le fait chauffer avec les alcalis, ou qu'on le traite, môme à froid, par l'acide sulfurique. La meilleure manière de préparer l'orcine consiste à faire bouillir l'acide lécanorique avec un excès d'eau de baryte; on précipite la baryte par l'acide carbonique, et l'on filtre IV 38

ii6 ORCINE.

la liqueur bouillante. Par révaporalion, cette liqueur donne des cristaux d'orcine impure. On les redissout dans Teau, et Ton fait bouillir, pendant quelque temps, la liqueur, au contact de Talumine ou du sesquioxyde de fer récemment précipités; la liqueur, filtrée, abandonne alors, par évaporation, l'orcine pure, en longs cristaux prismatiques, légèrement jaunâtres, qui perdent d*abord de l'eau par la chaleur, et se subliment ensuite sans altération. L'orcine se dissoul facilement dans Ta'cool. Ses cristaux, hydratiés, ont pour formule C'®H'0*.3H0 ; elle précipite par Tacétate de plomb, et donne une combinaison qui a pour formule 5PbO.C**H'0*.

Sous l'influence de l'ammoniaque, de Toxyg^ne et de Teau, l'orcine se convertit en une substance colorante, Vorcéine, qui parait être un des principes colorants de Forseille. On arrête la réaction lorsque la matière communique à Feau une belle couleur violette; si on la prolongeait, il se formerait de nouvelles substances qui coloreraient Teau en brun.

D'après l'analyse qui en a été faite, Torcéine aurait pour formule C**fl'AzO' ; elle donne, avec la potasse et la soude, des dissolutions d'un rouge violacé, et d'une belle couleur pensée, avec Tammoniaquc.

§ 1697. En épuisant, par l'eau bouillante, le lecanora parella, coupé en petits morceaux, on obtient une liqueur d'un brun jaunâtre, qui abandonne, ])ar refroidissement, des flocons cristallins d'une substance acide, appelée acide érythrique. Les eaux mères retiennent une autre substance, lapicroérythrine, qui est un produit d'altération de l'acide érythrique p«ir l'eau bouillante. On purifie l'acide érythrique en le faisant cristalliser dans Talcool. L'acide érythrique est un acido cristallin blanc, qui exige, pour se dissoudre, plus dt* 200 fois son poids d'o.iu bouillante; la plus grande partie s'en dépose pondant le refroidissement. 11 est plus soluble dans l'alcool et dans l'éther; ses dissolutions rougissent le tournesol. Sa composition correspon I à la formule C'*H'*0"*.4H0. Soumis à l'action de la chaleur, il fond d'abord, puis il se décompose, en donnant naissance à de l'orcine, qui se sublime. Les alcalis le dissolvent à froid sans l'aUcrer, mais si l'on chauff'e jusqu'à l'ébullition, il se forme de l'orcine et de l'acide carbonique. L'érythrate d'ammoniaque, en dissolution, exposé à l'air, ne tarde pas à donner une liqueur d'un pourpre foncé.

Si l'on fait bouillir l'acide érythrique avec l'alcool absolu, il se forme un éther composé, Véther érythrique (C*H»0+3H0).C**H"»0", lue l'on a appelé d'abord pseudoérythrine. Cet éther est soluble

ang l'eau bouillante , dont il se dépose en aiguilles cristallines,

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