‹ Cours élémentaire de chimie (volume 2)Chapitre 85 sur 130 · ALLIAGES · texte numérisé non relu

ALLIAGES

iUllages du cuivre et du sine.

§ 1078. Le cuivre pur se prête difficilement au moulage, parce qu'il se remplit souvent de soufflures qui gâtent les pièces coulées.

En ralliant à une certaine quantité de zinc, on obtient un métal qui ne présente pas cet inconvénient , qui est plus dur, et se travaille facilement sur le tour. Le zinc , en se combinant avec le cuivre , en pâlit la couleur. Quand il entre dans l'alliage en certaines proportions , il lui donne une couleur jaune , semblable à celle de l'or. Lorsqu'il entre en proportions plus considérables , la couleur est d'un jaune clair ; enfin , quand le zinc domine , l'alliage

devient d'un blanc {jT'S- On donne différents noms à ces divers alliages. Le plus employé dans les arts est le laiton ou cuivre jame, composé d'environ ï de cuivro et \ de zinc. On connaît aussi dani le commerce d'autres alliages, auxquels on donne l'es noms de tombac , iimilor ou or de Manheim , chrysocale , etc. , etc. ; ils roiferment en outre des proportions plus ou moins considérablfi d'étain.

Le tombac, employé pour les objets d'ornement destinés i étn dorés , renferme de 10 à H pour 100 dczinc. Le clinquant , qui pnit être réduit p«r le battage en feuilles très-mi nces, présente une «m* position à peu près semblable. Le siniilor ou or de Manhcim, contient 10 à 12 pour 100 de zincet6à8 d'étain. Lechrysocale renferme 6 â S pour 100 de ïinc et 6 pour 100 d'élain. Les statues du pan de Versailles ont été fondues avec un alliage composé de

el ài zmc a allèrent i une haute lempii»-

/irii se \olatilise Si I on chauffe du UitiM

dans un crioset brasqué au feu de

forpe le zinc se volatilise i psi

prés eompiétemenl.

On prépare le lailon en fondant directement le cuivre avec le '.rK.

On prend le cuivre à l'état de n>settes on II fond dans un creuset, a on II coule dans l'eao pow I obtenir sous forme de grenâill»- Le zmc est employé à l'état do

I laques concassées en fragmenU.

Lt fusion s opère dans des creutM

II terre qui peuvent contenir dt !■> a '0 kilogr d'alliage. Lesmfrnii\ y sont placés dans la pfO- [iiTlinn de \ cuivre el de \ ïinc; i

2 n j ajoute les débris de lailoa I LLitain nombre de ces creuseUdsol -.. ,.j„....„„ „,,.hJl A (11}. 57i) mure intérieurement en brique» rèfraclaircs ils j sont supportes par une voùle en briques , pcrcéfl

d'ouvertures par lesquelles pénètre la flamme du combustible. La grille F se trouve directement au-dessous de cette voûte. L'ouverture supérieure du four sert au chargement des creusets ; elle est fermée pendant le fondage au moyen d'un couvercle, percé d'un trou qui laisse sortir les gaz de la combustion. Un registre qui se trouve au-dessous de la grille permet d'arrêter le tirage , et facilite la sortie des creusets. I^orsque l'alliage est fondu, on enlève les creusets avec des tenailles , et on coule le laiton dans des moules revêtus d'argile. Souvent, on le coule en plaques entre deux dalles de granité bien dressées , maintenues à un écartement convenable par des règles en fer.

On ajoute souvent au laiton de petites quantités de plomb et d'étain , pour rendre l'alliage plus dur et d'un travail plus facile. Le laiton qui ne renferme pas de plomb bouche promptementles petites cavités de la lime; on dit qu'il graisse la lime; l'addition de 4 ou 2 centièmes de plomb fait disparaître cet inconvénient.

Alliages du enlTre et de réUdii.

§ 4079. Le cuivre et l'étain s'allient en un grand nombre de proportions , et forment des alliages qui diffèrent beaucoup par leur aspect et leurs propriétés physiques. L'étain donne beaucoup de dureté au cuivre. Les anciens , avant de connaître le fer et l'acier, fabriquaient leurs armes et leurs instruments tranchants avec de Vairain, essentiellement composé de cuivre et d'étain.

Le cuivre et l'étain se combinent cependant difficilement , et leur union n'est jamais bien intime. Il suffit de chauffer leurs alliages successivement et lentement jusqu'à fusion , pour qu'une grande partie de l'étain se sépare par liquation. Cette liquation a également lieu , lorsque les alliages fondus se solidifient lentement , et c'est un grand obstacle pour le moulage de grosses pièces.

On donne différents noms aux alliages de cuivre et d'étain , suivant leur composition et leurs usages : on les appelle bronze ou airain, métal des canons, métal des cloches, métal des miroirs de télescope , etc. Tous ces alliages présentent une propriété remarquable ; ils sont durs et souvent cassants quand ils ont été refroidis lentement; ils deviennent, au contraire, malléables quand , après les avoir chauffés au rouge, on les plonge dans l'eau froide. La trempe produit donc sur ces alliages un effet tout à fait opposé à celui qu'elle exerce sur l'acier.

Lorsqu'on maintient en fusion , au contact de l'air, les alliages de fuivre et d'étain , l'étain s'oxyde plus rapidement que le cuivre, et

l'on peut séparer du cuivre pur en prolongeant ce grillage suffîsafD-

ment longtemps.

Les principaux alliages de cuivre et d'étain sont les suivants: Le bronze des canons , qui présente en France la composition

suivante :

Cuivre 400 90,09

Étain 44 9,94

Le métal des cloches , qui renferme

Cuivre 78

Étain 22

Le métal des cymbales et des tamtams , composé de

Cuivre ,^ 80

Étain 20

Le métal des miroirs de télescope , qui renferme

Cuivre 67

Étain 33

Le bronze des médailles varie un peu dans sa composition ; il renferme , en général ,

Cuivre 95

Étain... 5

Zinc Quelques millièmes.

Le bronze employé pour les objets d'ornements renferme ordinairement de plus grandes quantités de zinc.

Une partie de la petite monnaie en circulation en France est formée par des alliages de cuivre et d'étain. Les sous rouges, oa sous royaux , sont composés de cuivre presque pur. Les sous blanchâtres, frappés sous la République avec un métal provenant de li fonte des cloches, renferment moyennement 86 de cuivre et 4 4 d'étain. Les sous jaunes, fabriqués sous la République avec.le métal des cloches afQné , sont composés de 96 de cuivre et de 4 d'étain.

Ces sous de diverse nature seront complètement retirés de la circulation d'ici à peu d'années. On les remplace par une nouvelle monnaie , d'une composition uniforme, et formée par un alliage da 95 cuivre, 4 étain et 1 zinc. Cet alliage est obtenu en fondant, suivant des proportions convenables, les sous royaux et les sous jaunes de la République, et y ajoutant une certaine quantité d'étain et de zinc.

Fonte des canons,

$ 4080. Le métal destiné à la confection des bouches à feu doit satisfaire à plusieurs conditions importantes. Il doit présenter une grande ténacité, pour que les pièces n'éclatent pas sous l'énorme pression qui a lieu contre leurs parois au moment de l'explosion de la poudre ; il doit être assez dur pour ne pas recevoir d'empreintes profondes par le choc du boulet, qui ricoche ordinairement plusieurs fois dans la pièce avant de sortir de l'âme ; enfin , il doit être fusible , parce que les grosses pièces à feu ne peuvent se fabriquer que par moulage.

Sous le rapport de la ténacité, le cuivre et le fer sont les seuls métaux qui se prêtent à cet usage ; mais le fer pur n'est pas assez facilement fusible, et Ton est obligé de le remplacer par la fonte de fer qui présente une ténacité beaucoup moindre. Le cuivre jouit d'une grande ténacité, mais il est trop mou, il reçoit trop facilement les empreintes du boulet, et, après quelques coups, le tir perd beaucoup de sa justesse. On çst donc obligé de recourir à des alliages de cuivre avec d'autres métaux. Une longue expérience a démontré que les alliages de cuivre et d'étain étaient les plus convenables ; mais si l'étain augmente beaucoup la dureté du cuivre, il diminue sa ténacité ; il convient donc de s'arrêter à certaines proportions des deux métaux, dans lesquelles l'alliage présente à la fois une ténacité et une dureté suffisantes. Ces proportions ont été déterminées par de nombreux essais, faits à diverses époques et dans différents pays ; elles ont été fixées à i 4 d'étain pour \ 00 de cuivre. Cependant , on a reconnu que, pour les pièces inférieures au calibre de 8, il était préférable d'adopter un alliage de 8 à 9 d'étain pour i 00 de cuivre. On a fait également beaucoup d'expériences pour reconnaître si on n'obtiendrait pas une matière plus convenable en ajoutant au bronze de petites quantités d'autres métaux , tels que le zinc , le fer ou le plomb; mais on a renoncé à tous ces alliages complexes, parce qu'ils donnaient des résultats très-variables; un grand nombre de pièces étaient manquées par suite de la difficulté d'obtenir ces alliages homogènes et de composition constante.

L'emploi de la fonte de fer pour la confection des bouches à feu

est moins ancien que celui du bronze. Comme elle revient à bien meilleur marché, on a fait beaucoup de tentatives pour la substituer au bronze ; mais elle est très-cassante, et, pour que les pièces présentent une résistance suffisante, on est obligé de leur donner une épaisseur beaucoup plus grande qu'aux pièces de bronze de même calibre ; elles acquièrent alors un poids trop considérable pour servir en campagne. Ou les réserve pour les batteries fixes , par exemple pour les batteries de rempart, de côtes et pour celles qui sont établies sur les vaisseaux de guerre. Les pièces de fonte sont beaucoup moins sonores que les pièces de bronze ; cette circonstance les fait aussi préférer à bord des navires , où les pièces de bronze feraient , dans les batteries basses , un bruit que les artilleurs ne pourraient supporter. On ne doit employer pour les bouches à feu que des fontes très-douces, au charbon de bois. Certaines fontes de Suède sont principalement estimées pour cet usage.

Les fourneaux dans lesquels on fond le bronze ne doivent pas renfermer de gaz oxydants; l'air atmosphérique qui les traverse doit être dépouillé de son oxygène par la combustion , aussi complètement que possible; car l'étain, qui est plus oxydable que le Cuivre, se séparerait incessamment de l'alliage, sous forme d'oxyde, et l'on ne serait jamais sûr de la composition du bronze, au moment de la coulée.

Les figures 575 et 576 représentent un fourneau de fusion , employé dans la fonderie de canons de Toulouse. C'est un four à réverbère circulaire A, à voûte surbaissée, chauffé par le foyer F, dans lequel on brûle du bois en bûches de petite épaisseur. Le bois est chargé par l'ouverture o. On amoncelle sur la grille une couche épaisse de combustible , afin que l'air atmosphérique , qui ne pénètre dans le four qu'après avoir traversé le combustible, se dépouille complètement de son oxygène. Le tirage est déterminé par 4 ouvreaux allongés /i, h^ prenant naissance à la sole et se terminant par les carneaux eg^ eg, qui débouchent dans la cheminée C. La flamme est ainsi obligée de s'étaler sur le bain métallique qui recouvre la sole. A côté du fourneau, on a creusé des fosses M, M', dont les parois sont revêtues de ciment qui les préserve de toute humidité. C'est dans ces fosses que l'on établit les moules et qu'on les y maintient dans une position invariable, en tassant de la terre tout autour. Ces moules sont fabriqués avec un mélange intime d'argile, de bouse de vaclie et de crottin de cheval. Ils sont formés autour d'un modèle en relief, partie en plâtre, partie en terre, que Ton détruit intérieurement quand le moule est confectionné, et après qu'il a été consolidé par des armatures en fer. Au-dessus de

BRONZIi.

la boachs du canon on ménage un prolongmicnt assez lung de la pièce, la masselotti, dont nous indiquerons bientôt l'utilité, Los moules sont cuits à une haute température , afin d'arriver à une dessiccation aussi complète que possible; onles établit ensuite dans les fosses, la culasse placée en bas. Entre le trou de coulée i et les moules, on pratique des rigoles qui amèneat h volonté le bronze liquide dans chaque moule. Au-dessus de la fosse se trouve établi un chemin.de fer 06, sur lequel se meut un chariot R, muni d'un cabestan à l'aide duquel, après le refroidissement delà matière, on enlève el on transporte les moules remplis.

On a souvent essayé do remplacer la (erre avec laquelle on fa-

i^J lIt

brique les moules , par le sable qui se prête si bien au miuilage de

la Tonte et. des autres métaux ; mais on a toujours obtenu de maitvais résultais. Les parois des moules en sable sont trop compactes, trop imperméables aux gaz. Or, comme immédiatement après la coulée du bronze, le métal dégage de nombreuses bulles gazeuses, ces bulles traversent les parois du moule qui sont poreuses et opposent moins de résistance que lahaule colonne de métal fondu ; tandis que, dans les moules en sable, ces gaz, ne pouvaat se dégager par les parois, produisent dans la masse métallique un bouillon nemeot continuel, qui occasionne de nombreuses soufflures et favorise Is séparation, par liquation, de l'ét^in, ou des alliages riches en

La charge d'un fourneau se compose : de vieuï bronze, prindptlement des canons à refondre et des masscloles que l'on a détachées des pièces coulées précédemment; do tournures de bronze, onbuchilles, provenant du forage et du tournage; d'une certaioe quantité de métaux neufs , cuivre et étain ; et de métaux blana , alliages très-riches en étain, qui se séparent par liquation dans les moules. Pour composer la charge , on commence par délerminer exactement la composition des diverses matières qui doiveal Is former, et l'on calcule ensuite les proportions dans lesquelles «a matières doivent entrer pour former l'alliage normal de < 00 cuivre et de 13 ou H étain. C'est avec ces proportions que les pièces coulées présentent à peu près un alliage composé de ( 00 cuivre et de 1 * étain ; une portion de l'étain ajouté se séparant par oxydation dans le four, ou par liquation dans les moules.

Les vieux canons à refondre et les masselottes sont chargés anr la sole du four, auprès del'8uteI,làoù règne la plus haute température ; on place ensuite le cuivre en lingots, qui doit être très-pur, et les buchilles. Quant aux métaux blancs et à l'étain , on ne les ajoute que plus tard au bain liquide. Le feu est faible pendant les 3 ou i premières heures ; les alliages riches en étain commencent alors à se liquator. Après 6 ou 7 heures, la masse est presque entièrement fondue, et la ilamme sort par toutes les issues. Le fondeur fait un premier brassage avec des perches do bois bien sec; il remue fortement la matière et ramène vers l'autel les parties qui ne sont pas fondues. Il complète alors la charge, en ajoutant les métaux blancs et l'étain, qu'il coule sous forme de saumons dans \a différentes parties du bain. 11 brasse une seconde fois vivement li matière avec la perche, afin de la rendre lioinogène, et il éc.umeln scories qui nagent â la surface. 11 ferme alors les portes du tour, il donne un fort coup de feu, pour amener l'alliage â la liquidité convenable, brasse et écume une troisième fois avec la perche de bois,

BRONZE. 3ii

puis enfin débouche le trou de coulée. Des ouvriers dirigent le métal liquide successivement dans chaque moule.

Un phénomène remarquable se manifeste quelques minutes après la coulée. Il s'établit dans les parties supérieures du moule un bouillonnement d'autant plus prolongé, que la pièce est plus considérable et que sa température est plus élevée. Une partie du bronze s'élève sous forme de champignon : c'est un alliage beaucoup plus riche en étain que le métal de la coulée, car il renferme jusqu'à 20 et 22 pour iOO d'étain. Il se fait donc pendant le refroidissement une liquation partielle, qui détermine la séparation d'un alliage plus fusible et renfermant plus d'étain. La pièce elle-même ne présente pas une composition uniforme ; la proportion d'étain diminue de la culasse à la partie supérieure de la masselotte. La masselotte a pour but, non-seulement d'exercer une pression hydrostatique considérable sur les couches inférieures qui doivent former la pièce, mais encore de fournir le métal nécessaire 4)our compenser le retrait que subit le métal par le refroidissement, et par la perte des matières qui se séparent par liquation.

4 2 heures après la coulée, on déblaye les terres afin d'accélérer le refroidissement des moules. Au bout de 48 heures on enlève ceux-ci ; on les brise à coups de masse, et l'on transporte les pièces coulées aux ateliers de tournage et de forage.

Lorsque la pièce a été tournée extérieurement, et que l'on a poussé le forage de l'âme jusqu'à un certain point, on la soumet à une visite qui a pour but de constater si elle ne présente pas des défauts qui pourraient la faire rejeter. Ces défauts sont de diverses natures, et portent différents noms; ils sont presque tous produits par des liquations d'étain ou d'alliages très-fusibles. . On appelle souffluresles cavités à surface lisse , produites par des bulles de gaz qui n'ont pas trouvé d'issue. Les chambres sont des cavités à parois rugueuses, provenant d'un tassement irrégulier des matières, ou d'un alliage mal fait. Les piqûres sont des cavités analogues, mais très-petites. Les cendrures sont dues à des impuretés de l'alliage, restées dans le métal, ou qui se sontdétachées des parois du moule. Les taches d'étain sont produites par des petites masses très-dures d'un alliage renfermant de 20 à 25 pour 100 d'étain, qui se sont séparées par liquation, et qui n'ont pas pu monter jusque dans la masselotte. Les sifflets sont des sillons longitudinaux ou transversaux, qui traversent quelquefois la pièce dans toute son épaisseur; ils sont dus également à une séparation de

l'étain.

Lorsque après cette première visite la pièce est reçue, on l'achève

3iâ CUIVRE.

par le forage et le tournage. On la soumet ensuite à une nouvelle visite et à plusieurs épreuves déterminées par les règlements.

jÉtamase du cuivre et du lalten*

§ 1081 . L'emploi des vases culinaires de cuivre et de laiton présenterait de grands dangers, par suite de la facilité avec laquelle le cuivre, en s'oxydant au contact de l'air et des substances acides, forme des sels très-vénéneux, si l'on ne recouvrait rintérieur des vases d'une couche d'étain qui préserve les liquides du contact du cuiwe. L'étamage du cuivre se fait en décapant les pièces avec du chlorhydrate d'ammoniaque, et en étendant, au moyen d'un linge DU d'un morceau d'étoupe, de l'étain fondu sur ta surface convenablement chauffée. L'étain adhère ainsi fortement au cuivre et le recouvre complètement.

Les épingles sont fabriquées avec des fils de laiton ; on les blanchit en les recouvrant d'une couche très-mince d'étain. L'étamage des épingles se fait par voie humide. On décape d'abord les épingles, en les faisant chauffer avec une dissolution de crème de tartre, puis on les place dans une bassine de cuivre avec une dissolution de crème de tartre et de l'étain. On porte la liqueur à Tébullition, et on l'y maintient pendant une heure environ. L'étain se dissout dans la crème de tartre avec dégagement de gaz hydrogène : il se précipite ensuite sur le laiton des épingles, et recouvre celles-ci d'une pellicule très-mince qui cache complètement le métal intérieur.

Analyse du laiton et du bronze.

§ 1082. Nous avons vu (§ 1078) que le laiton était essentiellement composé de cuivre et de zinc, mais qu'on y ajoutait ordinairement une petite quantité d'étain et de plomb pour rendre l'alliage plus facile à travailler. Le bronze des canons n'est composé que de cuivre et d'étain, mais le bronze employé pour les objets d'oçnemenl, les médailles, renferme en outre du zinc, et souvent du plomb. Nous traiterons donc le cas le plus général, en supposant que l'alliage à analyser renferme du cuivre, du zinc, de l'étain et du plomb.

On dissout l'alliage dans l'acide azotique pur ; l'étain se change en acide métastannique insoluble; le cuivre, le zinc et le plomb se transforment en azotates solubles. On reprend par l'eau et l'on recueille l'acide métastannique sur un filtre. On conclut le poids de l'étain contenu dans l'alliage d'après le poids de l'acide métastannique calciné.

On évapore à siccité la liqueur filtrée, et Ton ajoute de l'acide sulfurique qui change les azotates* en sulfates; puis, après avoir chassé l'acide azotique par la chaleur, on reprend par l'eau. Le sulfate de plomb étant insoluble, est séparé sur un filtre et pesé après calcination; on en déduit la quantité de plomb qui existe dans l'alliage.

On sursalure la liqueur avec du gaz acide sulfhydrique. Le cuivre se précipite complètement à l'état de sulfure; le zinc, reste en dissolution, parce qu'il n'est pas précipité par l'hydrogène sulfuré dans une liqueur renfermant un excès d'acide. Le sulfate de cuivre est traité comme nous l'avons dit (§ 1059); on dose le cuivre à l'état d'oxyde, ou au moyen de la dissolution titrée de sulfure de sodium. On fait bouillir la liqueur , pour chasser l'acide sulfhydrique , et l'on y verse du carbonate de soude qui précipite le zinc à l'état d'hydrocarbonate. On recueille le précipité sur un filtre et on le pèse après calcination ; le zinc se trouve ainsi dosé à l'état d'oxyde. Dans les analyses très -précises, il est convenable de rechercher si la liqueur filtrée ne renferme pas encore une petite quantité de zinc. Cette circonstance se présente souvent, parce que, dans l'attaque de l'alliage par l'acide azotique, il se forme ordinairement des sels ammoniacaux qui empêchent la précipitation complète du zinc par les carbonates alcalins. Pour s'en assurer, on évapore la liqueur à sec, et l'on calcine le résidu afin de chasser l'ammoniaque. En reprenant par l'eau, le zinc reste à l'état de carbonate.

11 arrive souvent que le laiton ou le bronze renferment une petite quantité de fer apportée par les métaux impurs employés à la confection de l'alliage. 11 faut alors, après avoir fait bouillir la liqueur dont on a précipité le cuivre par l'hydrogène sulfuré, jeter dans la liqueur bouillante quelques pincées de chlorate de potasse, ou soumettre la dissolution à un courant de chlore ; le fer passe ainsi à l'état de sesquioxyde. On sature la liqueur par l'ammoniaque , puis on y verse du succinate d'ammoniaque qui en précipite le fer. La liqueur filtrée, qui renferme le zinc, contient trop de sels ammoniacaux pour qu'on puisse précipiter immédiatement ce métal par le carbonate de. soude; il faut l'évaporer, ajouter le carbonate de soude et dessécher complètement la matière. En reprenant par l'eau, rhydrocarbonate de zinc reste complètement précipité.

EquiTsleDt= tasli,t.

§ 1083. Le mercure esl le seul métal liquide à la t«mpéralure ordinaire. Il esL à l'étal solide aux températureg inférieures h. — iV; il forme alors un métal blanc, très-brillanl, ressemblant beaucoup à l'argent. Le mercure solide esl malléable, il s'aplstil facilement sous le marteau ; on peut en frapper des médailles. Il règne quelquefois dans les régions polaires un froid assez considérable pour congeler le mercure. On solidifie le mercure dans un mélange frigorilique d'acide carbonique solide et d'élher (% 254) ; on peut auBsi l'obtenir dans un mélange de glace et de chlorure de calcium cristallisé (g 37i). Il surQt d'employer de la glace pilée trës-fln, relroidie au dessous de 0°, et du chlorure de calcium en petits gruos ^ crislallins, tel qu'on l'obtient en faisant cristallissr une diasolution concentrée àchaud,et troublant la cristallisation par l'agitation, fil opérant sur une quantité un peu considérable de mercure, placée I dans un grand creuset de platine que l'on refroidit graduellement dans le mélange réfrigérant, on peut obtenir le mercure cristallisé. Lorsqu'il s'est formé, sur les parois du creuset, une croûte un peu épaisse de mercure solide , on décante le mercure resté liquide , et l'on trouve, à l'intérieur, des cristaux brillants, souvent assez nettement terminés. Ces cristaux sont des octaèdres réguliers.

La densité du mercure solide a été trouvée de 4i,l, à une teinpérature un peu inférieure à celle de sa congélation. La densilidn mercure liquide est de 13,596, à la température de 0°. Lemercun se dilate, en passant de 0° k 100°, d'une fraction 0,0181 53 de an ' volume à 0°, ou j^ pour chaque degré centigrade. Il bout à 11 i température de 350" du thermomètre à air. La densité de la vapMr de mercure est <),976. La tension de la vapeur mercurielle est ansible à la température ordinaire, quoiqu'elle soit trop faible pour qu'on puisse la mesurer avec précision. Mais la volatilité du mercure est mise hors de doute par l'action que ce métal exerce , i 11 température ordinaire et à distance, sur lus plaques dagucrriennu iodées et impressionnées par la lumière. Les globules de mercnit

li se condensent sur les parois supérieures du vide dos baronè- , très, mettent également sa volatilité on évidence. A la (empératun de 100°, le tension de la vapeur mercurielle est d'environ { ni mètre. En faisant bouillir du mercure avec de l'eau, dansai

MERCURE. 31 r>

cornue de verre , il passe une quantité notable de mercure à la distillation. Au-dessous de 0®, la volatilisation du mercure est presque insensible, et sa vapeur ne paraît plus jouir de la force d'expansion qui caractérise les fluides élastiques. En effet, si l'on suspend une feuille d'or dans un flacon au fond duquel on a placé une certaine quantité de mercure, et qu'on abandonne ce flacon pendant plusieurs jours dans un lieu tranquille, où règne une basse température , la feuille ne blanchit, par l'action des vapeurs mercurielles, que jusqu'à une hauteur de quelques centimètres au-dessus de la surface du bain ; la partie supérieure conserve sa couleur jaune caractéristique.

§ 408i. Le mercure du commerce est à peu près pur lorsqu'il vient directement des usines ; mais celui des cuves de nos laboratoires renferme presque toujours en dissolution de petites quantités de métaux étrangers, et d'oxyde de mercure. Le merCure absorbe, en eflTet à la longue, l'oxygène de l'air, surtout pendant l'été. Lorsque le mercure est agité,* cet oxyde se dissémine dans toute la masse ; mais, par le repos, il vient à la surface et y forme une pellicule grise. Lorsque le mercure est pur, il n'adhère ni au verre, ni à la porcelaine, il y roule librement sans laisser de traces; il y adhère au contraire notablement lorsqu'il renferme des métaux étrangers, ou môme de l'oxyde de mercure. En roulant lentement sur une plaque de verre, il ne forme plus de globules sphériques, mais des gouttes allongées sous forme de larmes, et ridées à leur surface ; ces gouttes laissent une pellicule grise adhérente au verre ; on dit alors que le mercure fait la queue. On peut purifier très-notablement le mercure des cuves en passant sur la surface du bain un gros tube de verre bien sec ; on le tourne lentement entre les doigts, et la pellicule superficielle de mercure impur ou oxydé s'y attache. En ayant soin de faire fréquemment cette opération, on peut conserver le mercure propre pendant longtemps.

Pour purifier le mercure, on commence par le distiller. Cette opération s'exécute facilement dans lesbouteilles en fer forgé qui servent ordinairement à le transporter. On remplit une de ces bouteilles à moitié de mercure, on engage dans son ouverture un canon de fusil recourbé abc, et l'on dispose la bouteille dans un fourneau, comme le montre la figure 577. On attache au canon de fusil un tuyau cd formé par plusieurs doubles de linge dont on fait plonger l'extrémité inférieure dans une terrine pleine d'eau. On refroidit l'extrémité du canon et le linge par un filet d'eau qui coule d'une manière continue, enfin, on chauffe la bouteille en fer jusqu'à l'ébullition du mercure. Cette ébullition a lieu avec des soubresauts

violents. La plus grande partie des mèlauxél.rangorsreste, comii résidu, dans la bouteille. Une pnrtiu notable est cepeadant a traînée à la distillation, et l'on ne peut pas espérer obtenir du nastcure pur par cette seule opération. On place le mercure distillé dans une chaudière en fonte, on verse par-dessus de l'acide motîque ordinaire, étendu du double de «m volume d'eau, et l'on chauft à 50 ou 60». Il se for me de Tazotatedcmer-

tate et l'acide libre réagissent sur les métaux èlraDger8,etceni-ci

se à ssolvent dan de de mercure qui a pu

se fo me au con a d ation, sedissoutlui-

mème On a Bse ag ac d pc dan au n o na 24 heures, en agitant de temps en temps la masse EuBn on cliauffe doucement pour evapo e 1 eau zo a e de me eu e es e soua forme d'une croOlo c sta ne qu on en è e, et don on peu ex raire le mercure métallique. On lave rapidement le mercure à grande eau, on le sèche d'abord avec du papier Joseph, puis sous une cloche à dJlé d

La distillation du mercure le débarrasse si imparfaitement des matières étrangères qu'elle est rarement utile. Il vaut mienx soumettre immédiatement le mercure impur à l'action de l'acide a»tique, et répéter plusieurs fois cette opération, ai cela est nécessaire.

Lorsque le mercure est seulement sali par de l'oxyde, il snfEtdc le placer dans un flacon de verre avec un peu d'acide sulfuriqi» concentré, et d'agiter vivement, de temps en temps, afin de diviser le mercure en petits globgles qui arrivent au contact de l'acide. Après 2 ou 3 jours, on enlève l'acide sulfurique, et on lave le mwcure à grande eau.

Le mercure exerce à la longue une action délétère sur l'économie animale. Les ouvriers qui manient constamment ce métal , ou sont fréquemment exposés à ses vapeurs, sont sujets à des trembtoments et à une salivation abondante.

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