‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 88 sur 143 · ACIDE PHÉNIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE PHÉNIQUE

la liqueur au repos, à une température de 50 à 60**, la paraffine pure vient former, à la surface, une couche huileuse qui se solidifie par le refroidissement. On exprime la matière, à plusieurs reprises, dans du papier Joseph, qui absorbe des substances huileuses, et on achève de la purifier en la dissolvant dans de l'alcool bouillant, ou dans un mélange d'alcool et d'éther, dont elle se dépose par le refroidissement, sous forme de paillettes brillantes, d'un éclat gras.

On obtient aussi une grande quantité de paraffine en distillant un mélange de cire et de chaux ; le produit huileux se solidifie par le refroidissement i on l'exprime dans du papier Joseph, et Ton en obtient la paraffine pure par des cristallisations dans l'alcool ou dans l'élher.

La paraffine fond à iV ; elle bout vers 370® ;* mais, si l'on ne chauffe pas avec précaution, une petite portion se décompose et donne des produits gazeux. Elle se dislingue par une grande stabilité; en effet, l'acide sulfurique concentré, à une température qui • ne dépasse pas beaucoup 100®, l'acide azotique ordinaire, le chlore, sont sans action sur elle ; c'est à cette propriété qu'elle doit son nom (de parum affinis], La paraffine brûle à l'air, avec une flamme brillante; on en a fait des bougies de très-bonne qualité. 4 00 parties d'alcool bouillant en dissolvent environ 3,5; la presque totalité se dépose par le refroidissement.

On a donné le nom à'eapione à des huiles volatiles, que Ton obtient, en quantité plus ou moins grande, dans la préparation de la paraffine; ce sont des mélanges de divers hydrogènes carbonés, analogues à ceux qui constituent le pétrole.

Acide phénlqiie, phénol, ou aelde carbollque, C'*H'*O.HO.

§ 1646. On a donné ces divers noms à un produit extrait du goudron de houille. Pour le séparer, on distille la partie huileuse de ce goudron, et l'on recueille à part ce qui passe entre 150 et 200®. Le liquide qui distille entre ces deux températures est agité, à plusieurs reprises, avec une dissolution très concentrée de potasse caustique, à laquelle on ajoute des fragments d'hydrate de potasse ; l'huile dégage une odeur désagréable et se fige en une masse cristalline. On ajoute alors de l'eau, et l'on chauffe à l'ébullilion ; le liquide se sépare en deux couches : une couche huileuse, légère, que l'on enlève, et un liquide aqueux, plus pesant, que l'on traite par l'acide chlorhydrique. Il se sépare ainsi une huile, qui vient à la surface; on la décante; on la fait digérer sur du chlorure de calcium, et on la soumet à plusieurs distillations. Cette huile est

CBÉOSOTE. 40d

L'acide trinitrophénique cristallise en prismes jaunes bril-

il est peu soluble dans l'eau froide, mais il se dissout en pro-

n notable dans l'eau chaude. L'alcool et l'étheren dissolvent

rande quantité. Il forme avec les bases des sels jaunes cris-

ibles, qui détonent par la chaleur.

Créosote, C*«H"W.

647. On extrait, du goudron de bois, et de l'acide pyroligneux, ubstance liquide, la créosote, qui présente de l'intérêt parce i l'emploie pour calmer les douleurs de deats. Sa préparation est le et compliquée. On distille le goudron de bois jusqu'à ce qu'il ste qu'une masse poisseuse; la liqueur, distillée, se partage

le récipient en trois couches ; c'est la couche inférieure qui rme la créosote ; on la sature par du carbonate de soude, on ite l'huile qui surnage, et on la soumet à une nouvelle distil- 1 ; on rejette lés premiers produits , qui sont plus légers que , on recueille l'huile plus dense , et on la distille de nouveau, fait, on agite cette huile, à plusieurs reprises, avec une di^sp* 1 faible et.chaude d'acide phosphorique, on la lave jusqu'à qé le n'abandonne plus d'acide , et on la traite par une leserivQ ne d'une densité de 1,12; la créosote abandonne alors ThuilQ dissout dans la liqueur alcaline. On sépare cette liqueur et on îse pendant quelque temps à l'air, qiii oxyde une substance gère^ laquelle colore fortement la liqueur. Enfin, on distille Id lution, après l'avoir saturée par l'acide phosphorique ; là créQ.ie volatilise avec de l'eau et se sépare dans le récipient, sou^ ! d'une couche huileuse.

créosote est un liquide huileux, incolore, d'une odeur péné- ) et désagréable, d'une saveur acre et brûlante ; elle cautérise sus organiques, coagule l'albumine, et prévient U putréfactioa viande. Elle bout vers 200®, sans altération; insoluble dans

elle est facilement soluble dans Talcool et dans l'éther; elle

, avec la potasse et la soude , des combinaisons cristallines ,

es acides la séparent sans altération. Sa composition corres-

à la formule C"H'«0*.

créosote est employée en médecine à l'état do dissolution

ique.

Itaplile on pétrole.

g 1648. Dans plusieurs conlrées, il aorl du sol , des huiles ranles, ordiDairemont accompagoées d'eaux chaudes ou froides, et 1 quelquefois, degazconibuslibles; lorsqui; les liquides sont recueillit dans des ba^sinH naturels ou artificiels, t'buile forme une couchei la surface. Un donne à cej huiles le nom général de pétrole; mm elles sont évidemment dénature Irès-diverse, car les unes distillent presque entièrement sans altération ; tandis que les autres lai un résidu considérable d'huile (ixe, qui ^e décompose par lacbaleur, Les sources les plus abondantes de pétrole sont dans les envirow de Baku en Perse ; il s'y dégage en même lemps, des Gssureada sol, des jets considérables de gaz combustibles, a.- s ex continus pour que les habitants les utilisent à la cuisson de leurs aliments. Oa troutl également de ces sources de pélroie àAmiano, dans le duché da Parme. On puriQe le pétrole en le distillant avec de l'eau ; le^ produits sont connus dans le commerce sous le nom d'huiles de m '' ou de pétrole.

L'huilp de naphtea une densité de 0,8i environ ; elle possède H» odeur particulière ; elle ne renferme pas d'oxygène et parait Ma formée par le mélange de plusieurs hydrogènes carbonés. Si m II dislille dans une cornue munie d'un thermomètre , on reconiDlt que l'ébullition commence lorsque le thermomètre marque d( a UO", mais la température ii'élëve successivement, et lesdemiin portions ne dislilient qu'au-dessus de 300°. Si l'on fractionne la produits de lu distillation, on obtieni, comme produit le plusvolilil, uQ liquide qui bout vers 90°, et une série de produits qui booillent il des températures de plus eu plus élevées, mars, jusqu'Ici, ddiA |ias réussi à séparer un liquide présentant un point d'ébuQitiH constant, et l'on n'a obtenu que des mélanges. La cumposilioB iltl produits les plus volatils correspond, à peu près, a la formula CE; ce font des isomères du gaz olefiant ; les produits moins volsliit I enferment moins d'hydrogène.

Les huiles essentielles qui constituent le pétrole sont rema blés par la résistance qu'elles opposent aux agents chimiques; cita sont à peine attaquées par l'acide sulfurique concentré et par l'acùit azotique. On s'en sert, dans les laboratoires, pour conserver le ff tassium ($ 426).

R 4 6i9. On donne, vulgairement, le uom de ccyrpi gras à des sub-

Eaces d'origine organique, liquides ou soUdeâ, mais facilement

'ibles.qui, étendues à l'état liquide sur te papier, le rendent biiBlucide en y formant des taches persistantes, désignées sous le

a de taches de graisse. Les corps gras sont définii pour le chimiste par des propriétés chimiques, et, surtout, par leur mode do composition, ainsi que nous le verrons plus loin.

On rencontre les matières grasses, et dans le règne végétal , et dans le règne animal; elles paraissent idrniiques dans les deui règnes ; aussi quelques physiologistes ont-ils admis que les animaux ne font que .'.'a,=similer celles qui existent dans les végétaux , sans leur faire subir de changement chimique. Bien que nous réservions pour la Sn de ce cours l'étude des principales malîèrei qui coDsIituent l'économie animale, nous ne séparerons pas ici les substances grasses des deun règnes.

Les corps gras retirés des végétaux, tont ordinairement Duides à la tempùralâire ordinaire, mais plusieurs se figent et se solidifient, plus ou moins complètement, à une basse température. Leur liquidité n'est très-complète qu'à une température élevée ; à la température ordinaire, ils présentent une certaine viscosité que l'on appelle consistance huilewe. La graisse des animaux à sang chaud est solide, mais sa dureté varie suivant la position qu'elle occupe dans le corps de l'anima! ; celle des poissons et, en général, des animaux à sang froid est fluide.

Chez les plantes, la graisse existe principalement dans les graines et dans les péricarpes du fruit; elle y forme des petites gouttelettes qui remplissent des cellules particulières; elle existe également, MUS forme de matière cireuse, à la surface des feuilles et des écorœs. La proportion qui en existe dans les graines est souvent trèsconsidérable; ainsi, la graine de lin renferme environ 20 pour <0l) d'huile, la graine de navette de 35 à 40, la graine de ricin Jusqu'à 60. En général, on extrait l'huile par une simple pression des graines; mais, pour lui donner plus de fluidité, on chauffe celles-ci, et on les comprime entre des plaques chaudes, Lor^-que la proportion d'huile est moins considérable, on a souvent recours à la fermentation, pour détruire une partie des aulres matières organiques, et désagréger le fruit. Enfin , dans les laboratoires , on emploie quelquefois les disfolvants, principalement l'éther, que l'on chasse ensuite par l'évaporation.

■*"tTie, de margnritiB et à'oléine. Ces principes immédiat* se com-

~3Dt, dans les réaclions chimiques, comme des combinaisons

Q même substance, la glycérine , avec un acide gras, spécial

k* chacun de ces principes. La stéarine et la margarine, aux-

>Vles les graisses du mouton et du bœuf doiveul leur solidité, se

^^^^■Vertissenl en glycérine et en deux acides gras qui sont, Vacille

^^» **riçue pour !a stéarine, et l'acide morjongue pour la margarine.

J^**léine, à laquelle les matières grasses doivent leur caractère hui-

;^^**x, se transforme en glycérine el en octdeoidigue. Dans plusieurs

^^■^lières grasses, telles que le beurre, on rencontre , en outre, de

^^tiles quantités de substanœa grasses spéciales, appelées fcufjrîne,

**:J)rtn« et caprotne, lesquelles peuvent être considérées comme des

^*^inbinaisons de la glycérine avec des acides volatils, différents

**Our chacune de ces substances, et que l'on a nommés acides fiuly-

^^'le, caprique, et capToique. Nous avons vu que l'acide butyrique

^1^ forme dans une fermentation spéciale du sucre; nous verrons

•bientôt que le même acide prend naissance, ainsi que les acides ca-

ï*rique et caproïque, danff l'action de l'acide azotique sur la stéa-

^'^e, la margarioe et l'oléine. La graisse de bouc contient, outre

l«3 principes immédiats ordinaires, une petite quantité d'une sub-

&iance grasse particulière, la hircine, qui se comporte comme une

V^mliinaison de glycérine et d'un acide spécial volatil, Vacida hir-

«iqufe. Enfin, dans les huiles de poisson, on rencontre une autre

matière grasse qui peut être considérée comme une combinaison

glycérine et d'un acide particulier, Vaf:ide phocéniqae, qui paratt

tenlique avec l'acide valérianique.

On. Qstrait du cerveau des cachalots une matière grasse partîcu- I, le blanc de baleine ou spermaceti, dont la constitution est 'différente de celle des autres graisses animales. Cette matière renferme pas, en effet, de glycérine, mais, à sa place, un autre irjtB neutre, Véthal. L'acide gras qui s'y trouve combiné âl'élhal, reçu le nom d'aetiie éikalique.

Enfin les cires, qui doivent élre classées parmi les graisses, d'ats la définition que nous avons donnée de celles-ci (§ J6i9), en .iFârent complètement par leur composition chimique, 'ainsi que iMOB le verrons plus loin.

§ 1652. Les acides stéarique, margarique et oléique sont des '-addes faibles, qui sont déplacés de leurs combinaisons par la plupart des autres acides; ils sont insolubles dans l'eau, mais se dissut- ' int dans l'alcool et surtout dans l'éther. Ils sont moins fusibles que i principes gras immédiats qui les ont fournis. Ils ne distillent '|>as, sans altération, sous la pression de l'atmosphère; ilssedécom-

SAPONIFICATION. 415

rine se combine avec l'acide minéral pour former un acide composé, Vacide sulfoglycérique. Si le poids de l'acide minéral dépasse la moitié de celui delà gra'sse, il y a souvent combinaison de cet acide avec les acides gras. C'est ainsi que, dans ce cas, l'acide sulfurique produit des acides sulfostéarique, sulfomargarique eisulfoléique. On emploie cependant quelquefois de petites quantités d'acide sulfurique pour purifier les huiles destinées à l'éclairage; l'acide agit alors de préférence sur des matières étrangères, plus altérables, contenues dans ces huiles ; il les dissout, et ne produit qu'une saponification insensible.

§ 1654. L'eau ne dissout aucun corps gras; elle ne les mouille même pas; l'alcool absolu, et l'esprit de bois, en dissolvent des proportions notables; l'éther et les essences en dissolvent des quantités plus considérables encore. Mais les meilleurs dissolvants des corps gras solides, sont les graisses liquides. Nous avons vu que les graisses naturelles sont rarement simples; presque toujours, elles sont des mélanges ou des combinaisons indéfinies de plusieurs matières grasses différentes, que l'on ne sépare qu'avec la plus grande difficulté. Lorsque la graisse est solide, il suffit de la fondre et de la laisser refroidir lentement, pour reconnaître qu'il s'y forme des grumeaux solides, ne présentant pas la même nature que la partie liquide. De même, certaines huiles grasses, par exemple, l'huile d'olive, abandonnent, en se refroidissant lentement, des flocons plus ou moins abondants, qui diffèrent de la partie restée liquide. En exprimant, dans du papier Joseph, ces matières solidifiées, on sépare encore une grande quantité d'huile liquide interposée, et l'on obtient un mélange de stéarine et de margarine, sali seulement par une petite quantité d'oléine. Les proportions de stéarine et de margarine qui se trouvent dans les matières exprimées, sont variables selon la nature des graisses primitives. Quand elles proviennent des graisses de mouton, de bœuf, ou de porc, elles se composent presque entièrement de stéarine ; si elles sont fournies par la graisse d'homme ou par l'huile d'olive , elles consistent principalement en margarine. On peut parvenir à isoler plus parfaitement ces substances par un emploi intelligent des dissolvants.

Le principe immédiat fluide des graisses animales, l'oléine, est encx)re plus difficile à isoler; Thuile qui s'écoule par la compression de ces graisses est de l'oléine saturée de stéarine ou de margarine. Les huiles végétales les plus fluides sont, elles-mêmes, de l'oléine renfermant en dissolution des- proportions, plus ou moins considérables, de stéarine et de margarine. En les refroidissant graduellement, et décantant la partie restée liquide, on peut séparer une

rn^nde partie des principes solides. On peut aussi agiter Vbmtcitic I l'alcool qui dissout Volèinc en proportion beaucoup plasgrandeqtu I la stéarine el la margarine, puis évaporer la dissolution aluwliqne, I Hflis tous cea pnottédès ne donnent Jamais une sRparatiou parbita. 1 11 est trës-probable «i'ailleur s que la sléarine, la margarine et l'ol^ I ne sont pas simplement mélangées dans la plupart des graissei, H qu'elles y sont à l'état de combinaisons indéfinies.

L'oléine ne parait pas être idenlique dans les diverses huiles tègétales ; plusieurs réactions chimiques semblent démontrer qu'dlt est différente dans les builos siccatives et dans les huiles non ^totivBB. Si l'on agite, en effet, une huile non siccative, par eiem^ik, ITiuile d'Olive avec Un peu d'acide h ypo azotique, ou avec une dûsolution d'azOlate d'oxydule de mercure préparée à froid qui mtient de l'acide liypoazoïique, l'huilose solidiSecomplétemeataprii quelque temps, et se transforme en une matière cristalline, T^ dine. Les huiles siccatives de graines ne présentent pas celle propriété. On se sert dans le commerce de cette réaction pour appriôff le degré de pureté des huiles d'olives, qui sont souvent iDélugi», par fraude, avec des huiles de graines et notamment avec de linil! d'ffiillette.

Les acides gras qui sont susceptibles de cristalliser, pcuveultM obtenus à l'état de pureté ; et, comme, en même temps, ils formest, avec les bases, un grand nombre de composés définis, leurs propriétés et leur composition chimique onlpu ^tre RxéBs avec plus Je certitude que celles des graisses dont i!s proviennent. Cepenaaol,! reste encore des incertitudes à cet égard, à cause delà valeur U*«élevée de leurs équivalents chimiques; les plus petites errenteflnalyse se traduisant par un ou plusieurs c-quivalents des éièntaU «impies, et suffisant pour changer 1^ formules. Nous ne nous occuperons ici que des matières grasses lM[iB ptaportantes, el les plus communes. Nous commencerons jat l'étui "iJo la glycérine, qui est un princijw essentiel et constant dt 1^ ' plupart de ces subitanccs.

Glycénne, C''H''0'=C'lVO\llO.

g 1 655. La manière la plus simple de préparer la glyeérii* aisle à chauffer les graisses avec du protoxyde de plomb, i^ sence de l'eau. La saponification so fait promptement, il n un savon de plomb insoluble, et là glycérine, isolée, le ( dans l'eau. La dissolution aqueuse est soumise à un couranttf suif hydrique, qui en précipite, à l'état de sulfure, un^petitafl

GLYCERINE. 417

àlé d'oxyde de piombquis'y trouvait dissous; on la concenire en- »uite à une doutée clialeur, et on achève l'évaporation dans le vide. La glycérine, séchée à 1 00" dans le vide sec, est uu liquide sirupeux, incolore, sans odeur, d'une saveur sucrée, qui lui a fait donner son nom (deïlmuç, doux, sucré), soluble dans l'eau et Aans l'alcool , insoluljle dans l'Étiier . Soumise à l'action de la chaleur, bUe distille en grande partie; une portion se décompose en donnant des produits très-complexes, parmi lesquels oo distingue un liquide huileux, incolore, d'une odeur extrêmement désagréable, nommé Iteroléine, et dont la composition correspond à la formule C'H*Û*. Les corps oxydants, tels que l'acide azotique ordinaire, un mèlangâ d'acide sulfurique cl de peroxyde de man^^anëse, donnent, avec la glycérine, des acides oxalique, formique et carbonique. Le clilore et le brome attaquent la glycérine, et produisent des composte rïilorés et bromes, que l'on ne peut formuler en équivalents qu'en doublant la formule ordinairement admise pour la glycérine, et ec l'écrivant C"H"0'°.2H0; on a alors

Glycérine primitive. . . C"H"0'°.ÎHO, Glycérine triclilorée. .. C"H"r.!*0", Glycérine tribrômée. . . C"H"Br»0"' ;

mais il est difficile de décider c«i te question, parce qu'on n'a aucun moyen de constater la pureté de ces subâlanccs chlorées et brômées, car elles ne cristallisent pas.

Lorsqu'on raêleS parties d'acide sulFurique concentré, eti partie de glycérine, il y a combinaison, avec élévation de température. On abandonne ce mélange quelque temps à lui-même, en l'agitant fréquemment, et il se forme un acide composé, i'ocida sulfoylyeé- Tiqut, qui form'e, avec la chaux et l'oxyde de plomb, desseUsoiu-

, blés. On ajo'ute de l'eau, on salure par de la craie, et l'on filtre pour séparer le sulfate de cliaux. La liqueur, évaporée, donne du anlfoglycérate de chaux ayant pour formule, lorsqu'il a été séché à <20" dans le vide, CaO.[C'H'0''.2SO'). Ce sel se dissout dans la tnoilié de sou poidsd'eau, mais il est insoluble dans l'alcool et dans l'élber.

La glycérine s'échauffe également lorsqu'on la mêle avec de

■l'acide pli ojphorique, anhydre ou hydraté ; il se produit un acide fhosphogtycérique qui se dissout dans l'eau; on sature la liqueur par du carbonate de baryte, et, en dernier lieu, par de ta baryte caustique. I.'acide phosphorique resté libre se précipite à l'état de phosphate de baryte, et la liqueur renferme du phospboglycérate du

baryte, que l'on sépare par t'ëvaporalîon. Ce sel, deseécbê 4 UO*, a pour formule 2BaO.(C»H'0''.PhO').

On a renrontré l'acide phospboglycérique tout formé dans te I jaune ije l'œuf.

SI6556M.Onaréussiâcombinerdirectemenllaglycérine,soiUïK tes arides graâ propremenl dits, soit avec d'autres acides or^niquet ou minéraux Les composés que l'on oblient ainsi sont neulns, A appartiennenl à plusieurs séries de comliinaisons différentes. lW de ces sérii's est ideolique avec les corps gras neutres naturels, It stéarine, la margarine et l'oléine; une autre série correspond un éthers. Tous ces corps, d'ailleurs, peuvent se représenter par de l'aride, plus de la glycérine, moins de l'eau. Traités par les alcalis^ ils ivpn>duiïeot lentement l'acide primitif et la glycérine. Viclit chlorhjilrique concentré les dédouble de même. Traités par l'alcoil et l'acide chlorhyiJrique, ils donnent lieu à un double échange, et produisent de la glycérine et un èther de l'acide précédemment d| î la glycérine. ^

La rambinaison directe de la glycérine avec les acides s'obtitri par un contact prolongé des deux corps, dans tin vase clos, iou température plus ou moins élevée, ou en faisant agir le gai téit chlorh\'drique sur un mélange de glycérine et de l'acide ; maîadiu ce dernier cas, lo compusè est toujours mélangé d'une cerltJ» quantité de la comb'naison de la glycérine avec l'acide cblorliydrique. la chioHtyJrine . CH'CIO'=C'H'0*-j-HCI— 2110.

Comme eveinple des produits auxquels la glycérine donne und naissance, noua citerons ceux qu'elle forme avec l'acide stéantpe. On connaît trois de ces combinaisons :

!• U monastéarine. C"a"0'=C"H»0'+C'H'O'— SHO; 8* U disléarini. C"H"0"=?C"H"0'-f C'H'O»— 2H0; 3- U (efrostearin-, 'C""H""0"=iC"H*'0' +C«H»0'-6HO,

La monostéarine s'obtient en chauffant à 300°, pendantsebeurei. parlica égales de glycérine et d'acide sléarique. Après refroidia»ment, on é^'apore la couche solide qui surnage l'excès de glycériu; on la fond, on y ajoute un peu d'éther, puis de la chaux éiek% %ÙD deséiwrer l'acide non combiné, et l'on maintient à (00*|i<*dant un quart d'heure. CeLi fait, on éjiuise par i'éther bouilliU que l'on fuit ensuite évaporer. On obtient ainsi une matière oeutit, blanche. Irti-peusotubledans I'éther froid, cristallisant en aiguilla Irès-Ones et fondant à 60".

1^ distéanne s'obtient en maintenant à tW pendant lit hf

ACIDE STÉARIQUE. 4i9

un mélange de parties égales de glycérine et d'acide stéarique. On !a purifie par la chaux et par Téther, comme nous l'avons indiqué pour la monostéarine. C'est une matière neutre, blanche, grenue, dans laquelle on reconnaît au microscope des petites lamelles aplaties; elle fond entre 55 et 58°.

La tétrastéarine s'obtient en chauffant la monostéarine à 270** pendant quelques heures, avec 1 5 à 20 fois son poids d'acide stéarique. De l'eau s'élimine et se condense à ïa partie supérieure du tube. On purifie ce corps par la chaux et une dissolution dans Téther. La tétrastéarine est identique avec la stéarine naturelle.

Stéarine naturelle et acide stéarique,

§ 1656. Le procédé le plus efficace pour isoler la stéarine consiste à chauffer, jusqu'à fusion, du suif avec de l'essence de térébenthine; Tessence, décantée, abandonne, par le refroidissement, une matière solide, que l'on exprime, à l'aide d'une presse, dans du papier Joseph.La matière est soumise à plusieurs traitements semblables,pni8 dissoute, à chaud, dans de l'éthcr qui en abandonne la plus grande partie en refroidissant. Cette stéarine, convenablement purifiée, doit être considérée comme identique avec la tétrastéarine.

La stéarine, cristallisée dans l'éther, forme des petites lamelles blanches, d'un éclat nacré; elle fond de 60 à 62°, et se prend, par le refroidissement, en une masse blanche, opaque, ne présentant pas d'indices de cristallisation. Elle est complètement insoluble dans l'eau, se dissout dans 8 parties d'alcool bouillant, mais s'en sépare presque totalement en refroidissant; l'éther en dissout une grande quantité à la température de son ébullilion, mais, refroidi, il n'en retient que -^ environ.

^ 1657. On rencontre aujourd'hui Vacide stéan'que, en grande quantité, dans le commerce; on en fabrique des bougies qui portent le nom de bougies stéariques. Pour le préparer, on saponifie du suif de bœuf ou de mouton par la chaux ; on place, dans une cuve de bois, de 2000 litres de capacité, doublée en plomb, 500 kil. de suif, et 800 litres d'eau; on chauffe par de la vapeur amenée directement dans la cuve par un tuyau circulaire, percé d'un grand nombre de trous. Lorsque le suif est fondu, on y ajoute, par petites portions, 600 litres environ d'une bouillie de chaux contenant 60 kil. de chaux vive, et l'on agite continuellement 1h mélange. Au bout de G à 7 heures, la saponification est terminée, et le savon de chaux a formé une masse consistante, qui devient très dure après

le refroidi886ment..Ge savon est réduit en poudre fine, et décomposé parracidesullurique étendu d'eau, dans des cuves semblables aux prmnières et chaufjées par la vapeur. Les acides gras, devenus libres, forment une couche huileuse, à la surface du liquide acide.

On décante cette graisse fondue, et on la lave, plusieurs fois, à chaud, d'abord avec de l'eau chargée d'acide sulfurique, puis avec de l'eau pure; enfin, on la soutire dans des moules de for>blanc où elle se solidifie en pains de 3 à 4 kilogr. La masse n'est encore qu'un mélange d'acides stéarique, margarique etoléique; on la comprime d'abord fortonent à froid, afin d'en foire sortir la plus grande partie de l'acide oléique, puis à une température de 30 à 10* pour en foire écouler le reste. L'acide oléique que Ton exprime ainsi est fortement coloré en brun, il renferme presque tout l'acide margarique, et une certaine quantité d'acide stéarique. Les tourteaux qui restent apcès cette compression sont fondus, de nouveau, au contact d'une dissolution étendue d'acide sulfurique, qui enlève à la matière grasse les dernières traces de chaux ; on la débarrasse ensuite de l'acide adhérent, par des lavages à l'eau bouillante, et on la verse dans des ipoules où elle se solidifie. C'est l'acide stéarique raffiné, avec lequel on fabrique les bcugirs.

S 1658. On prépare aujourd'hui des quantités considérables d'acides gras, solides, pour la fabrication des bougies stéariques, par un procédé très-ingénieux, où Pon combine la saponification par l'acide sulfurique, avec la distillation drs acides gras au milieu de la vapeur d'eau surchauffée (t à faible tension. Ce procédé permet d'utiliser les graisses de toutes espèces, et des qualités lea plus inférieures.

On commence par traiter les graisses, dans des chaudières chauf' fées à la vapeur, par une quantité d'acide sulfurique concentré qui varie de 6 à 45 pour 400 selon la nature des corps gras. On porte la température jusqu^à 4 00®, et on la maintient pendant 45 ou 20 heures, en brassant continuellement le mélange. Les acides gras de^ iennent libres, la glycérine se transforme presque entièrement en acide sulfoglycérique, et les matières étrangères se détruisent en grande partie, par l'action de l'acide sulfurique, en donnant des résidus charbonneux et des produits solubles dans l'eau Les acides gras sont lavés à l'eau, puis placés dans un appareil distillatoire dans lequel on fait passer de la vapeur d'eau chauffée à 300* ou 400*, et avec une force élastique moindre que celle de l'atmosphère. Les acidrs gras distillent ainsi avec de l'eau, et il suffit de les soumettre à la presse pour les obtenir dans les conditions convenables à la fabrication des bougies.

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