SULFATES DE PLOMB
nir un minium de bonne quantité , on est toujours obligé de répéter cette opération deux fois.
On prépare aussi une certaine quantité de minium en décomposant la céruse , ou carbonate de plomb , au contact de l'air. Ce minium a une couleur plus pâle que le minium ordinaire; on lui donne le nom de mine orange.
mel» formés pur le protoxyde de plomb.
§ 964. Le protoxyde de plomb est le seul oxyde de ce métal qui joue le rôle de base par rapport aux acides. C'est une base énergique , dont les affinités le cèdent à peine à celles de la baryte et de la chaux. Elle se distingue, parmi les bases métalliques, par la tendance à former des sous-sels, qui présentent souvent tous les caractères de combinaisons définies. Quelquefois, ces sous-sels sont solubles, et ils bleuissent alors la teinture de tournesol rouge. Les sels de plomb sont vénéneux.; à petites doses, ils produisent des douleurs d'entrailles et des coliques. Les ouvriers qui travaillent le plomb , surtout les peintres en bâtiment qui manient la céruse , sont trèsexposés à cette maladie, nommée coliques saturnines ^ ou coliques de "^lomb. Le traitement le plus efficace consiste à administrer des boissons renfermant un peu d'acide sulfurique, ou du sulfate de soude, afin de faire passer l'oxyde de plomb à l'état de sulfate insoluble.
Sulfate de plomb,
§ 965. Le sulfate de plomb est un sel insoluble dans l'eau; on le prépare facilement en versant un sulfate alcalin dans la dissolution d'un sel de plomb soluble. On obtient une grande quantité de ce produit dans les ateliers de teinture où l'on décompose l'alun par l'acétate de plomb afin d'obtenir de l'acétate d'alumine en dissolution. Le sulfate de plomb est à peu près complètement insoluble dans l'eau pure; mais il se dissout notablement dans les liqueurs acides, surtout dans un excès d'acide sulfurique. Il est nécessaire d'avoir égard à cette solubilité , dans les analyses chimiques ; on sépare le plomb qui est resté dans la liqueur, par un courant d'hyd'rogène sulfuré , qui le précipite à l'état de sulfure de plomb. L'acide chlorhydrique concentré décompose le sulfate de plomb , surtout à la température de l'ébullition , et le transforme en paillettes cristallines de chlorure de plomb. Cette réaction démontre que dans une liqueur qui renferme un excès d'acide chlorhydrique le chlorure de plomb est plus soluble que le sulfate.
Le sulfate de plomb est indécomposable par la chaleur , c'est le
iOi PLOMB.
seul sulfate, parmi ceux des métaux de la classe que nous étudions maintenant, qui jouisse de cette stabilité. Cependant le sulfate do plomb, chauffé à une très-haute température dans un creuset de terre , se décompose auprès des parois du creuset ; c'est la silice du creuset qui produit cette décomposition , et il se forme du silicate de plomb. Le sulfate de plomb est facilement réduit par le charbon ; les produits de la décomposition varient avec la température et la proportion de charbon. Si l'on met un excès de charbon , et si l'on chauffe brusquement , le sulfate de plomb se transforme en protosulfure PbS; si on élève, au contraire, lentement la température , il se dégage beaucoup d'acide sulfureux , et il se forme du sous-sulfure de plomb Pb*S. Lorsqu'on ne met que la quantité de charbon strictement nécessaire pour transformer l'acide sulfurique en acide sulfureux , et pour réduire l'oxyde de plomb, on obtient du plomb métallique parfaitement pur. Si l'on n'ajoute que la moitié de cette quantité de charbon , il reste du protoxyde de plomb PbO.
En chauffant ensemble , dans un creuset de terre , i éq. sulfate de plomb , et 1 éq. protosulfure de plomb , il se dégage de l'acide sulfureux , et il reste 2 éq. plomb métallique :
PbO.SO='+ PbS=:2SO»+2Pb.
Si l'on chauffe un mélange de 2 éq. sulfate de plomb, et i éq. sulfure de plomb , le soufre se dégage encore complètement à l'état d'acide sulfureux , mais il reste de l'oxyde de plomb et du plomb métallique :
2(PbO.SO=') + PbS=3SO*-{-2PbO+Pb.
Ces deux réactions sont utilisées dans le traitement métallurgique du plomb.
Le fer et le zinc décomposent complètement le sulfate de plomb par voie humide ; il suffit de placer ces métaux dans de l'eau renfermant du sulfiite de plomb en suspension et à laquelle on a ajouté quelques gouttes d'acide. Le plomb se sépare à l'état métallique.
Le sulfate de plomb est décomposé par les dissolutions bouillantes dos carbonates alcalins , et il se transforme en carbonate de plomb. La décomposition se fait encore plus facilement par voie sèche.
Azotate de plomb.
§ 966. On prépare l'azotate de plomb en dissolvant la litharge ou la céruse dans de l'acide azotique en excès. On peut le préjyartT également en dissolvant le plomb métallique dans l'acide azotique.
AZOTITES DR PLOMB. 30^
Byaulsoiii lie maintenir cet ucide en excès. Lailissolulion, sDt\ie àcliaud, abaDdonni; par le rerroidisacmctit l'azoUlodo pluuib. ri&tallisé en octaèdres réguliers. Ces cristaux sont tantôt transpafeots, taatdt opaques, mais dans les deux cas, ils sont anhydres. Ueaa froide ne dissout que f environ de son poids d'azotate de flomb; l'eau chaude en dissout beaucoup plus. Los cristaux d'azotate de plomb décrépitent sur un charbon allumé , et comme tous In azotates ils activent la combustion. L'azotate de plomb se dé- Me par la chaleur en acide hypoazotique qui se dégage , et on fcotisyde de plomb qui reste- Nous avons vu (^ HS) qu'on utilisait telle décomposition , dans les laboratoires, pour préparer l'acide
bouillir une dissolution d'azotate de plomb avec de Koyae ou au carbonate de plomb, on obtient une liqueur qui 'éïndoone, par te refroidissement, des cristauï volumineux di' fons-azota te de plomb, SPbO.AzO'+HO.
On obtient un sous-azolate de plomb renfermant encore une plus grande quantilé de base, en traitant par l'ammoniaque l'azotate neutre, ou l'azotaloblbasique, il se forme un précipité blanc qui a pour formule iPbO.AzO'-f-aHO. Un grand excèsd'ammoniaquedéeompose ce précipité , et il reste de l'oxyde de plomb hydraté.
Azolitei de plomb.
§967. Lorsqu'on fait digérer à chaud dans une dissolution d'azotate du plombdu plomb métallique réduit en lame mince, une grande inrtiedeplombsedissoutsans qu'il se dégage aucun gaz; la liqueur Drend une teinte jaune et abandonne des cristaux en refroidissant. Ces wistaux , traités par un acide , dégagent des vapeurs nitreuses abondantes. On peut obtenir plusieurs sels différents en variant les
(proportions de plomb métallique. Si l'on fait digérer , à une température de GO à SO", I éq. d'azotate de plomb dissous dans une grande I quantité d'eau , avec î éq. de plomb métallique , jusqu'à ce que le 'plomb se Eoit entièrement dissous, on obtient une dissolution jaune iqiiiabandonne, par le refroidissement, de larges lamelles cristallines jaunes ayant pour formule 2PbO.AzO' + HO. La réaction qui les produit est exprimée par l'équation suivante :
PbO.AzO"+rb+HO = 2PbO.AzO*-HHO.
Ces cristaux se décomposent facilement à froid , par une dissolution de carbonate de potasse ; du carlionate de plomb se précipite, l'I la liqueur, abandonnée à l'évaporation , dépose successivemMit des cristaux d'azotate et d'azotile de potasse. Il est probable, d'après
â06 PLOMB.
cela , que les cristaux jaunes ne renferment pas de Tacide bypoazotique tout formé,. car celui-ci ne paraît pas pouvoir produire de véritables combinaisons salines , mais qu'ils contiennent à la fois de l'azotite et de Tazotate de plomb. Leur formule peut donc être écrite 2PbO.AzO»+2PbO.AzO»+2HO.
Lorsqu'on fait digérer 3 éq. plomb métallique avec une dissoktion de 2 éq. azotate de plomb, jusqu'à ce que le plomb soit complètement dissous, on obtient une liqueur qui laisse déposer des petits cristaux orangés beaucoup moins solubles que les lamelles jaunes Ces cristamc ont pour formule 7Pb0.2AzO* -f 3H0; ils se décomposent également par les carbonates alcalins, et la dissolution qui résulte de la réaction donne, par FévapOration, de l'azotate et de l'azotite alcalins. En codsidérant ce composé comme renfermant de l'azotate et de Tazotitede plomb, on peut écrire sa formule 4PbO.AzO"H-3PbO.AzO'+3H0. On obtient le même composé en faisant bouillir la dissolution da sel jaune avec de l'oxyde de plomb.
Enfin , en faisant bouillir pendant longtemps , avec un excès de l)lomb métallique, soit une dissolution d'azotate de plomb, soit uoe dissolution des sels précédents , jaune ou orangé , on obtient des petits cristaux roses qui ont pour formule 4PbO. AzO' -|- HO , et qui sont, par conséquent, un azotite de plomb quadribasique. Il est facile de préparer l'azotite neutre de plomb avec cet azotite basique; il suffit de mettre le sel basique en suspension dans l'eau , et d'y faire passer un courant de gaz acide carbonique ; 3 éq. oxyde de plomb se précipitent alors à l'état de carbonate, et la liqueur, abandonnée à l'évaporation dans le vide, laisse déposer des cristaui prismatiques jaunes d'azotite neutre anhydre PbO.AzO*. Au moyen de cet azotite neutre de plomb , on prépare facilement , par double décomposition, les azotites neutres solubles en versant dans la dissolution de l'azotate de plomb, une dissolution de carbonate ou de sulfate de la base que l'on veut obtenir en combinaison avec l'acide azoteux.
Phosphates de plomb.
§ 968. On connaît plusieurs combinaisons de l'oxyde de plomb avec l'acide phosphorique ; elles correspondent aux diverses modifications del'acide phosphorique, décrites (g 482). En versant une dissolution de phosphate de soude ordinaire (2NaO+HO) PhO»+24H0 dans une dissolution d'azotate de plomb, on obtient un précipité blanc, insoluble dans l'eau, mais qui se dissout facilement dans un excès d'acide ou dans les alcalis. Ce précipité a pour formule (2PbO + HO).PhO«; il fond facilement au chalumeau en un globule
CHROMATES DE PLOMB 207
jaune , qui prend en se solidiâant des facettes cristallines. On se sert quelquefois de ce caractère pour distinguer les phosphates.
On obtient un phosphate plus riche en oxyde de plomb, 3PbO.PhO*, en traitant le phosphate précédent par l'ammoniaque. Les autres phosphates ont été peu étudiés.
On rencontre dans la nature un phosphate de plomb combiné avec une certaine quantité de chlorure de plomb. Ce minéral , appelé plomb phosphaté, est cristallisé en prismes réguliers à 6 faces appartenant au système rhomboédrique. Sa couleur est le jaune plus ou moins verdâtre; il a pour formule 3(3PbO.PhO*)+PbCl.
Silicates de plumb,
% 969. L'oxyde de plomb et l'acide silicique se combinent en toutes proportions, et forment, après fusion, des matières vitreuses qui ont une teinte jaune quand la proportion d'oxyde de plomb est considérable. Les silicates de plomb entrent dans la constitution du cristal ; nous en avons déjà parlé (§ 669).
Aluminate de plomb , ou plomb gomme.
§ 970. On trouve dans la nature une combinaison d'oxyde de plomb avec l'alumine jouant le rôle d'acide ; ce minéral présente la formule Pb0.2AlW+6HO.
Chromâtes de plomb.
§ 971. On obtient du chrômatedeplombneutre,PbO.CrO', sous forme d'une poudre d'un beau jaune, en versant une dissolution d'acétate neutre de plomb dans une dissolution de chrômate neutre • de potasse. Ce sel est employé dans la peinture à l'huile, sous -le nom de jaune de chrome, on l'utilise également dans la fabrication des toiles peintes. La nuance du chrômate de plomb est variable suivant la neutralité plus ou moins parfaite des sels employés à la précipitation , suivant la plus ou moins grande dilution des liqueurs et leur température. Le chrômate neutre de plomb se trouve dans la nature; il forme de beaux cristaux prismatiques rouges qui donnent une poussière jaune.
On obtient un chrômate de plomb bibasique, 2PbO.CrO*, en fondant du chrômate de plomb neutre avec de l'azptate de potasse ; il se dépose au fond du creuset de petits cristaux d'un beau rouge; on décante l'azotate de potasse resté liquide, et on lave rapidement les cristaux du chrômate de plomb basique.
Acétates de plomb.
§ 972. L'acétate neutre de plomb est employé dans la teinture en quantités considérables. On le prépare en traitant la litharge par l'acide acétique ou vinaigre , en ayant soin de laisser un excès d'acide, sans quoi il se formerait des sous-acétates. La liqueur, évaporée lentement, donne de gros cristaux qui ont pour formule PbO. C*H'0'+3H0. (La formule de l'acide acétique, au maximum de concentration , est C*H*0*.HO.) La dissolution de l'acétate de plomb est parfaitement neutre. Elle absorbe à Tair un peu d'acide carbonique; les parois du flacon se recouvrent d'un léger dépôt de carbonate de plomb , et la dissolution manifeste alors une faible réaction acide. Les cristaux d'acétate neutre de plomb perdent leur eau dans le vide sec et par la chaleur. Ils fondent d'abord dans leur eau de cristallisation , qu'ils perdent complètement à une température de 4 00®, et subissent ensuite la fusion ignée vers 4 90®. Chauffés davantage , ils perdent une portion de leur acide acétique , qui se décompose partiellement en dégageant de l'acide carbonique , et il reste un acétate basique, 3Pb0.2G*H'0', qui se décompose luimême £[ une température plus élevée. L'acétate de plomb a une saveur sucrée qui devient astringente et métallique : il se dissout dans les -^ de son poids d'eau froide.
En faisant bouillir une dissolution d'acétate neutre de plomb avec une quantité de litharge égale à la moitié de celle que l'acétate renferme , on obtient une liqueur qui abandonne , après évaporation , des cristaux d'acétate basique de plomb dont la formule est 3Pb0.2G^M»0'^+HO. Si l'on fait bouillir la même dissolution avec une quantité d'oxyde de plomb égale à celle que l'acétate neutre renferme , on obtient une liqueur qui donne des cristaux d'un sel encore plus basique, et dont la formule est 3PbO.C*H*0*+HO.
Enfin , si l'on fait bouillir la dissolution de ce dernier sel basique avec un excès d'oxyde de plomb , on obtient un composé très-peu soluble , qui se dépose presque complètement pendant le refroidissement. Ce composé a pour formule 6PbO.C*H'0*.
On emploie en médecine , sous le nom d'extrait de Saturne ou d'eau blanche, une dissolution d'un acétate basique de plomb, que l'on obtient en dissolvant dans 3 | parties d'eau 2 parties d'acétate neutre de plomb et 4 partie de litharge. On peut considérer cette liqueur comme renfermant un mélange des deux sous-acétates 3Pb0.2C^H=^0=^+llO et 3PbO.GMPO=^-fHO. Les dissolutions des sous-acétates de plomb ont une réaction alcaline très-pronon- «'ée: elles bleuissent énorgiqucment la teinture rouge do tournesol.