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ANALYSE DE L'URINE

Arudyse de l'urine.

S 4773. On recherche ordinairement dans Turine de l'homme, l'urée, Tacide urique et les sels ; les autres principes, tels que la créatine, Tacide hippurique, les matières albuminoïdes, y existent généralement en trop petite proportion pour qu'on puisse en faire une détermination quantitative précise.

Pour obtenir l'urée, on évapore l'urine à une basse température, on reprend par l'alcool, qui dissout lurée avec une petite quantité de matière indéterminée ; l'acide urique, les urates et les sels minéraux restent dans le résidu. On évapore à siccité, à une très-douce chaleur, on reprend par un peu d'acide azotique étendu , et l'on évapore de nouveau ; il reste de l'azotate d'urée, que Ton pèse. II est cependant toujours à craindre qu'une portion de l'urée ne se détruise pendant cette évaporation, parce qu'il peut se former un peu d'acide azoteux, par la réaction des matière» organiques étrangères sur l'acide azotique, et nous avons vu (§ 4768) que l'acide azoteux détruit l'urée avec une extrême facilité. Il est donc plus exact de doser l'urée par la quantité d'acide carbonique qui se dégage lorsqu'on décompose un poids connu d'urine par une dissolution mixtQ d'azotate et d'azotite de mercure (§ 4768).

Pour séparer l'acide urique, on verse de Tacide chlorhydrique sur le résidu de l'urine qui ne s'est pas dissous dans l'alcool, et Ton reprend par de l'alcool éiible en quantité suffisante; les sels minéraux se dissolvent complètement, et l'acide urique reste seul; on le pèse après dessiccation.

On obtient les sels minéraux en évaporant une autre portion d'urine, et incinérant le résidu. Il faut néceisairement avoir égard aux altérations que les sels primitifs ont pu subir par le grillage.

Nous avons dit que l'urée formait plus que la moitié du résidu de l'évaporation de l'urine ; comme cette substance œntient environ le tiers de son poids d'azote, on voit que la plus grande partie de l'azote des aliments s'y trouve renfermée. La proportion d'urée et d'acide urique est beaucoup plus grande avec une alimentation animale qu'avec l'alimentation vég(^tale.

§ 4774. L'urine subit des modifications considérables dans les diverses maladies, et son examen fournit au médecin des diagnostics précieux pour reconnaître les altérations survenues dans l'économie. Dans une maladie particulière, appelée diabète sucré , les urines se chargent d'une proportion considérable d'un sucre fermentescible, nommé sucre de diabète, et qui parait identique avec

ii08 CALCULS DE LA VESSIE.

la glucose. Les individus aff'Clés de cette maladie souffrent constamment de la soif , boivent beaucoup , et rendent des quantités considérables d'urine. Pour séparer le sucre, on évapore l'urine au bain-marie, et l'on reprend le résidu par de l'alcool faible qui dissout la matière sucrée. On décolore la liqueur par le noir animal, on la rapproche par évaporation, jusqu'à consistance sirupeuse, et on la maintient pendant longtemps à une basse température ; le sucre se dépose en mamelons ; on le lave avec de l'alcool absolu, et on le purifie par de nouvelles cristallisations.

La proportion du sucre qui se trouve dans les urines diabétiques peut être déterminée très-exactement par les procédés optiques. ( Voy. la note de la page i 45.)

CaIcoI* de I* veMiie.

§ 1775. n se développe fréquemment dans la vessie des concrétions qui acquièrent quelquefois des dimensions considérables ; on les appelle calculs de la vessie^ ou calculs urinaires. Ces calculs sont formés par des matières très -diverses. On distingue :

4<* Les calculs d'acide unique, qui sont les plus communs ; on les reconnaît aux propriétés physiques et chimiques de Tacide urique, notamment à la propriété de se dissoudre dans l'acide azotique, et de donner une coloration rose lorsqu'on évapore cette dissolutiou en présence de l'ammoniaque;

2- Les calculs d'urate d'ammoniaque, qui présentent avec l'acide azotique, les mêmes phénomènes que les calculs d'acide urique libre, mais qui dégagent, en outre, de l'ammoniaque quand on les» chauffe avec la potasse ;

3* Les calculs de phosphate de chaux, qui se dissolvent facilement, et sans effervescence, dans l'acide chlorhydrique étendu; en ajoutant à la liqueur un excès de sesquioxyde de fer, puis sursaturant par de l'ammoniaque parfaitement caustique, l'acide phosphorique se précipite complètement, en combinaison avecle sesquioxyde dfl fer (§ 865) ; la chaux reste en dissolution, et l'on peut la précipiter par de Toxalate d'ammoniaque;

4<* Les calculs de phosphate ammoniaco-magnésien , qui se dissolvent également, avec facilité, dans l'acide chlorhydrique étendu. Après avoir précipité, comme pour les calculs précédents, l'acide phosphorique en combinaison avec le sesquioxyde de fer, on verse du carbonate ou de l'oxalate d'ammoniaque, qui précipitent la chaux, s'il y en a; la magnésie reste en dissolution, et peut être '^aréepar les procédés que nous avons indiqués (§ 592). On se-

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