‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 139 sur 143 · TANNAGE DES PEAUX. S · texte numérisé non relu

TANNAGE DES PEAUX. S

augmentant de temps à autre la foToe de la liqueur. Les peaux subissent ainsi un commencement de lannajie, et se préparent à recevoir le tannage (ItTinitif dans les fosses. Ces fosses sont en maçonnerie imperméable ; on y place, d'abord , une couche de vieux tan de O'.lo d'épaisseur, que l'on recouvre d'une couche de lan frais, de quelques centimètre; seulement d'épais.<;eur : on place ensuite les peaux les unes sur les autres, en Ips séparant par des couches de tan; enfin, au-deasus de la dernière couche de tan, on place une couche de tannée de 0'",3, que l'on recouvre de planches chargées de pierres. On fait alors arriverdans la fosse assez d'eau, déjà chargée de tan. pour humecter toute la masse, dissoudre le tannin, et l'amener successivement au contact des peaux. Les fosses, ainsi remplies, et contenant de 600 ù 700 peaux , sont abandonnées à elles-mêmes pendant 5 à S mois : dans cet intervalle de temps , on n'enlève les peaux qu'une seule foi^, pour renouveler le tan interposé.

§ 1810. Dans le travail des cuirs forts, on supprime le pelanage, car il n'agirait pas assez énergiqucment, mais on le remplace par une légère fermentaiion putride, que l'on fait subir aux peaui dans des chambres chaudes, où l'on dirige de la vapeur. On épile alors les peaux comme à l'ordinaire, on les place dans la jusée, en y ajoutant toutefois, de temps en temps, un peu d'acide sulfurique qui hâte le gonneinent;puis, on les enfouit, avccletan, dans les fosses, où on les laisse 18 mois ou 2 ans.

On peut obtenir un tannage beaucoup plus rapide, en tannant à la fîotle, c'est-à-dire en maintenant, pendant 15 jours ou 3 semaines, les peaux gonflées dans des infusions de tan, que l'on remplace fréquemment par de plus fortes. Les cuirs que l'on obtient ainsi sont moins forts, et acquièrent une couleur foncée qui les déprécie dans le commerce.

g 1811. Quand les cuirs sont tannés, on les nettoie sur des tables, au moyen de brosses, puis on les sèche pendant quelques jours à l'air. On les soumet alors à un martelage, ou àun laminage, pour leur donner le degré de consistance convenable. Après quoi , ils sont vendus au corroyeur, qui leur fait subir diverses opérations mécaniques, ou les imprègne de matières grasses, selon l'usage auquel il les destine. Les cuirs sont ordinairement colorés en noir avec de l'acétate de fer, que l'on obtient en dissolvant de vieilles ferrailles dans de la bière aigrie ; on passe plusieurs couches de ce sel à la surface du cuir : le tannin se combine avec le protoxyde de fer, qui passe, à l'air, à l'état de sesquioxyde, et donne unecolora ■ tion noire trè^intense.

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