‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 137 sur 143 · SAVONS. 53J · texte numérisé non relu

SAVONS. 53J

lin et de le séparer des lessives. A cet effet, on ajoute des lessives salées, marquant de' 20 à 25°, qu'un ouvrier projette peu à peu à la surface du liquide de la chaudière, et qu'un autre répand dans toute la masse en agitant continuellement avec son râble. La pâte, jusque-là homogène et visqueuse, se transforme en grumeaux, qui se séparent de la liqueur aqueuse. On laisse reposer pendant 2 ou 3 heures, et l'on fait écouler la lessive. Après cette opération, qui porte le nom d'épinage, on traite encore deux fois avec de la lessive salée fraîche, pour donner au savon la composition convenable; puis , après avoir fait couler les dernières eaux , on travaille la pâte avec des pelles pour la rendre homogène; on y ajoute souvent de petites quantités de lessives faibles ou d'eau pure, suivant la nature du savon que l'on cherche à préparer, on la coule dans les mises, et, après refroidissement, on la débite en morceaux.

§ 4796. On trouve dans le commerce deux espèces de savons : le savon blanc et le savon marbré. Les veines bleuâtres que l'on remarque dans ce dernier sont produites par une petite quantité de savon à base d'alumine et de protoxyde de fer, et par du sulfure de fer produit par un peu de sulfure de sodium qui existe toujours dans les Lessives. Ces substances étrajigères n'ont, par ellesHnémes, aucune utilité; dans quelques cas, même, elles peuvent être nuisibles ; mais leur présence est un indice certain que le savon neren-r ferme pas au delà de 30 pour 100 d'eau , et c'est pour cela que le savon marbré est recherché par les consonunateurs. En effet, quand la pâte est plus hydratée, elle est plus fluide et plus légère ; les composés métalliques s'y déposent facilement ,. et l'on ne réussit plus à les incorporer, sous forme de veines , dans les savons.

Pour obtenir le savon blanc , on délaye la pâte , à une température modérée, dans des lessives faibles, et on l'abandonne au repos dans des chaudières closes ; les savons d'alumine et de fer se déposent au fond , on enlève le savon blanc qui surnage, et on le porte dans les mises. Pour préparer le savon marbré, on ajoute moins de lessive ; les savons d'alumine et de fer ne se déposent plus complètement, et se séparent seulement en petites veines de la masse. Les pains de savon marbré se décolorât ordinairement à l'air, parce que le protoxyde et le sulfure de fer se transforment en sesquioxyde; mais on reconnaît toujours la marbrure dans une coupure fraîche. Les savons marbrés renferment ordinairement 30 pour 400 d'eau; les savons blancs n'en renferment pas moins de 40 à 50.

Les résines forment, avec les alcalis, des sels qui présentent des propriétés analogues aux savons ; on. fabrique aujourd'hui des sa-

en partie, remplacés par de

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l^aH «e la telntarc.

l' '79*. L £'-^ â*- liî îfiDiare a pris aujourd'hui un tel développen»*îii'^ qu* :»:»ur iii ôonneT une idée complète, il faudrait en donner uiif o'srr.î»'..r»r. lipjiuconp plus étendue que nous ne pouvons le iairf cnoïs- « rrnirî- élémentaire; nous serons donc obligé de nous bfimfî: i ! c^îKisé des principes chimiques sur lesquels repose la pr«i»arBU[»ii jiréliminaire que doivent subir les fibres textiles pour aranfîTiT k^^ ««nditions convenables à la fabrication des tissus, et de cvL-ï sur lesquels est fondée la fixation des matières colorantes.

Préparation préliminaire des fibres textiles,

$. 4799. Les fibres textiles qui servent à la confection des étoffes sont ou d'oripne véirétale ou d'origine animale; les premières sont, prinriykalemeni, lechamxe, le lin et le coton ; la laine, les poils des animaux et k fil du ver à «oie fournissent les secondes.

I^ coton est formé de ligneux, presque pur. Le chanvre et le lin iKmt composés de ligneux en longs filaments, qui, dans l'état de sé- ', sont adhérents les uns aux autres par une matière géla-

]u'on a appelée pectine, bien qu'elle soit probablempnt Efférents de celle qu'on trouve dans les Fruits, et qu'il faut leur klever pour !es rendre propres au filage et au tissage. Pour y parti les soumet au rouissage, opération qui consiste à les plon- , reliés en bottes, dans l'eau, où ou les abandODoe jusqu'à ce tïla commencent h éprouver une fermentation qui se manifeste, ^aleseauxstagtiantes, par une odeur trèà-désagrëable. Oa retire 8 les botles du routoir, et, après les avoir laissées sécher à l'air, i' ]fa soumet à des opèralioas mécaniques, qui ont pour objet Kdétar.ber les matières étrangères, devenues friables par la desjatiou qui a suivi le rouissage, et d'isoler les fibres. Le chanvre i telin, ainsi préparés, sont devenus propres à la iîlature; celle- I les transforme en /ils écrxts, qu'oiT emploie immédiatement au Bsage. Le coton ne subit pas de préparation préliminaire ; il est iûinédiatement propre à ëlre Blé, puis tissé. t§ <B0O. La laine, telle qu'elle existe sur l'animal vivant, est nprégnée d'une quantité considérable de matières étrangères, !s vulgairement sous le nom de suint, etqui consistent essenjbllementen substances solubles dans l'eau et en substances grasses i y sont insolubles. Le plus souvent les moutons sont lavés avant ^tre tondus, et la laine qu'on en obtient est appelée laine lavée à ; elle a perdu ainsi la plus grande partie de ses matières solubes, et une portion des matières grasses qui se sont séparées à l'état H. Les laines qui n'ont pas subi le lavage à dos se nomient laines sarges; l'opération qui a pour but de débarrasser de ilirs matières étrangères les laines suites et les laines lavées â

I, porte le nom de désuinlage.

' Lorsqu'on a à sa disposition des laines surgos, on combine leur uintage avec celui des laines lavées à dos, do la manière suiin compose un bain avec ado lilres d'eauct72 à 78 d'urine hitréflée; on cbauffe ce bain à GU ou ei)"» pour les laines faciles à îHJnteroufojnesfenrfres, ctà 70"ou 75" pour les laines très-chars de suint ou laines dures. On commence par plonger dans ce ma 3 à i kil. de laine surge, que l'on agite avec un bâton pendant WfXO minutes; on les relire ensuite, el on les laisse Routier au-dessua ftde la chaudière. On opère de même sur un autre lot de 3 a i kil,, '' Mju'à ce qu'on ait fait passer en tout iO kil. de laine surge. On fjjoute alors au bain 6 à 7 kil. d'urine putréfiée, et l'on y pas-^e M kil. de laine lavée à dos, dont le déiuinlage s'opère, tant par le carbonate d'ammoniaque de l'urine putrAfiée, que par les matières alcalines abandonnées par la laine surge. On répète la même opération sur un nouveau lot de 40 kil. de laine lavée à dos ; après

quoi l'on ajouta une nouvelle dose de 6 à 7 litres d'urine puWfiè», et on y lave 20 kil. de laine surge. On continue de la mitas atniere, pendant louLe la journée, le désuJnlage succesBÎf de la laine Eurge et de la laine lavée à dos, dans les proportions que noi» venons d'indiquer, en ajoutant de l'urine, à chaque passe àf. laine sui^e. Les laines su rges, après cette première opâralion, doiitot être considérées comme laines lavées » dos, et traitées de la mdine manière.

Lorsque le laveur de laine ne dispose pas de laine sur^e, il compose son bain de 6S0 litres d'eau et de 300 lit;

chauffe à 50 ou 60", et il y passe 30 kil. de laine en 5 lots, qu'il laisse chacun dans le bain, pendant 1£ ou 1S minutes. Il aj alors 4 litre d'eau et 2 litres d'urine, puis il procède au désuir d'une nouvelle portion de 30 kil. Ilcontinoe ainsi les1avag< le même bain pendant toute la journée. Quelques laveurs ajoaj de l'argile marneuse à leur bain.

Les laines lavées â dos renferment moins de 15 pour IMJ suint; les laines surges eu contiennent beaucoup plus, etelleii dent par le lavage, le désuinlage et la dossiccatioa jusqu'à 60 oir. pour 100 de leur poids. Lorsque les laines lavées renferment molM de 5 pour 100 de saint, on les désuinte souvent au savon aan carbonate de soude.

Les matières grasses da suint sont de nature particuli a donné les noms de stdardrine et d'éloienne; la première est solidii mais incristullifable; la seconde est huileuse. Ces substances oe h saponitient pas par les lessives alcalines faibles; quand on les tiil bouillir, pendant très-longiemps, avec une dissolution dp potasse caustique, on trouve dans la liqueur deux sels de potasse foruès par deux acides gras parliculieis qu'on a appelés aaides stcafénqa' et élaitriquB; mais on n'a pas réussi a y consister une sub^lsnce neutre analogue à la glycérine. I! est possible que l'osygône dsi'air intervienne dans la formation de ces acides gras.

Après le (lésuintage, la laine est soumise au lavage en rivifïe dans des paniers d'osier. Lorsqu'elle est parfaitement blanche, on l'expose humide, pendant quelque temps, dans des chambres oiit'i» brûle du soufre; l'acide sulfureux achève la décoloration [S<3l)i et on eidève Texcèâ en soumettant la laiue à de nouveaux lavages, Il est imporlant de ne pas trop prolonger l'action de l'acide sulfureux, car celui ci exerce une action décomposante sur la matiers azotée de la laine.

La laine renferme, en outre, un principe immédiat sulfuré, que l^'on peut séparer par des immersions successives dans l'eau if

cbaux. La laine qui a ë(è chauffcD avec une dissolution alcaline faible, dégage de l'iicide bu If hydrique quand on la chauffe ensuiie avec de l'eau aciduléri; elle se colore en noir quand on la fait bouillir avec une dissolution d'un sel de plomL ou de proloiyde d'étain.

g 1S0< La soie écnie, telle qu'on l'obtient par la Glature des cocons, est imprégnée d'une Bnbslanci> gélatineuse, qui lui donne beaucoup de roideur, et, en général, une couleur jaune d'or. Cette matière, qui forme environ le 1 du poids de la soie écrue, est facilement dissoute par les liqueurs alralines; mais, comme les alcalis caustiques attaquent !a soie elle-même, on emploie, presque taujODrs, le savon, et, rarement, le carbonate de soude.

L'opération porte le nom de décreusage de la noie; elle se compose de trois opérations successives : le dégommage, la cvite et le blanehiment. Le dégommage se fait dans une chaudière élamée renfermant, pour 1 00 parties de soie, de 1 800 à 2600 parlies d'eau et 30 parties de savon. On commence par cbauffer à î'ébullition pour dissoudre le savon, puis on ajoute de l'eau froide pour abaisser la température à 90 ou 95"; on y plonge alors la soie en écbeveau BtipporCée par des bâtons appelés liaoirs: on l'y laisse jusqu'à ce qu'elle ait perdu complètement sa matière gélatineuse, on la tord ensuite à la cheville et on la dresse. Cette opération dureïài heure. On réunit ensuite plusieurs ëcheveaux, on on forme une poche que l'on fait bouillir pendant t { heure dans un bain renfermant de 20 à 30 de savon pour 3000 d'eau ; c'est la cuile. On défait les poches, on tord les écheveaux. on les dresse à la cheville, et on les lave dans une dissolution faible de carbonate de soude, puis en rivière. Le blanchiment consi^ite à plonger la soie, supportée sur des lisoirs, dans on bain chauffé à 95°, et composé de 300 litres d'eau el de 500 à 750 grammes de savon blanc de Marseille. Les soies qui doivent présenter les plus beaux blancs sont exposées, en outre, à l'acide sulfureux

PrèpaTation préliminaire des étoffes.

§ 1802. Les étoffes de coton qui doivent ôlre imprimées subissent DD grillage ou un londage, qui ont pour but d'enlever lés Qlamenls ou peluchet qui dépassent le tissu. Le tondage s'exécute au moyen de machines appelées tondeuses, et composées de deux cylindres lournaDls, dont l'un, garni de brosses, relève les peluches, tandis que l'autre, muoi de couteaux disposés en hélice, les coupe. Dans le grillage, on fait passer rapidement l'étolfe sur un demi-cylindre métallique chautTé au rouge presque blanc qui brille le duvet.

S 4803. Les étoffes de coton qui doivent être livrées d'une blancheur parfaite, sont soumises au blanchiment. Cette opération s'exécute également, mais plus ou moins complètement, sur les tissus qui doivent passer à la teinture.

Le blanchiment des étoffes de lin et de coton se fait par deux méthodes différentes : 4 <" par des lavages aux lessives alcalines et Texposition sur le pré ; %" par le chlore ou les hypocblorites alcalins.

La première méthode est la plus ancienne; elle était surtout employée pour le blanchiment des toiles de lin et de chanvre. Elle se compose des opérations suivantes : 4 ^ le dégraissage ou dégommage^ qui consiste à plonger les toiles, pendant 2i heures, dans une dissolution faible de potasse caustique, chauffée vers 37®, à les laver, puis à les faire bouillir, pendant 20 minutes, dans la même lessive alcaline ; 2* le roussi qui consiste à griller, comme nous Tavonsdit {$ 4802), les toiles dégraissées, après les avoir toutefois lavées à l'eau et comprimées entre les cylindres ; 3" le blanchiment, qui se compose d'une ébuUition de 6 heures avec une lessive alcaline renfermant 4 partie de potasse caustique pour 46 parties de toile, d'un lavage à grande eau et d'une exposition pendant 5 ou 6 heures sur le pré. On renouvelle les lavages alcalins et l'exposition sur le pré jusqu'à ce que les toiles soient parfaitement blanches. Pendant l'exposition sur le pré, sous TinQuence des rayons solaires et de l'humidité, les matières colorantes se décolorent, absorbent de l'oxygène etsechangenten nouvelles substances plus facilement solublesdans les liqueurs alcalines. Enfin les toiles sont passées dans un bain chauflé à 40 ou 50**, et contenant ^ d'acide sulfurique, qui a pour but de dissoudre les oxydes métalliques. On les lave ensuite en rivière, et on les soumet au calendrage.

Cette méthode exige beaucoup de temps. Le blanchiment par le chlore ou par les hypocblorites est plus expéditif ; le chlore agit sur les matières colorantes en présence de l'eau ; il décompose cette eau en hydrogène, qui se combine au chlore pour former de l'acide clilorhydrique, tandis que l'oxygène, à l'état naissant, oxyde les matières résineuses et colorantes, et les rend solubles dans le§ lessives alcalines. Les hypochlor.tes sont ramenés à l'état de chlorures métalliques, et agissent à la fois parloxygène naissant, abandonné par l'acide hypochloreux et par là base ; le concours d'un acide, opérant la décomposition de 1 hypochlorite, active la décoloration. Ainsi, dans les deux méthodes, c'est toujours, en définitive, une action oxydante qui produit la décoloration et la destruction des matières étrani^ères.

C'est toujours rhypochlorité de chaux, en dissolution dans l'eau,

TEINTURE. ;i37

que l'on emploie aujourd'hui pour le blanchiment des toiles. Il est préférable d'employer des dissolutions élenduos, parce que l'on risque moins d'altérer la matière ligneuse du tissu ; mais le blanchiment demande alors plus de temps.

Les toiles qui viennent de passer sur le cylindre incandescent pour subir le grillage, sont plongées immédiatement dans un cuvierrem- {Ai d'eau, qui les refroidit. Elles y restent pendant 2i heures, et y perdent un-- portion notable de principes solubles. On les exprime complètement par le battage im entre des cylindres, puis un les maintient pendant 13 heures dans un cuvîer rempli d'eau chauffée à la vapeur, où on les dispose par couches alternatives avec de la chaux éleinte. Après un nouveau battage, on les fait séjourner pendant 12 heures daosune lessive de soude caustique, composée, pour 300 de toile, de 10 de soude caustique pour 1500 d'eau. On remplace cette lessive par une autre qui ne renferme que 7, 5de soude, et que Tonfait agir également pendant 13 heures. Les toiles, complètement ^primées, sont passées â l'hypochlorite de chaux, puis a l'acide Billfuriqoe. Le bain d'hypochlorite contient ordinairement 0''"',1 B de chlore par litre d'eau, les toiles y sont immergées, et, au sortir du bain, elles passent entre deux cylindres de bois qui les compriment;* elles descendent immédiatement dans un bain acidulé par l'acide sulfuriqiie ou l'acide chlorhydrique, qui active le blanchiment en isolant l'acide hypochloreux. Après un lavage en rivière, les toiles sont soumises une seconde fois à l'action successive des lessives alcalines, de l'hypochlorile de chaux et du bain acide. En- Ho, après un lavage complet en rivière, on les sèche dans des séchoirs, et on leur donne plus de corps par un apprêt à l'amidon.

Mordançage.

g 4804. Les matières des tissus ont, pour un grand nombre de substances colorantes, une afiinilé assez grande pour les fixer a leur surface et pour prendre une coloration intense. La combinaison «st cependant rarement assez intime pour que la teinture résiste aox lavages, surtout avec les savons alcalins. On lui donne une fixité beaucoup plus grande, et, eu même temps, plus d'éclat à la couleur, en faisant déposer préalablement sur les fibres textiles certaines substances qui ont. pour ces fibres, plus d'affinité que les matières colorantes, et qui jouissent en même temps de la propriété de former, avec les matières colorantes, des combinaiaoBB assez stables pour résister aux lavages à l'eau pure et à l'eau de savoD. Ces substances, qui servetit, pour ainsi dire, d'inler-

colorante spéciale, et ron obtient ainsi des colorations intermédiaires. On avive souvent les couleurs par des lavages à l'eau de savon, ou avec d'autres dissolutions. Il nous est impossible de donner ici la description de la préparation des diverses cuves de teinture, et des artifices employés par le teinturier; pour en donner une idée exacte, il nous faudrait entrer dans des détails que ne comporte pas le plan de ce cours.

Impreêsùms iur étoffes, et indienneries,

$ 4806. On imprime sur les étoffes unies des dessins de couleurs variées; cette impression se fait, soit par une impression véritable de matières colorantes au moyen de planciies en bois gravées en relief, ou avec des rouleaux gravés en relief ou en creux, soit par ^ Tapplication seule des mordants suivie d'une teinture à la cuve. Xtens oe dernier cas, les matières colorantes ne se fixent que sur les dessins mordancés; ceux-ci se colorent seuls d'une manière stable, et le fond de l'étoffe conserve sa couleur primitive, après des lavages convenables.

Les matières colorantes que Ton applique sur les étoffes par impression directe, doivent être épaissies afin qu'elles ne coulent pas, et que les dessins conservent leur pureté. Les substances épaississantes sont l'amidon, cuit ou plus ou moins grillé, la gomme du Sénégal, et la gomme adragante, auxquelles on ajoute souvent une certaine quantité de terre de pipe, et quelquefois de la gélatine. Les étoffes doivent être préalablement mordancées, ou le mordant incorporé à la couleur.

§ 4807. Pour faire comprendre comment on produit les dessins par la voie de la teinture, nous donnerons quelques exemples. Supposons que l'on veuille obtenir un dessin rouge sur une étoffe blanche ; on imprimera, sur l'étoffe, le dessin avec du mordant d'alumine épaissi, et l'on passera l'étoffe à la cuve de garance; la matière colorante ne se fixera, d'une manière stable, que sur le dessin mordancé, et, après les lavages, celui-ci restera seul. Si l'on veut obtenir, au contraire, un dessin blanc sur un fond rouge, on imprimera le dessin avec une matière huileuse convenablement épaissie, et l'on passera au mordant ; le dessin sera ainsi réservé, et, quand on passera 1 étoffe à la cuve de garance, le fond seul se teindra en rou|ze. On peut encore opérer autrement ; on teint l'étoffe uniformément en rouge; et l'on y imprime le dessin avec un acide végétal, suffisamment épaissi, et non volatil, de l'acide citrique, ou de l'acide tartrique, par exemple ; on le passe ensuite dans un bain d bypochlorite de chaux, qui décolore immédiatement le dessin

que Ton emploie aujourd'hui pour le blanchiment des toiles. Il est préférable d'employer des dissolutions étendues, parce que l'on risque moins d'altérer la matière ligneuse du tissu ; mais le blanchiment demande alors plus de temps.

Les toiles qui viennent de passer sur le cylindre incandescent pour subir le grillage, sont plongées immédiatement dans un cuvier rempli d'eau, qui les refroidit. Elles y restent pendant 24 heures, et y perdent un-^ portion notable de principes solubles. On les exprime complètement par le battage ou entre des cylindres, puis on les maintient pendant 42 heures dans un cuvier rempli d'eau chauffée à la vapeur, où on les dispose par couches alternatives avec de la chaux éteinte. Après un nouveau battage, on les fait séjourner pendant 42 heures dans une lessive de soude caustique, composée, pour 300 de toile, de 4 0 de soude caustique pour 4 500 d'eau. On remplace cette lessive par une autre qui ne renferme que 7,5 de soude, et que Ton fait agir également pendant 42 heures. Les toiles, complètement exprimées, sont passées à Thypochlorite de chaux, puis à Tacide sulfurique. Le bain d'hypochlorite contient ordinairement 0*'*",45 de chlore par litre d'eau, les toiles y sont immergées, et, au sortir du bain, elles passent entre deux cylindres de bois qui les compriment;* elles descendent immédiatement dans un bain acidulé par l'acide sulfurique ou l'acide chlorhydrique, qui active le blanchiment en isolant l'acide hypochloreux. Après un lavage en rivière, les toiles sont soumises une seconde fois à l'action successive des lessives alcalines, de l'hypochlorite de chaux et du bain acide. Enfin, après un lavage complet en rivière, on les sèche dans des séchoirs, et on leur donne plus de corps par un apprêt à l'amidon.

Mordançage.

$ 4804. Les matières des tissus ont, pour un grand nombre de substances colorantes, une affinité assez grande pour les fixer à leur surface et pour prendre une coloration intense. La combinaison est cependant rarement assez intime pour que la teinture résiste aux lavages, surtout avec les savons alcalins. On lui donne une fixité beaucoup plus grande, et, en même temps, plus d'éclat à la couleur, en faisant déposer préalablement sur les fibres textiles certaines substances qui ont, pour ces fibres, plus d'affinité que les matières colorantes , et qui jouissent en même temps de la propriété de former, avec les matières colorantes, des combinaisons assez stables pour résister aux lavages à l'eau pure et à l'eau de savon. Ces substances, qui servent, pour ainsi dire, d'inter-

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