‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 26 sur 143 · COTON-POUDRE · texte numérisé non relu

COTON-POUDRE

L'oxysaccharate de zinc a pour formule 2ZnO.G**H"0'. Ainsi , cet acide est bibasique ($ 4266).

L'acide azotique concentré change facilement Tacide oxysaccharique en acides oxalique et carbonique.

§ 4353. L*acide azotique monohydraté exerce, à froid, sur la cellulose, Tamidon et les sucres, une action très-dififérente de celle que produit, à chaud , le même acide plus étendu ; il se forme des matières insolubles, éminemment explosibles et qui se transforment subitement en un volume gazeux 600 ou 800 fois plus considérable qu'eux. On s'est beaucoup occupé de ces produits depuis quelques années, parce qu'on avait pensé qu'ils pourraient remplacer, avec avantage, la poudre à canon.

Lorsqu'on plonge, pendant 42 à 15 minutes , du coton dans de l'acide azotique monohydraté, la matière ne change pas de forme, mais elle fixe une certaine quantité d'acide azotique.- Si on la lave à grande eau, et qu'on la sèche avec précaution , on obtient une matière conservant ra>pect du coton, mais qui déflagre subitement à l'approche d'un charbon allumé. On a donné à cette matière le nom de coton-poudre, de coton azotique et depyroxyle. Sa composition, d'après les analyses qui méritent le plus de confiance, correspond à la formule C"H*'0".5AzO** ; 2 équivalents de cellulose C**H*®0*®ont donc perdu 3 éq. d'eau et gagné 5 éq d'acide azotique.

Lepyroxyle est insoluble dans l'eau , dans l'alcool et dans l'acide acétique ; il se dissout en très-petite quantité dans Téther pur ; mais une proportion plus notable se dissout dans de l'éther auquel on a ajouté quelques centièmes d'alcool ; il se dissout aussi en petite quantité dans l'éther acétique. Lorsqu'il est convenablement préparé, le pyroxyle fulmine à une température d'environ 470**, et donne un mélange d'oxyde de carbone, d'acide carbonique, d'azote et de vapeur d'eau.

Le chanvre , le lin , le linge , le papier, et , en général , toutes les matières composées de cellulose donnent des produits analogues, mais leur inflammabilité et leur pouvoir balistique ne sont pas les mêmes; cela tient, saiis aucun doute, aux différences de cohésion que la cellulose présente dans la substance primitive. L'amidon donne un produit semblable, que l'on a distingué sous le nom d'amidon azotique ou de pyroxam, et qui paraît présenter la même composition chimique que le pyroxyle. Mais le pyroxam s'altère spontanément, surtout dans l'air humide.

On a reconnu que l'acide azotique monohydraté pur pouvait être remplacé avec avantage, sous le rapport de l'économie et de la qualité des produits, par un mélange de 4 éq. (700,0) d'acide azotique

IGi ACTION DE I/ACIDE AZOTIQUE SUR LA CELLULOSE.

monoliydralô vi i\e\ éq. (625) d'acide sulfurique concentré. Ce mélange est prt^paiv à I'ava[)ce, afin qu'il soit bien froid au momentoù Ton on fait usa<i;(\ On y plonge entièrement le coton ; après 45 oa 20 minutes on le relire, on le presse avec une spatule de verre pour on exprimer la plus grande quantité possible de liquide, on le lavo à Jurande eau, à pluî»ieurs reprises, et on le fait sécher avec précaution dans des étuves où la température ne doit pas atteindre 100^. La liqueur azotique peut servir pour plusieurs préparations, mais il faut avoir soin d'y ajouter de temps en temps un peu d'acide sulfurique concentré, qui se combine avec l'eau abondonnée par le coton. La préparation du papier azotique est tout à fait semblable.

Le coton-poudre, employé dansles fusils, donne à la balle laméme vitesse initiale qu'un poids de poudre 4 fois plus considérable; il a ravanta(j;e de se brûler complètement et de ne pas laisser, comme la poudre, un résidu qui finit par encrasser l'arme, et nuit beaucoup à la précision du lir. Le coton -poudre est d'un transport moins coûteux que la poudre, puisqu'il en faut un poids 4 fois moindre ; il n'est pas susceptible de s'altérer, comme la poudre, pendant le transport et par Thumidité. Mais ces avantages sont plus que compensés par de grands inconvénients qui ont fait renoncer à son emploi dans les armes de guerre, après des essais nombreux faits dans différents pays. Le principal de ces inconvénients est que le colon-poudre est une poudre brisante (§ 624) ; il fait souvent éclater les armes, et, dans tous les cas, les fatigue beaucoup plus que la poudre ordinaire. Son prix de revient est 6 fois plus élevé que celui de la poudre. Enfin , sa fabrication en grand a occasionné plusieurs accidents graves ; mais ceux-ci seraient, peut-être, faciles à éviter dans une fabrication régularisée.

Les expériences comparatives que l'on a faîtes dans les mines avec le coton-poudre et la poudre de mine, ont donné une grande supériorité à la première de ces matières ; on a reconnu que la force explosive du pyroxyle était environ 4 fois plus grande que celle de la poudre de mine, et qu'on obtenait des effets encore plus considérables, et surtout une grande économie, en ajoutant au pyroxyleles 8 dixièmes de son poids d'azolate de potasse. Mais ce nouveau mélange lui-même, à égalité d'effet, revient encore beaucoup plus cher que la poudre; il est douteux que, dans l'état actuel des choses, ces nouveaux produits fulminants reçoivent une application étendue.

§ 1334. La solution du pyroxyle dans l'éther abandonne, parévaporation, une matière transparente, insoluble dans l'eau, qui adhère fortement aux corps surlesquelson a appliqué la dissolution éthérée. On a fait une application heureuse, dans la chirurgie, de cette ma-

GOLLODION. Km

tière; on rappelle coUodion. Pour la préparer, on modifie un peu lo

procédé que nous avons décrit pour la fabrication du pyroxyle ba-

lislique; on plonge le coton dans un mélange de 3 parties d'acide

salfùrique concentré et de 2 parties d'azotate de potasse, on laisse

agir pendant 4 ou 2 heures, puis on lave à grande eau et Ton sèche

comme à Tordinaire. On traite le produit par de Téther contenant

6 à 8 centièmes d'alcool , qui en dissout une partie. La dissolution

nrapeuse, étendue à plusieurs couches, sur la peau , laisse , après

révaporation de l'éther, une pellicule imperméable, insoluble dans

Teau, assez adhérente pour remplacer avec avantage les tafifetas

gommés appelés communément taffetas d* Angleterre.

Le collodion a acquis, dans ces derniers temps, une grande importance par son application à la photographie. Une dissolution de collodion, chargée d'iodure d'argent, et appliquée sur une plaque de verre, constitue un milieu extrêmement sensible à la radiation lumineuse, surlequel on peut obtenir, avec une grande rapidité, des images remarquables par la finesse de leurs contours et de leurs modelés. Voici comment on prépare ordinairement ce collodion photographique.

On môle, intimement, dans une capsule de porcelaine, 50 gr. d'azotate de potasse pulvérisé très-fin, et 400 gr. d'acide sulfurique concentré. On y ajoute immédiatement 5 gr. de coton, et on agite le mélange avec un pilon pour obtenir une imbibition complète. La réaction est très-vive ; des vapeurs nitreuses se dégagent en abondance. Au bout de J heure, la réaction est terminée et le mélange s'est pris en masse. On dissout alors les matières salines par l'eau, et on lave le coton azotique jusqu'à ce qu'il ne manifeste plus la moindre réaction acide. Ce coton est ensuite séché à lair.

On traite OB', 6 de coton azotique par ôO'^*' d'éther ordinaire; la dissolution est à peu près complète quand le coton a été bien préparé. D'un autre côté, on dissout Og',5 d'iodure de potassium dans 40'**^ d'alcool à 36®. Le mélange des deux liqueurs donne le collodion photographique; on le clarifie par décantation*^.

* La glace sur laquelle on veut appliquer la couche sensible doit avoir été bien nettoyée; au moment de s'en servir, on la frotte avec un tampon de coton imbibé d'alcool. Cette glace étant maintenue horizontalement par un de ses angles, on Terse au milieu une quantité de collodion suffisante pour qu'en inclinant légère» ment la glace, le liquide la recouvre complètement; puis, inclinant brusquement la plaque, et engageant l'un de ses angles dans le goulut du flacon qui renferme le collodion, on fait écouler l'excédant du liquide. La couche de collodion se solidifie promptement par évaporation. Pour éviter les rides, un imprime \ivement à la plaque de petits mouvements oscillatoires dans son plan, sans que l'angle quitte le goulot. Aussitôt que l'écoulement s'arrête, on enlève la dernière goutte adhérente.

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