‹ Cours élémentaire de chimie (volume 2)Chapitre 3 sur 130 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

$ 732. Les métaux que nous avons étudiés dans la sei^onde partie de cet ouvrage ne sont jamais employés dans Il>s arts à l'élat mêlai- Uque, mais ils fournisseot un grand nombre de coniposi^s utiles aux arts et à l'iudustrie. On oblienl ces composés , dans les fabriques de produits chimiques, par des procédés analogues h ceux que nous employons dans nos laboralOTBS.

Parmi les métaux qui nous restent encore à étudier, un grand nombre sont employés à l'élat métallique. On les extrait de leurs minerais par des procodés particuliers, appelés ji rocAJiis miiailnTffiqties. Touterois, pour qu'ils soient ulillséâ à cet état métallique, ils doivent satisfaire aux conditioas que nous avons énumëréea (§276). Tous ne sont pas dans ce cas, beaucoup d'entre eux sont rares, leur extraction présente 'le grandes difficultés, et, jusqu'à présent, on ne It^ura pas trouvé d'application spéclaledanslfs arts. ils ne présentent donc qu'un intérêt purement scientifique. Néanmoins on ne peut s<''par<T leur étude de celle des métaux qui ont reçu des applicalions dans les arts, parce qu'ils présentent avec eus derniers une analo(;ie remarquable dansleurj propcictés chimique'. .Nous tioui en occuperons donc , mais nous noua étendrons beaucoup moins sur leur histoire que sur cello des métaux utiles.

§ 733. On donne le nom de minerais aux composés nDétalliques naturels qui renferment une proportion de métal assez grande pour que l'extraction puisse en être faite avec profit. Cette proportion est variable, suivant la valeur vénale du métal , et la facilité plus ou moins grande avec laquelle on le sépare des substances auxquelles il est combiné. Le fer est à très-bon marché dans le commerce ; ses minéraux doivent donc être très-riches pour pouvoir être utilement exploités comme minerai. Les minerais de fer, les plus pauvres^ renferment au moins 20 pour iOO de fer ; le métal y existe à l'étal d'oxyde dont la réduction est facile. On trouve dans la nature, en grande abondance , des combinaisons du fer avec le soufre , les pyrites de fer. Ces combinaisons renferment jusqu'à 47 pour 4 00 de fer ; cependant elles ne peuvent pas être considérées comme des minerais, parce que le traitement qu'il faudrait leur faire subir pour en extraire du fer de bonne qualité, serait trop dispendieux. Le cuivre a beaucoup plus de valeur commerciale que le fer ; aussi des minéraux qui ne renferment que quelques centièmes de métal, sont-ils traités avec avantage comme minerais de cuivre , lors même que le métal s'y trouve à l'état de sulfure. Enfin , des minéraux renfermant seulement quelques millièmes d'argent ou d'or, peuvent être exploités avec bénéfice.

§ 734. Le minerai, tel qu'il sort de la mine, est rarement assez riche pour qu'on puisse l'envoyer immédiatement à l'usine métallurgique. Il y a, en général, avantage à lui faire subir des triages et diverses préparations mécaniques destinées à séparer la plus grande partie des matières terreuses mélangées. On donne à ces matières le nom de gangue. C'est ordinairement dans la mine même que l'on sépare les plus gros morceaux de la gangue; on s'en sert pour remblayer les excavations que l'exploitation a produites dans la roche. On n'extrait de la mine que les fragments qui peuvent être purifiés avec avantage par les préparations mécaniques.

§ 735. Les minerais de fer employés sont toujours fort riches; ceux qui ne le sont pas n'ont pas assez de valeur pour qu'on puisse les enrichir par des préparations mécaniques dispendieuses; aussi le plus souvent , se contente-ton de les soumettre à un débourbage^ pour séparer les parties argileuses. Quelquefois, on abandonne à l'air le minerai pendant plusieurs mois , l'argile devient plus friable et se détache facilement. Le débourbage des minerais de fer se fait au milieu d'un cours d'eau , dans des appareils appelés patouillets. Quelquefois, on se contente de remuer le minerai à la pelle, dans

'eau. Le minerai jetéàlapplledaDSuueunsselui t^ui A traversée ir le cours d'eau , s'y débarrasse d'une partie de son argile. Od le tt8 ensuite dans une caisse demi-cylindrique B, remplie

l'arbre de la roue hyn déversoirde superficie, , pratiqué au bas de la ivrier l'enlève, quand il

ie,sont

est aigité par des bras en 1er , montés si raulique- L'eau bourbeuse s'écaule par ui le minerai lavé s'extrait par un orif lisse. 11 tombe dans une boite D, d'oi Lrauve suffisamment débourbé.

g 736. Les autres minerais métalliques , extraits délai

iésàla main pardes femmes et des enfants, qui iea : i' en morceaux asset riches pour être envoyés iitiméil àrnsino; 2° en fragments, composés de minerai et de pagne, qui doivent être soumis aux préparations mécaniques; en morceaux de gangue , qui sont rejetés. Occupons-nous des iréparations mécaniques que l'on fait subir à la seconde classe de liinentis. Lorsque la substance métallifère n'est pas intimement laëlangéeà la gangue, on casse au marteau les gros morceaux , et nsotimet les fragments à un nouveau triage; mais, lorsque le létangeest trop intime, on brise les morceaux entre des cylindres fonte , DU sous des bocards. La ligure i&t représente un appareil cylindres broyeurs. Les figures 163 et JGi montrent la disposin des uylindres. Ou emploie deux espèces de cylindres en fonte de dure : des cylindres cannelés (Gg. i&i] , et des cylindres unis (Cg. i63). Les cylindres cannelés sont destinés â. casser les plus gros fragments : les cylindres unis broient les fragments qui proviennent du travail (les cylindres cannelés.

Un seul de ces cylindres  reçoit le mouvement d*une roue hydraulique , par l'intermédiaire d'un engrenage qui lui donne la vitesse convenable. Le second cylindre B est entraîné parle premier. Le cylincJre A porte sur deux paliers fixes K ; les paliers L qui supportent le cylindre B, sont, au contraire , mobiles et glissent sur des coulisses a6 , cd. Le cylindre B peut ainsi s'écarter du cylindre A, lorsqu'il se présente un gros morceau de minerai qui oppose trop de résistance à l'écrasement. Le cylindreB est poussé vers le cylindre A par des poids F, qui agissent à l'extrémité de longs bras de levier ST.

Le minerai est apporté par des wagons qui glissent sur le chemin de fer FF'. L'ouvrier le jette à la pelle dans une trémie en bois U, placée au-dessus des cylindres. Quand il est broyé, il tombe sur une caisse à secousses inclinée M. Le fond de cette caisse est formé par des grilles métalliques à ouvertures très-petites vers le haut, et plus larges vers le bas. Les grains les plus fins passent par les grilles supérieures ; les plus gros par les grilles inférieures ; ils sont reçus dans des compartiments particuliers, placés au-dessous. Les fragments trop gros pour passer à travers les grilles roulent au bas de la caisse M , et tombent dans une roue à augets RR'R'^, qui tourne lentement , et les remonte à l'étage supérieur , où se trouve le chargeur. Ces fragments repassent entre les cylindres avec le minerai venant de la mine.

Le minerai, concassé par les cylindres cannelés , est donc divisé par le crible M en plusieurs sortes présentant diverses grosseurs; mais souvent , les fragments les plus gros sont encore une fois triés à la main. On en sépare ceux qui peuvent êlre fondus immédiatement, les fragments de gangue pure qui sont rejetés, enfin le minerai mêlé de gangue qui doit être broyé de nouveau. Ce nouveau broyage se fait entre les cylindres unis. Le minerai n'est plus versé directement dans l'enlonrioir U, mais dans un crible à secousses V(fig. 462), dont le fond est formé par une grille qui arrête les fragments trop gros et ne laisse arriver entre les cylindres que ceux qui ont un# dimension convenable. Le minerai broyé est reçu de nouveau sur un crible M, dont les mailles sont plus fines que celles du crible des cylindres cannelés. On cherche , par ce broyage , à réduire le mi" nerai en fragments de 4 à 5 millimètres de diamètre , qui se prêtent le mieux aux opérations subséquentes. On ne p^pt pa§t éviter, cependant, la formation de grains plus fins et de poussière, bien qu'on cherche à en diminuer la quantité autant que possible.

§ 737. Le minerai , en grains plus ou moins fins , est soumis au travail dans les cn'6/es à dépôt. Ce travail est fondé sur les principes théoriques suivants :

Supposons que Ton fasse tomber d'une grande hauteur , dans un liquide en repos, des corps de différentes formes, de diverses grosseurs et de densités variées, ces corps éprouveront, dans leur chute, des résistances différentes , et n'arriveront pas en même temps au I fond du liquide. Il se fera donc , pendant leur parcours , une espèce de triage manifesté par la place qu'ils occuperont dans le dépôtqui se formera au fond du liquide.

Admettons que tous ces corps ont des formes semblables, des surfaces égales , et qu'ils ne diffèrent que par leurs densités. Comme la résistance qu'un corps éprouve en se mouvant dans un liquide ne dépend que de la forme et de l'étendue de sa surface, et nullement de sa densité, il est clair que tous ces corps éprouveront, de la part du liquide, des pertes égales sur leur quantité totale de mouvement. Mais ces pertes seront plus sensibles sur les corps qui possèdent une moindre quantité de mouvement , c'est-à-dire sur les corps les moins denses. Ces derniers se mettront donc en retard sur les autres, pendant leur chute au milieu du liquide, et arriveront les derniers à la partie inférieure. Le dépôt des matières au fond du liquide se composera donc de diverses couches, stratifiées d'après leur densité. Les corps les plus denses se trouveront au bas, et les moins denses formeront les couches supérieures.

Supposons, au contraire, que les corps qui tombent dans le liquide, aient des densités égales ; supposons de plus qu'ils aient des formes semblables , qu'ils soient tous sphériques ou cubiques , par exemple, mais de grosseurs différentes. Les quantités de mouvement qui les animeront pendant leur chute, seront proportionnelles à leur volume. Les résistances qu'ils éprouveront de la part du liquide , seront proportionnelles à leurs surfaces , puisque nous supposons leurs formes semblables, et nous admettrons même que leur orientation pendant la chute sera la même. Or, les volumes variant comme les cubes des dimensions homologues, tandisque les surfaces ne varient que qpmme les carrés de ces dimensions, les quantités de mouvement, qui animent ces corps , seront proportionnelles aux cubes d* d'une de leurs dimensions ; et les résistances opposées par le liquide seront seulement proportionnelles aux carrés d* de cette dimension. Si M et m représentent les volumes de deux corps ayant la même densité , D et d leurs dimensions homologues , les quantités de mouverhent qui les animent seront proportionnelles à Mgf et à tn^, ou à D'8gf et à d^hg ; 8 représentant la densité des corps et g l'intensité de la gravité. Les pertes qu'ils subissent par la résistance du liquide, seront proportionnelles à D* et à d*. Ces pertes formeront des fractions de la quantité totale du mouvement , plus grandes pour le corps

plus pelit qne pour le plus gros ; car cette fraction esl pour !e plus e''>*^3°''DÏ-fl' e'P«"""'e pluspolit^^ou^.fflétaQlle coefficient coDslant do la résistance. Les corps les plus gro doncles premiers BU fond dulittuide, et le dèpùt sera formé par des couches disposées suivant l'ordre de grosseur des corps , les plus gros occupant le fond.

Enfin , supposons que les corps nient la même densité et des volumes égaux, mais que leurs formes soient différeates , par exemple, que tes uns soient cubiques , et que les autres aient la forme de lamelles rectangulaires aplaties. Les lamelles ayant une étendue da surface plus grande que les cubes, éprouveront une plus grande résistance dans leur chute à travers le liquide. Les cubes arriveront donc les premiers au fond, et les lamelles se déposeront par-dessus. S'il y a des lamelles plus ou muins aplaties, les plus plates occuperont Iq partie supérieure du dépôt.

Voyons maintenant comment ces principes s'appliquent à la purification du minerai. Nous avons dit que les cribles qui sont adaptés aux cylindres broyeurs divisaient la matière en plusieurs classes , dont chacune était composée de fragments à peu près égaux. Supposons que tous ces fragments, qui sont, les uns du minerai pur, les autres de la gangue pure, d'au très enfin des mélanges de gangue et de minerai , aient rigoureusement la même forme et le raÈme volume. Comme le minerai mëtallifère est, en général, beaucoup plus dense que la gangue, il est clair qu'en tombant dans l'eau d'une grande hauteur , le minerai pur arrivera le premier au fond ; il sera suivi par les fragments composés de minerai et de gangue, et les fragments de gangue pure arriveront les derniers. On pourra donc Egarer le dépdt en trois parties ; gangue pure, qui occupe la partie supérieure et que l'or rejette ; minerai pur formant les couches inférieures et qui peut être envoyé à l'usine; enfin, en une partie intermédiaire, composée de gangue et de rainerai, partie qui n'est pas assez riche pour être fondue immédiatement, et qui doit être broyée de nouveau, pour être soumise à des opérations semblables. On voit qu'il est essentiel, dans ce procédé de séparation, de rendre les fragments aussi égaux que possible , dans leurs dimensions et dans leur forme , mais cette condition ne peut pas être remplie à volonté. On peut, par le criblage sur des grilles, approcher plus ou moins de l'égalité de dimensions , mais il n'est aucun procédé qui puisse opérer un classement d'après la similitude de forme, car ce dernier caractère dépend rie la constitution moléculaire de la gangue et du minerai, de leurs clivages, etc., etc. Il pourra donc.

8 PRËPABATIOH DES MINERAIS.

airiver que, dans uno même tspèci; de minerai broyé , ayant passé à travers la même grille, il ^ trouve des fragments lamellaires de minerai métallique et des fragments de gangue cubiques, ou arrondis. Le minerai mélallique, en vertu de sa plus grande densité, tendra à tomber plus vite dans Veau que la gangue ; mai: celle-d , 1 cause de sa forme cubique, pourra éprouver de la part du lii^uide moins de résistance, que les fragment lamellaires du composé métallique, et le dépât pourra se faire en définitive suivant l'ordre inverse des densités. Toutes ces circonstances se présentent simullïnément dans la pratique et empêchent la séparation des maliim d'être aussi parfaite qu'elle le serait si on pouvait réaliser lesdrconstances simples que nous avons supposées tout à l'heure.

g 738. La séparation du minerai en morceaux d'égale grosseur, est tellement imporlanle qu'on l'exécute souvent à part sur les fragmentsqui proviennent du triagea la main, ou sur te plus gros fragments donnés par les cylindres broyeurs. On se sert, pour cela, da

crible a s Cet appare I se compose do deux

ca Bses ABC / | rf ne rtu-dessou de 1 au re et qui sont

m ses en mnuven e t par la roue h d a 1 que u nojen des deux tr ngles ( e uu Un canal os amené de I eau dans la première

PRErAlUTIOn DES HINËHAIS. <J

parlie tie Mite eau ralombe, par le canal g. dans la caisse re. Le fond des deux naisses esl forniépardea grilles en fer, te fortBs toiles métalliques. Les ouvertures des grilk'S de la L&Cp sont plus grandes que celles de la caisse e^ Le minerai il la pelle vers Jelaut de la caisse ABCO. Les secoures imi à cette caisse font descendre ce minerai sur les grilles ; une u minerai tombe à travers les ouvertures, et se rend dans la irérieufeî^oùil est soumis à un secondcriblage.il est ainsi '.a trois gro:$Beurs : celui qui est trop gros pour passer par \ei ie la caisse ABCD tombe sur la table mn : celui qui u Irajagrilledela caisse ABCD, mais qui ne peut pas passer par ertures de la caisse ef, se rend dans la boite Ait ; euRn celui verde la grille e/'tombe dans une seconde boite, placée uus de cette grille.

S. Un crible à dépôt (fig. i66] se compose d'un tamis cylindrique C, dont le fond est formé par une toile mêlai 1 iqueassez fine pour que les fragments déminerai nepuissenl pas passer à

truve

s les I

les Ce ternis est attaché auneti^p verticale en fir h Qxéeâarticulation

n le\ie

ho-

rizontal 9?i, équilibré par un con- Ire-poiJe P I e l.imis cKt main- I I I dans un qui 1) rempli d ,c Ltumtrle 11.11 œu^realaide dune ti^e do bois ileE, diri,zéedana8on mouvement par une coulisse D LemineverestplacCBur une tableA, I ou^rle^ en remplit le tamisju^ oitié.et il secoueMiemmlceljniisaumilieudel eau Pendant vement descpndani le lamispsipnus-ie avec force vers le fond uet, 1 eau pénètre par la toile métallique et snulev o le minerai

iO PRÉPARATION DES MINERAIS.

qui se trouve ainsi abandonné pendant quelques instants à l'action de la pesanteur. Les divers fragments qui tombent au milieu du liquide, tendent à se déposer d'après les lois que nous avons énoncées plus haut; et, bien que la hauteur de la chute soit très-petite, si les secousses sont répétées un grand nombre de fois , la séjjaration des fragments de minerai se fait d'une manière aussi nette que si on les avait fait tomber d'une grande hauteur. L'ouvrier trouve donc au bout de quelque temps : i"* à la surface de son tamis, une couche de gangue pure qui peut être rejetée, ou au moms de minerai trèspauvre , qu'il faut réduire en poudre fine sous le bocard pour pouvoir en séparer des parties assez riches pour être fondues ; 2° une couche moyenne, formée de fragments composés de minerai et de gangue, qui doivent être réduits en fragments plus petits pour être soumis à un nouveau criblage; 3° enfin; au fond de son crible, un minerai assez pur pour être envoyé à l'usine. Le plus souvent, il met de côté la couche moyenne, et, quand il en a une quantité suffisante, il recommence le criblage, qui lui donne une nouvelle quantité de minerai bon à fondre.

Dans les laveries bien disposées, les cribles à secousses sont mis en mouvement par une roue hydraulique; on peut alors opérer avec des tamis plus grands, les charger davantage et faire exécuter le travail par des enfants.

On peut purifier, par ce procédé, des minerais en fragments très-petits , dont les diamètres n'ont que i millimètre. Les toiles métalliques des tamis sont alors à mailles beaucoup plus fines que celles des tamis qui servent au lavage des fragments plus gros.

§ 740. Le minerai qui ne peut pas être suffisamment enrichi par le criblage est envoyé au bocard. Le bocard (fig. 467) se compose d'une série de pilons PP', formés par des tiges en boisP', terminées au bas par des socles en fonte P. Ces pilons battent dans une même auge M, dont le fond est formé par une plaque de forte tôle AB, reposant sur un madrier de bois CD, établi sur des fondations solides en maçonnerie. Les parois latérales de l'auge sont formées par des grilles en fer , ou des plaques de tôle percées de trous. Les pilons sont mis en mouvement par un arbre de couche xy, mù par une roue hydraulique. L'arbre porte sur son contour des cames, qui soulèvent les pilons à l'aide de mentonnets w. (On a supposé dans la figure que les parois latérales de l'auge avaient été enlevées pour trois des pilons , afin de faire voir les socles en fonte P.) Les cames sont disposées sur l'arbre de couche , de manière que les pilons soient soulevés successivement, et que la charge de la machine soit à peu près constante.

PREPARATION DES IflSEIUIS.

courant U'eau arrive conslamment dans l'auge da bocanJ Ou : le minerai â In pelle. Les parliL's suRisajnment pulvérisées it en suspension dans l'eau et passent à travers les grilles las. Elles vont 5Gdé|»ser dans des canaux CD, E, qui regnenl le

aaus;leâ plus linessunlentialaécs plus loin. Lonime les eaux t circulé avec une faible vitesse dans les canaux, sout souvent > bourbeuses quand elles arrivent â l'extrémité de leur parmi les recueille dans de grands bassins, où elles abandonennt issiëres les plus Snesqu'elles tenaient en suspensiun. On donne I de sch'ic/t au minerai broyé, qui se dépose dans les canaux, li de schliimm aux matières trâs-divisées qui se déposent dans indB bassins. Les schilchs que l'on trouve dans les diverses s des canaux, diffèrent noa-seulement par la grosseur de leurs ;, mais encore par leur richesse en métal. On a suin de les dim plusieurs classes, qui sont Irailées à part. lavage des scblichs se fait dans trois espèces d'appareils, les s à tombeau, les tables dormantes et les tables à secousse. U. Les priucipes physiques sur lesijuels sont fondés les lava-

PRËPARATION DES HIHERAI8.

gesiles^hlich^, sont un peu ditTérenls cIb ceux du lavage au crible, qui u'esl applicable qu'aux fragments d'une certaine grosseur. Le minerai n'est plus abundonné à l'action de la pesanteur, dans un liquide en repos; il est soumis à l'action d'un liquide en mouvement, qui coule avec le minemi sur un plan incliné. L'impulsion que l'eau imprime aux diiïérenU fragments, est proportionnelle à leur surface, mais indépendante de leur volume et de leur densité. A surface égale, les fragments sont portés plus ou moins loin par l'impulsion du liquide, suivant que leur poids est moins ou plus considérable. Si les fragments ont des formes semblables el des surfaces égales, ceux qui possèdent la moindre densité sont portés le plus loin. S'ils ont, au contraire, même densité et même volume, ce sont ceux qui présentent le plus d'étendue de surface, qui se déposent le plus loin. EnQn , à égalité de densité et avec des formes semblables, les fragments les plus petits vont plus loin que les fragments plus gros, parce qu'ils présentent proportionnellement plus de surface à l'impulsion du liquide. On voit, d après cela, que, dans ces nouveaux procédés de lavage, comme dans le crible à secousses, la séparation du minerai n'a pas seulement lieu d'après l'ordre des densités, mais encore d'après le volume et la forme des petits fragments ; il faat donc chercher à opérer sur un minerai dont les fragments soient aussi semblables que possible.

§ m. Les caisses à tombeau (fig. i&i) sont de longues caisses en boisBC, dont le fond présente une légère inclinaison. Elles sont fer-

mées, ù leur extrcmiH I \i<\ mw pl.iru \u- jiriciM' do plusieurs ;Verlures, a dilîerenles biuieurs. Ces ouvertures sont bouché» '■pendant le lra\Bd A la léte de ces caisses, en A, se trouve oi banquette sur laquelle on place le minerai ù laver ; on y fait arriver une eau courante. Le minerai est mis en suspension dans l'eau, tombe dans la caisse BC, et se dépose sur le fond, à différentes dUlances de la banquette A. Us parlies les plus ténues restent en sus-

PKKPAKATION UES NINKHAIS.

pension dans l'eau, qu'elles rendent bourbettse. Lorsque la cals-eest remplie d'eau, on arrête l'eau arrivante, et l'on débouche une dei ouverturestlerestrémilédela caisse. Les eaux bourbeuses s'écoulent dans ud canal UU'.qui les amène (lan-idelonf s canaux et bassins de dupât, OR elles abandonnent les matières qu'elles lieunent en Buspen^on. On reeoramence auasitât le lavage d'une nouvelle portion de minerai, laquelle vient se déposer sur la premièie. On continue ainsi jusqu'à ce que l'on ait nn dépôt de plusieurs centimètres d'épaisseur. A mesure que la hauteur du dc|iât augmente, on ouvre, [lour faire écouler les eaux bourbeuses, une ouverture ]rfus élevée de rextrémilé C.

Le minerai déposé au Tond de la caisse est divisé en trois classes, qui sont traitées séparément dans les opérations suivantes. Celui qui s'est déposé vers la tâte de la cais'te est souvent assez pur pour dire envoyé à l'usine; celui qui s'est déposé vers le milieu, et celui que l'on trouve vers le bas et qui est le plus pauvre, sont soumis à de nouveaux lavages, soit dans les caL''Ses à tombeau, soit sur les tables dormantes, soit sur les tables à secousses.

§ 743. Les lablfs dormanlet, qu'on appelle aussi quelquefois labtes jumeWe.'. puri'e qu'elles sont ordinairement accolées deus à deux, se composent de tables inclinées AU (Bg. i69J de 7 à 8 mè-

tres de longueur. Elles sont munies de rebords en bois pour n tenir l'eau qui coule sur leur surfa e A. la lële A des tables, se trouve un plan triangulaire ABC (Qg 470] piésenlant une plus grande inclinaison, et dont le sommet n'offre qu une petite oiivertnre A, par laquelle arrive l'eau qui lient le mmerai en suspension De petits prismes triangulaires en bois sont implanles sur ce plar incUné ; lis divisent l'eau qui a " pandre en r appe uniforme si

U PKePAItATIO!( DES linEKAlS.

nerai à laver est jeté dans une auge M ;fig. 169), où arrife cougtamment un petit filei d'eau. Il y est agité par ane petite roue à paletteS: qui reçoit soa moa- -1 vemeot d'une petite roue àau- 1 gets R, mue par une chute I d'eau amenée par le canal od.

Le mineraient su DSi mis en suspension dans l'eau; celle-ci u déverse continuellement dans un canal longiUidinal, disposé à latëlede la table, et pénètre : de là sur les tables dormaotts [lar les ouvertures A (Sg.iTO), I.<~]iliiri A (tl^'. m^j, sur li'']ii.'l i-lli> coule d'abord, étant trop incliné pour qu'il puisse s'y déposer du minerai, le dépôt des matière» ne commMiceqne sur la table proprementdite. Les matières les plus riches se déposent vers la partie supérieure de la table. Us plus pauvres ne se déposent que vers le bas, ou même, sont entraînées jusque dans le canal CC, qui les amène dans d'antres canaux et bassins de dépôts.

Lorsque la table est couverte d'une certaine quantité de matière, l'ouvrier arrête l'arrivée d'une nouvelle quantité de minerai ; il ramène, au moyen d'un balai, vers le haut de la table, le mineraiqni s'est déposé entre A el uv, et il fait arriver de l'eau pure sur U table. Le minerai s'étend alors de nouveau, en couche sur le plan incliné: les parties pauvres, qui s'étaient déposées par accident dans les parties supérieures, sont entraînées, et le minerai qui reste vers le haut de la table, devenu plus pur, peut être, en général, envoyé à l'usine.

La Uible porte en uv une petite ouverture transversale qui reste fermée, pendant le travail, par un clapet qui ne doit pas faire de saillie sensible. On soulève ce clapet, et, au moyen du balai, i'oiH vrier fait tomber le scblich du haut de la table, par l'ouverture uv, dans des caisses placées au-dessous.

On donne aux tables dormantes des inclinaisons plus ou moins grandes, suivant la nature du minerai à laver. Les minerais les plus fins exigent les tables les moins inclinées.

§741. Les tables d secousses (ûg. 471) servent pour le lavage des mémos espèces de minerai que les tables dormantes, et on préfère tantôt les unes, tantôt les autres, suivant la nature spéciale du minerai et do la gangue. Cependant les tablcsàsecousses ne se prêtent pas bien au lavage des schlamms fins qu'on traite ordinaire-

PRÉPARATION DES HIKERAfS. IS

msDl sur les labiés jumelles. Les tables à secousses se composent d'un planclter incliné QC, établi sur de forls madriers en bois qui lui donnent un poids considérable et une grande solidité. Ce plancher est soutenu en l'air par quatre chaînes, oulrlrigles en fer arti " culées ab, a'b\ t(, It'. Les chaînes ab, a'b' sont attachées à des supports invariables; les chatues 11', tl' sont fixées à un long levier mobilelX', qui tourne autour de l'ajLc OO, et à l'aide duquel on peut Mre varier à volonté l'inclinaison du plancher BC. Des fiches en fer, que l'on implante à différentes hauteurs sur le support vertical œy, fixent le levier dans la position que l'on a adoplée.

Un arbre de couche XX', mis en mouvement par une roue hydraulique, porte des cames c, c qui agissent sur un levier en bois coudé K, lequel pousse en avant le plancher suspendu CC, et l'abandonne ensuite h lui-même. Ce plancher vient alors choquer fortement contre des madriers fixes en bois, et il en résulte un ébranlement violent dans toute sa masse. Au-dessus de la tête B du plancher suspendu, se trouve un plan incliné triangulaire A, muni de petits prismes de bois implantés; et semblable à celui de la figure 470.

Le minerai à laver est délayé dans la caisse V, qui reçoit un courant continuel d'eau ; de là il te répand sur le pian incliné A, puis sur le plancher suspendu BC, où il tend à se déposer. Mais les secousses violentes que ce plancher reçoit à chaque instant, détachent continuellement les particules et les remettent en suspension dans l'eau, de sorte qu'elles se trouvent dans des conditions trèsfavorables pour que leur départ, suivant l'ordre de densité et de grosseur, ait lieu d'une manière parfaite. On fait varier, selon la

nature du minerai à laver., l'inclinaison du plancher mobile, Vî plitude et la fréquence des secousses, enfln la quantité d'eau c^ maintient le minerai en su^pen-^ion.

S 745. On obtient, par ces diverses méthodes de lavage, cî< schlichsplus ou moins fins, et plus ou moins riches, que l'on pla< dans des cases particulières. Ces schlichs sont ordinairement soum sr^parément à des essais chimiques qui constatent leur nature et le t richesse en métal. On les mêle ensuite, suivant certaines propoi tions que la pratique a montrées comme les plus convenables, eto y ajoute des matières étrangères, si cela est nécessaire. Ce sontc^ mélanges, appelés lits de fusion, qui sont fondus dans les fourneau^i

La préparation mécanique des minerais est une des opération les plus importantes de l'extraction de certains métaux. Elle doi être établie avec beaucoup d'intelligence, suivant la nature de minerais. Les procédés qui réussi-^sent parfaitement dans unelocî lité, peuvent être complètement défectueux pour une autre, où I minerai ne présente pas le même état d'agrégation, ni des gangue semblables.

La planche ci-jointe présente une vue perspective d'un atelie de préparation mécanique, avec les divers appareils de lavage qunous avons décrits. On peut y suivre la marche des canaux d'épu ration et la disposition des bassins de dépôt qui se trouvent ordi nairement sous le plancher de l'atelier. Ces canaux et bassins for ment un vaste labyrinthe dont les diverses parties, correspondan aux différents appareils de lavage, se réunissent dans les points oi les eaux bourbeuses tiennent à peu près des matières semblable en suspension. Une même roue hydraulique RR' communique I mouvement aux divers appareils.

§ 745 bis. La préparation mécanique des minerais a reçu, dan ces dernières anftées, de grands perfectionnements; les plus im portants sont relatifs au classement des minerais suivant leu grosseur, et au lavage sur les cribles (§ 739).

L'appareil de classement qui tend à être généralement adoptée: nommé trommel de classement. C'est un cylindre horizontal, m en mouvement de rotation assez lent par la roue motrice ou la nu chine à vapeur. La surface de ce cylindre est formée par de la tô percée de trous. Le minerai est jeté dans le trommel par une ci verture ménagée à l'une de ses bases. Une hélice, dont les spir sont distantes d'environ 0'",< 5, conduit le minerai sur toutes les pa ties de la paroi jusqu'à ce qu'il arrive à la base opposée. Penda ce trajet il renc-ontre des ouvertures de plus en plus grandes, pr tiquées sur les parois du cylindre. Les grains les plus fins tombe

îi

Page 1