ESSENCES SULFURÉES
l'eierce pas de pouvoir rolnloire. Sa formule l"AzS' peut être écrite C'H'S.CAzS, ce qui en fait une combijÎBon d'essence d'ail CH'S et de sulfocyanogène ; c'est, en effet, li qu'il faut considérer !a constitution de celte substance; car, ( l'on traite l'essence de moutarde par le monosuifure de potas~ um , on obtient , par distillation , de l'easence d'ail C'H'S, et la r renferme du sulfocyanure da potassium. Si l'on fait passer B la ^'apetir d'essence de moutarde, sur un mélange de chaux et de lude caustique , chauffé à f30°, on obtient de l'oxyde d'allyi •HH), el le résidu renferme des sulfocyanures. §1638. L'essence de moutarde donne, soit avec le gaz ammoniac, Al avec l'ammoniaque liquide, une combinaison cristallisée, la ;, C'H'AzS'.AzH', qui estun véritable alcaloïde. On it cette substance dans l'eau bouitlanle; la liqueur, décolos par le noir animal , abandonne, par évaporation, la thiosinamine, sous forme de cristaux prismatiques, d'un blanc éclatant. La losinammine se dissout dans l'acide chlorhydrique, mais le cornée ne cristallise pas; si l'on verse, dans la dissolution, du bichloire de platine, il se forme un précipité cristallin, jaune, qui a pour l'nnule [C'H"AzS'.AîH').HC1 -f-PtCl'. Uthiosinammine se dissout Clément dans les acides sulfurique, azotique, acétique, mais les ^combinaisons ne cristallisent pas.
Cliauffé avec de l'oxyde de plomb ou de mercure, elle perd complètement son soufre, et i! se forme un nouvel alcaloïde C'H°Az', nommé si
ïuib Padï
C'HAïS'AzIl + lbO=C'H'Az'-|-2PbS-{-2HO.
On mêle la Ih ot namm ne pulver aee avec de l'hydrate de protide de plomb fra chement préc p lé et humide, et l'on chauffa I bain-mar e jusqu a ce que le 1 qu de Qltré ne noircisse plus par 'addition de la potasse. Un traite ensuite, à plusieurs reprises, par 4e l'alcool bouillant qui dissout la sinammine, et qui laisse, après Vévaporation , une masse sirupeuse dans laquelle des cristaux se développent.
" La sinammine a une réaction fortement alcaline , mais elle ne forme qu'un petit nombre de sels cri slalli sables ; sa dissolution chlorhydrique donne, avec la bichlorure de platine, un précipité jaune doconneuK, ayant pour formule C'H''Az'.2HCl-|-2Pta''. P Si l'on fait digérer l'huile de moutarde avec de l'hydrate d'osyde 1^ de plomb, jusqu'à ce qu'une nouvelle quantité de cet oxyde cesse
ACIDE aTROHIQnE.
de devenir noire, et (ju'od reprenne ensuite par del'eauboiiîllanLe, on dissout une nouvelle iubstance, la sinapoline C"H'*Âi'0', qui jouit également des propriétés basiques; la réaction qui lui donne naissance est ex|>riméc par l'éqnalion suiyanle :
2C*H'AiS'+6PbO+aHO=C"H"Ai»O'+iPbS+2(Pb0.C0'). La sinapoiinc cristallise , de sa dissolution aqueuse , en paillettea d'un éclat gras ; die bleuit le tournesol rouge ; sa dissolution dani l'acide cblorbydrique donne, avec le bicblonire de mercure, us précipité cristallin.
Acide myronique et myrosim.
§ 1639. La graine de moutarde noire renferme une substaux acide, Yacide myronique, combinée avec la potasse, qui, eoub ['influence de l'eau et d'un ferment particulier, la mj/rosine, égaletnml contenue dans la graine, se transforme en essence de moutardepv uue fermentation, de nature particulière, appelée fermentatûm lina/iique. Pour cstraire le myranate de potasse, on chauffe, '^avcc di l'alcool à 85", la graine de moutarde noire, préalablement' iHittrasséedeson huile grasse, par la pression. Le ferment, la myroNU, se coagule ainsi et devient inactif. On esprime de nouveau la mttière et on la traite par de l'eau tiède, qui dissout le myronala dl potasse; en ajoutant de l'alcool à cette nouvelle dissolution, Qb coagule quelques substances mu cil agi neu ses ; la liqueur, évaporiSi abandonne des cristaux de myronate de potasse.
En versant de l'acide tarlrique dans une dissolution concentrit de myronate de potasse, on précipite la plus grande partie de 11 potasse, et il reste une liqueur très-acide, qui laisse, après sonévaporation, une matière sirupeuse qui ne cristallise pas. On ne cunna!l pas encore la composition de l'acide myronique.
On sépare la myrosine, en épuisant avec de l'eau froide, la grains de moutarde blanche ; on évapore le liquide filtré, à une basse température, et ou y verse de l'alcool, qui précipite la myrosne. On ne peut pas estraire la myrosine de la graine de mouiarilt noire, parce que celle-ci donne de l'essence de moularde aossilil qu'elle est mouillée par de l'eau. La myrosine ne peut être remplacée, pour la fermentation sinapique, par aucun des autres ferments connus.
DE QUELQUES PRODUITS IMPORTANTS QUI SR FORMENT PENDANT LA DISTILLATION DES MATIÈRES ORGANIQUES.
§ 4640. Nous réunirons dans ce chapitre quelques substances importantes, produites par la distillation des matières organiques et qui n'ont pas encore été rattachées, d'une manière certaine, à quelque grande série. Nous y joindrons les essencçs hydrocarbonées naturelles, connues sous le nom de naphte et de pétrole, et qui prennent probablement naissance, de la même manière, dans le sein de la terre.
naphtaline, C*^H'«
§1644. Cette substance remarquable se forme lorsqu'on décompose un grand nombre de substances organiques, à une température élevée. 11 s'en produit une quantité notable dans la distillation de la houille pour le gaz d'éclairage. Salie d'une matière huileuse et de noir de fumée, la naphtaline vient se déposer, en cristaux, sur les parois des tuyaux qui conduisent le gaz au sortir des cornues de calcination; on est obligé de la retirer, de temps en temps, parce qu'elle finirait par les boucher complètement. C'est ordinairement de ces dépôts que Ton extrait la naphtaline, dans les laboratoires. Le moyen le plus simple consiste à employer le procédé que nous avons décrit (§ 4583) pour extraire, par sublimation, l'acide benzoïque de la résine de benjoin. La naphtaline que Ton obtient ainsi est presque pure ; pour compléter sa purification, on la dissout dans l'alcool bouillant, dont elle se dépose de nouveau, en cristaux, par le refroidissement.
La naphtaline cristallise en belles lames rhomboïdales, blanches, d'un éclat gras; elle possède une odeur particulière, très-persistante ; elle fond à 79® et bout à 242°. La densité de sa vapeur est 4,53, et son équivalent C'®H* correspond à 4 volumes de vapeur. L'eau chaude endi?sout une très-petite quantité, car l'eau, chauffée avec de la naphtaline, se trouble un peu en refroidissant. L'alcool en dissout le quart de son poids; l'éther et les essences en dissolvent encore de plus grandes quantités.
§ 4642. Le chlore attaque facilement la naphtaline; celle-ci se liquéfie d'abord sous l'action du chlore, mais se solidifie de nouveau si cette action se prolonge. Si l'on exprime alors la matière dans du papier Joseph, et qu'on la fasse cristalliser dans l'éther, on obtient une substance homogène, qui a pour formule C'®H"C1* ; on peut la
considércT comnie une combinaison de ^ éq. de naphtaline, et de 4 (Mj. (le chlore. Le liquide qui précède la formation de ce composé cristallin a pour formule C'^ll'Gl* ; il résulte de la combinaison de 4 éq. de na[)htaline avec 2 éq. de chlore. La formule du composé cristallin peut être écrite G*°H®GI*.2HC1; on considère alors la substance comme une combinaison de 1 éq. de naphtaline bichlorée C^^il^Cl' avoc 2 éq. d'acide^ chlorhydrique. C*est, en effet, de cette manière (jue la substance se décompose par Faction de la chaleur; Taciilc chlorhydriquo se dégage, et la naphtaline bichlorée C?®H*C1* se condense sous forme d'un liquide incolore. La substance liquide C*®11*CP se décompose également par la chaleur en acide chlorhydriquo et on naphtaline monochlorée C^H'Cl ; sa formule peut donc être écrite C*^H'C1.HCI. Ce ne sont pas là les seules substances que Ion puisse dériver de la naphtaline, par l'action du chlore; il vn existe un j^rand nombre d'autres, que Ton obtient au moyen des deux promi^res, en les soumettant à divers réactifs, ou en faisant ajçir le chlore sur les produits qu'ils donnent par distillation. Nous nous contenterons d'indiquer les formules des principales de ces 8ubstanci»s.
KaphlaHue C»H«
Naphtaline monochlorée CH'Q
» bichlorée C^HHÎP
» irkhlurée G»HH;1*
Il quaUrichlorée C*»H«a«
séchlorée G»ffa«
• perchlorée.. C*Q*;
p«r Taclion du brOme on a obtenu
Naphtaline mouobrOniée CMFBr
» bibrOmt^ C*»tl*ftr*
» lribr\\nuH? l?»H*Bri
• quaUribn>mée C*H»Br' ;
)Mir r<Kiion »uvYessîve du brome et du chlore
Naphtaline bn>ittobiehlorée OHI^BrCP
• bîbrOiuot'Iiloré* C»H*BrH3î
» brOaioirtchlor«« i^'H'BrCP
- bibrOmoirichlor^ OH^BKU^ ;
ttu&^Q^» il fsul jiMiidro les ^n^upetnents ptu<^ complexes, que l'on piMt ctHisidôrvr^ soît ciniuue de* ci>mbinai:?ons, avec le chlore ou te Nt^Vm^ de la iM(>htaline primitive ou des na^^htalines chlorées et
brômées ; soit comme des chlorhydrates de napblaline chlorée ; nous écrirons leurs formules d'après ces deux manières de voir :
C»-H».Cl» ou C»HXI.HCl
C»H«CP.Cl' C»HH:i^Ha
C»H«BAa» C»H»Br2CI.Ha
C^H^Br^.Br» C»H<Bi^.HBr
C»H».C1« C»H«a».2Ha
C»H'C1.C1< C?»HK:R2HCI
C»H<Br2a».Br< C»H»Br»CP.$HBr.
g 4643. L'acide azotique réagit facilement sur la naphtaline, à la température de Tébullition; il la transformé rapidement en une huile qui se solidifie par le refroidissement; cette matière doit être purifiée par plusieurs cristallisations dans l'alcool. Sa formule est C*°H^(AzO*; ; c'est la naphtaline dans laquelle 4 éq. d'hydrogène est remplacé par i éq. du composé AzO*. En continuant l'action de l'acide azotique, on obtient successivement*
la binitronaphtàline C«°H«(AzO*)*, et la trinitronaphtaUne C««H*(AzO*)^.
En faisant agir le sulfhydrate d'ammoniaque sur une dissolution alcoolique de mononitronaphtaline C*°H'(AzO^), on obtient une base organique, la naphtalidame C^^H'Az.
C«W(AzO*)+6(AzH\2HS)=C«'H»Az+AHO+6S+6(AzH».HS).
Cette substance cristallise en aiguilles blanches, fondant à 30®, et bouillant vers 300°, sans altération; elle se combine avec les acides et forme des sels cristallisables ; la formule du chlorhydrate est C"H»Az.HCl , celle du sulfate (C«»H»Az.UO).SO».
Dans les mêmes circonstances, labinitroiiaphtalineC*°H*(Az()*)*, et la trinitronaphtalioe C*"H*(AzO*)*, donnent d'autres alcaloïdes C*«H«Az«, C*WAz».
En faisant agir l'acide azotique sur les naphtalines chlorées, on obtient , tantôt des remplacements de l'hydrogène par le composé AzO*, tantôt des produits d'oxydation, dans lesquels la molécule de naphtaline se modifie par la substitution de l'oxygène à la place de l'hydrogène ; on a obtenu ainsi
la binitronaphtàline PHchlcrée C«*H»a*(AzO*j« et les produits d'oxydation C»«H*C1«0«.0«
C«°C1«0*.0* C«*»H»C10».0* C*«flGTO*.0*.