‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 68 sur 143 · ACIDE QUI NIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE QUI NIQUE

neuses; puis, après y avoir ajouté un peu d'acide azotique, on y verse de l'azotate de plomb jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité. Le chélidonate de plomb se précipite seul, les acides malique et fumarique restant en dissolution à la faveur de l'excès d'acide azotique. Le chélidonate de plomb est mêlé de chélidonate de chaux ; on le décompose par l'hydrogène sulfuré, on sature par de la chaux la liqueur acide, et on fait cristalliser plusieurs fois le chélidonate de chaux. Ce sel est ensuite décomposé par le carbonate d'ammoniaque, et le chélidonate d'ammoniaque, qui en résulte, parTacide chlorhydrique; l'acide chélidonique se sépare en longues aiguilles cristallines, pendant le refroidissement de la liqueur.

L'acide chélidonique cristallisé a pour formule C'*H'0*®+5H0; il perd 3 éq. d'eau à iOO®. D'après la compositiqn de ses sels on est porté à le regarder comme un acide bibasique.

Acide qiilnlqae, C*^H*'0*'.HO.

§ i512. Cet acide se trouve dans les écorces des quinquinas, à l'état de quinale de chaux. On fait bouillir ces écorces avec une eau acidulée par l'acide chlorhydrique, que l'on sature ensuite par de la chaux en excès; les liqueurs filtrées renfermant du quinate de chaux que l'on peut faire cristalliser après une évaporation convenable. On purifie ce sel par le noir animal et par plusieurs cristallisations successives. Pour en séparer l'acide quinique , on traite 6 l parties de quinate de chaux par i partie d'acide sulfurique étendu de 10 parties d'eau; la chaux se sépare à l'état de sulfate de chaux ; pour en obtenir la précipitation complète, on ajoute de l'alcool, et l'on évapore la liqueur filtrée jusqu'à consistance sirupeuse, l'acide quinique cristallise en prismes volumineux. L'acide cristallisé a pour formule C**H"0".HO; celle du quinate d'argent est AgO.C'*H"0'».

L'acide quinique, soumis à l'action de la chaleur, donne des produits très complexes : ce sont la benzine, l'acide benzoïque, l'acide phonique et l'acide salicyieux, dont nous parlerons plus loin, ainsi qu'une substance particulière, cristallisable, très-soluble dans l'eau et dans l'alcool, qui a recule nom d'hydroquin^n; sa formule est C^^H'^0®. Soumis à l'action de l'acide sulfurique et du peroxyde de manganèse, l'acide quinique donne un produit volatil, le qninon dont la formule est C"H*0*. Pour obtenir ce produit en quantité un peu considérable, on chauffe légèrement, dans une grande cornue, 100 gr. d'acide quinique, 400 gr. de peroxyde de manganèse et 100 gr. d'acide sulfurique préalablement étendu de la moi-

:Mi\ ACIDES DES VÉGÉTAUX.

lié do son poid;^ d'eau. Il se fait un grand boursouflement dans la cornue, et il se condense dans le récipient bien refroidi, un mélange d'acide formique et de quinon. Cette dernière substance cristallise en belles paillettes jaune d'or.

Le quinon se sublime facilement à la manière du camphre; il a une odeur forte et irritante qui rappelle celle de l'iode; il se dissout un peu dans l'eau froide, en plus grande quantité dans l'eau bouillante ; mais ses véritables dissolvants sont Talcool et Véther. L& chlore agit vivement sur lui, et lui enlève successivement tout son hydrogène, qui est remplacé par une quantité équivalente de chlore; on a séparé ainsi deux produits chlorés cristallisés : le quinon s^ chloré C**H«C1«0* et le quinon perckloré C**Cl*OV

Le quinon donne encore naissance à un grand nombre de produits intéressants, mais leur étude nous entratnerait trop loin.

§ 4513. Les végétaux contiennent plusieurs autres acides organiques auxquels on a donné, en général, des noms dérivés de celui de la plante dont il ont été extraits; mais ils ne sont connus jusqu'ici que très-imparfaitement, et plusieurs d'entre eux sont probablement identiques avec quelques-uns de ceux que nous avons décrits. Nous ne nous arrêterons donc pas à les mentionner. '

§ iSU. On connaît aujourd'hui un grand nombre de substances organiques qui se combinent avec les acides à la manière des bases minérales , en formant des composés qui présentent tous les caractères des sels ; on leur a donné le nom d'alcalis organiques ou d'a/caldides. Les unes se rencontrent toutes formées dans les végétaux ; les autres prennent naissance dans la calcination des matières organiques, ou lorsqu'on les soumet à des réactions appropriées. La plupart des alcaloïdes naturels exercent sur l'économie animale une action vénéneuse extrêmement énergique, et sont comptés parmi les médicaments les plus héroïques ; ce caractère leur donne une importance particulière.

Tous les alcalis organiques renferment de l'azote et de l'hydrogène; tous, à l'exception de Pammoniaque, contiennent du carbone;

ALCALOÏDES DES QUINQUINAS. 31 i

la plupart rcnfermeut, en outre, de l'oxygène; enfin, dans quelquesun-*, on a trouvé du soufre. Ils présentent, tous, cette particularité remarquable, sur laquelle nous avons déjà insisté (§ 5<3) à Toccasion de l'ammoniaque, de se combiner directement, et sans décomposition, avec les hydracides, en formant des chlorhydrates, iodhydrates, etc., etc., et de fixer, dans tous les sels qu'ils forment avec les oxacides, i équivalent d'eau, nécessaire à la constitution du sel, et qui ne peut pas en être chassé sans que la nature de celui-ci soit altérée. Les alcaloïdes, de mA.me que l'ammoniaque, ne sont donc véritablement des bases que lorsqu'ils ont fixé les éléments de 4 éq. d'eau. /

Nous nous occuperons d'abord des alcaloïdes qui existent tout formés dans les végétaux, et nous décrirons ensuite quelques-uns des nombreux alcaloïdes artificiels qu'on a réussi à préparer depuis quelque temps, en insistant principalement sur ce qu'il y a de général dans leur mode de préparation et dans leurs propriétés.

On peut diviser les alcaloïdes naturels en 2 classes : alcaloïdes volatils sans décomposition, et alcaloïdes non volatils; chacune de ces classes exige un procédé d'extraction spécial. Pour extraire ceux de la première classe, on distille le liquide qui les contient, avec de la potasse ou de la chaux ; ces bases se combinent avec l'acide qui retenait l'alcaloïde, et celui-ci passe à la distillation. La plupart des alcaloïdes non volatils sont très-peu solubles dans Peau ; pour les préparer, on fait bouillir les parties végétales qui les contiennent avec de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique , et l'alcaloïde se dissout à l'état de chlorhydrate ; on sature alors la liqueur par un alcali ou par de la chaux, qui précipitent l'alcaloïde. Le dépôt est traité par l'alcool bouillant, qui dissout l'alcaloïde et l'abandonne ensuite en cristaux par refroidissement, ou après évapora tion.

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