‹ Cours élémentaire de chimie (volume 2)Chapitre 101 sur 130 · COMBINAISON DE L*0R AVEC LE CYANOGÈNE · texte numérisé non relu

COMBINAISON DE L*0R AVEC LE CYANOGÈNE

§ 1450. Si Ton verse dans une dissolution concentrée et chaude de perchlorure d'or une dissolution de cyanure de potassium jusqu'à ce que la liqueur soit décolorée, on obtient une liqueur qui abandonne, par le refroidissement, des cristaux prismatiques

d'uD cyanure double d'or L't de potaBsium ayant pour formule KCy-J-Aa'Cy'. Ces crislaux sont eitlorescenta et trèa-solubles dans l'eau. SoumÎB à une chaleur modérée, ils dégagent du cyanogène ; en reprenant par l'eau, on oblienlunediaaoloLionqui abandonne, par l'cvaporalion, un cyaniu-e double dont la foroiule est KCy-j-AuTy.

Fonriire de ObbIbb.

g 1151. On donne le nom de pourpre de Cassius à un précipiK renfermant de l'or, de l'étain el de l'osygène, et qui est employé dans la peinture sur porcelaine et sur verre pour obtenir les couleurs roses et pourprées (§ 730). Ce précipité se prépare par diTore procédés; il ne présente pas toujours la même composition, elles chimistes ne sont pas encore d'accord sur sa nature. Onpréparea> dinairement le pourpre de Cassius en versant dans une diasolulion suffisamment étendue de sesquiclilorure d'or, un mélange de pmliv chlorure et de bicblorure d'éCain. Lorsque le précipité est faible, il est d'un beau pourpre ; mais il est bran quand il est plus abondant.

On obtient un pourpre de Cassius de composition constante, ta dissolvant 20 gr. d'or dans 1 00 gr. d'une eau régale formëe de 30 parlies d'acide azotique et de 80 parties d'acide chlorhydrique. On évapore celte dissolution au bain-niarie pour chasser l'excès d'adde, et l'on dissout le résidu dans 7 à 8 décilitres d'eau. Qn place dans la liqueur quelques fragments d'étain, et il se forme un précipité pourpre qui présente la composition exprimée par la formule Au'O.StiO»+SnO.SnO»+iHO; mais cette formule peut aussi s'écrire 2.\u-|-3SnO'-l-*UO. Soumis â l'action de la chaleur, ce corp» ne dégage que de l'eau et pas d'oxygène ; le résidu calciné présente tous les caractères d'un mélange d'or métallique et d'acide stanoique. Mais, comme avant la calcination, la matière n'abandonnait pas d'or au mereure, il est clair que l'or n'y existait pas à l'étal métallique.

On obtient lin beau pourpre de Cassius, en chauffant de l'oiydule d'or.Au^, aveu une dissolution de stannate de potasse.

Enfin, on prépare encore le pourpre de Cassius en fondant »semble dans un creuset 1 partie d'or. J partie d'étain et * ou 6 pa^ ties d'argent. On attaque cet alliage ternuire par de l'acide azotique; l'aident se dissout, l'or et l'étain restent précipités en combinaison avec de l'oxygène, efformenl un pourpre qui produit sur la porcelaine de belles couleurs dont on peut varier la nuance enchangesnl les proportions relatives d'or el d'étain.

Une dissolution de sesquiclilorure d'or forme des taches poiinHW sur le linge, sur la peau el en général sur les tissus organiques. U

est probable que cette coloration est due à do Toxyduled'or, car les taches ne prennent pas par le frottement l'aspect métallique ; elles l'acquièrent, au contraire, en peu de temps, quand on les expose à la lumière solaire, dans un flacon rempli de gaz hydrogène.

Dosait de Tor; 0a séparation des métaux précédemiiieiit

étudiés.

§ 1152. L'or se dose toujours à l'état métallique. Lorsqu'il existe dans une dissolution, on le précipite au moyen du sulfate de protoxyde de fer, après avoir ajouté de l'acide chlorhydrique à la liqueur pour maintenir en dissolution le sesquioxyde de fer qui se forme pendant la réaction. Mais il est important, pour que la précipitation de l'or soit complète, que la liqueur ne renferme pas d'acide azotique, sans quoi il faudrait l'évaporer préalablement avec de l'acide chlorhydrique. L'or, recueilli sur le filtre, est calciné au rouge avant d'être pesé,

§ Ho3. Pour séparer l'or des métaux que nous avons étudiés précédemment, on se fonde souvent sur l'insolubilité de ce métal dans l'acide azotique. D'autres fois on dissout tous les métaux dans l'eau régale, et l'on précipite l'or par le sulfate de protoxyde de fer, ou mieux en faisant chauffer la dissolution avec une certaine quantité d'acide oxalique ; ce mode présente l'avantage de ne pas introduire un nouveau métal dans la liqueur. Quelquefois aussi, on sépare l'or en le précipitant, à l'état de sulfure, par le gaz sulfliydrique. Le sulfure d'or calciné laisse de l'or métallique.

MÉTALLrRGIE DE l'OR.

§ 1454. L'or se trouve presque toujours à l'état natif; quelquefois il est pur ; mais, le plus souvent, il est allié avec des proportions variables d'argent. On le trouve dans trois espèces de gisemerits :

1° Dans do filons ordinairement quarizifères , qui renferment d'autres minéraux métalliques , des minerais de cuivre, de plomb, d'argent et des pyrites. Ces filons traversent ordinairement les terrains primitifs ;

2° Dans de petites veines, disséminées dans les roches situées à la séparation des terrains cristallins et des terrains stratifiés ;

3» Dans les sables quartzeux désagrégés, qui forment souvent des alluvions très-étendues. Ces sables proviennent de la destruction de roches cristallinps dont on trouve encore les analogues dans la contrée. La grande pesanteur spécifique de l'or s'est opposée à ce que

i<884 OK.

ses purcelles fuasenl entralnëes aussi loin que les autres 01 avec lesquels il Était inélangé, el son inaltêrabililé par la plupnrl des agents chimiques l'a conservé à l'état de paillettes. LcsalluTiou qui coatieDoent l'or sont principalement disposées dans des valléei ' ouvertes, au milieu de montagnes primlLives dans lesquelles on > 1 trouvé quelquefois les parcelles d'or en place. Les principau![ ptements de sables aurifères se trouvent au Brésil, au Mexique, an Chili, en Afrique, dans les monis Ourals et Altaï en Sibérie, eoGii en Californie et dans l'Australie où l'on a découvert récemmenl des sables aurifères beaucoup plus riches que les gisements ce jusqu'alors. La 'quantité d'or que l'on en extrait annuellement b'^ lève à une valeur de plus de 300 millions de francs. L'or se trouve ordinaircmeuL dans les sables, sous la forme de paillettes ou de grains informes et arrondis. Lorsque ces grains ont un volume Ul peu considérable, on leur donne lenom dep^pi'tas. Iln'eatpasnni de rencontrer desgraias de la grosseur d'une noisette; on a tniuTé quelquefois des pépites du poids de plusieurs kilogrammes. On » même trouvé dans l'Oural une pépite qui pesait 36 kil(^.

Il existe de l'or en paillettes dans les sables charriés par U les rivières qui sortent des terrains prijnilifs, ou qui roulent leurs eaux sur une grande étendue de ces terrains. En France on coonaU plusieurs de ces alluviuus aurilèros. On trouve de l'or dans les alluvions de l'Ariége dans les Pyrénées, du Gardon dans lesOvsDnés, de la Garonne, du Hhin près de Strasbourg. L'or y est « petite quantité pour qu'on puisse établir des exploitations réguli^ res, mais les habitants se livrent souvent à, l'exlracUon du l'tr, quand ils n'ont pas d'autres hnvaux : on leur donne alors le non < Ù'oTpaitleurs. Les paillettes d'or disséminées dans les sables di vière sont ordinairement d'une ténuité extrême; il en faut sou' plusde 30 pour faire 1 milligramme.

En Sibérie, on regarde comme non exploitables avec avanU^e les sables qui ne contiennent que 0,000001 d'or; les sables du Rhin ne renferment moyennement que j, de cette quantité.

L'or existe aussi, combiné avec le tellui'e, dans certaines m de la Transylvanie. On trouve au Brésil un alliage d'or, d'argeotel de palladium, sous forme de petits grains cristallins ;

D à'auro-poudré. Enfin, il n'existe pas de pyrites, en lilow, dans les terrains primitifs, qui ne reitfernient une petite qusBIili d'or; et souvent, cette quantité est assez considérable pour qu'n puisse l'extraire avec avantage.

g 1 1 55. Lorsque l'or existe dans des filons oui renferment d'i> très mélau.x, tels que du plomb, du cuivre ou de l'argent, on tniV

les minerais pour en extraire ces autres métaux, dans lesquels l'or se concentre. Quand le minerai est plombeux, on obtient des plombs d'œuvre dont on extrait, par coupellation, l'or allié à l'argent (§ 987). Si le minerai est seulement cuivreux , on en extrait des cuivres noirs, que l'on traite par la liquation (§ 4067), ou des mattes cuivreuses que l'on soumet à l'amalgamation (§ 4436). On sépare ensuite l'or de l'argent par V affinage^ opération que nous décrirons bientôt.

Souvent, on soumet d'abord le minerai à une amalgamation, en opérant comme pour l'amalgamation des minerais d'argent. L'or se dissout dans le mercure, on filtre l'amalgame liquide , et l'on obtient un amalgame solide dont on sépare l'or par distillation. Le minerai est ensuite fdndu de manière à donner unematte dofiton peut encore extraire une certaine quantité d'or.

§ 4 456. Le lavage des sables aurifères se fait par les procédés les plus simples. Souvent il s'exécute dans des sébiles en bois ; d'autres fois on étend le sable sur un plancher incliné, et l'on y fait couler de l'eau. Ce plancher porte une série de petites rainures transversales dans lesquelles les paillettes d'or se rassemblent avec les minéraux les plus lourds. On met de côté ces sables enrichis, et on les traite par amalgamation.

Dans l'Oural, le sable aurifère est versé dans des caisses dont le fond, en tôle, est percé d'ouvertures de 2 centimètres de diamètre. Un courant d'eau arrive dans ces caisses ; l'ouvrier remue constamment le sable avec une pelle ; les parties les plus fines s'échappent par les trous, et tombent sur de grandes tables dormantes, qui sont revêtues de toiles. On ramène fréquemment le sable vers le haut de la table avec un balai. Les paillettes d'or restent au haut de la table avec les minéraux les plus denses. Enrichi par ce premier lavage, le sable est lavé une seconde fois, avec plus de soin, sur des tables plus petites. On en sépare à l'aide d'un barreau aimanté les fers titanes et l'oxyde de fer magnétique, et l'on fond la matière dans de grands creusets de graphite. L'or gagne le fond du creuset, et reste couvert d'une scorie renfermant beaucoup de grains non fondus et de grenailles d'or. On bocarde cette scorie, on la soumet à des lavages, et le schlich riche qui en provient est fondu dans des fourneaux à manche; on obtient ainsi un plomb aurifère, dont on sépare l'or par la coupellation.

§<457. Dans le Tyrol, on extrait des pyrites une certaine quantité d'or, en les amalgamant dans des moulins représentés par la figure 604 . Il y a ordinairement plusieurs de ces moulins formant cascade les uns au-dessus des autres. (Le moulin supérieur est vu

(lu dehors dans notre figure, Uodis que le moulin inférieur esi t en coupe.)

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Quant la pyrite a Été réduite en poudre impalpable sous leshocards, elleest mise en suspension dans l'eau, et amenée dans le moulin supérieur par la rigole G; de là, elle coule dans le second moulin par le déversoir C La meule gisante de chaque moulin est Tonnée par une capsule en fonte cdef, établie sur une forle table en bois Cetie capsule porte à son centre une tubulure traversée par unai de rotation 06, mis en mouvement à l'aide de la roue déniée rr'. L meule tournante mm' est en bois; elle est fixée sur t'axe ab, » moyen du châssis mm'nn' ; le contour extérieur de cette meule est semblable au creux de la meule gisante , mais il en est éloigné partout d'environ 2 centimètres ; il porte plusieurs petites palettes en tôle qui ont un peu plus de 1 centimètre de saillie. La surface si périeuredelameule tournante est creusée en entonnoir; c'est dans cet entonnoir que l'on fait tomber les boues liquides qui s'insinuent entre les deux meules et s'écoulent parle déversoir desuperâcieG'.

Les meules marchent à une vitesse Tle 15 à 20 tours parmiDule; an fond de chacune d'elles on place 25 kil. de mercure; ils y Torment une couche de t centimètre d'épaisseur, dont les palettesde la meule tournante agitent constamment la surface en même temps qu'elles R'muentlc minerai. Les paillettes d'or se dissolvent dans le mercure à mesure qu'elles arrivant à son contact; celtes qui ont échappé 3 la dissolution dans le premier moulin, se dissolvent dans le second. Après i seinaines de travail, on retire le mercure, on le filtre à travers une peau de chamois et l'on obtient un amalgame solide renfermant à peu près le tiers de son poids d'or. On en sé-

ire celui-ci par une dislillalion.

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