‹ Cours élémentaire de chimie (volume 2)Chapitre 106 sur 130 · PLATINE · texte numérisé non relu

PLATINE

Fig. 606.

noir de platine enveloppé avec un peu de papier Joseph. Le dégagement diacide carbonique commence aussitôt, et s'arrête au bout de quelques minutes. En déterminant le volume du gaz dégagé, on a la mesure de la quantité d'oxygène condensé par le noir de platine. Cette propriété du noir de platine se retrouve encore, quoique à un degré moindre , dans l'éponge de platine , et même dans le platine laminé. Ainsi, nous avons vu (§ 74) que, si Ton projette un fragment d'épongé de platine dans une cloche renfermant un mélange détonant d'oxygène et d'hydrogène , l'explosion a lieu immédiatement ; de même , si l'on projette un courant de gaz hydrogène sur de l'éponge de platine plongée daiis l'air, le jet d'hydrogène prend feu. On a même construit d'après ce principe des briquets à gaz hydrogène.

Le platine laminé ne présente pas ces propriétés à la température ordinaire , mais il les manifeste lorsqu'il est chaufiFé à 200° environ. Si l'on place , au-dessus de la mèche d'une lampe à alcool , une spirale en fil de platine (fig. 606) , qu'on allume cette lampe de façon à chauffer la spirale au rouge , qu'on éteigne la flamme en soufflant vivement dessus , en évitant toutefois de diriger le courant d'air sur la spirale qui serait alors trop fortement refroidie , celle-ci reste indéfiniment incandescente. La vapeur d'alcool qui se dégage de la mèche brûle alors au contact de la spirale de platine, et développe assez de chaleur pour en maintenir l'incandescence. Cette expérience réussit mieux en ajoutant à l'alcool un peu d'éther ; on lui donne le nom d'expérience de la lampe sans flamme de Davy. De même, si l'on verse un peu d'éther au fond d'un verre à pied (fig. 607) et qu'on y plonge une spirale de fil de platine , préalablement chauffée au rouge , et attachée à un couvercle en carton qui bouche incomplètement l'orifice du verre, cette spirale reste incandescente pendant très- "Z^T*^ longtemps. Les vapeurs d'alcool et d'éther n'éprouvent dans ces expériences qu'une combustion incomplète ; il se forme des substances volatiles , d'une odeur acide et suffocante, que nous étudierons plus tard et qui sont dues à cette combustion incomplète.

Le deutoxyde d'azote et l'ammoniaque , mêlés à du gaz oxygène , se changent, au contact de la mousse de platine, en acide azotique. Les combinaisons de l'azote et de l'oxygène se changent , au contraire , en ammoniaque, au contact de l'éponge de platine dans une

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almosplière d'hydrogène. Puur que ces esytériences réussissent, i) csL convenable de chauffer la mousse de plaline à uoe Icmp^raluro de 1 50 à 200', dans un tube de verre que l'on rail traverser per le mélange gazeux.

L'éponge de plaline perd celle propriéié au bout de quelque lemps ; mais , pour la lui rendre , il sutlit de la chaufîer pendant quelques instants avec de l'acide azotique, et de la calciner ensuiU au rouge sombre. Le noir de platioe cesse également d'i^lra auil après quelque temps; on lui rend ce caractère en le faisant chauffer avec de l'acide azotique, le lavant avec de l'eau, et le sécliuili une douce chaleur.

§ 1170. Le platine ne se combine dircctemcnl avec l'oiygêne qu'à la chaleur rouge , et sous l'inQuence des alcalis caustiques. On connaît deux oxydes de platine :

Le proloxyde, PtO, Et le bioxyde, PiO».

Ces deux oxydes sont des bases faibles ; chacun d'eux forme une série de sels avec les acides énergiques. Ils se décomposent fsdlcmentpar la chaleur et laissent du platine métallique.

Oti prépare h protaxijde de platine, PtO, en décomposant le.iirotochlorure de platine, PlCl, par jine dissolution de potasse caustique. Il reste une poudre notre, qui est <lo l'hydrate de prolox}de de platine. Cet hydraUs se dissout dans une dissolution concenlrt* de potasse , qu'il colore en brun. Chauffé , il abandonne d'abord de l'eau, puis son osygène. L'hydrate de proloxyde de plaline se dissout dans les acides et donne des dissolutions d'un brun foncé, qui ne sont pas précipitées par le sel ammoniac.

On obtient le bioxyde de platine, PlO*, en ajoutant à de l'azotah de platine la nioitié de la potasse qui serait nécessaire pour déconi' poser ce sel d'un manière complète ; il se forme un précipité bnm volumineus, qui est de l'hydrate de bioxyde de plaline PtO*-|-2H0, Si Von ajoutait une plus graiide quantité d'alcali , le précipité roi- Termerait de la potasse en combinaison. Mais il est plus facile de préparer cet oxyde de la manière suivante : on verse dans une dissolution de perchlorure de platine, PtCl', ungrand excès de polasw caustique ; il se forme d'abo^rd un précipité jaune dechlonire double de platine et de potassium; mais ce prétùpité se redissout si l'on fait i-haulTer la liqueur. Le platine existe alors dans la dissolution a l'éUl

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