CARBONATE DE PLOMB
L'acide carbonique les décompose ; du carbonate de plomb se précipite, et la liqueur renferme de l'acétate neutre mêlé d'une certaine quantité d'acide acétique libre.
Carbonate de plomb.
§ 973. Le carbonate de plomb se trouve cristallisé dans la nature ; il forme de beaux cristaux transparents et très-réfringents , qui appartiennent au quatrième système cristallin. Ils sont isomorphes avec l'arragonite. On prépare ce sel, par double décomposition, en versant un carbonate alcalin dans la dissolution d'un sel de plomb soluble. Il se forme un précipité blanc, qui est du carbonate neutre anhydre, à peu près complètement insoluble dans l'eau.
Le carbonate de plomb est employé dans la peinture à l'huile , on lui donne le nom de céntse ou blanc de plomb. On le prépare en grand par plusieurs procédés très-différents en apparence , mais revenant tous , eu dernière analyse , à décomposer par l'acide carbonique du sous-acétate de plomb produit par des réactions diverses.
L'un de ces procédés, celui qui est appelé procédé de Clichy parce que c'est à Clichy, près de Paris , qu'il a d'abord été pratiqué , consiste à dissoudre , à froid , de la litharge dans de l'acide acétique, de manière à obtenir une dissolution d'acétate basique renfermant une grande quantité d'oxyde de plomb, et à la décomposer par l'acide carbonique. L'acide carbonique est produit par la combustion du foyer qui sert à chauffer les chaudières dans lesquelles on sature l'acide acétique par l'oxyde de plomb. A cet effet, l'air poussé à travers la grille du foyer par une machine soufflante , est amené par des tuyaux, dans la dissolution de sous-acétate de plomb qu'il s'agit de décomposer. Dans quelques localités , on utilise l'acide carbonique qui sort de la terre (§ 253) L'oxyde de plomb se trouve presque complètement précipité à l'état de carbonate, et la liqueur renferme la totalité de l'acide acétique. On emploie celui-ci pour dissoudre une nouvelle quantité d'oxyde de plomb, et la nouvelle dissolution est soumise une seconde fois à l'action de l'acide carbonique. Le même acide acétique pourrait donc servir à transformer une quantité indéfinie d'oxyde de plomb en céruse , mais , dans la réalité , il y a toujours une certaine quantité. d'acide acétique perdue dans les diverses manipulations , et il faut en ajouter un peu à chaque nouvelle opération.
En Angleterre , on se contente d'exposer à un courant de gaz acide carbonique obtenu par la combustion du charbon, de la litharge mouillée avec de l'acide acétique , ou avec une dissolution d'acétate neutre de plomb. En très-peu de temps, la litharge se change entièrement en carbonate de plomb.
La plus grande partie de b céruae consommée en France se prépare dans le dèparlement du Nord , par un procédé qui a d'abord été pratiqué en IIollaDde, ci nommé, pour cette raison , proeiéé koUatidais. On roule, sous forme de spirales, des bandes de plomb de0",12 àO-'ilSdelarge, el de O^.e à <"',0 de longueur; on place diacun de ces rouleaux Z ( fig. S39 } dans un pot de grès vernissé, j,-- j muni , à quelques centimèlres au-dessus de son
^, .^ fond , de deux petits rebords 6, h, sur lesquels s'ap-
fjiuie le rouleau de plomb. Chaque pot contient , u fond , uns petite quantité de vinaigre de mauvaiss qualité, obif'nu avec de la bière fermentée, et est recouvert par un disque de plomb mn qui le ferme incomplètement. On dispose un grand nombre do ces pots, sur plusieurs rangées, dans une coud» de fumier de cheval. On lesrecouvredepaille; puii on établit une seconde série de pots au-dessus des premier*. Oa. remplit encore de fumier les interstices, et ainsi de suite jusqu'il ce que l'on ait disposé ti ou G assises de pots , les unes au-des«u des autres. Enfin , on recouvro le tout avec du fumier, que l'i» maintient extérieurement au moyen de planches , de manièrt t permettre à l'air un accès lent dans toute la masse.
En Angleterre et dans plusieurs fabriques de I-'rance , on remplw le fumier par de la tannée, ou écorce de chêne provenant dtl tanneries. Le vinaigre est placé dans des capsules de terre caiB enterrées dans la tannée, et l'on charge par-dessus le plomb priilablement coulé sous forme de petites grilles , de manière à fonM une épaisseur de 1 à 3 décimètres. On place par-dessus un lil A planches, une nouvelle couche de tannée, puis un nouveau lit* pots à vinaigre recouverts de plomb, et ainsi de suite. 1,'opértliM chimique marche plus lentement avec la tannée qu'avec lefumier, mais elle est plus économique dans les localités où l'on peullt procurer la tannée à bon marché.
Le vinaigre des pots donne des vapeurs d'eau el d'acide acélîqM- Leplomb, au contact de ces vapeurs ainsi qu'à celui de l'air, s'oxyitt rapidement à sa surface, et se couvre de sous-acélate de plwdi. D'un autre côté, le fumierentranl en fermentali'in, dégage de l'Ki* carbonique el élève fortement la température du milieu , de sorte q» ledégagement des vapeurs acides devient de plus en plus abondul- L'acide carbonique décompose le sous-acétale de plomb, et leiniuforme en carbonate. L'acide acétique devenu libre délermiDeUf* maliond'une nouvelle quantité de sous'acétate, qui se change à «m tour en carbonate, et ainsi de suite. Au bout de S à 6 semainn.