‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 140 sur 143 · CARBONISATION DU BOIS ET DE LA HOUILLE · texte numérisé non relu

CARBONISATION DU BOIS ET DE LA HOUILLE

§ 4 812. On emploie, pour la mégisserie, les peaux de mouton et de chevreau. L*épilage se fait en barbouillant le côté de la chair avec une bouillie de chaux et d'orpiment ; au bout de 24 heures, le poil se délache avec la plus grande facilité. On donne alors aux peaux plusieurs façons sur le chevalet, et on les fait immerger, pendant 3 semaines en hiver, et 2 ou 3 jours seulement en été, dans un bain de son qui, par la fermentation, donne de l'acide lactique et détermine le gonflement des peaux. On rend les peaux imputrescibles, non plus par le tannin, mais par le chlorure d'aluminium; à cet effet, on les plonge dans une dissolution chaude renfermant, par peau , 600 à 900?' d'alun, et 150 à 2008» de sel marin. On les blanchit ensuite, eu les faisant tremper, pendant 42 heures, dans un bain composé, par peau, de 600 à 700p de farine et d'un demijaune d'œuf, que l'on pétrit jusqu'à consistance de miel, en y ajoutant la liqueur tiède qui a servi à l'aluminage. Les peaux sont ensuite séchées , et soumises à plusieurs opérations mécaniques.

§ 4813. Le maroquin se fait principalement avec les peaux de chèvre. On les écharne. et on les épile à la chaux, puis on les lave longtemps, et avec le plus grand soin , pour enlever complètement la chaux, qui nuirait beaucoup à leur qualité ; pour y parvenir plus complètement, on a même soin de les faire séjourner pendant 24 heures dans un bain de son aigri. Les peaux destinées à être teintes en rouge sont cousues deux à deux, le côté de la chair en dedans, de manière à former un sac assez imperméable pour rester gonflé d'air; on les passe ainsi, d'abord, dans un bain de chlorure d'étain , qui sert de mordant, puis dans un bain de cochenille, qui fournit la matière colorante. Après les avoir rincées, on découd le sac d'un côté, et on y introduit la matière tannante; celle-ci n'est pas du tan , mais du sumac , qui est beaucoup plus riche en tannin. Ainsi chargées, on les agite pendant 4 heures dans une dissolution faible de sumac, où on les abandonne ensuite pendant 2 jours. Les maroquins qui doivent prendre une couleur autre que le rouge sont lamiés avant la mise en couleur. Dans tous les cas, ils subissent plusieurs préparations mécaniques avant d'être livrés au commerce.

Carbonisation du holm et de la houille.

S 4844. La plus grande partie du charbon de bois se prépare, dans les forêts , par la car6onisa/îon en meules. Sur une aire bien battue, on dispose, verticalement, trois ou quatre grosses bûches qui forment une cheminée de O'",2o à 0"\W de largeur; autour de cette cheminée, on range le bois debout, et sur trois étnges super-

f CARHONISATION DU BOIS ET DE L\ HOUILLE. ^JiS

poséd, dont les diamètres diminueiil Biicfessivement, de Taron à former un tronc de cane posé S'tr sa large ba^e. Les bois les plus gros sont les plus rapprochés de l'axe de la meule; les plus petits, et les menus brancha!;es, sont placée vers la surface. On couvre la meule de feuilles, de terre, et de détritus charbonneux, appelés fraisit, et qui proviennent des précédentes carbonisations. Des ouvertures, ménagées sur le pourtour de la base de la meule , servent à r introduction de l'air nécessaire à la combustion.

Lorsque la meule est ëlablie , on allume , dans la cheminée , un feu de menu bois que l'on entretient pendant 2 ou 3 heures ; au bout de ce temps, le feu s'est communiqué aux bûches avoisinantes, et la cheminée est presque entièrement remplie de menu charbon, on la couvre alors, et l'on pratique, sur le pourtour de la meule , dans la région supérieure, des ouvreaus qui fonctionnent comme cheminées, et appellent vers eux la combustion. Il en sort d'abord des fumi'es blanches, épaisses, mais, au bout de quelque temps, elles deviennent plus transparentes et bleuâtres; c'est un indice que la caibonisation avance dans la partie supérieure de la meule. On bouche alors lesouvreaux supérieurs, et l'on en pratique d'autres à un niveau plus bas, que l'on ferme , à leur tour, quand les mêmes symptômes s'y sont manifestés , et , ainsi de suite , jusqu'à ce que l'on atteigne la base de la meule. La carbonisation s'étend donc de haut en bas ;Ja surface de séparation du bois qui se carbonise, de celui qui n'est pas encore altéré par le feu, est un cône renversé, ayant pour axe l'aie même de la meule, et qui s'évase de plus en plus, à mesure que la carbonisation avance, pour se confondre, enfin, avec la base même de la meule. Le bois diminue considérablement de volume par la carbonisation, et la meule s'affaisse de plus en plus. Lorsque la carbonisation est terminée, on ferme toutes les ouvertures, et on laisse le feu s'éteindre. On démolit ensuite la meule, et l'on sépare le bois imparfaitement carbonisé, qui donnerait des /um«rons.

Les gaz qui se dégagent pendant la carbonisation sont composés : d'szole provenant de l'air qui a servi à la combustion , d'acide carbonique et d'oxyde de carbone, produits, en partie, par la combustion vive du charbon, et, en partie, par la calcination du bois, d'hydrogène, de vapeur d'eau, de plusieurs matières organiques fournies par la distillation du bois, et parmi lesquelles on distingue l'acide acétique, l'esprit de bois, et les matières goudronneuses. Les proportions relatives de ces substances varient, d'ailleurs, dans les divers moments de l'opéMtion.

Par la carbonisation en meules, le bois donne environ \n pour 100

Ï4C Gil DE L'ECLAlftAI^E.

dFriwtan; iica AM»FJaM|u'à35et 30 par la distillation, en vist dM; waàt cdtt-ci n'esl opMe, avec avantage, que lorsqu'au tàuthe à riUcair l'atide pyrdigneu\ el le goudron ; elle donne «Taillean m dbartum léser, fwu estimé.

S IMS. Li carboaiuUoo de la houille s'exécute souvent, n Mc«hs. diM k voûinage des mines. (>q donne ordinairement è cm fh» we fcme prismatique allongée . et l'on ménage, à ^i^t^ riew, desoMdinis horizontaux, longitudinaux el Iransvereaia, d dn dtemâén tmicales, qui servent à la circulation de l'air. Ut plus gros roorceaus de houille sont placés à l'intérieur; on réserve la BWnn pour les parties extérieures. La couverte est faite avec de la pooMÎéKde houille et de coke; on la mouille pour lui donuti phis de ooBsiâtance. La carbonisation se conduit d'ailleurs à pa près comme celle du boi$.

Une autre portion du coke se pr^re en soumettant la hoaillet une combustion incomplète, dans des fours, où l'on rtgle l'aniiee de l'air di; Tai^n à brûler le nioiiiâ possible de charbon.

Bnfin, OD prépare encore du coke par distillation do la boaîllr dansdeàctlindres; k- produit principal est le gaz de Vécta'ragtik coke n'est alors qu'un prwluil accessoire , il est fort léger , et M convient que pour le chauffage domestique.

««hrlPatlOB da gma dp réclBlrage.

g48t6. Le gaz de l'éclairage est obtenu, ordinairement, parti calcination de la houille. Toutes les houilles ne sont pas égalemnt propres à celle fabrication; les meilleures sont celles que am avons désignées (§1358) sous le nom de hoaillfs grasses à IvajM flamme. Les houilles de Uons el de Commentry, qu'on i'jnpioie généralement a Paris, donnent, en moyenne, Î3 Dietros cubes de^ pour 100 kilogr. La distillai ion s'effectue dans de grandes coruii^ cylindruïdes de fonleou déterre cuite, placées parallèlement, n" nombre de 3, de 3 ou de S , au-dessus d'un même foyer. Chaque cornue est surmontée d'un tuyau vertical, dont l'orifice, bouobèpar une plaque de lole, sert à introduire la bouille, et sur lequel s'eaibrancbe le luyau qui donne issue au gaz. La température d>i fou^ neau doit être portée au rou^ cerise clair, et mainlenue â ce l'oinli car, si elle est supérieure, le gaz donne peu d'éclat, parce que le ^ai liydrogéne bicarlioné. et les huiles très-volatiles, ausquèlseil due principnlenienlla clarté de la Gamme, dt'^posenl du charbun, * se changent en hydi-ogene prolocarboné, dont la combuslion pro- 'liiii peu de liiraiérp; si, auconlraire, la température est plus bassf.

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