‹ Cours élémentaire de chimie (volume 2)Chapitre 59 sur 130 · TITANE · texte numérisé non relu

TITANE

DoMise du titane; mi aéiiarattoii deA métaux préeédemineiit

étudiés.

g 956. On dose toujours le titane à l'état d'acide titanique calciné. Pour le séparer des métaux que nous avons étudiés jusqu'ici, on se fonde tantôt sur l'insolubilité, dans les acides, de l'acide titanique calciné, tantôt sur la volatilité du bichlorure de titane. L'acide titanique, en dissolution dans un excès d'acide chlorhydrique, n'est pas précipité par l'hydrogène sulfuré : cette propriété permet de le séparer des métaux , tels que le calcium , l'étain, le plomb, le bismuth, le cuivre, le mercure, l'argent, l'or, le platine, etc., qui, dans cette circonstance, sont précipités.

TANTALE ou COLOMBIUM, NIOBIUM, PÉLOPIUM.

§ 957. On a donné ces noms à trois nouveaux métaux *, trouvés depuis quelques années dans des minéraux appelés tantalites et yttro-tantalites. Les propriétés de ces métaux ne sont pas encore connues avec assez de précision pour qu'il soit utile de les décrire dans cet ouvrage.

* l.e tantale a été découvert en l80i par Hatchett dans un minéral d'Amérique; il lui dunna le nom de colombium. L'année suivante ce métal l'ut trouvé dans un iiiinéral de Suède par Ekeberg, qui lui donna le nom de tantale.

Le niobium et le pélopium ont été découver iS en 1846 par M. U. Rose.

§958, Le plomb du r.ommercB eal souvent très-pur; on le ret-onail -Il la flexibililé el à h grande malléabilité iiu'il présente alors. On ubtient du plumb chimltguement pur, en calcinant, dans un cmuet braaqué, de l'oxyde de plomb oblomi par lu caluination de Tuotale de plomb cristallisé. Le plomb est un métal gris bleuâtre ; Inlchemenl coupé, il brille d'un vif éclat métallique. Sa densité &il

Le plomb est très-mou, on le coupe facilement au couteau , et il \t\fee- sur le papier de^ traces d'un gris métallique. Très-malléable Ifmid, il se laisse réduire eu feuilles trèi-minces par le ballage, et JtirereD Bis déliés. Ces Qls sont d'une nexibililé extrême; on peut n bire des nœuds comme avec des (ils de chanvre , mais ils ont pende ténacité, un fil de plomb de 2 millimètres de diamètre rompt tous une charge de 9 kilogr.

Le plomb fond à la température de 335° environ , il donne à la chaleur rouge des vapeurs sensibles. Sa volatilité n'est cependant puassezgrande pour qu'on puisse le distiller. On peut obtenir le plomb cristallisé par i'usion, en suivant le même procédé que pour le soufra cl le bismuth; mais les cristaux sont rarement nets; il est fddle cependant de reconnaître que es sont dos octaèdres réguliers. Le plomb se ternit promplement au contact de l'air, à la tempé- ''atare ordinaire; mais il ne se forme jamais, dans ce cas, qu'une couche superficielle e\tri>mement mince , que l'on suppose être du subosyde, Pb'Kl. Maintenu en fusion au contact de l'air, lu plomb s'oxyde au contraire rapidement. Dans les premiers instants , il se couvre d'une pellicule irisée, qui se transforme bientât en une l>oussière pulvérulente jaune. L'oxydation marche rapidement à la Cbaleur rouge; l'osyde PbO entre en fusion, et, pour que l'oxydatioo continue, il est nécessaire de faire écouler l'oxyde fondu.

Le plomb s'oxyde au contact de l'air humide et des vapeurs acides. Les acides les plus faibles, l'acide carbonique, déterminent »on oxydation. L'eau distillée joue elle-même, dans ce cas, le r61e d*UD acide, par suite de l'affinité de l'eau pour l'oxyde de plomb. Une lame de plomb, plongée au contact de l'air dans de l'eau distillée , se recouvre d'une pellicule blanche d'oxyde hydraté, ou d'hydrwarlionale d'oxyde de plomb , qui formo quelquefois des paillettes cristallines, visibles à lu loupe. L'eau renferme alors elle-

PtOHB.

e quantité d'hydrale d'oxyde de plomb assez grande poor Doircir par l'hydrogène sulfuré. Il su£Bt de l'exigleDce dans l'eau d'une petite quantité de sets, principalement de sulfate de chaux, pour que l'oxydation n'ait plus lieu. Cela explique pourquoi nous ne voyons pas cet effet se produire avec nos eaux de source ou de puits.

Le plouib n'oBl que trcs-raiblement attaqué par l'acide chlorfaydrique concentré et bouillant. L'acide sulfurique étendu ne l'attaiîue pas, à moins qu'il n'y ail contact de l'air. L'acide sulfurique concentré attaque le plomb à chaud, il se dégage du gaz acide Gulfureni et le métal se change en Bullate. L'acide azotique est le meilleur dissolvant du plomb; il l'atlaque it la température ordinaire avec | dégagement de vapeurs rutilantes ; il se forme de l'azotate de plomb soluble.

COMBtlfAtSONS DC PLOMB AVEC l'0X¥GÉNE.

§ 959. Nous connaissons trois combinaisons délinies du plomti

avec l'oxygène :

Le suboxyde, Pb'O ;

Leprolosyde, PbO; i

Le bioïyde , PbO", ou acide pîombique. ]

De plus, le protoxyde de plomb et l'acide pîombique peuvent»

combiner en plusieurs proportions, et forment ainsi plusieurs 0:1]'-

des intermédiaires, qu'on appelle miniums.

Subo.j^i/Jes de plomb , Pb'O.

S 960, Le suboxyde de plomb est une poudre noire que l'on étient en chauffant de l'oxalale de piomti à la température de SW, ■dans un bain d'huile ou de métal fusible, jusqu'à ce qu'il neseiiftgage plus de gaz. Ce gaz est un mélange d'oxyde de carbone etd'*cide carbonique. La réaction est exprimée par l'équation suivante: 2(PbO.C'0']=Pb'0-|-3CO'+CO,

Quelques chimistes ont considéré le Buboxyde de plomb coma» un mélange intime de plomb métallique et de protoxyde; maisles réactions suivantes démontrent que celte opinion est erronée. Eo effet, si l'on broie celte matière avec du mercure, celui-ci ne diKoiM absolument rien ; il dissoudrait, au contraire, du plomb mélaliiqH s'il en existait dans le mélange. De même, si l'on traite le suboij* par de l'eau sucrée, on ne dissout pas de protoxyde de plomb; » lui prouve qu'il n'en existe pas de tout formé dans le Buboxyda.oif

"" dissoudrait immédiatement.

r PROTOXYDE DE PLOMB. 199

I Le subosyde de plomb, trailé par des acides plus énergiques, Mme étendus, se décompose en proloxydePbO qui se dissout, el en Homb métallique. Une température supérieure à 400° produit im- ■èdiateiaent la même décomposition ; la matière calcinée abandonne ui plomb au mercure, et à l'eau sucré» du protoaydc de plomb. I Le snboxyde de plomb, chauffé à l'air, prend feu comme de l'a- Badou, et il se change en protoxyde de plomb, PbO.

Prntoxyde de piomb , PbO.

% Û6( . On obtient le protoxyde de plomb, sous forme d'une poudre Jïune, par la calcînation de l'azotate ou du carbonate de plomb. Celte poudre fond à la chaleur rouge et donne, après ie refroidissement, une masse à feuillets cristallins. On donne le nom de Ulharge k l'oxyde de plomb qui a éprouvé la fusion , et celui de massicot à Toiyde pulvérulent. On rencontre quelquefois , dans les tissures des fturaeaui à plomb^ le protoxyde de plomb sous forme de rhomboèim bien déterminés. La litharge, fondue dans un creuset de terre, Waqoe fortement la matière du creuset ; elle se combine avec l'adde silicique , et le creuset est percé au bout de quelque temps.

On obtient l'oxyde de plomb hydraté en versant de l'anunoniaque liias une dissolution froide d'un sel de plomb. Le précipité blanc ifà ae forme alors se dissout facilement dans une dissolution de potuse, de soude et d'ammoniaque. Si l'on évapore la liqueur, l'oxyde ^ plomb se dépose à l'état anhydre, sous forme de lamelles d'un pnne brun , semblables à celles que présente la lithai^e. Les dissolulioDs de baryte et de chaux caustique peuvent remplacer l'ammoniaque. Si l'on verse une dissolution concentrée d'un sel de plomb dans du lait de chaux, préalablement chauffé à l'ébullition , l'oxyde de plomb se précipite sons forme di; pelils cristaux très-lourds, et '"" loe belle couleur rouge. On obtient plus facilement ces cristaux, faisant bouillir une dissointion concentrée de soude caustique jtvecun excès de protoxyde de plomb , et abandonnant la liquçur au iefroidissement. Les cristaux rouges de protoxyde de plomb restent nages quand, après les avoir chauffés, on les laisse refroidir lentement; ils deviennent jaunes lorsque le refroidissement est brusque. Stin»i, le protoxyde de plomb peut se présenter avec des couleurs trés-di&'érentes, et toutes ces variétés se rencontrent dans la liljiargc

fil commerce.

Le protoxyde deplombjoueavecles bases puissantes le râle d'un .véritable acide ; ses dissolutions dans les alcalis doivent être considérées comme des dissolutions salines. On a même obtenu cristalli-

sée la combinaison de Toxyde de plomb avec la chaux. On emploie quelquefois la dissolution de l'oxyde de plomb dans la chaux, pour noircir les cheveux. Cette propriété tient à ce que Toxyde de plomb réagissant sur le soufre contenu dans la matière organique , ilse forme du sulfure de plomb , qui est noir. On utilise la même dissolution dans la fabrication de l'écaillé artificielle. Le protoxyde de plomb renferme :

Plomb 92,83

Oxygène 7,i7

L'isomorphisme bien constaté de plusieurs composés du plomb avec les composés analogues de la baryte et de la chaux , ne laisse aucun doute sur la formule du protoxyde de plomb ; nous l'écrivons PbO, et l'équivalent du plomb devient 1294,5

Bioxyde de plomb, ou acide plombiquè, PbO*.

§ 962. Le bioxyde de plomb, appelé souvent oxyde puce de plomb à cause de sa couleur , se prépare en traitant à chaud le minium par l'acide azotique étendu ; cet acide dissout le protoxyde de plomb, et laisse l'acide plombique sous forme d'une poudre brune. Il faut renouveler l'acide azotique jusqu'à ce que cet acide ne dissolve plus d'oxyde de plomb ; on sèche ensuite l'acide plombique à une teiopérature inférieure à 1 00°. On obtient également de l'acide plombique en traitant, par le chlore en excès, du protoxyde de plomb très-divisé , mis en suspension dans l'eau , ou en versant une dissolution d'hypochlorile alcalin dans une dissolution bouillante d'acétate de plomb. Il se précipite, avec l'acide plombique , une certaine quantité de chlorure de plomb , et comme ce chlorure est peu soluble dans l'eau , il est nécessaire de faire bouillir à plusieurs reprises le précipité avec l'eau.

L'acide plombique renferme :

1 éq. plomb 1294,5 86,67

2 » oxygène 200,0 13,33

La chaleur décompose facilement l'acide plombique; il perd alors la moitié de son oxygène et se change en protoxyde de plomb. L'acide plombique ne se combine pas avec les acides ; il abandonjie une portion de son oxygène aux acides qui sont susceptibles de se suroxyder , et il forme alors des sels de protoxyde de plomb. II ab*

O.WDKS DE l'LOMI).

'Iniquement l'acido sulfureux avec tlcvalion (!l' lenifiéraformedu sulfalodeprotoxydf de plomb. OautUise snutt cette propriété de l'oxyde puce de plomb pour séparer le gnz «àde sulfureux qui est mêlé à d'autres gaz. Le peroxyde do plomb. dauCTé avec l'acide Bulfurique concentré , dégage la moitié de son Qiïgéne et se change en sulfate de protoxyde. Avec l'acide dilorhydrique , il dégage du chlore et donne du protoclilorure de ftMOb, PbCl.

Lebioiydedeplomb se combine, au contraire, irès-bien avec les ; c'est ce qui lui a fait donner le nom à'acide plombique. Il plusieurs sols cristal li sables. On obtient le plombate de poen chauffant un mélange de potasse caustique et de bioxyde fhunb , bien débarrassée de protoxyde. On place le bioxyde du ■^oait dans un creuset d'argent , et on le mélange intimement avec dissolution très-concentrée de potasse caustique. On chauflo i^lonCeiDent et lentement; on prend de temps en temps une petite .pmtité de matière, qu'on dissout dans un peu d'eau, et qu'on dcipose par l'acide azotique. S'il se forme un dépôt abondant d'aplombique , on peut regarder la combinaison comme effectuée, ww alors dans le creuset une petite quantité d'eau que l'on It6 rapidement pi^ndant qu'elle est encore chaude. Cette disso- I alrandonne, par le refroidissement, des cristaux octaédriques >rw et transparents de plombate dépotasse, qui ont pour for- KO.PbO'-|-3HO. La liqueur alcaline qui surnage les cristaux Qe renferme plus d'acide plombiqne, parce que le plombate de pelasse est à peu près insolublcdans les dissolutions alcalines froides. I4 plombate se décompose quand on cherche à le dissoudre dans

jblient des plombâtes de baryte et de chaux en chauffant au A de l'air un mélange de ces bases et de minium. Ces comhi- ■ BOnl insolubles dans l'eau.

Oxydes de plomb intermédiaires , miniums.

% 963. Lorsqu'on cliauffo au contact de l'air, et à une lempéraf lure ménagée, duprolosydede plomb en poudre fine, ou massicot, I celui-ci absorbe de l' oxygène, et se change en une poudre d'un beau rouge orangé, a|ipelée «itnitim. Cette matière présente une compo- I ûtion variable, suivant que le grillage a été plus ou moins prolongé. En le conliuuanl Jusqu'à ce que le minium n'augmente plus de|K)ids, on trouve que la substance présente une composition qui l'orrespond ik la formule aPlKl.l'bO'. On a rencontré accidentelle-

ment dans les Bssurcsd'un fourneau qui servait à la préparation de ce cor[K du minium crialallisé, et présentant par suite les caraclâres d'une combinaison définie. La composition de ces cristaux correspondait à la formule 3PbO.PbO'. Il est très-probable que le pttrtoxyde de plomb et l'acide plombique peuvent former plusieurs combinaisons définies. Le minium ne doit pas, en effet, être considéré cnmme ua oxyde particulier du plomb ; il se comporte dans toutes les réactions chimiques comme une combinaison d'acide plombique et de protoïyde de plomb. Quand on le traite par uq acide , par l'scide azotique ou par l'acide ac&tique, on dissout le protoxydede plomb, et l'on met l'acide plombique en liberté; c'est parce procédé que l'on prépare ordinairement l'acide plombique.

On peut obtenir du minium par la voie humide ; il suffit de verser une dissolution de plombate de potasse dans une dissolution alcaline de lithax^e ; il se forme un précipité jaune de minium hydraté, que la dessiccation transforme en une poudre rouge de miniua anhydre.

On emploie une grande quantité de minium dans la fabrication du cristal (| 686). '

Pour préparer le minium, on oxyde du massicot dans un fouri réverbère , à une température qui ne doit pas dépasser 300'. Lt massicot est ordinairement préparé exprès pour cet usage, avecdv plomb très-pur. Les fours dont on se sert sont à deux étages; dtos l'étage inférieur, où règne la plus haute température, on transforam le plomb en massicot, en évitant, toutefois, que la température ne s'élève assez pour que l'oxyde de plomb entre en fusion, jiaree qw la litharge ne se transforme que très-difflcilement en minium par le grillage. Le massicot qui provient de celte opération est ordinairement soumis k une lévigation qui le débarrasse des parcelles de plomb métallique; puis on l'expose dans le four supérieur, qui n'wt chaufTé que par la chaleur perdue de l'étage inférieur. Quelquefois, le massicot est simplement étendu on couche mince sur la sole du second four, et l'on en renouvelle les surfaces en remuant la malien de temps en temps avec un ringard. D'autres fois , on place le maS' sicot dans des caisses en tûle, que l'on dispose dans lo four. Dans quelques fabriques, on ne se sert que d'un seul four, et l'on y effectue successivement le grillage du plomb et la conversion du nussicot en minium. On commence par oxyder le plomb ; puis , après avoir enlevé le massicot formé, on le dispose dans des caisses plaie» en tâle, que l'on empile dans le four encore chaud, dont on ferme ensuite les portes. Pendant le refroidissement lent du four, le massicot se transforme en grande partie en minium; mais, pour oblc-

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