‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 44 sur 143 · ALCOOL SULFHYDRIQUE OU MERGAPTAN · texte numérisé non relu

ALCOOL SULFHYDRIQUE OU MERGAPTAN

et qu'on distille, on obtient un liquide beaucoup plus volatil , dont la composition est représentée par C*H*S" ; c'est donc de lalcool C*H*0* dans lequel les 2 éq. d'oxygène sont remplacés par 2 éq. de soufre. On peut lui donner le nom d*alcool sullhydrique; on peut aussi écrire sa formule C*H"S.HS et le regarder comme un élher composé de l'éther sulfhydrique C^IPS. On l'a appelé mercaptan , à cause de sa propriété de se combiner avec l'oxyde de mercure (mercurium captans).

On obtient également ce composé on distillant au bain-marie un mélange d'une dissolution de sulfliydrate de sulfure de potassium et d'unedissolutionconcentréedcsulfovinate dechaux. Danstous lesras il faut bien refroidir le récipient parce que le produit est très -volatil,

KS.HS+CaO.(C*H«0.2SO»)=C*H»S.HS+KO.SO»+CaO.SO*.

On débarrasse la substance d'un peu d'acide sulfhydrique , en la distillant sur une petite quantité d'oxyde rouge de mercure.

L'alcool sulfhydrique est un liquide incolore, d'une odeur alliacée très-pénétrante et très-désagréable; sa densité est de 0,84; il se solidifie vers — 22°, et bout 3 + 36". La densité de sa vapeur est 2,U; son équivalent G*H*S.HS est représenté par 4 volumes, comme celui de l'alcool.

L'alcool sulfhydrique donne , avec les oxydes métalliques , des composés dans lesquels l'hydrogène de l'acide sulfhydrique est remplacé par ^ éq. de métal ; on a donné à ces combinaisons le mm de mercaptides . La plus intéressante, à cause de la facilité avec laquelle elle se produit, est le mercaptidede mercure que l'on peut appeler alcool sulfomercurique. Pour la préparer , on verse , peu à peu , une solution alcoolique d'alcool sulfhydrique sur de l'oxyde rouge de mercure ; il y a combinaison avec élévation de température , et il se forme une substance blanche. On la dissout dans l'alcool bouillant , et , par le refroidissement , il se sépare des paillettes blanches, nacrées, qui ont pour formule C*H**S.HgS. Cette substance fond vers 85® ; au-dessus de 120°, elle se décompose. Traitée par l'acide sulfhydrique, elle donne du sulfure de mercure et de l'alcool sulfhydrique.

Si l'on verse de l'alcool sulfhydrique dans une dissolution alcoolique d'acétate de plomb , il se forme un précipité jaune cristallin , CWS.PbS ; c'est V alcool sulfoplombique.

Lorsqu'on chauffe l'alcool sulfliydrique avec du potassium , il se dégage de l'hydrogène , et il se forme un alcool sulfopotassique , C4PS.KS :

CWS.HS+ K==CWS.KS-hH ;

222 ETHER SULFOCARBONIQUE.

on dissout le produit dans l'alcool qui , par révaporation , donne une matière blanche, grenue. L'alcool sulfopotassique , traité par les acides , donne un sel de potasse et de l'alcool suif hydrique. Lorsqu'on le mêle avec une dissolution alcoolique de chlorure de mercure , il se forme de Talcool sulfomercurique.

Si l'on distille une dissolution concentrée de 2 parties de pentasulfure de potassium KS^ avec 3 parties de sulfovinate de chaui, il passe de Teau et un liquide éthéré particulier ; en lavant ce dernier produit avec de l'eau et le distillant sur du chlorure de calcium, on obtient un liquide, d'une odeur alliacée très-désagréable, bouillant à 4 5<**, et qui a pour formule C*H*S*. ^

Si l'on chauffe un excès d'alcool sulfhydrique avec de l'acide azo- •« tique étendu , la liqueur denent rouge , par la production d'une y certaine quantité de deutoxyde d'azote qui s'y dissout, mais elle se décolore quand on chauffe. H s'en sépare , au bout de quelque temps, un liquide oléagineux. On ajoute successivement de l'acide azotique, par petites quantités, jusqu'à ce que l'alcool sulfhydrique soit entièrement décomposé; on étend la liqueur d'eau, et, après avoir lavé le corps huileux à plusieurs reprises, on le distille. Cette nouvelle substance est incolore, d'une odeur extrêmement désagréable ; sa densité est i ,24 ; elle bout vers < 30®, mais en s'altérant. Sa composition est représentée par la formule C*H*S.SO*; ce serait donc un éther composé, formé parla combmaison de Féther sulfhydrique avec l'acide sulfureux.

Lorsqu'on prolonge l'action de l'acide azotique étendu sur l'alcool sulfhydrique, jusqu'à ce que l'action oxydante s'arrête, on obtient un composé acide qui forme, avec les bases, des sels cristallisables. D'après les analyses qui en ont été faites , le sel de baryte aurait pour formule BaO.(C*H»S»0*)+HO. ;

§ U07. Si l'on fait passer de l'éther chlorhydrique à travers une f dissolution alcoolique de sulfocarbonate de sulfure de potassium [ KS.CS*, il se forme un éther sulfocarhonique , C^H^S.CS*, qui cor- ^ respond à l'éther carbonique, CWO.CO*. Après avoir laissé agir les ' substances pendant quelque temps , on chauffe la liqueur pour " chasser l'excès d'éther chlorhydrique, et l'on traite par l'eau; il : s'en sépare un liquide plus pesant que l'eau , d'une odeur alliacée ; c'est l'éther sulfocarboniqueC^H^S.CS*.

On obtient un alcool suîfocyaniqm C*H'*S.C'AzS , en distillant un mélange de parties égales de sulfovinate de chaux et de sulfocyanure de potassium, tous deux en dissolution concentrée. Le produit, purifié par des lavages à l'eau , puis par une distillation ménagée, est un liquide incolore, très-limpide, d*une densité de \ ,020,

AUESIKL tti

MNiillant à 146*. Son c»:[ai-f-il>«ii tsc rtf:r£Sifni«f rar « ini. :if rapeur.

% 4408. On Fobtient en dîsîliaî': ;l 5ifîjf!i.:irf a» :i:r-it*i*»'UiL f'f: do solfovinate de potasse. Ss i;r:çrKr.^fi:iT.^ lei rin-iufs.

g 4409. En projetant du leilcrorc' 6f piusiij jil LLitç Liïf iâï<:>Jirlioo chaude de sulfoviDate de iarpe. p;cs ftriLzifirji^: ^i liriît l: t la distillation on obtient un iSïpESâe. t'zz. ULi^f T:^'j^'k:r*r . i\.j» lourd que l'eau, très-vénéneux, et jtiïîkc; i.-jfssu? jf <M" . c >s; Téther tellurhydrique. Il s oiyde l-ecLescc: i jir- e: ûtî;i;»^e ûe Tadde tellureux.

rr««alte de r#3tyJ«ttoa de l'aine c< de ntfcii.

S 4440. Lorsque l'alcool et l'éther sont acmni? à une aciion oxydante trës-éoei^ique, ils se brûlent c^mplèienient . e: se 'transfonneiil 60 eau et en acide carbonique. Lorsque ractioD cxydant'e est m>:'in> forte, ils se transforment en acide ac-etique C*H*0*.HO: iU perdent. dans ce cas, 2 éq. d^hydrogène qui forment de l'eau arec t éq. d'oxygène abandonnés par le corps oxydant; les S éq. d'hydrogène nnt remplacés par 2 éq. d*oxygène cédés également par le réactif oxydant. On a ainsi

C*H*0 + 40=C*H'0».HO + HO, OQ C*H»O.HO+ 40 =C*H»0».HO -f 2H0.

Lorsque l'action oxydante est encore plus faible, elle se borne à enferer 4 seul équivalent d'hydrogène, et à le remplacer par 4 éq. rf'oxygène; on obtient ainsi Valdéhyde C*H*0*. On a. en effet ,

C*H»0+20=C*H*0*+ HO et C*H»O.HO+20=C*H*0«+2110.

Aldéhyde, on acétène hioxé , C*H*0«.

§ 4444. L'aldéhyde se forme dans un grand nombre de circonstances où l'alcool, rétheret les éthers composés sont soumis à dai ictions oxydantes; la meilleure manière de le préparer coim listiller, à une douce chaleur, dans une cor nue, un mélange i ies d'acide sulfurique concentré, 4 parties d'eau, 4 partie* 1 0,80, et 6 parties de peroxyde de manganèse réduit en p

La cornue ne doit être remplie qu'au tiers, parce que le mélange se boursoufle beaucoup pendant l'opération. On adapte à la cornue un réfrigérant que l'on fait traverser par de l'eau très-froide, et un récipient entouré d'un mélange réfrigérant. Quand la réaction parait terminée dans la cornue, on retire le liquide qui s'est condensé dans le récipient, et on le distille, à deux reprises , sur un poids ^al de chlorure de calcium. Le liquide obtenu se compose d'aldéhyde, d'un peu d'alcool et d'eau, et d'éthers acétique et formique. Pour en retirer l'aldéhyde on le verse dans do l'éther que l'on a saturé de gaz ammoniac; il s'en sépare alors des cristaux blancs, qui consistent en une combinaison d'ald<^hydeetd'ammoniaque,AzH'.C*H*0*. On dissout ces cristaux dans leur poids d'eau, on place la dissolution dans une cornue, munie d'un récipient refroidi par un mélange réfrigérant, et l'on verse, par la tubulure, de l'acide sulfurique étendu de son volume d'eau. On distille au bain-marie, et l'on obtient un liquidequi, distillé sur du chlorure de calcium fondu, donne de Taldéhydepur.

L'aldéhyde est un liquide incolore, très-limpide, d'une odeur suffocante ; sa densité est 0,790 à 48^; il bout à 24*^,8. La densité de sa vapeur est 4 ,52 ; son équivalent C*H*0* correspond à 4 vol. de vapeur. Il se dissout, en toutes proportions, dans l'eau, l'alcool et l'éther; il brûle avec une flamme blanche ; il est sans action sur les couleurs végétales. L'aldéhyde absorbe facilement l'oxygène de l'air, surtout en présence de l'eau , et se transforme en acide acétique ; tous les oxydants produisent cette transformation : ainsi , l'oxyde d'argent est réduit par une dissolution d'aldéhyde ; l'argent métallique vient s'appliquer sur les parois du vase, et les recouvre d'une surface métallique miroitante ; l'azotate d'argent produit le même effet si l'on ajoute un peu d'ammoniaque. Les alcalis décomposent l'aldéhyde; il se forme, avec d'autres produits, une matière résineuse brune : cette réaction est souvent indiquée C9mme caractéristique de l'aldéhyde.

L'aldéhyde pur et anhydre , conservé pendant quelque temps dans un tube hermétiquement fermé, subit des modifications isomériques, différentes suivant la température. A 0° l'aldéhyde se change en une matière cristalline, incolore et transparente, qui fond à+2" et bout à 94°. Celte matière a une densité de vapeur trois fois plus grande que celle de l'aldéhyde, de sorte que l'on peut admettre que sa formule est C**H'*0®. On lui a donné le nom d'élaldéhyde Si la température extérieure est , au contraire , de 1 5 à 20®, il se déveoppe dans l'aldéhyde descristaux prismatiques allongés, qui finissent par remplir le tube. Ces cristaux se volatilisent à 4 20® sans se fondre. On a donné le nom de métaldéhyde à cette seconde modification

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