DOSAGE DE L'ANTIMOINE
grande partie du gaz sulfhydrique en excès se dégage. On recueille le précipité de sulfure d'antimoine sur un filtre; et, après l'avoir bien lavé , on le fait sécher sur son filtre à une température de 1 00**. On pèse le filtre avec la matière contenue ; on détache celle-ci aussi complètement que possible, et on la fait tomber dans une fiole. En pesant de nouveau le filtre , on a le poids de la matière détachée. Il reste toujours une très-petite quantité de matière dans les pores du filtre ; on peut en tenir compte , en incinérant le filtre et en considérant le résidu comme de l'antimoniate d'oxyde d'antimoine Sb*0*.Sb'0". On verse sur le sulfure d'antimoine de l'eau régale préalablement chauffée ; le soufre se dissout à l'état d'acide sulfurique, et l'antimoine à l'état de perchlorure. Pour hâter l'oxydation du soufre, on peut ajouter de petites quantités de chlorate dépotasse. On verse alors du chlorure de baryum dans la liqueur convenablement étendue d'eau , et à laquelle on a ajouté un peu d'acide tartrique pour empêcher la précipitation de l'oxychlorure d'antimoine. Il se précipite du sulfate de baryte que l'on pèse après calcination. Si l'on retranche, du poids du sulfure d'antimoine , le poids du soufre correspondant au sulfate de baryte, on obtient le poids de l'antimoine métallique.
On peut aussi chauffer le sulfure d'antimoine dans un courant de gaz hydrogène ; il se dégage de l'hydrogène sulfuré et de la vapeur de soufre, et l'antimoine reste à l'état métallique. A cet effet, on place le sulfure d'antimoine dans un petit creuset de porcelaine, dont le couvercle percé d'un trou laisse passer un tube qui amène du gaz hydrogène sec au fond du creuset. On élève successivement la température , et l'on maintient la réaction jusqu'à ce que le creuset ne change plus de poids.
Dans aucun cas , on ne peut peser l'antimoine à l'état de sulfure, parce qu'on n'est jamais certain de la composition de ce corps.
§ 4015. Pour séparer l'antimoine des métaux que nous avons étudiés jusqu'ici, on se fonde, tantôt sur l'insolubilité de l'acid* antimonique dans l'acide azotique, tantôt sur la précipitation par l'hydrogène sulfuré et sur la solubilité des sulfures d'antimoine dans les sulfhydrates alcalins. Comme l'acide antimonique n'est pas complètement insoluble dans l'acide azotique , on est toujours obligé de rechercher dans la liqueur l'antimoine par le gaz sulfhydrique.
Pour séparer l'antimoine des métaux alcalins, alcali no-terreux et terreux, on ajoute à la liqueur de l'acide chlorhydrique pour éviter le dépôt de l'oxychlorure d'antimoine, et on y fait passer du gaz sulfhydrique. Lorsque l'antimoine est presque complètement précipité , on étend d'eau la liqueur, parce que le sulfure d'antimoine
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est un peu soluble dans l*acide chlorhydrique quand cet acide n'est pas très-dilué, et l'on fait passer de nouveau de l'hydrogène sulfuré. Le précipité de sulfure d'antimoine ayant été séparé sur le filtre, oo peut doser, par les procédés ordinaires , les substances qui restent dans la dissolution.
On sépare l'antimoine du manganèse , du fer, du chrome, du cobalt , du nickel et du zinc , par l'hydrogène sulfuré que Ton fait passer à travers la liqueur acidulée par de l'acide chlorhydrique. Souvent , on s'oppose à la précipitation de l'oxychlorure d^antimoine en ajoutant de l'acide tartrique ; mais dans ce cas , les autres métaux ne peuvent plus être précipités complètement ni par Tammoniaque , ni par les carbonates alcalins , parce que l'acide tartrique s'oppose à leur précipitation. On sature alors la liquenr par l'ammoniaque et Ton précipite les métaux par le sulfhydrate d'ammoniaque.
On sépare l'antimoine du cadmium , du plomb et du bismuth, en saturant la dissolution chlorhydrique par l'ammoniaque , et en y versant un grand excès de sulfhydrate d'ammoniaque dans lequel ou a dissous une certaine quantité de soufre. On expose pendant plusieurs heures le flacon imparfaitement bouché , à une température de 50 à 60^. L'antimoine se dissout à l'état de sulfure ; les sulfures des autres métaux restent précipités. En décomposant la liqueur filtrée par de l'acide chlorhydrique étendu, le sulfure d'antimoine se sépare, mêlé à une grande quantité de soufre libre.
On ne réussit à séparer l'antimoine de l'étain par aucun des procédés que nous venons de décrire. Ces deux métaux présentent beaucoup de réactions semblables, «t leur séparation offre des difficultés. On dissout les deux métaux dans l'eau régale, et on les précipite ensemble par une lame de zinc. On pèse le précipité métallique. On le redissout ensuite dans l'eau régale avec excès d'acide chlorhydrique, et l'on plonge une lame d'étain dans la liqueur convenablement étendue. L'antimoine se précipite seul ; la précipitation est complète , si l'on a soin de maintenir la liqueur à une douce chaleur, avec un léger excès d'acide chlorhydrique.
Recherches de rantlmolne dans le cais d'empolsonnemeat**
% 1016. Les composés antimoniés agissent comme poisons sur l'économie animale; quelquefois on a à constater des empoisonnements produits par des substances antimoniées , surtout par l'émétique. On délaye dans de l'eau les matières suspectes ; ce sont , tantôt des aliments , tantôt des organes quand il s'agit de constater l'eropoi-
ALUAGES D'ANTIMOINE. SS3
inement sur des cadavres, on ajoule une certaine quantité d'acide prhfdrique pur; et, après avoir porté la liqueur à l'éhuilition, y projette , par petites quantités , 20 gr. de chlorate de potasse 100 parties de matière traitée. On filtre la liqueur bouillante, on la rapproche par l'évaporation. La liqueur est ensuite inlrodans un appareil de Marsh disposé comme le montre la 260 (page 329, tome I"J. Il se forme, dans le tube fg, un inmiroitant d'antimoine métallique, sur lequel il est facile de ^ter toutes les réactions caractéristiques de l'antimoine. On ' plonger une lame d'étain dans la liqueur liltrée , qui a été bTGDablement rapprochée par l'évaporation. L'antimoine se dél'étain. On dissout dans l'eau régale l'étain et le précipité Itre qui a pu s'en détacher; on évapore avec un excès d'acide ■* l^e, et l'on reprend par le même acido étendu d'eau, ille liqueur est versée dans l'appareil de Marsli.