OXYDES DE CHROME
lisée naturelle ou corindon , en faisant passer à travers un tube chauffé, un liquide volatil rouge , que nous décrirons sous le nom d'acide chlorochromique, et qui a pour formule CrO*CI,
2CrO*a = Cr*0» + 2C1 + 0.
Les cristaux qui se déposent sur les parois du tube prennent souvent un développement de 1 à 2 millimètres. Ils sont très-brillants et d'une couleur verte tellement foncée, qu'ils paraissent presque noirs. Ils sont aussi durs que le corindon , et rayent facilement le verre. Leur densité est de 5,21.
Le sesquioxyde de chrome est indécomposable par la chaleur. L'hydrogène ne le réduit pas même à la plus haute température de nos fourneaux de laboratoire. Le charbon le décompose au feu de forge, mais seulement lorsqu'il est intimement mélangé avec l'oxyde. Le soufre en vapeur n'exerce pas sur lui d'action à la chaleur blanche ; mais lé sulfure de carbone le décompose à cette température, et le transforme en sulfure de chrome.
Le sesquioxyde de chrome colore les fondants en vert ; nous avons vu que cet oxyde était employé pour la peinture sur verre et sur porcelaine. On prépare également avec le chrome une couleur rouge, le pink-color, que les Anglais ont appliquée les premiers sur la faïence. On l'obtient en chauffant au rouge un mélange intime de 400 parties d'acide stannique, 34 de craie, et de 3 ou 4 de chrômate de potasse, et traitant ensuite par l'acide chlorhydrique faible la matière pulvérisée jusqu'à ce qu'elle ait pris une belle nuance rose. Il est probable que le principe colorant de cette substance est un oxyde de chrome supérieur au sesquioxyde.
Fortement calciné, il ne se combine que très-difGcilement avec les acides , même concentrés. Pour obtenir les sels de cet oxyde, il faut dissoudre son hydrate dans les acides.
Pour préparer l'hydrate de sesquioxyde de chrome, on précipite une dissolution de sesquichlorure de chrome par l'ammoniaque ; il se forme un précipité d'un gris bleuâtre, gélatineux, qu'il faut laver à l'eau bouillante. On obtient le sesquichlorure de chrome qui sert à cett« préparation , en décomJ)osant du bichromate de potasse par l'acide sulfureux", en présence d'un excès d'acide chlorhydrique. A cet effet, on fait passer un courant de gaz acide sulfureux à travers une dissolution chaude et concentrée de bichromate de potasse , mêlée d'acide chlorhydrique. La liqueur bientôt change de couleur; elle devient d'abord brune , et finit par prendre une couleur d'un beau vert-émeraude. La réaction est terminée lorsque la liqueur exhale encore une forte odeur d'acide sulfureux , après avoir été
chrOhe,
abandonnëo à ello-mi^nie pendanL plusieurs houros dans un flacon bouché.
L'hydrate de aeaquioxyde de chrâme ?e dissout facilement dans les acides. Chauffé modérément , il perd son eau en conservant la propriété de se combiner facilement avec les acides ; mais , si oa élève davantage la température, la matière devient tout à coup incandescente avant la chaleur rouge, et, après cette incandeacenoe, l'oTvde est devenu presque insoluble dans les acides.
S 873. Le aesq\iioKyde de chrome peut se combiner aveclesbases fortes. On trouve dans la nature une de ces combinaisons , qui e)t très-importante, car c'est le minerai ordinaire du chrome. CelU combinaison est formée de sesquioxyde de chrûrae et de protoiyds de fer Isa formule est FeO.CrH)*, les minéralogistes lui doonenl le nom âe fer chrAmé. Leferchrûmé a été rencontré quelquefois ctistallisé. Ses cristaux sont des octaèdres réguliers , présentant , pu conséquent, la même forme que l'oxyde de fer magnétique, franÙinite, FeO.Fe*0% et que lespinelle, MgO.ATO', qui ontdesformidM semblables. Le plus souvent, le fer chromé forme des masses coopactes, d'un gris foncé et d'un éclat gras; ses gisements sont semblables à ceux de l'oxyde de fer magnétique. Les principales minei deferchrômésont en Suède, dans l'Oural, et aux États-Unis, dm les environs do Baltimore. On en a exploité en France, dans le département du Var ; mais la mine parait à peu près épuisée.
Acide chTômique, CrO^.
§874. Pour préparer l'acide chrâmique, on ajoute à une dissolution de bichromate de potasse, saturée à la température de SOâES', une foisetdemie son volume d'acidesulfurique, que l'on verse cessivement et par petites portions. Il se forme du bisulfate de potasse qui reste en dissolution, et la liqueur laisse déposer, pendsnl le refroidissement, de longues aiguilles rougps d'acide cbrdmiqut- Lorsque la dissolution est refroidie, on décante la liqueur acids, * on laisse égoutter les cristaux dans un entonnoir bouché avtait l'amiante; puis on les étend sur de la porcelaine dégourdie, <p>i absorbe le reste du liquide. Pour les purifier, on les dissout da» l'eau , on traite la liqueur par une petite quantité de chrômale * baryte, qui se combine avec l'acide sulfuriquo, et on évapore dlrt le vide la liqueur filtrée.
L'acide chrômique a une belle couleur rouge à la tempérai"» ordinaire; il devient presque noir quand on le chauffe, lise dtowipose avant la chaleur rouge en sesquioxyde de cbrôme et en oiv-
SELS DE PROTOXYDE t)E CHROME. 137
L'acide cbrômique est irès-solublc et déliquescent, il donne dissolution d'un jaune orangé.
L'acide chrômique est un oxydant très-énergique. Si l'on projette lelques gouttes d'alcool absolu sur de l'acide chrômique, celui-ci transTonné brusquement en sesquioxyde de cbrôme , avec un il dégagement de cbaleur que, souvent, l'alcool s'enQamme. L'acide uUurlque concentré décompose à chaud l'acide cbrômique, de 'on^^ène se dégage , et il se Forme du sulfate de sesquiosyde de iirôme. On prépare quelquerois l'oxygène dans les laboratoires, chauffant des poids égaux de bichrâniate de potasse et d'acide fulliirique concentré. L'acide chlorhydrique fransfonne l'acide Ehrômique en sesquicblorure de cbrôme , avec dégagement de Wore:
2CrO' + 6HC1 = Cr'C!' -f 6H0 -f 3C1.
§875. L'acide chrômiqueparaltpouvoir se combiner en plusieurs importions avec le sesquioxyde de chrôme. Si l'on traite une dis- Dliition de bichromate de potasse par l'acide sulfureus , jusqu'à ce lu'elle ait pris une couleur brune, et, si l'on verse à ce moment de ^ammoniaque dans la liqueur, on obtient un précipité ocreux, que ;UQ chaude décompose à la longue en acide chrômique qui se dis' et en hydrate de sesquioxyde de chràme qui reste. On obtient me combinaison semblable en décomposant l'azotate de chrdme chaleur ménagée; il reste une masse spongieuse, brune, nul la combinaison est représentée par CrO', mais à laquelle on onne la formule Cr'O'.CrO'.
Acide perchrômique.
g 876. En traitant l'acide chrâmique par de l'eau oxygénée , on tbtient une dissolution d'un beau bleu. La liqueur, agitée avec de Jither. se décolore, en abandonnant la combinaison bleue à l'élher. bn'a pas réussi Jusqu'à présent à isoler ce composé qui est trés- .- stable, ni même à l'obtenir combiné avec les bases minérales In suppose qu'il a pour formule Cr*0'.
•ela formés par le pmtoxyde de ctarAmc.
I g 8T7. Le proloxyde de chrome, CrO, est une base puissante ; on
«l'acombinée cependant qu'à un très-petit nombre d'acides , vu
gidifficttlté de l'obtenir pure et la facile altérabilité des sels eui-
fciies , qui absorbent priimptement l'oxygène ii l'air, et se trans-
forment en sels de sesquioxyde. On ne connaît encore que Tacétate de protoxyde de chrome et le sulfate double de protoxyde de chrome et de potasse. Pour constater les caractères distinctifs des sels de protoxyde de chrome , il faut avoir recours au protochlonire de chrome. Ces combinaisons se reconnaissent aux réactions suivantes: La potasse caustique donne d'abord un précipité brun foncé d'hydrate de protoxyde, mais qui se transforme immédiatement en hydrate brun clair d'oxyde magnétique, avec dégagement de gaz hydrogène. L'hydrogène sulfuré ne les précipite pas. Les sulfhydrates donnent un précipité noir. Le bichlorure de mercure donne un précipité blanc de protochlorure de mercure. Enfin , les réactifs oxydants, tels que le chlore, Tacide azotique, etc., changent immédiatement les sels de protoxyde de chrome en sels de sesquioxyde.
Sel« torméH par le sesquioxyde de ctarOme.
§ 878. Le sesquioxyde de chrome est une base faible, analogue au sesquioxyde de fer. Les sels formés par cet oxyde peuvent exister sous deux modifications différentes, qui se distinguent par leon couleurs. La première modification est violette, la seconde est verte. Plusieurs acides produisent les deux modifications ; avec d'autres on n'a obtenu jusqu'ici que la modification verte, ou la modificatioD violette.
On connaît un sulfate vert et un sulfate violet. L'ammoniaque forme, dans' les dissolutions de ces deux sels, des précipités qui se distinguent par leurs nuances. Le précipité donné parle sul&te vert est gris bleuâtre ; en se dissolvant dans l'acide sulfurique il produit une liqueur verte. Le précipité fourni par la modiBcation violette est d'un gris verdâtre; il reproduit une dissolution verte, quand on le traite par l'acide sulfurique.
La potasse et la soude donnent des précipités gris bleuâtre, ou gris verdâtre, qui se dissolvent dans un excès d'alcali, en formant une liqueur verte. La liqueur se décolore par l'ébullition, et l'oxyde hydraté se précipite de nouveau.
Les carbonates alcalins donnent un précipité verdâtre , qui se dissout sensiblement dans un excès de réactif.
L'acide sulfhvdrique ne précipite pas les sels de sesquioxydede chrome. Les sulfhydrates en précipitent de l'hydrate de sesquioxyde.
Les sels de sesquioxyde de chrome, de même que les sels de prot^ oxyde , fondus avec du borax, produisent un verre d'une couleur verte caractéristique Fondus avec les carbonates alcalins , (w mieux, avec les azotates, ils forment des chromâtes alcalins, qui m