SAVONS
ajoute successivement de la lessive fàiblç et de la matière grasse, jusqu'à ce que la chaudière soit suffisamment chaînée* Il se forme, d'abord , une émulsion d'un savon , à excès de matière grasse, dans une liqueur ne renfermant que très-peu d'alcali libre, et qu'il faut maintenir bien uniforme par un brassage continuel. On y introduit alors une lessive plus forte, qui convertit le savon à excès d'acides gras en un savon plus basique et plus facilement soluble. Cette lessive, plus chargée, s'ajoute en plusieurs fois, et, en dernier lieu, elle est mélangée de sel marin, ou d'autres sels alcalins, qui précipitent complètement le savon, et le séparent de la lessive. On laisse refroidir, et l'on fait écouler la liqueur aqueuse qui renferme la glycérine , lés sels alcalins qui ont déterminé la séparation du savon, et l'excès d'alcali. On ajoute alors une dernière lessive concentrée, on chauffe à l'ébullition, on maintient cette température jusqu'à ce que la lessive ait atteint une densité de 4,45 à 4,20; on enlève le savon qui surnage, on le coule dans des mises , et , après qu'il s'est pris en masse, on le divise en parai iélipipèdes dedimenâions convenables, à Taide d'un fil métallique.
% 4795. Le savon le plus estimé est celui de Marseille ; on le fabrique avec de la soude caustique et de l'huile d'olive de qualité inférieure , produit de l'expression à chaud des marcs d'olives qui, exprimées à froid , ont déjà donné l'huile de première qualité. On emploie, pour ces savons, deux espèces de soude factice : l'une, appelée soude dmice^ et qui doit être aussi pure que possible; elle produit la saponification ; l'autre, fortement chargée de sel marin, et appelée soude salée, qui est utilisée pour fournir aux premiers savons, à excès d'acide gras , la quantité de base nécessaire, et pour les précipiter complètement de la liqueur.
La soude douce, concassée , est mêlée avec | de son poids de chaux caustique , préalablement éteinte , et chargée dans des bassins en maçonnerie , appelés barquieux; on lessive le mélange à plosieurs reprises , et l'on obtient des liqueurs de forces décroissantes. La saponification s'exécute dans de grandes chaudières à parois inclinées , en briques , et à fond de cuivre ; on y introduit, d'abord, une lessive à 42®, on la porte à rébulliti(hî,puis on verse, successivement , l'huMe ; on agite continuellement avec des râblés. Après quelque temps, on introduit une nouvelle lessive à 45^ et plus tani une lessive à 20®. L'opération entière, nommée empàtage dure environ 24 heures, et produit un savon avec excès d'acide gras; il est important que la soude employée soit aussi complètement que possible débarrassée de sel marin. Arrivé à ce point, on procède an relargage, qui a pour but de rendre le savon plus alca-