DORURE
paquets à un crochet de verre. A la droite du bain d'or sont : 1" une terrine renfermant la liqueur à raviver, formée par un mélange d'acides azotique , sulfurique et chlorhydrique ; 2" deux terrines pleines d'eau ; 3' une terrine renfermant une dissolution d'azotate de mercure ; 4* une terrine d'eau ; à la gauche du bain d'or sont deux ou trois terrines d'eau. L'ouvrier plonge d'abord les paquets de bijoux dans le liquide acide de ravivage ; puis, successivement, dans les deux terrines d'eau, dans la terrine d'azotate de mercure , dans la terrine suivante d'eau , et , enfin , dans le bain à dorer. Quand les objets sont restés dans le bain d'or environ J minute, ils ont fixé tout l'or qu'ils peuvent prendre ; on les retire alors, on les lave dans les terrines de gauche , et on les fait sécher dans de la sciure de bois chaude.
Les objets dorés sont soumis à la mise en couleur. On emploie pour cela un mélange de 6 parties de nitre , 2 parties de sulfate de 1er, f de sulfate diB zinc , dissous dans une petite quantité d'eau bouillante. On plonge les objets dorés dans ce bain , puis on les fait sécher à un feu clair jusqu'à ce que l'enduit salin devienne brun. On les lave ensuite à l'eau.
On peut dorer les grosses pièces en cuivre de la même manière ; mais, afin qu'elles ne refroidissent pas trop le bain d'or,. on les chauffe préalablement en les plongeant dans de l'eau bouillante. La dorure au trempé ne s'applique pas aux bronzes. En mettant les pièces à dorer en contact avec des fils de cuivre ou de zinc, on peut augmenter l'épaisseur de la dorure , comme dans le procédé de la dorure galvanique que nous allons décrire. Dans ce cas, le dépôt de Tor métallique a lieu sous l'influence dé forces galvaniques conmie dans la dorure galvanique proprement dite.
Dorure galvanique.
§ 4462. Les procédés de la dorure galvanique permettent de déposer l'or parfaitement adhérent , et en couche aussi épaisse que Ton veut, sur le cuivre, le laiton, le bronze, l'argent, le platine, le maillechort, le fer, l'acier, l'étain, etc. Ils peuvent servir également, en changeant les dissolutions, à déposer sur le cuivre et sur ses alliages l'argent, le platine, le cobalt, le zinc, etc., etc. Les bains que l'on emploie pour ces procédés galvaniques sont des dissolutions de cyanure de potassium dans lesquelles on a dissous un cyanure du métal que l'on veut déposer. Le même bain peut servir pour ainsi dire indéfiniment si l'on a soin d'y plonger des lames du métal à précipiter, que l'on a mis en communication avec le pôle
on.
positir de la pile. A mesure que le métal de la dissolution se dépo» sur les objets qui communiquent avec le pôle négatif , il se rfissoul une quantité équivalente du métal ^xé au [vâle positif , et le baiD conserve une composition constante si la surface des lames mélalliques est à peu près égale à celle des objets à recouvrir. Le bain qui convient le mieux pour la dorure se compose de 100 parties d'eau distillée, 10 parties de cyanure de potassium et 1 partie de uyannre d'or. Ce bain est placé dans une grande cuve en boisCC (Bg. 60Î), mastiquée à l'intérieur. La cuve est traversée pardon tringles mélalliques dorées H', m' qui plongent dans le liquide; ta tringleff communique avec le pâle n^atif de la pile, et la tringle vd' aveu le pûle positif. Deux grandes lames d'or ou' ou des plaquesde cuivre fortement dorées par les procédés galvaniques, sont plDiigéei dans le bain et communiquent avec la tringle uo', et, par suite, arec le pâle positif de la pile. Des tiges mobiles ab, en laiton doré, s'appuient sur les trinj^les W et vv' ; c'est sur ces tiges que l'on accrocbe les objets a dorer.
La pde est rornii.e par un nombre plus ou moins considérable d éléments zint et cuivre qui plongent dans une dissolution raiHe d acide sulfunque. Chaque élément se compose ordinairement d'au seau en bois, mastiqué intérieurement, dans lequel on dispoMdem cylindres concentriques, l'un de ïinc, l'autre de cuivif, mainlenns à distance par des tasseaux en bois. Le cylindre de zinc aétén préalable fortement amalgamé avec du mercure , aGn de le pmt^er contre une dissolution trop rapide. On place dans les seau une eau acidulée par de l'acide sulfurique, marquant S" i l'arénmëtre de Baume. Le zinc de chaque élément est laU en cotnnuiDication avec le cuivre de l'élément suivant au moyen d'un gros Ride laiton attaché à la partie supérieure des cylindres. Le cylindre litM
zinc de l'un des deux éléments cxlréines est mis en communican avec la tringle w' qui forme le pôle positif, et le cylindre de Wivre de l'autre élément eslréme communique avec la tringle M ui conftUtue le pôle négatif de la pile.
Les objets quidoivent être dorés sont soumis au dérochnge comme Burla dorure au trempé, mais le ravivage n'est pas nécessaire. Le mps de l'immersion varie selon l'épaisseur de la couche que l'on sut déposer. La température du bain doit rester entre 15 et 30^; 3 est obligé de maintenir cette température artificiellement peaint l'hiver. Pour connaître la quantité d'or que l'on a déposée, il lEBt de peser l'objet avant l'immersion et de le peser après. L'épaistur de la couche augmente proportion net lemeril avec le temps de immersion ; il est donc facile de la régler à vo'onté, à condition satefois que la pile conservera la même intensité; on peut recon- 1ttre si cette condition est remplie , en faisant passer un des Tda Ltrémes de la pile au-dessus d'une aiguille aimantée qui doit con-
une déviation constante.
Nous avons indiqué la composition du bain que l'on emploie crlinairement, mais on peut obtenir les mêmes effets avec des maigres différentes. On peut remplacer le cyanure de potassium par cyanure double de fer et de potassium, et le cyanure d'or par le esquioiyde d'or, ou par le chlorure double d'or et de potassium , eniÏD, parle sulfure d'or. Pour dorer le fer, l'acier ou Vétsin, on iTDCède de la même manière; mais il faut faire déposer préalable- >at un peu de cuivre à la surface de l'objet, en le maintenant jngé pendant quelques instants dans un bain formé par 4 partie cyamirede cuivre et 10 parties de cyanure de potassium dissous ■ans 100 parties d'eau.
ÀTgenture galvanique.
3 1163. L'argenture galvanique est principalement appliquée sur
» objets en maillechort ou en laiton ; on fabrique ainsi de la vais- ^e et des couverts qui imitent parfaitement l'argenterie, et sont 'nn très-bon usage. On peut augmenter l'épaisseur de la couche 'argent à volonté. On précipite ordinairement 60 grammes d'arjnt sur une douzaine de couverts ; la couche est alors assez épaisse jor résister à nn service journalier pendant 6 ou 6 ans.
Le bain pour l'argenture est formé de tOO parties d'eau distillée, de cyanure de potassium, 1 partie de cyanure d'argent. L'opé- Btion se fait exactement de la même manière que celle de la do-
ire. Les feuilles d'or du bain do dorure (fig. 602) sont nécessaire-
iimtil i-einplacéex pui' des plaques d'argent. Les pièces argeolées s»ni d'un blanc mat au sortir du bain ; on leur donne le poli au bruni»' soir. On les plonge ensuite dans une dissolution de borax, et on lis chauffe au rouge sombre dans une moufle. Les pièces . refruidies, ëont plongées dans une dissolution faible d'acide sulfurique, pui» scchées.
On peut, par des procédés analogues, dé^xiser du platine sur ilu cuivre ou de l'argent ; mais le platine prend très-dif&dleineiil dn l'adhérence , et on n'a pas encore réussi à obtenir des objets plaiid6s qui ne soient pas facilenienl attaqués par l'acide aïoliqae. Chi obtient des bains propres à ojiérer le zinguuge ot le plombage, en. dissolvant de l'oxyde de zinc et de Vosyde de plomb dansuseditsolution de cyanure de potassium,
GALVANOPLASTIE.
g 116i. On i>eut, à l'aide d'un courant électrique faible, dépiHM une couche de cuivre continue et consistante sur va objet donné, et reproduire ainsi, en creus, les reliefs avec une extrême perfection. On délache ensuite la plaque cuivreuse, et l'on s'en sert comme d'un moule pour déterminer, sous l'influenco du courant électrique, un second dépôt de cuivre métallique reproduisant roly jet primitif avec une fidélité parfaite. On applique ces procédés à la reproduction des médailles, et des planches gravées pour l'impression. On produit le courant électrique au moyen de piles semUïbles i celles qui'sonl employées pour la dorure. Le bain est rormi par une dissolution saturée de sulfate de cuivre, légèrement acidulée ; on y plonge l'objet sur lequel on veut précipiter du cuivre métallique, après l'avoir mis en communication avec le pôle uégatir. On termine le pôle positif de la pile paruite plaque de cuivre, àpeo près de la même dimension que l'objet, et disposée parj 11 élément, aune petite distance. Pour reproduire une médaille, on commence ordinairement par en prendre le moule en creun, soit avec du piUn (§660), Boit avec de l'alliage fusible (g 316), soit même avec de l'acide sléarique. Ce moule doit être rendu imperméable par une immersion pendant quelques instants dans un mélange fondu d'acide stéarique et d'un peu de cire blanche ; on en recouvre ensuite l'intérieur avec de !a plombagine étendue unirorménient à l'aids d'un pinceau. Cette couche a pour but de rendre la surface du nuiule conducteur de l'électricité. Cela fait, on plonge le moule daiu la dissolution de sulfate de cuivre, après l'avoir SiTiéà l'aided'une petite bande de cuivre qui enveloppe son contour et s'attache au (il
GALVANOPLASTIE.
' de la pile. Le cuivre , qui se dépose sur le moule , peut être à une épaisseur aussi considérable que l'on veut, en prolonsuffisamment le séjour dans le bain : il se détache ensuite cilement du moule , qui peut servir à reproduire un nombre i de médailles. Le cuivre qui se précipite ainsi sous l'influence irant galvanique, est en grains cristallins; ces grains sont tits quand le courant est faible. 11 est facile de se convaincre , son que rend le métal quand on le frappe , qu'il n'est jamais compacte que du cuivre fondu ou laminé, -reproduire les médailles, on n'a pas besoin de se servir d'une parée , et l'on peut disposer l'expérience de manière que le t galvanique se produise dans le bain lui-même. La figure603 înte un petit appareil que l'on emploie ordinairement pour \. est un vase en verre , rempli d'une dissolution saturée de de cuivre ; pour que cette dissolution reste toujours à l'état iration malgré la précipitation du cuivre , on place des cris- B sulfate de cuivre sur le support m. Un cylindre en verre B, à ses deux extrémités , est Maintenu par le support /, V, /",
dans l'intérieur du vase A ; le fond intérieur de ce cylindre est formé par une membrane poreuse, une peau de vessie par exemple. On verse dans le cylindre B une dissolution faible d'acide sulfurique. Deux anneaux métalliques a , 6 , terminés par des tiges métalliques qui se réunissent à leur partie supérieure, sont plongés, l'un 6, dans la dissolution de sul- ! cuivre, l'autre a dans l'eau acidulée d'acide sulfurique. Ces nneaux sont par conséquent séparés par la membrane. On iur l'anneau a une plaque de zinc amalgamé, et sur l'anneau Qule , convenablement préparé , sur lequel on veut obtenir le du cuivre. On juge de l'intensité dû courant électrique en . passer la branche supérieure tV des tiges métalliques qui tent les anneaux a et 6 , au-dessous d'une aiguille aimantée , dont les déviations sont en rapport avec l'énergie du cou-
Fig. 603.
AobIt'C «t «■•«■■ de» atlIntirH d'oi
g 1165. On peur Taire Tanulysedt's alliages d'or el de cuifre en lescoupellant avec du plomb, et opérant d'ailleurs exactemeol de la même maniëri; que pour la coupcllation des alliages d'ai^nl el de cuivre. Hi l'alliage ne renferme pas d'argent, le poids du boulon de retour représente à'peu près exaclemenl la quantité d'or pur qui existe dans l'alliage ; mais, si l'alliage renferme une certaincprth portiou d'argent, ce qui arrive fréquemment, l'aident reste allié à l'or à la an de la coupellatioD. Cependant , dans celte coupellulion directe, il y a des surcharges et des pertes qui s'élèvent quelqueTais jusqu'à 3 miliiëmes. Lorsque la température de la moufle est trèsélevéc, il y a une petite perte provenant d'un peu d'or absorbé par la coupelle ; lorsque la température est trop basse , l'or retient un peu de cuivre et de plomb. L'or éprouve moins de perte par ïdI»tilisation que l'argent.
Pour déterminer exactement la quantité d'or qui se trouve d«ii un alliage ternaire d'or, d'argent et de cuivre, on le coupelle à uiu température modérée avec une certaine quantité d'argent et de plomb. On obtient ainsi un alliage d'argent et d'or, que l'on Iraiie
§ar un escèsd'acide azotique qui dissout l'argent et laisse l'orà l'État e pureté. Mais, pour que cette analyse donne des résultats eiacb et s'exécute facilement, i! faut qu'il y ait un certain rapport entre les quantités d'or et d'argent. Si l'at^enl est en quantité trop faible, l'acide azotique ne l'attaque pas complètement; si, au contraire, l'argent est en quantité trop grande, l'argent et le cuivre se dissolvent entièrement, mais l'or se sépare sous forme pulvérulente, et il est difficile de le recueillir sans perte. L'expérience a montré que les conditions les plus favorables à celt« analyse, appelée ordiniirement le dépari, consistent à amener l'alliage k contenir J d'ot f( {d'argent. L'attaque de l'alliage esl alors complète, bien que l'or séparé conserve la forme de l'alliage primitif et ae se divise pas.ii l'on opère avec les soins convenables. L'opération qui a pour b«l de produire cet alliage a reçu le nom d'inquarlallun.
La proportion de plomb qu'il faut ajouter à l'alliage varie avtt le titrede l'alliage. Ces proportions sont indiquées dans le tableai suivant :
l fe.
If
ït
QuaDtités de plomb nécessaires pour enlerer Titres de l'or allié au cuivre. complètement le cuivre par coupcllatidii .
4000 millièmes 4 partie.
iOO ;
Supposons que l'on ait à déterminer le titre d'une monnaie d*or , titre légal de l'alliage, que l'on peut regarder comme son titre aptxîhé, est de ■^^. On opère ordinairement sur 0^,500 d'alliage tntenant d'après le titre légal 06^,450 d'or; il faudra donc ajouter lur l'inquartation 45^,350 d'argent et 5p de plomb. Si l'on opérait ir un alliage dont le titre fût complètement inconnu , il faudrait le {terminer approximativement par l'essai au touchau que nous déirons tout à l'heure, et l'on opérerait ensuite comme à l'ordinaire. On place d'abord le plomb dans la coupelle chauffée, et, quand métal est bien fondu, on introduit le mélanged'or et d'argent ffès l'avoir pesé et enveloppé dans un peu de papier. On laisse la «ùpellation marcher comme à l'ordinaire; cette coupellation exige oins de précautions que celle des monnaies d'argent , parce que lisent allié à l'or n'est pas exposé à rocher ; il est bon, néanmoins, ) retirer la coupelle immédiatement après l'éclair, pour éviter les ►rtes par volatilisation. Quand le bouton est refroidi, on l'enlève, i l'aplatit au marteau sur un tas d'acier, on le recuit ensuite penint quelques instants , puis on le lamine entre des cylindres. La me obtenue est roulée en spirale ; on en forme une espèce de cor- $t que l'on soumet à l'action de l'acide azotique dans un petit maas d'essayeur (fig. 604) dans lequel on verse 30 grammes d'acide îg. 60 i. azotique à 22® Baume, que l'on fait bouillir pendant 20 minutes. On décante ensuite l'acide, et on le remplace par 30 grammes d'acide azotique plus concentré et marquant 32**. On fait bouillir encore pendant 40 minutes; après quoi, on décante l'acide et on lave,
Oà plusieurs reprises, l'or qui a conservé la foime de l'alliage. On remplit le matras complètement d'eau. !s, bouchant son ouverture avec le pouce ; on le retourne; le ii: 34
cornet d'or tombe lentement dans la colonne liquide , sans se agréger; on le reçoit dans un petit creuset de terre; on dé( Teau , et on porte le creuset au rouge dans la mouQe.
Il est essentiel de ne pas attaquer immédiatement Talliagep l'acide trop concentré , parce que l'or pourrait se diviser. Qi l'attaque a été faite avec les soins que nous avons indiqués, reste sous une forme spongieuse, brune, très-friable, qui préseï peu près le même volume que l'alliage primitif ; mais il subi retrait considérable quand on le chauffe dans le petit creuset, il quiert de la consistance, et prend Téclat et la couleur de For ] léable. L'or calciné est pesé exactement , et l'on obtient aini titre de l'alliage, à 4 millième près.
Des essais directs faits sur des alliages connus d'or et d'ar, ont montré que l'opération, telle que nous venons de la décrire exécutée avec les soins convenables, ne peut donner que les reurs suivantes :
Titres vrais deralliage*
Titres trouvés.
Différences.
Essais au touchau.
% 1466. Le procédé d'essai que nous venons de décrire ne pas s'appliquer à la petite bijouterie, car il faudrait détruire la] pour la soumettre à l'essai. On se contente, pour la bijouterie de la soumettre à des épreuves qui ne l'altèrent pas d'une mai sensible et qui permettent réellement à un essayeur expérin: de déterminer son titre à un centième près. Ce mode d'essai | le nom d'essai au touchau. Il consiste à frotter l'objet contre pierre noire très-dure, sur laquelle il laisse des traces; l'essa juge approximativement, du titre de l'alliage d'après la coulei ces traces, et d'après la manière dont elles se comportent quan les mouille avec de l'acide azotique à la densité de 4 ,34 mél
2 pour 400 d'acide chlorhydrique. La pierre noire, que l'on appelle pierre de touche^ est une espèce de quartz coloré par un peu de bitume ; elle provenait anciennement de la Lydie , où on la trouve lOQs forme de cailloux roulés ; mais on en rencontre aussi en Bohême, en Saxe et en Silésie. Les conditions essentielles, auxquelles une bonne pierre de touche doit satisfaire, sont : une coloration noire intense , afin que les traces d'or se distinguent facilement , l'inaltérabilité par les acides, une dureté et une légère rugosité qui entament suffisamment la pièce d'or.
L'essayeur est pourvu d'une série de petites lames formées par des alliages d'or et de cuivre , dont les titres lui sont exactement connus. Ces petites lames , nommées touchaux , lui servent pour comparer les traces qu'elles laissent sur la pierre de touche, avant et après l'action de l'acide, avec celles des alliages soumis à l'esssai. On ne doit pas tenir compte des premières traces que l'objet laisse sur la pierre de touche ; données par la couche superficielle, elles sont toujours à un titre plus élevé, parce que la surface a été amenée à l'état d'or pur par la mise en couleur ; on doit donc faire plusieurs traces et n'examiner que les dernières. Immédiatement à côté de celles-ci on fait de nouvelles traces avec les touchaux dont la composition est supposée se rapprocher le plus de celle de l'objet, on passe dessus une tige de verre que l'on a plongée dans l'acide , et l'on examine la couleur que prend l'acide sur chacune des traces, et la manière dont celles-ci sont attaquées.
402 PLATINB.
ver longtemps les creusets de platine, il faut éviter d« les chauffer au contact du charbon; on les place dans des creusets de terre au fond desquels on met un peu de chaux vive ou de magnésie.
§ 1169. Le platine métallique peut aussi être obtenu sous forme de précipité chimique très-divisé , qu'on appelle noir de platine . il jouit alors de propriétés remarquables sur lesquelles nous devons insister. On obtient le noir de platine en réduisant le platine en dissolution par une matière organique facilement combustible. Ordinairement , on fait bouillir une dissolution de chlorure de platine - PtCl* avec du carbonate de soude et du sucre ; il se forme du chlorure de sodium , le platine se précipite à l'état métallique, et l'oxygène abandonné par la soude décompose une partie du sucre qu'il transforme en eau et en acide carbonique. Il faut avoir soin d'agiter fréquemment le ballon dans lequel se fait l'opération , pour que le platine précipité ne s'attache pas aux parois. On recueille le précipité sur un filtre , et on le sèche entre plusieurs doubles de papier Joseph.
On prépare également le noir de platine en dissolvant du protochlorure de platine, PtCl, dans une dissolution concentrée de potasse , faisant bouillir la liqueur, puis y projetant peu à peu de l'alcool. H se fait une effervescence très-vive d'acide carbonique, et le platine se précipite. Enfin, on prépare quelquefois le noir de platine , en décomposant à chaud le sulfate de platine par l'alcool.
Lo platine métallique très-divisé jouit de la propriété de condenser les gaz en très-grandes quantités. Ainsi , le noir de platine qui a séjourné dans une atmosphère de gaz oxygène, a condensé plusieurs centaines de fois son volume de ce gaz , et produit des phénomènes de combustion très-intense. Si l'on projette, par exemple, une goutte d'alcool absolu sur du noir de platine ainsi chargé d'oxygène , il y a inflammation , et toute la matière devient incandescente. Si l'on place une capsule renfermant du noir de platine sous une cloche remplie d'air et dont les parois sont mouillées d'alcool, les vapeurs d'alcool subissent une oxydation lente qui les transforme en acide acétique. Les noirs de platine , préparés par les divers procédés que nous venons d'indiquer, ne présentent pas tous cette propriété au même degré ; celui que l'on obtient en décomposant le sulfate de platine par l'alcool est le plus actif. On peut mesurer cette action de la manière suivante : on fait passer, au haut d'une cloche divisée pleine de mercure, une petite quantité d'une dissolution d'acide formique (acide organique qui se transforme très-facilement en eau et en acide carbonique par les actions oxydantes), puis on introduit dans cette cloche un poids déterminé de